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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 17:51

Hommage à Ruth Rendell, suite et fin.

 

tapis-roi-salomon.jpg

 

En effet sous le nom de Barbara Vine se cachait Ruth Rendell ! 


L'unique passion de Jarvis, c'est le métro, le Tube londonien et aussi les quatre-vingt-dix-huit autres métropolitains disséminés de par le monde.

Il y consacre tout son temps libre, ne travaillant que pour payer ses voyages. Il prépare un ouvrage sur l'histoire du Tube, dans une maison dont les étages jouxtent une voie à ciel ouvert. C'était, au début du siècle, une école privée tenue par ses grands-parents, la Cambridge School, qui a périclité, provoquant le suicide du grand-père, se pendant à la corde d'une cloche. Jarvis loue les différentes pièces, d'abord à sa cousine Tina, nymphomane, et à ses deux enfants, Jasper et Bienvida.

D'autres locataires viennent grossir l'effectif au hasard des rencontres de Jarvis dans le métro. Tom, véritable homme-orchestre, qui joue en compagnie d'autres musiciens dans le métro, malgré les interdictions. Alice a abandonné son mari et sa petite fille d'un mois, parce qu'elle ne se sentait pas mère pour assumer cette vie; violoniste, elle joue avec Tom.

On fait de drôles de rencontres dans le métro. Un montreur d'ours par exemple qui trimbale en laisse son animal, s'amusant à faire peur aux voyageurs. Un faux ours en réalité, car il ne s'agit que d'une dépouille dans laquelle se dissimule un homme honteux de son bec-de-lièvre.

Jasper, jeune garçon déluré, fait volontiers l'école buissonnière et passe son temps en compagnie de ses camarades à se promener dans le métro, montant sur le toit des wagons défilant dans des tunnels étroits. Un jour, il tombe littéralement dans les bras d'Axel, le montreur d'ours. Celui-ci le questionne sur l'existence de stations fantômes et sur la façon d'y pénétrer. Jasper s'échappe mais Axel le relance jusque chez Jarvis où il est reçu par Alice. En conflit avec Tom, Alice est subjuguée par Axel à qui elle donne le double des clés de chez ses employeurs. Axel, lui, est avant tout intéressé par un conduit qui mène au cœur du métro.

 

Autour du métro, véritable héros de ce roman, gravitent outre les personnages principaux ci-dessus évoqués, d'étranges quidams ou de simples voyageurs, comme cette jeune fille qui meurt d'une crise cardiaque lors de son premier voyage dans une rame bondée. Jed dont l'animal de compagnie est un faucon, surveille les wagons. Cecilia, la mère de Tina, est atteinte d'hémiplégie lorsqu’un inconnu lui vole son sac à main.

Un véritable patchwork de personnages dans un roman qui relate brièvement l'histoire de la construction du métro londonien et de quelques-uns des incidents qui l'ont émaillé depuis près de cent cinquante ans. On se demande pourtant où Barbara Vine-Ruth Rendell veut nous entraîner dans ce parcours souterrain ou aérien: contrairement aux rames qui ralentissent en débouchant dans les stations, l'histoire s'accélère lorsqu'elle touche au but; le lecteur, lui, ne pourra s'empêcher de penser que le voyage a été un peu longuet.

 

Lire de Ruth Rendell : Fausse route.


Barbara VINE: Le tapis du roi Salomon (King Solomon's carpet, 1991 ; Trad. de l'anglais par François Rosso). Calmann-Lévy 1992. Le Livre de Poche 1994.

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commentaires

L
J'ai été tenté au début de ton billet et pas à la fin.
Tant pis car j'aime bien Ruth.

Le Papou
Répondre
O


Comme je viensde l'écrire dans mon précédent commentaire, je n'ai pas mis les meilleurs, mais j'ai pioché au hasard. Dans toute production, il y a du bon et du moins bon, c'est une réalité et il
ne faut pas se leurrer. Mais cette chronique date d'une vingtaine d'année. Aujourd'hui serai-je plus exigeant ou moins sévère ?


Amitiés



S
Bonjour Paul.
Une grande dame, assurément, que j'ai découverte par le biais de ses nouvelles dans "Mystère Magazine". Nouvelles d'atmosphère où le quotidien vire insidieusement au cauchemar. Meilleurs exemples
dans "Ces choses là ne se font pas" (Le Masque). Je la préfère dans ses textes courts, sa production romanesque étant de qualité plus aléatoire, bien que jamais déshonorante. J'ai aussi plaisir à
retrouver régulièrement Wexford et Burden, ses héros récurrents. A signaler que Le Masque Poche vient de publier "Un démon sous mes yeux", qui semble être la réédition (retraduction?) de
"L'enveloppe mauve" titre original: "A Demon In My View").
Amtiés.
Répondre
O


Bonjour Serge


Je n'ai pas chroniqué les meilleurs Rendell/Vine, il est vrai. Mais pourquoi toujours mettre en avant que l'excellent ? Pour moi l'un des meilleurs Rendell reste l'Analphabète porté au cinéma
sous le titre La Cérémonie de Claude Chabrol avec Sandrine Bonnaire et Isabelle Huppert.


Il est dommage que certains éditeurs rééditent des livres en leur changeant le titre sans prévenir le lecteur. Si la mention inédit n'existe pas, on peut se poser des questions. Mais se souvenir
des titres anglais n'est pas mon fort. A piocher donc.


Amitiés



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  • : Lectures de l'Oncle Paul
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