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26 septembre 2013 4 26 /09 /septembre /2013 15:44

Baskerville, la collection qui a du chien !

 

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A trente quatre ans, Spencer Tait est un homme rangé, méthodique, méticuleux, dont les habitudes quotidiennes sont réglées comme une montre suisse. Et son fidèle valet, Dormer, à son service depuis quinze ans, a calqué son mode de vie sur celui de son maître.

L'intrusion soudaine un beau matin, alors que Spencer vient de s'attaquer à un petit déjeuner copieux, de Claude Larcher bouleverse ses habitudes à un point qu'il ne peut imaginer. Son vieil ami Claude, qui a pourtant cinq ans de moins que lui, et qui physiquement et moralement diffère en tous points. Autant Spencer ne recherche pas la compagnie des femmes, qu'il les évite, un brin de misogynie latent l'obligeant même à les fuir, autant Claude Larcher est attiré par elles. Ingénieur, spécialiste de la construction des ponts et autres ouvrages, il revient de Nouvelle-Zélande où il a exercé son art durant quatre ans. Des retrouvailles dignement fêtées, et Spencer propose à Claude de l'héberger. Mais auparavant Claude Larcher doit passer à son club afin de relever son courrier.

Deux lettres, et quelles lettres, l'attendent qu'il s'empresse de montrer à son ami. L'une émane de son tuteur, l'avocat Hilliston qui l'a recueilli à l'âge de cinq ans, lui signifiant de se méfier d'un possible message d'une certaine Margaret Bezel et de le rencontrer aussitôt que possible. La seconde missive provient justement de cette Margaret Bezel lui affirmant qu'elle a des communications importantes à lui fournir concernant ses parents.

Tandis que Spencer achète et lit le dernier roman à la mode, Le secret d'un crime signé John Parver, Claude se rend à l'invitation de son tuteur. Hilliston lui narre l'histoire ses parents. Claude savait qu'ils étaient morts, mais les révélations de l'avocat le bouleversent. En effet, selon Hilliston, le père de Claude est mort assassiné, vingt-cinq ans auparavant, à Horriston, dans le comté de Kent, durant un bal masqué. Sa mère fut accusée du meurtre mais faute de preuve fut relâchée et mourut peu de temps après. Afin que Claude puisse en connaître tous les tenants et aboutissants, Hilliston lui remet un paquet de journaux de l'époque. Le jeune homme les lit dans une chambre d'hôtel afin de ne pas être dérangé, rejoint son ami Spencer le lendemain et lui raconte ce qu'il vient d'apprendre. Or Spencer connait déjà l'histoire de ce drame car Le secret d'un crime relate fidèlement ce fait-divers qui touche au premier chef Claude et avance selon une hypothèse logique le nom du coupable.

Mais ce drame est plus complexe qu'il y paraît. En effet, étaient présents à ce bal masqué, outre le couple George et Julia Larcher, Hilliston, l'ami de George, Jeringham, ami d'enfance de Julia Larcher et qui lui rend visite régulièrement ce dont George est jaloux. Julia est habillée en Marie Stuart, portant à sa ceinture un poignard. George est vêtu en Lord Darnley, deuxième époux de Marie Stuart. Les Larcher ont parmi leurs domestiques Mona et son frère Denis. Or selon les premiers renseignements Mona était enceinte des œuvres de Jeringham. Larcher a poignardé avec l'arme, retrouvée non loin du corps retrouvé près de la rivière et atteint d'un début de décomposition, arme que portait Julia lors du bal. Tels sont les premiers éléments dont dispose Spencer et émoustillé il se prend pour un détective, afin d'aider son ami Claude à résoudre cette énigme de plus de vingt cinq ans. D'autant qu'à part Hilliston, tous les protagonistes se sont fondus dans la nature.

Parmi les priorités, il lui faut découvrir qui se cache derrière le romancier John Parver. Spencer et Claude se rendent dans un salon à la mode, et auquel ledit Parver, tout auréolé de son succès littéraire, a été invité et qui s'appelle en réalité Linton et habite Thorston. Celui-ci avoue qu'il a appris cette histoire par son amie Jenny Paynton laquelle l'a découverte dans de vieux journaux cachés dans le grenier de son père. Claude rencontre à Hampstead Madame Bezel, une vieille dame paralysée. Première révélation de taille : celle-ci lui affirme qu'elle est sa mère !

Par un heureux hasard, Spencer possède un manoir à Thorston, et les deux amis se rendent sur place afin d'obtenir des éclaircissements de la part de Jenny, une jolie jeune fille de vingt-quatre ans.

Cette plongée dans la résolution d'un meurtre datant de vingt cinq ans s'avère être un véritable labyrinthe. D'abord un tunnel avec une lueur tout au fond. Mais en arrivant à ce qui ressemblait à la sortie, cette lumière n'est qu'un lumignon éclairant quatre ou cinq autres embranchements et il faut toute la perspicacité, l'énergie, la volonté de Spencer à aider son ami pour se retrouver dans ce dédale, A démêler le vrai du faux que les différents protagonistes vont colporter en affirmant qu'eux seuls détiennent la vérité. Car tous ces personnages, une fois les masques tombés, portent sur eux un autre déguisement qui induit en erreur nos détectives en herbe. D'ailleurs Claude est souvent découragé, désireux de laisser tomber et de simplement batifoler auprès de Jenny.

Ce roman de détection, sans policier, mais comportant une succession d'énigmes et de mystères, et de retournements de situation à profusion, est représentatif du début de XXème siècle sans pour autant se montrer mièvre ou ancré dans une époque révolue. Et l'on se prend à rêver au retour de romanciers maîtrisant leur intrigue avec autant de maestria. Si au premier abord on peut légitimement penser que les coïncidences sont un peu trop nombreuses pour être fiables, en avançant dans l'histoire on s'aperçoit que tout à été parfaitement pensé, réfléchi, raisonné par l'auteur, qui en outre possède une écriture fluide et limpide, dénuée de vulgarité. Mais cela est peut-être dû aussi aux traducteurs.


Et retrouvez le catalogue des Editions Rivière Blanche  ici


Fergus HUME : Le secret d'un crime. Traduction de Jean de la Vingtrie revue et complétée par Jean Daniel Brèque. Collection Baskerville N°14. Editions Rivière Blanche. Juillet 2013. 296 pages. 20,00€.

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