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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 16:41

Il est des auteurs que l’on aime retrouver, surtout lorsqu’on les a derapages.jpgdécouvert durant son adolescence. Jean-Pierre Ferrière fait partie de ces romanciers qui œuvrent avec simplicité, élégance, avec un style clair dénué de grossièretés et de vulgarité, échappant à la vague de débordements d’hémoglobine et de scènes de violence, et lorsqu’il nous donne de ses nouvelles, c’est un pur plaisir. Des nouvelles dans tous les sens, puisqu’il s’agit bien ici d’un recueil de nouvelles :


Cinq nouvelles composent donc ce recueil, la première et la plus longue donnant son titre au recueil. Dérapages, dont le titre initial est La gifle dans un café, prend justement son origine dans un bistrot. Un couple attablé se dispute, ignorant les clients, des habitués, et l’homme excédé gifle sa compagne qui semble l’avoir poussé à bout. Puis il part, la laissant seule attablée. Françoise, la patronne du bar qui officie surtout à la caisse laissant son mari s’occuper du bar, est une quadragénaire qui s’ennuie. Elle se demande ce que sa vie a pu lui apporter. Elle n’est pas malheureuse, mais elle n’est pas heureuse non plus. Elle végète. Elle s’intéresse à cette cliente esseulée et légèrement éméchée. Robert, son mari, n’a jamais vu ça ! Sa femme boire un whisky en compagnie d’une cliente ! Françoise et Catherine, ainsi se nomme la jeune femme, deviennent amies. Au contact de Catherine, dont parfois les bonnes actions sont gratifiées de quelques billets pour ses relations charnelles, pour le plus grand bien de messieurs esseulés mais fortunés, Florence se dévergonde, abandonnant le domicile conjugal.


Retour à la nuit tombées’inscrit dans un genre Coucou, c’est moi ! Constance est veuve et vit seule dans une grande maison, habitée par les souvenirs. Principalement celui de son fils Philippe, disparu depuis de longues années dans un accident de montagne. Malgré les recherches effectuées, son corps n’a jamais été retrouvé. Et voilà qu’un soir ce fils chéri réapparaît, atteint d’amnésie. Il ne se souvient de rien. Seule une impulsion l’a poussé à se rendre dans cette ville, à se diriger au hasard dans les rues, et à se présenter à la porte d’une maison accueillante. Pourtant certains gestes lui reviennent spontanément, comme dénicher dans le tiroir d’un secrétaire un paquet de cigarettes et un briquet. Il s’agit d’une seconde naissance, mais comment va réagir Isabelle, celle qui était son amie et était présente lors de sa chute près de Chamonix.


Quelque chose m’est arrivé dans le métro (réédition de Hitchcock Magasine n°3 de novembre 1988) met en scène une belle femme, normal elle est esthéticienne, qui flirte avec la quarantaine. Elle apprécie le contact, surtout dans le métro, se frottant aux voyageurs lorsque la rame est bondée. Et après quelques attouchements qu’elle a délibérément provoqués, elle se retourne vers l’importun supposé et le vilipende, l’injurie, le pauvre homme restant coi et abasourdi par ce qu’il lui arrive. Il ne lui reste qu’à descendre à la première station et se fondre dans la foule.


Le passé décomposé(réédition de Hitchcock magasine n° 22, novembre 1991). Florence Arnal est une ancienne comédienne et en feuilletant son programme télé elle s’aperçoit qu’une chaine va rediffuser une pièce de théâtre, style Au théâtre ce soir, dans laquelle elle jouait un rôle mais qu’elle n’a jamais vu. Et ce visionnage va lui proposer un retour en arrière auquel elle ne s’attendait certes pas.


dérapages

Enfin Larmes du crime (réédition de Anthologie du Mystère 89, Livre de Poche n° 6561, juin 1989), nous propose de suivre Valentine sur les planches de Deauville, en compagnie de ses deux filles, mais pas de son mari. Car celui-ci qui normalement les rejoint tous les week-ends, ne viendra pas a bsorbé par son travail. Alors, que faire ? Aller au cinéma, sortir un peu le soir tandis que Mademoiselle s’occupe des gamines. Prendre du bon temps alors que son mari, elle l’a appris par une indis crétion, consacre ses efforts non pas au bureau mais au lit.


Cinq femmes dont le destin est bousculé par leur faute ou à cause d’un événement extérieur dont elles ne sont pas forcément responsables mais qui servira de catalyseur et d’explosif en même temps. Fidèle à un principe qui dure depuis plus de cinquante ans, Jean-Pierre Ferrière imagine des trames dont le ressort est ce grain de sable qui grippe la belle machine d’un quotidien qui va déraper comme sur un parquet trop bien ciré, trop lisse, et la chute qui est engendrée réveille ou assomme.

Jean-Pierre FERRIERE : Dérapages. Editions Noir Délire. 210 pages. 16,90€.

Photo de couverture : Jean-Pierre Ferrière.

Claude Le Nocher en parle également sur Action-Suspense !

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