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26 mai 2012 6 26 /05 /mai /2012 08:07

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En cette fin d’année de l’an de grâce 1787 , les accidents et les décès consécutifs aux accidents provoqués la plupart du temps par le renversement de balles de foin tombées de chariots, dans le quartier du Marais à Paris sont légion. Et la mort du premier violon de l’orchestre dirigé par le chevalier de Saint-Georges, le Concert de la loge olympique, d’obédience maçonnique, arrange les affaires de Nicolas Lecoeur qui convoitait ce poste depuis quelque temps. Un autre événement va précipiter les enquêtes policières. Une bijoutière, la veuve Fournier, a été assassinée ainsi que son commis et ses hommes de confiance en sa boutique du quai des Orfèvres. La carriole qui devait transporter une petite cargaison d’or à son fils installé dans le Marais, s’est volatilisé. L’héritier est naturellement soupçonné mais aucune preuve ne peut être retenue contre lui, puisque justement il est l’héritier direct et n’a donc aucun intérêt immédiat à tuer et à voler sa mère. Le commissaire Davier confie l’affaire à l’un de ses adjoints particulièrement prometteur dans la profession, l’agent de police Malvy. Nicolas Lecoeur pendant ce temps fricote avec Marianne, une servante d’auberge, et las de vivre confiné dans une petite chambre chez ses parents ébénistes, est hébergé par Auguste Vestris, un danseur dont il avait fait la connaissance neuf ans auparavant et qu’il a retrouvé par hasard lors de l’un des concerts. Les accidents se succèdent et les manants n’en sont pas les seules victimes. Des personnes huppées aussi décèdent de la chute de balles de foin mal arrimées. Les témoignages n’affluent guère, obtenus auprès de témoins qui n’ont quasiment rien vu, ou des mouches (les indics) qui recueillent ragots plus ou moins fiables. Toutefois il semble qu’à chaque fois la carriole serait attelée d’un cheval gris pommelé. Et les caïmans ne seraient peut-être innocents. Les Caïmans, ce sont les malfrats de l’époque, ceux qui plus tard seront surnommés les Mohicans puis les Apaches.

Les romans policiers ayant pour trame l’histoire, et l’histoire de France plus particulièrement, font florès actuellement, obéissant à une mode du lectorat, et quasiment tous les auteurs se conforment à la même règle. Celles d’intégrer à l’intrigue des descriptions d’une époque attractive, souvent le XVIIème ou le XVIIIème siècle, privilégiant souvent le décor et insérant personnages fictifs et réels qui se côtoient sans se faire de l’ombre. Habilement Pierre-Alain Mesplède, tout en apportant un éclairage substantiel au cadre et à l’ambiance, ne faillit pas à cette tradition. Mais contrairement à certains qui privilégient les us et coutumes, le décor local, l’architecture, les imbrications politiques et les magouillages de salon, il préfère s’intéresser à la vie culturelle qui régentait alors la capitale. C’est ainsi qu’au détour des pages on rencontre le symphoniste Ignace Pleyel, dont la marque de pianos aura survécu à ses compositions, le capitaine Thomas Alexandre Davy de la Pailleterie, plus connu sous le nom d’Alexandre Dumas, père de l’auteur des Trois Mousquetaires et que Charles Geneviève Louise Auguste André Timothée de Beaumont alias chevalier d’Eon y est évoqué de même que Gluck et Haydn. L’intrigue devient presque secondaire, mais est néanmoins toujours présente avec un épilogue inattendu.

Pierre-Alain MESPLEDE : Les Caïmans du Marais. Collection Univers Policiers ; Editions Pascal Galodé. 224 pages. 18€.

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