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Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !

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Antonin VARENNE : Le Mur, le Kabyle et le Marin.

Ce roman vient d'obtenir le prix du salon du Polar de Montigny les Cormeilles 2011

A quarante ans, Georges Crozat monte toujours sur le ring, affrontant de jeunes boxeurs plein d’allant et de fougue mais manquant d’un peu d’expérience. Georges, surnomméVARENNE-Le-mur_medium.jpg le Mur, ne va pas au tapis si facilement, il ne se couche pas. En jeu, quelques centaines d’euros dont une partie revient à Paolo, son manager soigneur. Accessoirement il est policier municipal et vit seul. Ce qui l’amène à fréquenter des péripatéticiennes, une surtout, Mireille, une Noire opulente. Ce soir là, il a laissé son adversaire s’essouffler puis a gagné son match à l’endurance, dans une salle quasi déserte.


Alors qu’il se fait soigner par Paolo, Kravine, un organisateur de combats, puis le Pakistanais, boxeur frimeur et videur, servant éventuellement d’indic viennent le voir. Paki propose une petite affaire rémunérée cinq cents euros. Pas grand-chose, juste tabasser un mec pour une histoire de cocufiage. Malgré son dégoût Georges accepte, quoique la proximité de Roman, un flic de la Criminelle, l’indispose. Il reçoit dans sa boite aux lettres une enveloppe qui contient les billets ainsi que la photo du gars à corriger. Ce sera la première et dernière fois se promet-il, mais une deuxième affaire se présente à lui puis une troisième. Là il ne peut pas.


Il s’agit d’un vieil Arabe avec lequel il a une discussion. Son commanditaire a l’air de bien prendre cette défection et lui soumet deux autres contrats. Georges est sur les nerfs et il dépasse la mesure. Il manque d’ailleurs se faire prendre sur le fait par un témoin qui se pointe à l’improviste. Seulement les coups ont porté, trop, car l’une des victimes est retrouvée plongée dans le coma. Et là, stupeur, il apprend que les deux hommes sont des journalistes qui étaient en train d’écrire un livre ayant pour sujet une vieille affaire criminelle remontant à 1974 et mettant en cause un affilié au Front National. Alors que les autres tabassages n’avaient pas eu les honneurs d’être relatés dans les journaux. Il reprend l’entrainement qu’il avait délaissé, à sa manière, en dilettante, afin d’honorer un nouveau combat. Mais il sait sciemment ce qu’il fait, et Roman qui est dans la salle peut sourire, il ne pourra se contenter que d’esquisser un rictus lors du gong final.


1957. Pascal Vérini, vingt ans, employé au service technique d’une fonderie de Nanterre, va bientôt partir à l’armée. Il veut s’engager pour devenir marin et échapper à la traversée de la Méditerranée pour rejoindre l’Algérie qui est en proie à l’insurrection. Son père, émigré italien et communiste n’apprécie pas du tout que son fils entre à l’armée, pour lui la guerre d’Algérie n’a pas lieu d’être. Pascal a une petite amie, Christine, dont le beau-père ne goûte guère cette relation. Durant ses classes, Pascal se montre un peu trop agressif, et ce qu’il redoutait se produit. Il embarque pour l’Algérie et est affecté au secteur Rabelais, non loin d’Orléansville. Dans une DOP, détachement opérationnel de protection. La Ferme, comme a été surnommé l’ensemble de bâtiments qui sert de prison aux prisonniers rebelles. Ce n’est pas pour cela que Pascal va se faire mousser. Au contraire. Tout comme ses copains Chapel et Casta, il ne veut pas participer à ces petits amusements électriques dont se délectent quelques militaires dont Rubio, qui est né dans ce pays en rébellion. Ils sont considérés comme réfractaires, surnommés les Nons. Des supplétifs participent aux travaux d’extérieur dont Ahmed puis le Kabyle. Des Algériens dont l’attachement à la France est parfois mis en doute.


Si les Algériens rebelles, le FLN principalement et l’ALN, ceux qui étaient appelés les Fellaghas, ont été souvent montrés comme des terroristes et les militaires français comme des défenseurs de la nation, le manichéisme affiché se lézarde de plus en plus. La torture n’était pas l’apanage d’un camp, pourtant très longtemps, les journalistes ne jetaient l’opprobre que du côté de ceux qui désiraient acquérir leur indépendance. Il faut avouer que la Grande Muette et les hommes politiques ne pouvaient admettre que dans les rangs des militaires français, certains s’amusassent à de telles exactions. Mais depuis quelques années, les auteurs de romans noirs tentent de réhabiliter les vérités historiques.


