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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 14:37

vic1.jpg

La collection Espiomatic-Infrarouge, nom officiel de la collection dans laquelle sont publiés les Vic Saint-Val fut surnommée aussi Vic Saint-Val par ses lecteurs, tant il est vrai que l’auteur-héros marqua de son empreinte cette série référence qui se démarqua dès le début des autres collections publiées à l’époque par le Fleuve Noir. Les premiers numéros, qui ne comportaient pas de nom d’auteur mais celui du héros, étaient habillés d’une couverture gris-métallisée, signée Jarry; dans un style que l’on retrouvera chez par exemple la collection de Poche Science-fiction d’Albin Michel paraissant vers le même période. Un homme, dont la silhouette empruntait un peu à James Bond, dans une attitude de défense ou d’attaque, figurait en noir. Le titre ressortant en lettres vives de couleur. Bientôt des silhouettes féminines sexy rejoignaient ce héros et à partir du numéro 16, il est fait appel aux couvertures photographiques en couleur. Le nom de l’auteur apparaît sur la tranche du livre.

Au numéro 17, arrivée d’un nouvel auteur et d’une nouvelle série, Le Conch par Jacques Blois qui s’illustrait déjà dans la collection l’Aventurier. Marc Bréhal, alias Dan Dastier, puis Daïeb Flash pseudo d’André Caroff, et Fred Noro mettant en scène Zac dont les aventures ne sont que le prolongement d’une série publiée chez Hervé Hixe, rejoindront l’écurie Espiomatic.

Lancée en 1971, sur un seul nom auteur, Vic Saint-Val, poursuivra sa course et finira par les aventures du même. Au départ les publicités mentionnaient comme auteurs de la série Gilles Morris-Dumoulin et Patrice Dard assisté du protagoniste des aventures. En fait la majorité sinon la totalité des romans signés ainsi sont bien de Gilles Morris-Dumoulin qui s’explique ainsi : “Havas, qui assurait la promotion de la nouvelle collection, avait fait un sondage. Il en ressortait, d’après eux, que les lecteurs des 70/80 ne voulaient plus de filles ni de gaudrioles, mais du sérieux, du documenté, de l’instructif ! J’ai réécrit le tome 1 selon ces critères. Mais dès le tome 3, ou 4, les représentants du Fleuve, sur le terrain, ont fait remonter une tendance différente ! Et j’ai du réécrire les tomes suivants, faits d’avance, pour y réincorporer tout ce qu’on avait sucré ! On a travaillé de concert, avec Patrice, pendant quelque temps. Puis il a bifurqué vers d’autres projets. Notamment l’écriture de bouquins sous le pseudo d’Alix Karol. On s’est séparés, et Vic m’est officiellement retombé dessus, entièrement, complètement. ”

Dans  Le forçat de l’Underwood, Gille-Maurice Dumoulin explique pourquoi et comment cette collaboration a tourné court. Patrice Dard à qui était confiée la mission du travail de documentation était au départ de cette coopération un jeune homme d’environ vingt-cinq ans. Il n’est pas passionné par le travail à lui confié.

Il faut dire, en outre, que le travail de documentation auquel il (Patrice Dard) il s’est engagé, en foi de quoi j’ai accepté notre association, ne le passionne pas. Or, Vic Saint-Val exige des informations scientifiques et géographiques très étendues. Que d’après les termes de notre accord, il doit rechercher, en fonction du scénario préalablement mis au point, pendant que je transpire sur la rédaction proprement dite. Dès la première année, le système « grippe » dangereusement. Il achèevra de se bloquer au cours de la troisième année, à l’occasion d’un nouveau déménagement. Frédéric Dard, dont son livre Je le Jure (Stock) apporte d’autres éléments sur ce partenariat littéraire avorté, traitant son fils de chien fou.

