Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 13:09

macadam.jpg


Entre un père qui est plus souvent à l’ombre qu’à la maison, une belle-mère qui refile plus de torgnoles que de sourires, un frère qui se vautre comme une otarie échouée dans le canapé du salon en guise d’activité rémunératrice, Freddy n’est guère gâté par la vie. Et puis la Sénarde, c’est pas franchement le quartier propice pour s’éclater, pour jouir de la vie, lorsqu’on est ado.

Alors Freddy décide de partir, de fuir cette ambiance délétère et de rejoindre la capitale. Il ne connait personne et traine ses baskets dans les lieux mal famés de la ville. Paris, ville lumière, surtout lorsqu’on a assez d’argent pour s’éclairer avec des pétards. Au début, car dans l’engrenage, c’est tout le bras qui y passe et devient vite une écumoire, bras poinçonné à coups de seringues. Squatteur un jour, squatteur toujours, entre La Chapelle, Barbès, Montmartre, parfois de petits extras Place de Clichy ou Gare de Lyon.

Il trouve toujours un copain, une amie pour l’aider dans sa quête de plaisirs frelatés, mais ce qui lui manque le plus, ce sont les fonds, des fonds qui ne gisent pas dans ses fonds de poche, évaporés, absents. Alors dans l’attente du RMI, il doit accepter quelques privautés. Aller même au bout de ses désirs qui sont ses besoins, et ne pas s’embarrasser de remerciements lorsqu’on peut faire autrement. Et les médicaments ne se trouvent pas sous les grolles des fachos qui sillonnent les plaines du canal Saint Martin ou autres endroits où ils sont sûrs de trouver de la viande à tabasser en toute impunité. Le trottoir, quand t’es môme, c’est pas le palais du rire.

Ce court roman, 115 pages, se décline en de très courts chapitres, comme des nouvelles au raccourci, et cela slame dans la tête. De petits poèmes s’éparpillent en cours de route et référence est faite à Mano Solo. L’écriture de Léo Lamarche est un coup de scalpel qui entame l’esprit et vous tient éveillé. L’horreur, la poisse, le glauque, la noirceur au bout de la nuit, l’envie d’aider Freddy dans sa quête, les questions qui s’entrechoquent, est-ce vraiment de la fiction, et le lecteur arrive à l’épilogue lessivé, rincé, broyé, pantelant. Léo Lamarche est une jeune femme au visage angélique dont les yeux bleus expriment la sérénité et pourtant que de violence dans ses écrits. Le diable au corps du stylo.


Léo LAMARCHE : Macadam blues. Editions Coups de tête N° 22. 2009. 115 pages. 10,00€.

Partager cet article

Repost0

commentaires

Patrick 28/06/2013 07:58

Bonjour Paul
Il me plairait bien aussi , mais 10 euros pour 115 pages , c'est pas un peu excessif ?
Bon , on verra les moyens...
Bonne journée...

Oncle Paul 28/06/2013 14:52



Bonjour Patrick


Je suis d'accord avec toi mais il existe aussi des ouvrages de 150 à 200 pages qui coûtent 20€ et ne sont pas aussi bon. Mais ce que j'en écris...


Bonne journée de même



C'zazy 28/06/2013 00:25

Ce me semble dur

Oncle Paul 28/06/2013 14:45



c'est dur en effet, réaliste même



gridou 27/06/2013 15:30

Le genre de petit boiuquin qui pourrait bien me plaire...

Oncle Paul 27/06/2013 18:54



D'autant que maintenant ils sont plus facilement disponibles en France...



Présentation

  • : Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
  • Contact

Recherche

Sites et bons coins remarquables