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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 14:35

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Pourriez-vous vous présenter ?
Difficile. Pas très grande, cheveux clairs, yeux bleus. Voilà pour le physique – comme dans Photoshop, j’ai gommé les imperfections. Née à Paris et fille du Midi. Hébergée à mon corps défendant dans le Beaujolais. Valeurs phare : amitié, respect, bienveillance. Plein de défauts, mais rien ne m’oblige à vous les dire ici. Horreur de la routine, du mépris et des fruits de mer.

La question qui est souvent posée lorsqu’un auteur se rend dans un établissement scolaire est : A part écrire, qu’est-ce que vous faites comme métier ? Alors je vous pose la même question :
A part écrire… je fais écrire les autres ! J’anime des ateliers d’écriture créative ainsi que des formations aux écrits professionnels dans les secteurs administratif et médico-social. Faire prendre du plaisir à écrire, dédramatiser l’écriture et permettre de mesurer l’impact de l’écriture sur autrui sont quelques-uns des objectifs que je poursuis à travers mes différentes interventions.

Vous avez commencé à être publiée depuis 2006. C’était des romans, comment dire, de littérature blanche ? Depuis vous avez enchaîné trois romans ancrés dans le genre policier. Vous vous sentez plus à l’aise dans ce genre ? Une autre façon d’aborder la littérature ? Ou tout simplement parce qu’ils se vendent mieux ?
En fait, je n’ai pas envie de m’enfermer dans un « genre ». En matière de littérature, j’ai des goûts très éclectiques : romans, polars, autobiographies, poésie classique et contemporaine… alors, pourquoi ne pas tenter toutes ces aventures côté écriture ? Après ma « trilogie polardesque », je pense passer à quelque chose de très différent.

Ces trois romans policiers ont un point commun : le liquide à teneur plus ou moins forte en alcool : Un petit jaune, référence au pastis, Moulin à vent, référence au Beaujolais et ce petit dernier Le vin des Maures, qui affiche sans complexe la couleur, si je puis dire ? Seriez-vous une militante de Bacchus ?
Avant tout, je suis militante de la convivialité. À travers mes titres vinicoles, je revendique également le droit à une certaine légèreté, au plaisir, au débordement. Marre des interdits, marre de cette société axée sur les profits, marre de la morosité ambiante, marre parfois des gens bien comme il faut (dont je fais sûrement partie. Quoique…)

Je fais référence dans Le Vin des Maures à Agatha Christie. Vous-même l’évoquez à travers Le Crime de l’Orient-Express. Un auteur qui figure en bonne place dans votre bibliothèque ?
J’ai lu tous les Agatha Christie. Et tous les Frédéric Dard (San Antonio). Et Izzo. Et Mankell. Et certains Jonquet – je me réjouis de lire ceux de ses bouquins que je ne connais pas encore. Je possède une grande bibliothèque « spécial polar ». On y trouve tous les auteurs que je viens de citer et bien d’autres encore.

Vous utilisez un peu sa façon de procéder. Peu de personnages, des indices et un épilogue qui joue avec le lecteur, en dépit des règles éditées par Van Dine. Comme dans Dix petits nègres, le Crime de l’Orient-Express (on y revient !) ou Le Meurtre de Roger Ackroyd. Le plaisir de déboussoler le lecteur et lui démontrer que tout est possible même l’impensable ?

À vrai dire, je me contrefous un peu des règles. Avant tout, je cherche à m’amuser. Et à me laisser guider par mes personnages. Ce sont eux qui me dictent mes intrigues, pas moi. Si ce que j’écris plaît à certains, c’est super, ça m’encourage pour continuer et, comme je suis aussi humaine qu’un(e) autre, ça flatte mon ego. Si ça ne plaît à personne, ça ne m’empêchera pas de continuer à écrire – zonkapa acheter mes livres. Je crois qu’il ne faut pas s’arrêter à ça, que c’est en écrivant qu’on devient écriveron. Ou pas. Mais bon, écrire, c’est une nécessité pour moi. Une façon de me retrouver. J’ai parfois l’impression que la vie m’éparpille.

J’ai constaté que vos romans sont relativement courts alors que la mode est aux pavés. Vous avez peur de ne pas tenir la route ou êtes-vous une minimaliste ?
Alors… compte tenu du fait que je ne suis pas célèbre, que mes romans ou polars ne sont pas adaptés à l’écran et que, par conséquent, je touche des droits d’auteur plus symboliques que réels… je suis bien obligée de trimer pour gagner ma pitance. Ce qui signifie : gérer de A à Z une association, animer des foSylvieLeMuy-1.jpgrmations dans la France entière, animer des ateliers et stages d’écriture, remplir des missions diverses (en ce moment, par exemple, j’écris un livre avec les ouvrières licenciées de Lejaby). ça plus quelques menus travaux hebdomadaires qui, je ne sais pourquoi, échoient souvent aux personne de mon sexe, genre ménage, lessive, repassage etc. Plus, de temps en temps, quelques balades ou randos ou visites d’expos pour m’aérer le corps et l’esprit. Plus les invitations d’amis qui nous sont chers, à mon sculpteur de mari et à moi. Plus le fait que j’ai besoin d’un nombre minimum d’heures de sommeil pour « tenir la route » comme vous dites… Je me demande bien quand j’aurais le temps d’écrire un pavé ? À moins d’y consacrer dix ans, peut-être. Je crois bien que je me lasserais avant.

Vous pratiquez l’humour dans vos romans. Et dans la vie ?

Ça, il faudrait demander à mes proches. À tous ceux qui participent à mes formations, à mes animations, à tous ceux que je côtoie. Je me sens bien mal placée pour parler de ça. J’aimerais bien qu’on me voie comme ça, une nana sympa et pleine d’humour mais bon… c’est peut-être juste un gros fantasme.

Préparez-vous une suite aux pérégrinations de Jo dans le monde des détectives privés (d’emploi et de domicile personnel) et quels sont vos projets ?

Pour l’instant, Jo est en stand-by. J’ai un projet d’écriture très différent, mais c’est encore secret. Ça se fera à deux (non, ce n’est pas ce que vous pensez) et ce ne sera pas un polar. Voilà tout ce que je peux en dire pour l’instant.

Retrouvez mes chroniques concernant les livres de Sylvie Callet : Un petit jaune, Moulin à Vent et Le Vin des Maures.

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