En ce qui concerne les autres auteurs de la collection, G.M. Dumoulin est assez sévère. “ Parmi les erreurs qui ont écourté la carrière de Vic Saint-Val, la plus grave a été de convertir la Série en Collection, avec V.S.V. comme Locomotive, en y accrochant des Wagons trop lourds à traîner. Des quatre séries intercalées entre les V.S.V., après le numéro 16 :

L’une était franchement exécrable,

L’autre, quoique bien écrite, ne sortait pas des sentiers battus de l’espionnage le plus classique,

La troisième, également bien écrite, était tout simplement anodine,

Et dans une volumineuse thèse de doctorat consacrée à “ l’idéologie dans le roman d’espionnage ”, un certain Eric Neveu a qualifié la quatrième de pâle copie de Vic Saint-Val.

Nouvelle dans sa conception, la locomotive Vic Saint-Val aurait poursuivi son chemin, et roulerait peut-être encore si elle était restée haut-le-pied, seule sur ses propres rails.

En ce qui concerne la série Vic Saint-Val proprement dite, vic2.jpgG.M. Dumoulin la définit ainsi : “ Les aventures de Vic Saint-Val constituent un plaidoyer en 64 volumes pour la protection de l’environnement, la sauvegarde de la planète, les droits de l’homme et autres chevaux de bataille fort exploités aujourd’hui par les hommes politiques, mais qui dans les années 70/80, étaient encore pratiquement d’avant-garde. Soigneusement documentées dans tous les domaines, elles présentent, sous une forme “ gaudriolesque ” pimentée d’humour noir et d’érotisme, des sujets comportant de nombreux aspects de “ vulgarisation scientifique, avec une “ chute ” toujours fondée sur des faits réels et poussant jusqu’au bout de ses conséquences possibles l’une des grandes préoccupations de notre époque. Contrairement à la science-fiction, c’est de l’Anticipation de demain ou d’après-demain, pas de l’an 20.000. C’est tout ce qui risque de nous tomber sur ou de nous sauter à la gueule, si personne ne s’en occupe ! Parmi ces sujets, en vrac : la pluie noire (Vic Saint-Val annonce la couleur), la mer pourrie (Pitié pour la Terre), le trafic d’organes (Vic Saint-Val vise la tête), l’hégémonie des multinationales (Le plus dur reste à faire)…

 

Les principaux personnages récurrents

Vic Saint-Val : écrivant à la première personne, il se décrit peu physiquement, et seulement par incidentes. Grand, costaud, polyglotte et rompu à tous les sports, il possède une formation scientifique omnidisciplinaire non moins solide que son sens de l’humour qui lui permet, en toutes circonstances, de raisonner et d’agir en fonction des faiblesses et aberrations inhérentes à « la connerie grandiose d’un monde en folie ».

Snaky : 1m60 pour 60 kilos d’acier caoutchouc, alliage exclusif. Né sous un chapiteau, d’un couple de gens du voyage, contorsionniste, acrobate, funambule, jongleur, voltigeur, lanceurs de couteaux (et autres objets) des deux mains, etc. Il sait faire tout ce qui se fait sur la piste d’un cirque, plus des tas d’autres choses inédites. Signe particulier : grâce à telle ou telle de ses facultés insoupçonnées, c’est lui qui, fréquemment, sort l’équipe du pétrin, volant ainsi la vedette à Vic Saint-Val (comme Bérurier à San-Antonio). Avant de contribuer à la clarté des explications finales, lorsqu’elles sont nécessaires, en protestant : Tu veux me redire ça en français du certif ?

Grete Von Glück : surnommée Lorelei et généralement appelée Lore, c’est la blonde amie de V.S.V. , experte en arts martiaux et virtuose du pilotage aérien.

Von Glück : plus communément appelé Von tout court ; père de Lorelei, amoureux de ses ordinateurs et toujours bronzé… à la lampe U.V. puisque, totalement hypocondriaque, il n’émerge que très rarement de son domaine d’élection, le siège central du WISP ou World Institue of Statistics for Peace (Institut Mondial de Statistiques pour la Paix).

