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8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 15:45

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Vous connaissez ou avez entendu parler de La Rochelle ? Evidemment, se présentent à l’esprit et aux yeux des touristes, les deux tours majestueuses qui se dressent à l’entrée du vieux port. Bon nombre de nous, anciens élèves planchant sur les bancs de l’école lors des cours de l’histoire de France, se souviendront des épisodes opposant les Huguenots aux troupes de Richelieu. Et les amateurs de littérature populaire n’auront pas oublié cet épisode épique où d’Artagnan et ses trois compagnons mousquetaires dressent un pique-nique sous les murs de la forteresse. Plus près de nous La Rochelle fut le centre d’autres batailles, tout autant épiques et médiatiques, tels que les universités d’été du Parti Socialiste ainsi que la dernière législative dont vous connaissez les noms des adversaires politiques pourtant du même bord.

Le commissaire divisionnaire Jacques Verdier est à six mois de la retraite et il se refuse à partir sur un échec. Pas vraiment un échec, disons plutôt sur la résolution d’une affaire dont il n’est pas satisfait. Aussi il fait appel à son vieil ami Stanislas, ancien policier aujourd’hui devenu consultant, appellation sous laquelle se cachent diverses activités plus ou moins légales.

Angèle, la réceptionniste de l’hôtel du Palais de La Rochelle, est interrompue dans son travail de réfection de ses ongles lorsqu’elle sursaute en entendant un grand bruit venant de la chambre placée au dessus d’elle. Une armoire qui tombe pense-t-elle réalisant peu après qu’il s’agit d’un coup de feu. Déjà que quelque temps auparavant, des heures, des minutes ( ?), on ne remarque pas le temps passer lorsqu’on est autant accaparé par ce labeur minutieux de manucure, elle avait été dérangée pour secourir une cloche qui avait résonné sur le trottoir. Ce pochard n’avait même eu la courtoisie de la remercier. Raisonne-t-on dans ces cas-là ? Bref, je m’égare et revenons à notre belle Angèle qui se précipite à l’étage et frappe à l’huis. Point de bruit, point de réponse. Aussi elle appelle le commissariat qui se trouve non loin et dans les minutes qui suivent l’inspecteur divisionnaire Marchetti et ses hommes arrivent chaussés de leurs gros sabots. Marchetti ne finasse pas et enfonce la porte qui est fermée de l’intérieur. Les clients curieux regardent de leurs chambres les policiers entrer dans la pièce où git une jeune femme, un trou dans la tête, trou occasionné par une arme à feu. Marchetti tente d’ouvrir la fenêtre, triture à plusieurs reprises la crémone et devant ses efforts inopérants il déclare que le bois gonflé par l’humidité bloque l’ouverture. Conclusion immédiate et pas remise en cause, il s’agit d’un suicide.

Oui mais, voilà, Jacques Verdier est quelque peu circonspect et c’est pour cela qu’il fait appel à son ami Stan. Natasha, la défunte, est une Russe venue à La Rochelle pour une raison qui lui était personnelle. L’enquête a avorté car les autorités russes ont réclamé le corps immédiatement et l’ont rapatrié séance tenante, disons dans les vingt-quatre heures. Ce qui, du coup, a abrégé les constatations médico-légales qu’auraient dû effectuer le médecin légiste. Ceci ne rebute pas Stan qui empoigne son téléphone portable et contacte l’un de ses correspondants russes, son ami Vladimir, un parrain de la Mafia locale, auquel il a rendu service il y a déjà quelques temps.

Grâce à Vladimir, Stan peut s’entretenir avec le père de Natasha, lui aussi mafieux confirmé. Celui-ci lui révèle que la jeune femme avait eu un enfant avec un amant français et que le gamin était mort d’une maladie pernicieuse. Il aurait fallu pouvoir procéder à un don d’organe ou quelque chose comme ça. Elle aurait conçu l’enfant avec un peintre et pour seule indication, le père de Natasha transmet un cliché d’un tableau qu’elle possédait. Mais selon lui une autre piste pourrait être envisagée : la mafia russe aurait eu en tête de lui faire sa fête et s’en serait pris à Natasha.

