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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 12:33

La dernière farce de Camille Bourniquel, décédé le 1er avril 2013, à l’âge de 96 ans !

 

bourniquel.jpg


Dans le chapitre N°1 qui sert un peu d’introduction, de prolégomènes, j’ai relevé ces quelques lignes : Je ne suis pas de ces gens qui passent leur vie à plancher sur les énigmes, policières ou autres, dont la solution, si elle leur était révélée sur le champ, les plongerait dans la consternation. Et pourquoi ? Tout simplement parce qu’elle leur prouverait que, depuis le début, leur esprit n’a fait que tourner à vide. Déjà le genre lui-même… bien décevant entre nous. Apprendre que l’empoisonneuse était une vieille rombière confite en bonnes œuvres, que l’assassin était le valet-maître ou quelque demeuré du Larzac. Tout cela programmé depuis les origines du polar, et à peine distinct, sur le petit écran, des habituelles grisailles.

Je me suis dit in-petto : Tiens, tiens ! Un écrivain de littérature générale qui établit ce genre de constatation ne peut que renouveler un genre littéraire qu’apparemment il exècre et a peu lu depuis longtemps. Car cette assertion concernant le criminel est un peu désuète, pour ne pas dire obsolète. Et entre nous que penser lorsqu’il affirme : Déjà le genre… avec tout le mépris du monde au bout de la plume.

Aussi me plongeai-je avec délices dans ce jardin criminel que Camille Bourniquel n’allait pas manquer de cultiver et faire éclore une fleur merveilleuse parmi tout ce fatras anti culturel. Las, au bout de quelques pages, la consternation m’envahit, mes petites cellules grises refusèrent de travailler, et je lus, je lus, je lus avec ennui. Opiniâtre suis-je, aussi arrivai-je au point final après quelques heures de lecture laborieuse. Souvent mon esprit vagabonda entre-temps, rejoignant Chandler, Don Tracy, Bill Pronzini, Donald Westlake, Léo Malet, Michel Lebrun, G.-J. Arnaud, Jean Mazarin, Brice Pelman, Gérard Delteil, Marc Villard et bien d’autres.


Camille_Bourniquel-_1997.jpg

Première constatation, ils n’avaient rien à craindre, Bourniquel ne leur ferait pas de l’ombre. Seconde constatation, en vain ai-je cherché une intrigue dans cette histoire qui tout au plus n’avait même pas la consistance d’une nouvelle. Ah digression, quand tu nous tiens !


Résumer ce livre est très facile et complexe : Une jeune fille qui vient de perdre son frère jumeau, victime d’une noyade, tombe en panne de voiture, quelque part au Sud des Cévennes. Elle s’installe dans une communauté et… puis voilà ! Le livre s’étire en longueur et en langueur.


Moralité : ne devient pas écrivain de romans policiers qui veut, même en étant un auteur reconnu et confirmé.

 

 

Camille BOURNIQUEL : Le jardin des délices. Collection Crime Parfait. Le Mercure de France. Novembre 1987. 276 pages. 14,94€.

 

challenge régions


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commentaires

Lystig 17/04/2013 21:35

http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=yRJinghIodg

c'est tout ce que j'ai trouvé pour l'instant !

Oncle Paul 18/04/2013 10:32



Je vais aller voir


Merci pour tes recherches et ta patience


Amitiés



Lystig 17/04/2013 21:22

elle tourne aussi sur you tube, je vais tâcher de te trouver cela...

Oncle Paul 18/04/2013 10:32



OK Merci



Lystig 14/04/2013 23:49

cela me rappelle la vidéo qui a tourné sur fb à propos de la "création" des livres de poche...
serai-je "sous-culturée" ? et d'autant plus que j'apprécie plus volontiers la littérature scandinave et plus largement nordique ?

Oncle Paul 15/04/2013 11:24



Mais non Lystig, tu n'est pas sous-culturée, c'est juste une appréciation qui n'engage que son auteur : Ann O'Nyme. Sinon la création du Livre de Poche sur fb, j'ai pas vu puisque je ne suis pas
inscrit sur ce réseau...


Amitiés



La petite souris 13/04/2013 22:00

bien affligeant mon cher Paul ce que je viens de lire. Ta réponse suffit amplement à répondre à ce dénigrement méprisant! Quant à la menace de la dernière phrase,elle me fait doucement rigoler.