 

vic3.jpgPour écrire les aventures de Vic Saint-Val et apporter des éléments crédibles aux nombreuses pérégrinations du héros, Gilles Maurice Dumoulin lisait de très nombreux ouvrages et magazines techniques et scientifiques, aidé en cela par sa connaissance d’une demi-douzaine de langues étrangères. Mais il a également suivi des cours en Sorbonne, dès la parution des premiers volumes en série. Il a découvert à cette occasion que pas mal de conférenciers l’avaient déjà lu et approuvé, en ce sens qu’ils n’ont jamais relevé dans ses ouvrages, ni incitations malsaines, ni hérésies scientifiques. Parmi ceux-ci, Jean Hamburger (le père de Michel Berger), aujourd’hui disparu. Mais également Yves Pélicier, directeur du centre psychothérapeutique de l’hôpital Necker, Rémi Chauvin, Albert Jacquard et Pierre Piganiol, fondateur de la D.G.R.S.T. (Direction Générale de la Recherche Scientifique et Technique) sous De Gaulle.

Il est évident qu’au cours des trois dernières décennies, l’actualité a évolué et que les technologies évoluant encore plus vite, les évocations, heureusement rares et non techniques, des ordinateurs peuvent donner une sensation de légère désuétude.

Dans Le Forçat de l’Underwood, Gilles-Maurice Dumoulin apporte d’autres précisions concernant la campagne publicitaire précédent le lancement de la série des Vic Saint-Val. Par exemple qu’un certain Edgar Sanday, auteur de trois ou quatre romans policiers, homme politique connu sous le nom d’Edgar Faure, aurait été l’une des chevilles maitresses de cette entreprise littéraire, annonce qui s’est dégonflée rapidement. Puis les avatars qui découlèrent de la remise du Prix des Palmes du roman d’espionnage en 1971 pour Vic Saint-Val en Enfer, prix qui était décerné uniquement à des auteurs du Fleuve Noirs.

Le pseudonyme Vic Saint-Val, qui est le fait de l’éditeur et non de l’auteur, est une habile transposition – incontestable- de Valentin Saint Vic créé à l’Arabesque dans la série Baroud. A noter que dans le film LE Magnifique, l’acteur Jean-Paul Belmondo incarne, dans des aventures rocambolesques, un agent secret français nommé Bob Saint-Clar.

Cet article a été écrit grâce à un courrier échangé avec l’auteur ainsi qu’à diverses sources fournies par Gilles-Maurice Dumoulin.

Quatre autres Vic Saint-Val sont publiés après l’arrêt de la collection dans Anticipation : Kamikazement vôtre (N°1269) ; Survivre ensemble (N°1287); Un avenir sur commande (N°1301); Un pied sur Terre (N°1445).

 

Pour découvrir quelques aventures de Vic Saint-Val, je vous propose de diriger le curseur de votre souris chez Action-Suspense.

 

1 - Vic St Val s'en occupe [1/71]

2 - Vic St Val Sur un volcan [1/71]

3 - Vic St Val sans visa [2/71]

4 - Vic St Val dore la pilule [3/71]

5 - Vic St Val en enfer [3/71] Palme d'or du roman d'Espionnage 1971

6 - Vic St Val sur orbite [1/72]vic4.jpg

7 - Vic St Val en chute libre [1/72]

8 - Vic St Val vise la tête [1/72]

9 - Vic St Val annonce la couleur [3/72]

10 - Vic St Val contre Vic St Val [3/72]

11 - Vic St Val rend la monnaie [3/72]

12 - Vic St Val va à dame [1/73]

13 - Vic St Val entre deux eaux [1/73]

14 - Vic St Val donne le feu vert [2/73]

15 - Vic St Val brûle les étapes [3/73]

16 - Vic Saint Val : Quitte ou double [3/73]

18 - Vic Saint Val : Non stop [4/73] 

20 - Vic Saint Val : Vic Saint/Val sous pression [1/74] 

22 - Vic Saint Val : Vic St Val en direct [1/74] 

24 - Vic Saint Val : Vic St Val à fond de cale [2/74] 

26 - Vic Saint Val : Vic St Val période fauve [3/74] 

29 - Vic Saint Val : Vic St Val tous azimuts [4/74] 

32 - Vic Saint Val : Vic St Val ... place aux jeunes [4/74] 

34 - Vic Saint Val : Vic St Val vole dans les plumes [1/75]  vicSt-Val-Patrice-Dard-Vic-Tous-Azimuts-Livre-581666586_ML.jpg

