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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 12:51

Et quand t'es mort, tu disparais !


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Présentateur vedette d’une émission télévisée et grand reporter, Gabriel Rampart revient sur les lieux de son enfance, ce qui ne lui arrive guère sauf à certaines dates incontournables. Ayant reçu une lettre d’Angélique lui demandant son aide, il n’a pu résister et le voici de retour dans sa ville natale, Le Touquet.

Il avait quitté la cité balnéaire vingt six ans auparavant, alors qu’il aimait Angélique. Le père de celle-ci n’aspirait pour elle qu’un gendre de sa condition, riche et placé haut dans la hiérarchie sociale de la région. C’était Quentin Ayssèdre qui avait eu les faveurs de devenir le gendre du potentat Delaruc et Rampart n’avait plus eu qu’à plier bagages. Coup du sort, Ayssèdre était décédé peu après en mai 1981 d’un naufrage en mer, ce qui arrangeait bien les affaires de famille, sa société étant au bord de la faillite.

Et en ce mois de février 2007, une femme a été assassinée devant la demeure d’Angélique. La jeune femme, une touriste allemande de passage du nom d’Ingrid Ulmer, a reçu un coup violent sur la tête. Angélique, toute honte bue, a appelé à la rescousse son ex petit ami. Ce meurtre apparemment banal, dont le mobile reste à découvrir (justement son téléphone portable a disparu), va faire remonter à la surface des miasmes qui se révéleront nocifs, blessants, incommodants, délétères, car chacun des protagonistes est plus ou moins impliqué dans cette histoire.

Outre Angélique, et ses deux enfants, Stéphane et Priscillia, évoluent Amédée, le parrain de Gabriel, gendarme à la retraite, André un ex journaliste localier, Leleu jeune journaliste qui aimerait connaître un parcours similaire à son idole, Edith, ancienne employée d’Angélique, Gigurtu, l’homme à tout faire, Mantoussin le juge, Paul-Alain Levaillant l’ex-majordome de Delaruc, plus quelques autres dont le rôle s’avère prépondérant, à un degré ou un autre. Gabriel est surpris d’apprendre que le père d’Ingrid s’appelait Helmut Ulmer, membre de la Stasi du début des années 50 jusqu’à la chute du mur de Berlin. Or en 1944, il sévissait dans le Nord, en tant que gestapiste et il avait été surnommé le Tripier. Un surnom qui n’avait pas été usurpé.

Angélique reçoit des lettres, anonymes comme il se doit, et d’autres cadavres viennent ponctuer l’enquête de Gabriel. Lequel Gabriel depuis qu’il a été pris en otage au Moyen-Orient réagit parfois avec imprévisibilité. Sa détention n’a duré guère mais elle a laissé des ravages dans sa tête.


Philippe Bouin décrit une gent bourgeoise dont la seule préoccupation est de paraître, à tout prix, quelles qu’en soient les conséquences, sur la vie familiale, sociale, des notables qui font passer l’argent avant les sentiments. Entre mensonges, faux-fuyants, cachoteries, illusions, désillusions, compromis, écrans de fumée, Philippe Bouin nous entraîne dans une intrigue machiavélique dont le ressort tourne autour de trois époques. La seconde guerre mondiale et ses suites, 1981 et 2007, et pour ces deux dernières dates la période des élections présidentielles. Ce qui permet à l’auteur, par le biais des dialogues entre ses personnages, de revenir sur ces deux événements et les candidats.

Ce ne sont que des annexes qui n’interfèrent nullement dans le récit, mais ajoutent une pointe épicée pas du tout désagréable. Un roman qui dépeint une société en déliquescence, et qui est construit comme un roman policier de détection, d’énigme, de suspense, avec un épilogue à double détente.


A lire également du même auteur : Comptine en plomb.

 


Philippe BOUIN : Paraître à mort. Editions Archipoche N°186. (réédition des Editions de L’Archipel – 2010). 384 pages. 7,50 €

challenge régions

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