Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 14:20

Comédien de seconde zone, cabotin, Jo, malgré un trou dans son compte en banque presque aussi profond que celui de la sécu, aime se prélasser au soleil dans le parc de sa copine Flo. Il vit dans un cabanon, non loin de l’habitation de sa logeuse, une policière qui fut petit-jaune.jpgson amante, mais sans grande conviction. Ils sont restés amis, et c’est très bien comme ça. Souvent il se rend chez Bèbe, un cafetier dont le bar est retiré et n’accueille que de rares clients. Son havre de paix est perturbé un soir par une jeune fille, Tristane, qui s’est fâchée avec son petit ami, D. Joyce, de son vrai nom David Lajoie, surnommé aussi Chien Fou. Il traficote, se cachant dans une cave de l’immeuble où il habite lorsque les choses se gâtent. Tristane se confie à Jo, révélant que si son père est riche, elle gagne sa vie comme hôtesse dans un centre d’appel pour âmes en manque d’affection. Le Sexhôtel. Elle est en conflit avec ses parents, surtout sa belle-mère. Bref elle est déboussolée, seulement Jo interrompt brutalement les confidences lorsqu’il se rend compte que le trouble qu’il ressent, c’est à cause de la voix de Tristane, une voix qui ressemble étrangement à Héloïse, sa demi-sœur décédée d’une absorption démesurée de poudre blanche. Il rentre chez lui, avale deux somnifères et dort sans se douter que la nuit sera tragique. Tristane a été retrouvée morte sur la plage, assassinée à coups de couteau. Flo est chargée de l’enquête mais Jo ne désire pas raconter sa soirée. D’autant que son répondeur regorge d’appels de la jeune fille, appels qu’il n’a pas entendus à cause de son batifolage dans les bras de Morphée. Alors, il décide d’enfiler son imper de détective privé, se grime, accumule les erreurs, retombe sur ses pieds à chaque fois, se retrouve dans des situations scabreuses et fait d’étonnantes rencontres.

Avec maîtrise Sylvie Callet narre une histoire dans laquelle l’humour est toujours présent, grâce surtout à son personnage quelque peu bouffon mais humain, décrivant les situations avec verve, la tragédie se substituant au comique sans à-coups, dans des transitions subtiles. Toulon et l’arrière pays pour le décor, mais sans ostentation, sans ressembler à des cartes postales ou guides touristiques, des personnages bien campés, et une écriture fluide font de ce petit roman (160 pages) un agréable passe-temps. Et si Jo ne parvient pas à lire un roman de Fred Vargas, ce n’est pas le talent de l’auteur qu’il remet en question, au contraire, c’est parce que les émotions qu’il ressent prennent le pas sur l’intérêt de l’histoire. Et puis que penser de cette déclaration : « Je n’avais rien contre les pros du ciboulot, mais il était hors de question que je leur livre à la fois mon fric et mes secrets les plus intimes. A tout prendre je préférais le confessionnal. C’était gratuit et on pouvait y broder tout à loisir. Pour ma part, je trouvais que la réalité gagnait à être enjolivée ».

Sylvie CALLET : Un petit jaune. Les Presses du midi.

Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
  • Contact

Recherche

Sites et bons coins remarquables