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8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 12:58

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Si toi tu te coupes avec une enveloppe, lui peut s’égorger avec le timbre. Lui, c’est Bruno, dit le Zébré, un vieux copain de cellule de Tonton. Son surnom, il le doit à toutes les années passées en tôle, à regarder le soleil à travers les barreaux. Tonton, c’est un vieux de la vieille, un truand patenté, dont le réseau sanguin transporte l’atavisme familial. Digne fils de ses parents, Aimé Du Çon alias Tonton, n’hésite pas à mettre les mains dans le cambouis et à organiser des affaires tordues susceptibles de gonfler son portefeuille. Et c’est grâce justement au Zébré qu’il sent l’odeur de l’argent flotter sous son nez. Donc, comme je l’ai dit, Le Zébré, fidèle hôte des prisons, peut-être parce qu’il apprécie la nourriture abondante et raffinée qui y est servie et assuré d’avoir un toit sur la tête lors des intempéries, Le Zébré a fait la connaissance du Belge qui lui a narré comment il a réussi à glaner quelques millions d’euros, cachés précautionneusement chez lui. Tonton, sachant que son ami, à peine sorti de geôle a trouvé le moyen d’y retourner, décide de s’accaparer de cette petite fortune qui lui tend les bras.

Il convoque l’arrière-ban de ses fidèles, Gérard, Pierre son neveu, pas très futé de l’avis de tous, et Mamour, un non-voyant qui traîne à ses basques un chien appelé Kiki. Pour leur expliquer ce qu’il envisage, Tonton est obligé de prendre des détours lexicaux mais il parvient quand même à leur inculquer les prémices de son idée. Tandis que ses comparses doivent se conformer à ses instructions précises, plus ou moins bien, il faut l’avouer, Tonton requiert les services d’un vieil ami, Le docteur Moreau-Défunt. Déguisé en Jules César, accompagné de ses fidèles Centurions Gérard and Co, Tonton est accepté dans la clinique Le Vilipende du psychiatre Branlant-Dudaume. Le pourquoi du comment me demanderez-vous à juste raison ? Tout simplement parce que le Belge, de son vrai nom Emile Von Stroumpf, serait interné dans l’établissement suite à une altercation avec un codétenu, lequel n’est autre que Le Zébré qui lui serait passé de vie à trépas.

Tout est soigneusement pensé, Tonton a fignolé son plan en gérant les moindres détails. D’ailleurs il précise : « Bon, les enfants, on synchronise nos montres, qu’on soit sûr d’être tous le même jour ».

De nombreux gags, je voulais dire de nombreux incidents, vont émailler les pérégrinations de nos lascars, avec quelques cadavres déposés ici et là comme les cailloux du Petit Poucet. Et un épilogue fin ouverte qui nous laisse présager que nos Branquignols vont revenir dans de nouvelles aventures.

Ce roman, sous-titré Tonton et ses chinoiseries, possède un humour dans la narration, dans la description des situations, dans les dialogues, qui pourrait rapprocher de San Antonio, première période, de Charles Exbrayat, mais surtout de Viard & Zacharias comme dans leur roman La bande à Bonape. Un humour qui sera peut-être dédaigné par les réfractaires à la lecture de ce genre de production, préférant les romans noirs, durs, violents et âpres. Ils ne savent pas ce qu’ils perdent, mais à chacun son choix que je ne peux que respecter.

Citation : Avoir l’air con, c’est à la portée du premier intello venu. Avoir l’air fou n’est pas forcément à la portée d’un sain d’esprit.

Voir le catalogue des éditions Terraciaë

Samuel SUTRA : Le pire du Milieu. Collection Sangria ; Editions Terriciaë. 232 pages. 13,00€.

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commentaires

C
Bonjour Oncle Paul;
décidément, je n'entends dire que du bien de cet auteur (je viens de lire également ton billet suivant)et c'est une tentation supplémentaire de lecture.
Est-ce qu'il existe quelque part une fondation ou des mécènes venant en aide aux lecteurs/blogueurs désespérés de devoir restreindre leur boulimie de lecture pour ne pas être constamment dans la
liste noire de leur banquier ? :-)
Amitiés !
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O


Bonjour Christine


Je ne connais pas malheureusement de fondation de ce genre. Mais les banquiers y gagneraient à être plus humains et oublier parfois l'argent au profit des livres... Ou alors obliger leurs traders
qui perdent notre argent dans des opérations douteuses en Bourse à cotiser dans une fondation destinée à aider les blogueurs qui se décarcassent dans la culture bio... euh, bibliophile.


Amitiés


 



L
j'ai déjà noté l'auteur !
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O


Et moi je t'ai envoyé une nouvelle carte postale !


Amitiés



P
Salut Paul, comme toi j'ai passé un excellent moment. ça fait du bien de changer, et de lire un roman humoristique, surtout quand il est réussi comme c'est le cas ici. Et oui, il y aura une suite
... très bientôt même ! Amitiés
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O


Bonjour Pierre, comme je l'ai écrit tout de suite à Richard, si j'ai remis cet article que j'avais publié il y a déjà plusieurs mois sur mon ancien blog, c'était disons une entrée pour l'article
que je viens de poster.


Amitiés



R
Quel plaisir que cette lecture jubilatoire !!
J'ai adore et j'en demande encore ...
Samuel a un talent fou pour nous faire sourire et rire, tout en écrivant une très bonne histoire.
Amitiés, cher oncle Paul !
Répondre
O


Bonjour Richard


Tu as raison, et si j'ai remis ce texte que j'avais publié il y a déjà un certain temps sur mon ancien blog c'est pour une bonne raison que tu vas lire bientôt


Amitiés et à bientôt



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  • : Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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