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9 septembre 2014 2 09 /09 /septembre /2014 08:11

Une étoile qui n'est pas des neiges !

 

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Près de trois cent mille kilomètres à la seconde, c'est la vitesse à laquelle est propulsé un petit vaisseau spatial. Soit cent plus vite que la vitesse de la lumière ! Et le voyage dure dix ans. De quoi emmener les deux passagers jusqu'au bout du bout des étoiles et même plus loin.

Plongé en léthargie, le couple composé d'un homme et d'une femme se réveille et sort des deux caissons hermétiques dans lesquels ils ont dormi à points fermés durant toute la durée de leur périple interstellaire. Pourquoi séparément ? Parce que de toute façon, comme ils dormaient, ils n'auraient pu jouer à la crapette ou autres jeux distrayants. Pourtant leur mission, qu'ils ont acceptée, consiste à se reproduire sur une planète inconnue, et l'heureuse élue se nomme l'Etoile 61 du Cygne.

Olga Hersen et son compagnon de voyage, Judd Cross, vont pouvoir découvrir cette planète qui a été sélectionnée, comme eux, à cause de l'atmosphère qui y règne. Ils s'éjectent donc de la fusée et essaient de rejoindre la terre ferme à bord d'une capsule. Mais ils doivent faire face à des problèmes d'approche. La planète est dupliquée en cinq exemplaires, des fusées triangulaires tournent autour de leur engin et ils se sentent aspirés dans une sorte de trou noir. La planète qu'ils pensaient inhabitée ne l'est pas et deux individus surveillent leurs pérégrinations.

Dans une tour souterraine de cette planète, Work et Jerla surveillent l'approche de la capsule freinant l'approche des humains à l'aide de miroirs. Ils sont inquiets car ils se demandent si cet engin ne signifierait pas le retour des Stérilisés. En effet quatre-cents ans auparavant une dissension s'était élevée entre Algoas et pratiquement toute la population d'Algon, le nom de cette étoile, était partie vers d'autres cieux. Ce qui explique leur stratagème pour annihiler l'approche du vaisseau. En analysant leur comportement et en interceptant un message que Jud et Olga ont transmis à la Terre afin de signaler que leur mission était sur le point de réussir, ils comprennent qu'il s'agit d'entités inconnues. Ils dirigent la capsule sur Plénimor II et une Métropole fictive.

D'autres explorateurs de l'univers sont programmés mais ils ne doivent partir que lorsque le message sera reçu, soit dix ans plus tard. En attendant Jud et Olga vont apprendre à composer avec les Algoas qui vivent sur cette planète. Après avoir parlementé et expliqué leur mission ils sont acceptés par les Algoas qui les exilent sur l'ile de Rhada. Une île paradisiaque entourée d'eau où Jud et sa compagne se retrouvent seuls.

Car les Stérilisés refont parler d'eux. Ils ne sont pas anéantis comme le supposaient les Algoas restants. Ils avaient tout simplement vieillis plus lentement ayant trouvés refuge dans une galaxie lente. Avec à leur tête Zodia qui n'a jamais oublié quatre-cents ans après les affronts dont ils ont été victimes.

 

Ce roman en deux parties reprend le vieux thème du voyage dans l'espace avec le but bien défini de trouver de nouveaux endroits où s'implanter. Mais s'il fallait tirer une morale, voire deux, de cette histoire il faut la chercher dans le texte car à aucun moment Max-André Rayjean se pose en moralisateur ou en philosophe voulant à tout prix passer un message. Il laisse le lecteur se faire sa propre opinion sur l'avenir mais surtout sur le comportement de l'être humain en général. Il ne disserte pas mais place ici ou là de petites phrases qui sont autant de mises en garde ou de rappels. La mission impartie à Jud et Olga nous ramène à Adam et Eve. Il leur fallait procréer. C'était à cette condition que l'homme essaimerait à travers l'Univers, pour y développer sa culture, sa civilisation. Or point n'est besoin de quitter la Terre pour se rendre compte que certaines races ou religions depuis des temps immémoriaux essaient d'imposer leur culture et leur civilisation. Il suffit de regarder autour de soi et de s'apercevoir que certains états ou cultes veulent imposer leurs points de vue idéologique, philosophique, dogmatique. Nul ne peut se targuer de posséder la vérité dans quelque domaine que ce soit mais l'intolérance est une fonction innée de l'Homme. Pas tout le monde j'en conviens. Quant à la procréation envisagée, elle peut se montrer aléatoire.

L'autre morale, si l'on peut s'exprimer ainsi, ou enseignement, découle plus ou moins de la première. Zodia reproche à Work et Jerla d'être les descendants de ceux qui les ont expulsés, rejetés. Work comprend fort bien cette acrimonie et ce besoin de vengeance, même si ce sont les générations précédentes qui ont perpétré cet outrage. Et Zodia enfonce le clou en proférant cette diatribe : Deux Etrangers ont arrivés sur Algon. Vous ne les intégrez pas. Vous les isolez à nouveau sur l'île de Rhada. Quand ils auront procréé, quand vous sentirez leur présence gênante, alors vous les exilerez à leur tour. Il me semble que certains partis politiques gèrent déjà ce "problème" de l'immigration par ces moyens radicaux et expéditifs.

Max-André Rayjean ne renouvelle peut-être pas le genre mais il sait mettre le doigt de la conscience là où ça fait mal. Tout est écrit insidieusement mais avec justesse.

A lire du même auteur dans la même collection : Le cycle d'Orga, ainsi qu'un portrait de Max-André Rayjean.


Max-André RAYJEAN : Opération étoile. Collection Blanche N°2120. Editions Rivière Blanche. Parution Août 2014. 164 pages. 15,00€.

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