Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
Hommage à Joseph Bialot, né le 10 août 1923.
Valentin Welsh est dans la panade : alors qu’il avait réussi à maîtriser un braqueur de banque, que l’homme était désarmé et menotté, il l’abat bêtement dans un réflexe stupide. Retour de bâton, un inconnu désire venger la mort du truand en faisant planer sur la tête du policier des menaces accompagnées de petites sauteries.
Il place des bombes dans des établissements bancaires et joue au chat et à la souris avec le représentant des forces de l’ordre. Il lui envoie des lettres de menace sous forme de charades que Welsh doit décrypter sous peine d’y laisser sa peau et celle de pauvres innocents. Le policier se résout à faire appel à son ancien supérieur, l’ex chef de la brigade, Loup, surnommé ainsi à cause d’un incident/incendie qui lui a ravagé le visage.
Et comme si tout était un jeu, la résolution de l’énigme c’est-à-dire la découverte de celui qui s’amuse à tirer les ficelles et à agiter la bombe qui plane sur la tête de Welsh, sera délivrée grâce à la solution de mots croisés. Comme quoi être intellectuel parfois a du bon.
Joseph Bialot met la barre assez haut, et il la franchit allègrement, en écrivant ce roman qui flirte amoureusement et jubilation avec la contrainte et l’exercice de style. Si l’histoire est contée admirablement, la charade et sa décomposition tiennent en haleine le lecteur, tout comme au bon vieux temps les auteurs de romans d’énigmes en chambre close tentaient de se surpasser en imaginant, en inventant, d’improbables problèmes.
Rarement Joseph Bialot a déçu son lecteur avec ses précédents romans mais il faut avouer qu’ici il atteint quasiment la perfection par la rigueur du style, de l’énigme, de la trame, de la recherche et du renouvellement, le tout enrobé d’un humour parfois cynique, de coups de griffe savamment ajustés, sans tomber dans le bassement démagogique.
A lire égalment de Joseph Bialot : La main courante et Votre fumée montera vers le ciel
Joseph BIALOT : Ô mort, vieux capitaine… Editions Point Seuil N° 707. Janvier 2000. 302 pages.