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10 août 2014 7 10 /08 /août /2014 09:14

Hommage à Joseph Bialot né le 10 août 1923

 

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L’enlèvement de son petit-fils Julien, la veille du Jour de l’An et sa reconstitution contre une énorme rançon n’abat pas Lucien Perrain. Au contraire, il se charge de remettre lui-même l’argent réclamé aux ravisseurs, dans la banlieue parisienne près d’Etampes.

Hélas la neige qui recouvre la campagne environnante d’un blanc linceul transformera cette nuit de fête en tragédie. Pour Lucien c’est un retour en arrière qui s’effectue. Les souvenirs affluent. Des souvenirs vieux de quarante cinq ans, la déportation, la vie, si l’on peut appeler ainsi l’existence larvaire dans le camp de concentration de Bonne Espérance. Des images qui s’impriment en surimpression, lui faisant perdre les esprits, la notion du temps. Et c’est le drame.

Lucien Perrain abat les deux truands chargés de la transaction. Un geste irréfléchi, impulsif, subordonné à des souvenirs poignants. Le fil ténu qui pouvait le mener à son petit-fils semble irrémédiablement cassé.

 

bialot.jpgDans ce roman, Joseph Bialot puise dans ses souvenirs personnels tout en adaptant ce qui pourrait être un fait-divers. L’humour qui imprégnait son précédent roman, « Un violon pour Mozart » n’est plus de mise. Ici, c’est le combat âpre d’un homme seul contre les éléments, contre l’adversité, contre lui-même : « Lucien Perrain vivait ainsi, tiraillé entre la nausée et cette passion féroce de respirer, de marcher, de chanter, de jouir qu’il connaissait si bien depuis quarante-cinq ans ».

Un roman qui s’inscrit directement dans la définition que Joseph Bialot donne du roman policier : « Le roman policier représente la tragédie moderne au quotidien. C’est une littérature qui permet d’explorer un univers où les situations individuelles sont poussées au paroxysme. Il y a dans tout roman noir un moment, un seul où tout bascule, où tout le code social, où tout le corps social, se trouve confronté avec sa logique à une situation affective. Et c’est le clash ». Une excellente réédition à ne pas manquer.

 

A lire également de Joseph Bialot : Votre fumée montera vers le ciel; La main courante et Ô mort, vieux capitaine...


Joseph BIALOT : La nuit du souvenir. Série Noire N° 2215, 1990. Réédition Folio Policier N°603. Parution le 16 décembre 2010. 240 pages. 6,80€.

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commentaires

S
Bonjour Paul (et Claude)<br /> Je vous envie grandement d'avoir pu échanger avec, effectivement, un aussi Grand Monsieur...<br /> Amitiés.
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O
<br /> <br /> Bonjour Serge<br /> <br /> <br /> C'était au temps où j'écumais les principaux festivals, il n'en existait guère à l'époque : Reims Grenoble et Le Mans puisque je faisais partie du bureau de 813. Mais cette époque est révolue...<br /> <br /> <br /> Amitiés<br /> <br /> <br /> <br />
C
Salut Paul<br /> A Concarneau, présenté à lui par J.B., M.Bialot et moi avons évoqué l'aspect populaire du polar, qu'il faut entretenir, et du langage vivant : l'argot, le parler du quotidien. Grand souvenir (que<br /> je garde pour moi). Amitiés.
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O
<br /> <br /> C'était quelqu'un de très abordable, mon cher Claude, et dont la conversation était fort agréable...<br /> <br /> <br /> Amitiés<br /> <br /> <br /> <br />
C
Salut Paul<br /> Un grand Monsieur, alliant gentillesse et passion. Amitiés.
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O
<br /> <br /> Et oui Claude et que j'ai retrouver au Mans et ailleurs. Malheureusement je n'avais pas de dictaphone sur moi et je ne me souviens guère des discussions que nous avions eu, à part l'épisode du<br /> roman Main courante, contrairement à d'autres qui peuvent répéter mot à mot leurs discussion avec tel ou tel auteur.<br /> <br /> <br /> Amitiés<br /> <br /> <br /> <br />

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