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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 13:47

A Nantes sous la Terreur !

 

enrage-copie-1.jpg


Après leur attaque avortée devant Granville, les Chouans ou Vendéens surnommés aussi les Brigands par les Révolutionnaires, se replient vers Dol emmenés notamment par Guy de Paramé.

Mais l'armée des Bleus de Kléber n'est pas loin et La Briantais, le commandant des canonniers accompagné de son fidèle Decius, n'est pas loin

Denise qui chevauche en compagnie du jeune Roch tente de rejoindre ses amis Vendéens mais elle tombe entre les mains des Révolutionnaires. Roch défend si bien sa cause, qu'elle est remise à La Briantais qui veut la protéger. Seulement l'infâme Thomas Laîné est sur leurs traces bien décidé à récupérer le scapulaire contenant des indications sur le trésor de Marie-Rose, sa grand-tante et qui avait été confiée à Denise.

bouffay.jpgDenise et Guy Paramé, qui a lui aussi été fait prisonnier, sont emmenés dans les geôles du Bouffay, une prison nantaise.

Quelques semaines plus tard, La Briantais, qui a obtenu un congé, est à Nantes. Il veut délivrer Denise afin de lui permettre de se rendre à Jersey puis en Angleterre où elle sera en sécurité. Le général De Marigny, un Chouan déguisé en ouvrier, est là lui aussi et son but est de faciliter l'évasion de Guy de Paramé. Ils se retrouvent nez à nez devant un tripot, rendez-vous des exaltés de la Révolution. Thomas Laîné est là lui aussi, s'étant accoquiné avec ces assassins, avec toujours en tête de pouvoir récupérer le fameux scapulaire.

Nantes est le théâtre des exactions orchestrées par le sangchouans-nantes.jpguinaire Carrier qui possède une façon bien particulière de se débarrasser des Chouans ou assimilés. Des prêtres, des laboureurs, des artisans, des femmes et des enfants sont emprisonnés même s'ils ne participent pas à la révolte. Non seulement des exécutions par la guillotine sont programmées, mais ce qui met le plus en joie Carrier et ses sicaires, ce sont les noyades en masse organisées à bord de gabares ou de galiotes, ce qu'il appelle des déportations verticales. Les prisonniers condamnés à mort sont enfermés dans des cales puis le navire est sabordé et coulé. Ceux qui tentent de survivre en nageant et en s'agrippant au bord des canots qui surveillent l'opération ont les mains tranchées à coup de sabre. Ou alors ils sont carrier litho belliardbalancés par dessus bord des galiotes, les mains et les pieds attachés par des cordes, ce qui signifie une noyade inéluctable. Mais des mariages sont également organisés par Carrier et ses adjoints, Bachelier, Goulin et Grandmaison. Un homme et une femme sont attachés, nus, ensemble et sont jetés à l'eau, à la grande joie des Sans-culottes, qui pour la plupart sont ivres, et souvent n'ont rejoint la Révolution que par intérêt personnel. Leur joie est à son comble lorsqu'ils peuvent attacher ensemble un curé et une religieuse.

Guy de Paramé et Denise doivent faire partie du prochain contingent, et quoique La Briantais et de Marigny soient adversaires ils s'unissent afin de leur éviter ce traitement. Thomas qui est dans les bonnes grâces des Révolutionnaires doit participer, malgré lui, à cette évasion. Il échafaude plan sur plan pour récupérer le scapulaire, mais La Briantais et degaspard_de_bernard_de_marigny_2.jpg Marigny veillent au grain, et il est obligé de devenir leur complice. La Briantais prend place seul dans un canot tandis que Decius se poste sur la berge. De Marigny, déguisé en charpentier, une hache à la main se trouve à bord de la galiote qui doit être sabordée. Thomas Laîné, quant à lui, doit leur faciliter les opérations d'évasion. Seulement, un impondérable surgit en la personne de Grandmaison qui entend diriger les manœuvres à sa façon même s'il a derrière la tête son plan concernant l'avenir de Guy de Paramé et de Denise. Thomas sait qu'il est surveillé, et qu'éventuellement il peut-être dénoncé comme traître.

Cet épisode des noyades de Nantes, dont on peut retrouver l'historique dans divers articles sur le net, reste l'un des événements marquant de la Terreur, alors que peu de livres scolaires relatent ces événements. Mais il serait injuste de jeter l'opprobre uniquement sur les Bleus alors que les Chouans eux-aussi se rendirent coupables d'exactions. Et si Fortuné de Boisgobey s'attarde sur cette période sanguinaire nantaise, il n'omet pas de signaler que les Vendéens ne furent pas des saints pour autant.

Toutefois, un paragraphe intéressant interpelle le lecteur et nous renvoie à des déclarations négationnistes plus ou moins récentes.

Il a été écrit des livres pour démontrer qu'on avait beaucoup exagéré le nombre des victimes de la terreur nantaise. Carrier, Grandmaison et Pinard ont eu des défenseurs posthumes qui avouent bien deux ou trois noyades, autant de fusillades et quelques petites fournées de guillotine, mais qui soutiennent que leurs tristes héros n'ont pas été jugés équitablement par l'histoire.

Heureusement, ils ont été exécutés, et leur acte d'accusation est là, rédigé par des républicains purs, par des membres du tribunal révolutionnaire qu'on ne s'est pas encore avisé de ranger parmi les modérés.

Ce roman date de 1880, soit près de quatre-vingt dix ans après les événements décrits, mais l'horreur était encore présente dans bien des mémoires. Mais comme pour les négationnistes des camps de concentration, des fours crématoires, de la Shoah, même si l'on sait pertinemment qu'ils profèrent des mensonges, des dénis, il n'en est pas moins vrai que certaines personnes fragiles mentalement ou qui abondent au plus profond d'eux-mêmes dans leur sens, colportent à l'envi ces déclarations honteuses.

Si l'épopée nantaise prend une grande part dans ce second tome de L'Enragé, elle se poursuit en comportant de nombreuses péripéties jusqu'àmare-de-bouillon.jpg la Mare de Bouillon, mais tous ces protagonistes n'étant pas au complet. La mare de Bouillon existe réellement et est plus proche d'un étang que d'une simple flaque d'eau puisqu'elle possède une superficie de cinquante-cinq hectares. Depuis 1972 la commune de Bouillon est rattachée à celle de Jullouville, elle-même station balnéaire crée en 1882 par Armand Jullou, d'où son nom.

Il n'y aurait pas d'histoire véritablement complète si à l'intérieur de ce récit ne se greffait pas une histoire d'amour contrariée. Guy de Paramé aime Denise qui elle-même ressent un profond sentiment envers La Briantais qui lui ne la considère que comme une amie. Mais n'en disons pas plus, car l'essentiel n'est pas là. Et le scapulaire, me demanderez-vous avec pertinence ? Ses pérégrinations et son contenu sont décrits dans le roman.

 

Lire la chronique du Tome 1 de l'Enragé mais également Rubis sur l'ongle et un article sur Fortuné de Boisgobey.


Fortuné du BOISGOBEY : L'Enragé tome 2 : Des noyades de Nantes à la Mare de Bouillon. Editions Pascal Galodé. Parution le 23 janvier 2014. 264 pages. 23,90€.

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