Sache mon ami, que mon parcours de lecteur a fait que j'ai d'abord lu de la littérature blanche, de la SF ( un sous genre j'imagine bien !) avant d'en venir bien tard à la littérature policière. Si
elle dévore aujourd'hui mon temps de loisir et représente bien 80% de mes lectures, c'est bien que j'y trouve ce que la littérature blanche n'est pas ou plus capable de m'apporter.

Quant aux torchons et aux serviettes de notre pote Claude, j'ai jamais aimé les cuillères en argent et les assiettes dorées à l'or fin. J'avoue, je me passais très bien des serviettes, mais que
j'adorai plonger les doigts dans le pot de confiture pour m'en régaler les yeux pétillants de bonheur. Alors, laissons cet(te) aigri(e) à son salpêtre, et vivons la vie, gavons nous de ce miel
litteraire que nous aimons tant. Le reste n'est que bêtise.Amitiés

Oncle Paul 14/04/2013 11:01



Bonjour Bruno


Et merci... J'aurai pu, si je n'avais pas reçu ce "roman poétique" en service de presse, demander à mon libraire de me rembourser, car il y avait tromperie sur la marchandise. Le contenu ne
correspondait pas à ce qui figurait sur l'emballage. Mais les intégristes de la blanche sévissent toujours, car leur inculture est abyssale. Saventils au moins que Pierre-Jean Remy avait signé
des romans policiers sous le pseudo de Raymond Marlot (hommage à Raymond Chadler et Phil Marlow), que Sébastien Japrisot avait signé des romans ous son propre nom de Jean-Baptiste Rossi, que Paul
Auster avait signé des polars sous le nom de Paul Benjamin, que Léo Malet et Marc Villard débuté leurs carrières en écrivant des recueils de poésie ?


Les cuillers en argent ùoi non plus je n'aime pas. Elles ternissent rapidement et pour qu'elles retrouvent leur couleur il faut les nettoyer au blanc d'Espagne. Et quand tu plonges avec délices
tes doigts dans un pot de confiture (la variété est grande et le choix aussi), tu t'essuis les doigts avec une serviette ou un torchon ?


Amitiés mon cher Bruno et dirigeons nos yeux et notre esprit vers des lectures plus roboratives...



Claude Le Nocher 13/04/2013 16:59

Bonjour Paul
Quand tu étais petit, on te l'a appris : "Il ne faut pas mélanger les torchons et les serviettes". Tu as donc passé une grande partie de ta vie à revaloriser les torchons-polars, à prouver qu'ils
avaient autant de valeur que des serviettes-littéraires (fussent-elle de belle qualité).
Le tissage d'un torchon-polar demande autant de soin (sinon davantage, car l'objet se doit d'être solide) que celui d'une serviette-littéraire. Pour celles-ci, on brode beaucoup, pas toujours en
finesse, afin de leur donner de l'allure.
Le torchon-polar n'est pas bas-de-gamme, ou de bas-étage : il n'a pas le même usage que la serviette, voilà tout. Ni toi, ni moi, ne fréquentant les élites de la pensée littéraire, nous restons
ignorants de leurs rites. Il est probable qu'ils ne sachent pas vraiment ce qu'est un torchon-polar. Qu'ils gardent leurs serviettes dorées (de soie, comme leurs cravates ?), nous nous contenterons
de nos plus populaires torchons - auxquels nous sommes si attachés.
Je t'embrasse, mon Paul.

Oncle Paul 13/04/2013 17:16



Mon Cher CLaude


Effectivement on m'a appris qu'il ne falliat pas mélanger les torchons et les serviettes. Mais on m'a appris aussi qu'ils étaient tous les deux lavés dans la même eau et la même bassine.


Mais le commentaire émanant de je ne sais qui est vraiment affligeant. On se croirait revenu au XIXème siècle quand les bourgeois, et l'élite en général se désolait que la basse classe puisse
elle aussi lire.