Moins débridé, moins humoristique que le précédent roman de Samuel Sutra, Le pire du Milieu, quoique certaines scènes et tournures de phrases prêtent à sourire, La Femme à la mort s’inscrit comme un bon roman à la lecture agréable. Un vrai faux crime en chambre close, à la solution évidente lorsqu’on la connait et qui n’emprunte pas à une explication alambiquée, donne du piment à l’intrigue. En débutant la lecture on est tout de suite happé et on ne fait plus attention si tout est logique, si des incohérences se glissent ici ou là, si des situations sont abracadabrantesques, non, on se laisse aller et on se dépêche d’arriver au mot fin, qui d’ailleurs n’est pas inscrit. Comme lorsqu’on lisait avec délectation les premiers romans signés San-Antonio, par exemple. Cette nouvelle maison d’édition, chapeautée par les éditions SGDV, propose des polars régionaux, mais Samuel Sutra ne tombe pas dans le piège du Guide du Routard adapté pour envelopper une histoire. La Rochelle est présente, on peut suivre les protagonistes dans les rues de la cité, mais les habituels clichés nous sont épargnés. Les gourmets apprécieront la référence faite à Coutanceau, une table renommée et une référence gastronomique. Bon appétit. Et sans vouloir être un flagorneur, je pense que Samuel Sutra peut devenir un romancier reconnu, moins médiatique que certains mais plus sincère.

Samuel SUTRA : La Femme à la mort. Collection Régiopolice N°6. Editions Sirius. 256 pages. 7,50€.

challenge régions

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commentaires

lucie 23/08/2012 19:22

merçibeaucoup donc je vais les commander de suite et je serais heureuse de vous donner mon avis

bien a vous LUCIE

Oncle Paul 24/08/2012 17:04



J'attends donc avec impatience votre avis


Bien à vous



lucie 23/08/2012 15:08

maintenant que je redeviens accroc au polar dois je lire les deux premiers de samuel sutra sans etre deçue

Oncle Paul 23/08/2012 17:32



Bonjour


Si vous désirez passer un bon moment, si vous aimez l'humour, si vous vous fiez à mon jugement impartial, si vous voulez retrouver l'esprit de San Antonio allié à l'humour subtil de Charles
Exbrayat (surtout dans la femme à la mort) incontestablement ces deux romans devraient vous plaire.


Bien à vous



lucie 13/08/2012 09:10

effetivement maisquand on le lit c est pour rever un polar on essaie d etre cet inspzcteur

Oncle Paul 13/08/2012 20:17



Tout à fait Lucie !



lucie 10/08/2012 20:10

j espere avoir la joie de pouvoir dire enfin """le vrai retour du polar"" meme avec une goutte d eau de rose

Oncle Paul 11/08/2012 14:59



Mais les romans à l'eau de rose possèdent parfois un charme indéniable et ne sont pas si mièvres que certains détracteurs voudraient nous le faire croire


Amicalement



lucie 10/08/2012 17:47

javais deccroche du polar car devenu trop lours a lire ma joie de relire enfin un polar un vrai avec bcpd intrigues un super fil conducteur un reve que j ai devore felicitayions

Oncle Paul 10/08/2012 20:04



Bonjour Lucie et merci de votre visite


Moi aussi je préfère les polars, les vrais, où il y a de l'humour, du suspense et de l'énigme. Malheureusement, la mode est au roman noir. Mais c'est comme toute mode, cela passera un jour


Amicalement



lespolarsdemarine 12/07/2012 19:21

Je suis en train de le lire. Il est vrai que l'auteur change totalement de registre en s'adonnant à l'exercice de l'écriture d'un roman noir. Pour l'instant, j'avoue que j'aime beaucoup !

Oncle Paul 13/07/2012 15:26



Alors je te laisse le terminer en toute tranquillité et j'attends ta chronique


Amitiés



Astazie - Livres d'un jour 09/07/2012 12:06

Intéressant, je note cet auteur. Merci pour cette critique.

Oncle Paul 09/07/2012 15:11



Bonjour Astazie et ne perds pas ta note ! Merci de ta visite qui sera réciproque et je pense que ma liste des sites et blogs conseillés va encore s'enrichir ( à peu de frais...).


Amicalement



Lystig 08/07/2012 18:25

je note, je note !
et décidément, il va falloir que je lise Samuel Sutra.

Oncle Paul 09/07/2012 15:05



Tu fais comme tu veux Lystig, mais je pense que tu t'amuseras bien en le lisant ! Cela fait tant de bien parfois !



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  • : Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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