Antonin Varenne a puisé dans la mémoire paternelle, et s’il s’agit d’un roman, on peut affirmer que certains passages sont véridiques. Le talent de l’auteur faisant le reste. Entre 1957 et 2009 (je ne sais pas pourquoi le premier chapitre indique 2008, surement une coquille, puisque les autres sont tous datés de 2009), le destin de deux hommes, qui va se catapulter, s’entrecroiser, se réunir autour d’un troisième homme, est décrit parfois d’une façon poignante. Antonin Varenne utilise une écriture saccadée, des phrases qui giclent en rafales, comme sorties d’une mitrailleuse, qui s’avère efficace et procure une émotion trouble, surtout pour ceux qui ont connu cette époque. De près ou de loin.

Antonin VARENNE : Le Mur, le Kabyle et le Marin. Collections Chemins Nocturnes. Editions Viviane Hamy.

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M
Je suis en train de le terminer et ma chronique va arriver très prochainement.<br /> Ce roman est un formidable coup de coeur.<br /> Sélectionné également pour le prix du quai du Polar à Lyon.<br /> Amitiés<br /> Marine
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O
<br /> <br /> Bonjour Marine<br /> <br /> <br /> Je viens de lire ta chronique et je suis tout à fait d'accord avec toi<br /> <br /> <br /> Amitiés<br /> <br /> <br /> <br />
R
Ce roman sera une de mes prochaines lectures. J'ai très hâte de faire la découverte de cet auteur très peu connu de ce côté-ci de l'Atlantique.<br /> Merci Paul<br /> Amitiés
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O
<br /> <br /> Bonjour Richard<br /> <br /> <br /> Je crois que ce sera un grande découverte pour même si  tu n'as pas connu historiquement cette période. Trop jeune et trop loin de la mère patrie (vive le Québec libre comme avait déclamé De<br /> Gaulle puisque c'était à  peu près à la même période et sans vouloir exprimer une opinion politique personnelle). Je crois qu'avec le recul tu apprécieras. Amitiés<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
G
J'ai ADORE ce bouquin. Surtout les passages de "non" qui m'ont beaucoup marquée. "poignant" c'est le bon mot.
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O
<br /> <br /> Merci Gridou<br /> <br /> <br /> Ce roman est certainement l'une de mes lectures marquantes de 2011, à cause et grâce à sa sincerité.<br /> <br /> <br /> Amités<br /> <br /> <br /> <br />
P
Salut Paul, je suis formidablement heureux que tu aies apprécié ce roman. Il est toujours le meilleur roman français que j'ai lu cette année. ou du moins celui que je préfère. Amitiés
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O
<br /> <br /> Bonjour Pierre<br /> <br /> <br /> Oui j'ai beaucoup apprécié de roman et lorsque j'ai appris hier qu'il avait reçu le prix polar de Montigny les Cormeille, à défaut de féliciter l'auteur, j'ai repris cette chronique qui avait été<br /> publiée sur Mystère jazz sans en changer un iota. Comme quoi il vaut mieux chroniquer un livre avant une distinction qu'après, surtout lorsque l'on est en osmose. Et au moins on ne peut nous<br /> taxer de brosser dans le sens du poil !!!<br /> Amitiés<br /> <br /> <br /> <br />
L
L'histoire à l'air sympa... Mais je dois avouer que je n'ai pas lu entièrement ton article : comme beaucoup, j'ai du mal avec les grands pavés indigestes sans air ! Et relire 5 fois la même ligne<br /> parce qu'on a aucuns repères, ça me refroidi illico presto ;)<br /> <br /> S'il te plait, sautes des lignes ! (Pour le bien de mes yeux et pour que je puisse enfin finir un de tes articles sans avoir lu trois fois chaque ligne !)<br /> <br /> Bonne semaine :)
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O
<br /> <br /> Bonjour Luna<br /> <br /> <br /> Voilà, j'ai procédé aux rectifications demandées. Et comme ça c'est mieux?<br /> <br /> <br /> <br />