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1 mars 2021 1 01 /03 /mars /2021 04:16

C'est le plus grand des voleurs,
Oui, mais c'est un gentleman…

Frédéric LENORMAND : Un amour d’Arsène Lupin.

S’emparer d’une illustre personnalité ou d’un personnage de fiction célèbre, et lui inventer de nouvelles aventures, c’est un peu le fond de commerce de Frédéric Lenormand et cela lui réussit bien.

En cette année 1905, naissance littéraire d’Arsène Lupin, un directeur d’agence bancaire, Stanislas Moussy-Garcin, rencontre dans un salon du Crillon d’éventuels clients, les appâte et prend rendez-vous sur rendez-vous. Les jours de la semaine sont déterminés en fonction du nombre de chiffres liés à la fortune des futurs clients venant déposés dans les coffres leurs richesses. C’est ainsi qu’un gros bijoutier belge, Théophraste Vroms, venu investir à Paris, loue un coffre pour y déposer une grosse somme en bons du Trésor. En le raccompagnant à la porte de l’établissement, le banquier remarque deux choses.

D’abord le gros bijoutier discute avec l’une de ses employées, au décolleté avantageux. Et au sol, il ramasse une petite boîte d’allumettes sur laquelle figure le nom d’un restaurant de Fontenay-aux-Roses.

Le lendemain, Théophraste Vroms, qui désire finaliser son opération bancaire, est fort ébaubi de se trouver devant un immeuble en cours de démolition. Le bijoutier n’est qu’un pigeon déplumé, mais il n’est pas le seul.

Un agent de change et un courtier en bourse décident de porter plainte auprès de l’inspecteur Ganimard qui immédiatement pense à un coup monté par son ennemi personnel, Arsène Lupin. D’ailleurs les costumes utilisés par les affidés du célèbre cambrioleur ont été retrouvés chez une certaine Jacinthe Bourdoni, officiellement chiffonnière à Ménilmontant, et probable complice de Lupin.

Mais elle ne dira plus rien car elle a été retrouvée étranglée à l’aide d’une cravate bleue appartenant à celui qui a été surnommé le gentleman cambrioleur. La Jacinthe a été cueillie.

Lupin est de mauvaise humeur car les titres dérobés dans le coffre loué par le bijoutier Vroms sont faux. Lui aussi s’est fait arnaqué, mais il ne veut pas en rester là, d’autant qu’il est accusé de meurtre. Ce qui entache son honneur. Il décide alors de rencontrer le docteur Kloucke, psychologiste, chez qui il se rend souvent pour des consultations même sans rendez-vous. Il s’arrange pour prendre la place d’une pratique. Or la conversation avec le toubib n’est pas dénuée d’intérêt. Le meurtre à la cravate est probablement signé, le médicastre possède quelques documents, par un certain Rauconnière qui n’en est pas à son premier exploit, mais qui est insaisissable. D’ailleurs il se fait passer pour mort.

Pourtant Lupin possède un indice. Rauconnière pourrait nicher à Fontenay-aux-Roses. En parcourant la petite ville banlieusarde, Lupin remarque une demeure enfouie dans un parc immense. Il s’agit de la clinique Legrand, spécialisée dans le traitement des troubles mentaux. Une cachette idéale pour Rauconnière, pense Lupin. Et le hasard faisant bien les choses, une petite annonce dans un journal local attire son attention. La clinique Legrand recherche un infirmier qualifié pour compléter son personnel.

C’est ainsi que nous pénétrons dans cette clinique psychiatrique de Fontenay-aux-Roses en compagnie de Lucien Dantry qui se présente pour la place d’assistant. Il vient d’être précédé par Ganimard, dont l’un des hommes a filé Lupin quelques jours auparavant et l’a vu trainant du côté de la clinique.

Parmi les clients, comme définit le docteur Legrand en parlant de ses malades, sont logés un paranoïaque, un agoraphile, un exhibitionniste suicidaire, un alcoolique mondain, un peintre dont la particularité est de peindre toujours le même visage, monochrome mais en des teintes différentes (peut-être a-t-il inspiré Andy Warhol ?) et quelques autres qui retiennent l’attention.

 

Tranquillement Frédéric Lenormand avance son intrigue en laissant planer le doute sur l’identité de Lupin et de Rauconnière à l’intérieure de cette clinique étrange. Car il faut se méfier des évidences, les deux hommes étant des adeptes des déguisements en tous genres.

D’ailleurs on retrouvera au fil de cette enquête Lupin sous diverses identités, telles que magicien avec lapins et colombes ou sous les traits d’un cuisinier en spécialités régionales. Mais ce grand manipulateur ne pensait certes pas devenir amoureux d’une infirmière. Comme quoi tout arrive.

Frédéric Lenormand sait faire monter le suspense, et décline cette histoire dans laquelle Lupin se débat, avec humour mais aussi avec tendresse. On pourrait presque cataloguer ce roman policier de roman d’amour. Mais souvent l’un ne va pas sans l’autre, n’en déplaise à ceux qui dédaignent les romans sentimentaux. Et la violence des sentiments vaut largement les violences physiques, même si parfois les deux vont de paire.

Frédéric Lenormand s’avère aussi manipulateur que son héros ! Et son roman se lit comme un bon vieux feuilleton rétro (je laisse vintage pour les snobs !).

Frédéric LENORMAND : Un amour d’Arsène Lupin. Collection Le Masque Poche. Editions Le Masque. Parution le 27 janvier 2021. 266 pages. 8,50€.

ISBN : 9782702449684

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commentaires

Alex-Mot-à-Mots 01/03/2021 15:05

Retro, c'est bien aussi ;-)

Oncle Paul 02/03/2021 08:00

Je préfère mais ce n'est que mon avis

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  • : Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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