Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
Roland C. Wagner est décédé le 5 aout 2012 à Laruscade (Gironde) dans un accident de voiture. C’était un grand écrivain de science-fiction à tendance humoristique qui fut l’une des étoiles montantes du Fleuve Noir à la fin des années 1980.
Né le 6 septembre 1960 à Alger dans le quartier de Bab-El-Oued il s’est installé dans les Hauts-de-Seine en 1965, accompagnant ses parents. Son premier contact avec la Science-fiction est provoqué par la lecture des aventures de Guy l’Eclair, parues dans le Journal de Mickey et il se remémore toujours cette phrase : L’un de ses cœurs est arrêté, mais les deux autres battent toujours.
A l’âge de dix ans, il découvre la collection Anticipation du Fleuve Noir dont il devient un lecteur assidu. Deux titres le marquent profondément : Sterga la Noire de Louis Thirion, dont il fut un fervent lecteur et La Guerre des Gruulls d’Alphonse Brutsche (alias Jean-Pierre Andrevon). De cette époque date sa décision de devenir écrivain professionnel.
Il assiste à sa première convention de SF en 1974 où il rencontre notamment Michel Jeury, Christine Renard et Louis Thirion qui l’encouragent à persévérer. Sa première nouvelle est publiée l’année suivante dans Le Popilius, bulletin édité à l’occasion de la convention d’Angoulême. Après avoir passé un bac littéraire en 1977, il suit des études de lettres, puis d’histoire, exerçant au passage divers petits métiers : employé de banque, manutentionnaire, vendeur de journaux, coursier, opérateur de saisie…
Au début des années 1980, il édite onze numéros de Garichenkar, fanzine consacré au rock et à l’expérimentation littéraire abstruse, et apparait au sommaire de revues et anthologies comme Fiction, Futurs, SF & Quotidien, Univers ou encore Mouvance, et plus récemment dans Cyberdreams, Bifrost et Escales sur l’Horizon.
Il est l’auteur (le père comme il aimait écrire) de plus de quarante romans, et de près de cent nouvelles, ainsi que de nombreux articles, portant notamment sur la collection Anticipation, dont une (évidemment) sur Louis Thirion.
Il est aussi traducteur occasionnel, essentiellement dans le jeu de rôle (il a été responsable de la rubrique SF de Casus Belli à partir de 1985), mais d’auteurs comme Norman Spinrad, Arthur C. Clarke, Jack Vance, Stephen Baxter ou Catherine Asaro — les deux derniers en collaboration avec Sylvie Denis. Chanteur-parolier de Brain Damage, groupe qu’il intègre en 1983, il a été le fondateur du label underground Shayol Records consacré à l’édition exclusive de disques vinyles à tirage volontairement confidentiel. Parmi ses passions, outre le rock psychédélique, il a un petit faible pour la linguistique et la physique quantique.
Parmi sa production, il préfère Poupée aux yeux morts, parce que j’ai passé beaucoup de temps dessus et que j’y ai mis beaucoup de moi-même. Pour l’Odyssée de l’espèce, aussi, parce que c’est un peu une apogée provisoire et que c’est le dernier Anticipation. Et puis pour le Chant du Cosmos, c’est un peu mon Poupée des années 90. Ses auteurs préférés, dans le domaine de la SF sont Robert Heinlein, Cordwayner Smith, Louis Thirion, Norman Spinrad, Jack Vance, en polar Léo Malet (quoique moins depuis la lecture de son pitoyable Journal secret), Raymond Chandler, Ed McBain, Frédéric Dard, Van Gulik, et dans les deux domaines, Fredric Brown et Robert Bloch. Parce que ce qu’ils écrivent me correspond. Je suppose.
De son abondante production on peut citer :
Au Fleuve Noir : Le Serpent d’angoisse, Un ange s’est pendu, Mémoire des pierres, Prison intérieure, Les futurs mystères de Paris (trilogie de Poupée aux yeux morts - Prix Rosny 1988), Le paysage déchiré, Un navire ancré dans le ciel, La mort marchait dans les rues, Les derniers jours de mai, Le Rêveur des terres agglutinées, L'Autoroute de l'aube, Cette crédille qui nous ronge, Les ravisseurs quantiques, L’Odyssée de l’espèce (Prix Ozone 1998) , L’aube incertaine...
Sous le pseudo de Red Deff : Les psychopompes de Klash, Viper et Ganja (réédité chez Mnémos sous le titre : La sinsé gravite au 21)
Aux éditions de l’Atalante : Le chant du cosmos, Le temps du voyage, Rêves de gloire, Rêves de gloire, Le train de la réalité et les morts du général, ainsi que la réédition de la série Les Futurs mystères de paris dont les inédits : Babaluma, Kali Yuga et Mine de rien. La série complète se décline ainsi : La balle du néant, Les ravisseurs quantiques, L’odyssée de l’espèce, L’aube incertaine, Teckrock, Toons, Babaluma, Kali Yuga et Mine de rien.
Mais Roland C. Wagner a également utilisé les pseudos de He
nriette de la Sa rthe pour des nouvelles, Richard Wolfram pour des romans publiés chez Vaugirard dont certains écrits conjointement avec Jimmy Guieu et qui composent la série Blade et Baker, Raoul Verne pour la série des Bob Marone aux éditions de l’Hydre et quelques autres.
Ce portrait a été réalisé grâce à un courrier échangé avec Roland C. Wagner, un homme très sympathique que j’ai eu l’occasion et le plaisir de rencontrer à plusieurs reprises.