38 - Vic Saint Val : Vic St Val force la dose [1/75] 

42 - Vic Saint Val : Vic St Val cousu main [2/75] 

46 - Vic Saint Val : Vic St Val au finish [3/75] 

48 - Vic Saint Val : Vic St Val tranche dans le vif [3/75] 

52 - Vic Saint Val : Vic St Val taille adulte [4/75]  

54 - Vic Saint Val : Vic St Val priez porno [4/75] 

56 - Vic Saint Val : Salut la Mecque [1/76]  

60 - Vic Saint Val : Vic St Val circuit Dracula [1/76]  

62 - Vic Saint Val : Aux algues, citoyens ! [2/76] 

63 - Vic Saint Val : La ruée vers Lore [2/76] 

68 - Vic Saint Val : Envoûtements sur commande [3/76]  

70 - Vic Saint Val : Le complexe de Frankenstein [3/76] 

75 - Vic Saint Val : Nostradamus au pouvoir ! [4/76] 

77 - Vic Saint Val : Monstres à volonté [1/77] 

79 - Vic Saint Val : Jusque-là, ça va ! [1/77] 

81 - Vic Saint Val : Société de compromission [1/77]  

82 - Vic Saint Val : Un méchant coup de vieux ! [2/77] 

84 - Vic Saint Val : Pitié pour la Terre ! [2/77] 

85 - Vic Saint Val : Course au suicide [3/77] 

86 - Vic Saint Val : Nous sommes tous des cobayes [4/77]  Vic-St-Val-Quitte-Ou-Double-Livre-629434502_ML.jpg

87 - Vic Saint Val : Le fer dans la plaie [4/77] 

88 - Vic Saint Val : Violence sans visage [4/77]  

89 - Vic Saint Val : Equilibre de la terreur [1/78] 

90 - Vic Saint Val : Partage en frères [1/78]  

91 - Vic Saint Val : Bienheureux les doux ... [2/78] 

92 - Vic Saint Val : La tête au carré [2/78] 

93 - Vic Saint Val : La crainte du gendarme [3/78] 

94 - Vic Saint Val : Massacre en sourdine [3/78]  

95 - Vic Saint Val : Debout, les morts [4/78] 

96 - Vic Saint Val : La boule à zéro [4/78] 

97 - Vic Saint Val : Des lendemains qui hantent [1/79] 

98 - Vic Saint Val : Matraquage [1/79] 

99 - Vic Saint Val : Le plus dur reste à faire [2/79]  

100 - Vic Saint Val : Casseurs, sachez casser ! [3/79] 

101 - Vic Saint Val : Exécution sur mesure [4/79]  

102 - Vic Saint Val : Camouflage express [4/79] 

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commentaires

Serge 31 04/03/2013 00:15

Bonjour Paul.
D'accord avec le (forcément pertinent) commentaire précédent. Je me souviens avoir lu au moins les 4 ou 5 premiers titres (couvertue imitation métal à l'avant-garde du marketing de l'époque) et
j'en garde un bon souvenir. Tu me donnes envie d'en relire, dommage que je ne les ai pas gardés!
Amitiés.

Oncle Paul 04/03/2013 18:26



Bonjour Serge


Je les possède car je suis un collectionneur qui a la chance de posséder une grande pièce où entreposer mes "trésors". Et il est vrai que pouvoir se replonger dans des livres qui nous ont plu est
un plaisir ineffable.


Amitiés



Claude Le Nocher 03/03/2013 18:08

Bonjour Paul
Bel hommage à une série de bons suspenses qui, en effet, avait le mérite d'évoquer avant l'heure des sujets de société et scientifiques sérieux. Avec le recul, on s'en aperçoit.
Amitiés.

Oncle Paul 04/03/2013 18:22



Tout à fait Claude et Gilles Morris-Dumoulin démontre que l'on peut écrire des romans populaires avec sérieux. Plus de sérieux que certaines productions dont s'enorgueillissent de pseudos
intellectuels. Et non je ne citerai personne...


Amitiés



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  • : Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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