Amitiés mon cher Claude et passons aux choses sérieuses, la lecture qui nous plait et se vend de plus en plus. C'est d'ailleurs peut-être pour cela que certains acrimonieux se montrent
vindicatifs et veulent nous donner des leçons en nous reprochant de le faire.



lesamisde 13/04/2013 10:36

Quel article affligeant ! Comment cet Oncle Paul - qui donne des conseils ?!?! - peut-il comparer un récit poétique (car c'est de poésie qu'il s'agit, Monsieur) à un polar de bas étage. Restez dans
votre inculture polar et surtout n'essayez pas d'en sortir. Un livre n'est pas qu'un sujet c'est aussi une écriture.
Jean Cocteau avait raison "Le drame des temps modernes, c'est que la bêtise s'est mise à penser".
Quant à l'irrespectueuse accroche de l'article "dernière farce de" : la famille reviendra vers vous en temps utile ....

Oncle Paul 13/04/2013 15:05



Madame, Monsieur


Dans la devise de la République Française, figure un mot que nul ne devrait ignorer : Liberté. Sous-entendu liberté de penser, de s’exprimer, de donner son
opinion, de critiquer positivement ou négativement. Le roman de Camille Bourniquel est un récit poétique ? Soit. Je le compare à un roman policier de bas étage, il est vrai. On peut mélanger
les genres, mais en les respectant. Or Camille Bourniquel ne respecte pas dans son ouvrage la littérature policière, il la méprise et l’écrit ouvertement. Mais dans ce cas pourquoi avoir rédigé
un tel roman et avoir été publié dans une collection dédiée à la littérature policière ? Vous m’accusez d’inculture polar, grand bien me fasse. Pourriez-vous citer quelques auteurs de romans
policiers en dehors de ceux que j’ai cités ? Ah non, le polar est une inculture, est-ce bien cela que j’ai cru comprendre ? Alors des auteurs véritables comme Cocteau, Gide, Prévert, et
bien d’autres se sont fourvoyés dans cette inculture qu’ils chérissaient. Jean Cocteau, puisque vous le citez, a écrit dans sa préface à Petite histoire du roman policier de Fereydoun Hoveyda
(éditions du Pavillon) le 11 décembre 1955 : Je m’étonne en face des œuvres de Bill Ballinger, de Jay J. Dratler, de William Irish, d’Adam Knight, de
Miskey Spillane, où une sorte de génie éclate dans l’allure générale et dans le détail, qu’on les mésestime sous le prétexte qu’ils figurent dans des collections populaires. On pose souvent la
question : Y’a-t-il des chefs d’œuvre inconnus ? Depuis que je m’intéresse à ces auteurs je puis répondre par l’affirmative. Ces livres ont contre eux qu’ils intriguent et qu’on ne les
lâche plus si on les commence. Le lecteur des « minorités pensantes » (si j’ose m’exprimer ainsi) conserve l’étrange snobisme de l’ennui qu’il prend pour le sérieux et où il se lave en
public de ce qu’il aime en cachette. Et je pourrais vous retourner la citation que vous me proposez dans votre commentaire.


Quant à l’irrespectueuse accroche, j’aurai pu écrire il est vrai, Camille Bourniquel est décédé un 1er avril,
jour des poissons. Mais je me doute que l’humour vous est inconnu. Un roman n’est pas simplement une écriture, c’est aussi une histoire.


Je précise que mon article a été rédigé en décembre 1987, et diffusé sur les ondes de Radio Manche, que le texte avait été transmis au service de presse des
éditions Mercure de France, et que personne n’y a vu quoi que ce soit d’offensant, pas même l’auteur du roman.



Alex-Mot-à-Mots 11/04/2013 10:36

Un genre à part que celui du polar. Au moins l'auteur s'y sera essayé.

Oncle Paul 11/04/2013 13:17



Avec réticence... Mais la collection qui comptait également parmi ses auteurs Paul Guth, celui qui avait tant vilipendé le Polar, n'aura eu qu'une vingtaine d'ouvrages.


Tiens il faudra que je remette un jour ma chronique sur ce rman de Paul Guth !


Amitiés



gridou 11/04/2013 09:35

Quel article surprenant...J'aime !
Je ne suis pas sûre d'avoir bien compris pourquoi cet auteur s'est lancé dans un genre qu'il méprise. ça me parait tellement bizarre.

Oncle Paul 11/04/2013 13:15



Bonjour Gridou


A la demande de Simone Gallimard, qui dirigeait les éditions Mercure de France et désirait proner quelques auteurs dite de la Blanche. Le résultat n'est pas probant pour la plupart d'entre eux,
voir mon article sur Didier Decoin


Et tu reviens quand tu veux !


Amitiés



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  • : Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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