Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
Bon anniversaire à Noël Simsolo né le 31 août 1944.
Des décès par overdose se succèdent à Lille: tout d'abord un jeune toxicomane sans domicile fixe, puis Séverine, une adolescente qui tapinait occasionnellement afin de se procurer sa dose. Le médecin légiste décèle du ciment dans la substance.
Kawiecwik, dit Kavec, grand-reporter de retour de l'étranger, n'a plus envie de bourlinguer. D'autant que Pénaboux, un fasciste, a pris les rênes du canard entre temps. A l'instigation de Michel Maure, son ami et rédacteur en chef du journal et Pénaboux, il se rend à Lille.
L'inspecteur Schneider enquête sur ces meurtres, auxquels il faut bientôt ajouter une troisième victime, Yasmin, prostituée elle aussi. Les pistes convergent vers Corto, un dealer qui passe la drogue de Belgique en France. Corto qui aimait Séverine se suicide. Décidée à se venger, la mère de Séverine tue Valzin, un vieux truand sur la brèche, que Schneider avait l'intention d'interroger. Schneider et son adjoint Croquet demandent à Joachim, un écrivain de romans policiers fouineur, de les aider dans leurs investigations.
Kavec rencontre Frédéric, le directeur d'une société qui appartient à Pénaboux, puis David Boulieu, un ex-gauchiste comme lui maintenant affilié au PS. Il sent qu'on veut le manipuler ou qu'il dérange. La drogue trafiquée provoque une nouvelle victime : un chef d'orchestre dont l'intendant s'était ravitaillé en ville. La police organise une immense rafle à la chasse de clochards, dealers, junkies et prostituées, parmi lesquelles Marie qui servait d'intermédiaire entre Corto et ses revendeurs.
Reprenant les thèmes de la ville pourrie, et du tueur fou, Canino, un alias qui a du chien, nous délivre un roman qui prête plus à sourire qu'à pleurer. Une accumulation de mélos dans un roman démagogique qui se veut noir, dénonciateur, moralisateur. Kavec, au passé d'extrême gauche, entretient envers les forces de l'ordre une inimitié profonde, mais caractériel, il se montre encore plus violent que les policiers dont il abhorre pourtant les méthodes.
Le personnage de Joachim, écrivain, collectionneur de vieux livres, cinéphile, portant une écharpe blanche, buvant du Jack Daniels, pourrait être une extrapolation de l'auteur.
W. A. Polar, dans le numéro 8 de la revue Polar, avance l'identité de Jean Edern Hallier, avec l'humour qui lui est particulier. Or cette description me rappelle étrangement un auteur de romans noirs et cinéphile: Noël Simsolo, qui, fait étrange, a été chargé de mission à la culture pour une manifestation à Lille. La chasse au pseudonyme n’est plus lancée, car il s’agit bien de Noël Simsolo qui empruntera ce pseudonyme pour deux romans.
CANINO: Mort blanche. Crime-Fleuve Noir n°33. Fleuve Noir. Octobre 1992. 224 pages.