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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 12:22

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Après mon portrait de Michel Grisolia, une lecture.

beaulieu.jpg

 

 

Philippe Angelin est médecin de quartier, une vocation héréditaire. La cinquantaine blasée. Marié, deux enfants, une femme qui ne vit que par les invitations des uns et des autres, bourgeoise obsessionnelle. Lui, il aimerait parfois être tranquille, loin des réunions quasi obligées entre membres de la même confrérie, professionnelle ou snobinarde. Il est confiné dans un univers préfabriqué qui commence à l’étouffer.

 

Il suffit qu’un jeune homme fasse appel à lui pour que sa vie bascule. Gérard, le fils d’un confrère, un prothésiste décédé cinq ans auparavant, lui demande de secourir sa mère, gravement malade. Angelin propose de la conduire à l’hôpital mais Gérard ordonne que la malade soit soignée dans une clinique haut de gamme, celle dirigée par Jotterand. Angelin sait que la réputation du chirurgien est usurpée mais il se plie aux exigences de Gérard. Nicole, la patiente, était divorcée d’avec le père de Gérard. Peut-être est-ce pour cela qu’Angelin ne la reconnaît pas. Pourtant il devrait, selon le jeune homme.

 

Nicole décède, et évidemment la question se pose : fatalité ou meurtre par négligence ? Gérard harcèle Angelin. Il lui prétend que sa mère, de son vrai nom Andrée, n’avait jamais aimé que lui. Alors Angelin essaye de se souvenir mais le passé fuit. Il prend en filature Gérard et s’éprend d’Odile, la petite amie du jeune homme. Il s’installe seul dans une maison, loin de sa famille, afin de recomposer son passé.

 

On sent l’influence de George Simenon dans ce roman de Michel Grisolia, tout en nuance et intimiste. Une lente dérive d’un homme obligé de côtoyer les bourgeois et les notables de sa cité, Nice, mais qui ne s’y habitue pas alors que sa femme n’aspire qu’aux honneurs et aux représentations. Une lente décomposition de la cellule familiale et une reconstruction d’un passé qu’il avait enfouiparce que trop pénible. Simenon, oui Michel Grisolia l’avoue, ne serait-ce qu’à travers ces deux extraits : “…il s’évadait de ses cours en lisant Simenon ou des romans policiers anglais ” (page 132) ou encore par ce genre de petite phrase qui marque l’atmosphère : “ De menus évènements lui reviendraient en mémoire, plus tard, de cette journée sans histoire ” (page 140). Un roman intimiste prenant, sans grand esbroufe mais efficace.

Michel GRISOLIA. : Beaulieu, un soir de pluie. Editions Albin Michel (2005). 336 pages. 19,50€

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commentaires

Lystig 02/09/2012 12:54

tu ressors des archives ?

Oncle Paul 03/09/2012 14:51



oui, c'était en hommage à Michel Grisolia décédé un 12 aout



Alex-Mot-à-Mots 16/08/2012 21:06

Est-ce que, comme chez Simenon, la femme est reléguée à la cuisine ?

Oncle Paul 17/08/2012 14:26



Bonjour Alex


Non les femmes ne sont pas reléguées à la cuisine. Mais chez Simenon, il en va de même. C'est devenu une généralité car effectivement c'est le rôle déchu à Madame MAigret, mais dans ses romans
noirs ou durs Simenon ne réduit pas les femmes qu'il décrit à des bonniches dans l'ombre de leur époux.


Pour preuve mon article de demain.


Amitiés



Claude LE NOCHER 13/08/2012 20:21

Salut Paul.
C'est un peu bizarre mais, bien que j'aie lu deux ou trois titres de Grisolia (dont des SOS Disparus), je n'ai jamais accroché à cet auteur. A l'époque, j'attribuais ça à une question de découpage
scénique, mais c'était peut-être un banal manque d'adhésion de ma part à ses sujets.
Amitiés.

Oncle Paul 14/08/2012 13:27



Bonjour Claude


Je considère Michel Grisolia à l'égale de Simenon, mais d'autres auteurs ont également pratiqué dans une partie de leur oeuvre ce genre de suspense psychologique et intimiste : G.J. Arnaud avec
Le coucou, Noël au chaud, Les enfants de Périlla, ainsi que J. F. Coatmeur et bien d'autres dont François Rivière. Peut-être qu'en les lisant ou relisant ton optique serait différente
aujourd'hui.


Amitiés



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  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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