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2 novembre 2020 1 02 /11 /novembre /2020 05:27

A consommer avec modération !

Christopher NICOLE : Un petit blanc

En ce mois d’aout 1936, la Guyane britannique est en effervescence. Les travailleurs des plantations se soulèvent, des autochtones et des coolies originaires des Indes orientales principalement. Ils sont menaçants, brandissant coutelas, se dirigeant vers la demeure de leur maître.

Rupert, un jeune garçon âgé de six ans, joue aux soldats de plomb, et est bientôt rejoint par son copain Johnnie Sikram. Le garçon est un peu plus vieux et c’est le fils du maître d’hôtel de la plantation Longdene. Jouer avec Rupert est un rite qu’il apprécie. Tous les après-midi, après l’école, il va s’amuser à cache-cache avec Rupert. Mais ce jour-là, la déferlante des ouvriers en colère gâche sa joie.

Le jeune Rupert ne se démonte pas et aussitôt il s’engouffre dans la demeure et ressort avec deux pistolets. Deux colts qu’il décharge sans coup férir sur les ouvriers en colère. Pour le principe, car ce sont des pistolets factices et ses munitions, des amorces. Mais cela produit son petit effet, tout autant auprès des ouvriers de la plantation que des domestiques. Bientôt les policiers arrivent en renfort afin de mettre bon ordre à ce soulèvement.

Ce petit blanc, blond et frêle, qui accumule tous les ans des maladies, est considéré comme un petit héros. Puéril mais quand même, il a de l’avenir. Du moins c’est ce que pense sa famille, son père évidemment, son oncle Simon, qui lui offre même un verre de whisky pour récompenser son courage, sa mère et les autres femmes de la maison ainsi que la domesticité.

Mais cet éclat spontané le marquera à jamais. Il ne se sentira plus jamais en phase dans cette ambiance dans laquelle évoluent Noirs et Blancs. Malgré quelques unions entre races, le mariage de certains des habitants en provenance de la Grande-Bretagne avec des autochtones, ce soulèvement laissera des traces. Aussi bien chez les Noirs dont la prépondérance se fait de plus en plus prégnante que chez les Blancs qui ne sont après tout que des colonisateurs.

 

Né en Guyane Britannique, Christopher Nicole, né le 7 décembre 1930 à Georgetown au Guyana, a probablement vécu de l’intérieur les incidents qu’il décrit. Et peut-être connu ce petit garçon qui va devenir un adolescent séduisant, pathétique, partagé, déchiré, par ses passions, ses désirs, ses remords, et ses peurs.

La reconstitution d’une époque trouble qui se décline quelques années avant le grand conflit mondial, mais entraînera d’autres soulèvements, le rôle des Blancs se montrant parfois délétère envers les populations locales.

Si l’histoire semblait intéressante, j’avoue m’être ennuyé à la lecture du roman. Il y manque un peu de mouvement, d’humour, même si l’intrigue ne s’y prête guère, d’un petit quelque chose d’indéfinissable qui fait, qu’une fois la dernière page tournée, on reste dubitatif. Mais comme ce n’est pas le seul que je possède, une nouvelle tentative s’impose.

Pour en savoir un peu plus sur cet auteur prolifique, plus de deux cents romans, mais peu traduit en France, une quinzaine au Fleuve Noir, chez Buchet-Chastel, à la Série Noire, aux Presses de la Cité… je vous invite à cliquer sur le lien ci-dessous.

 

Christopher NICOLE : Un petit blanc (White Boy – 1966. Traduction de Lily Jumel). Collection Grands Romans. Editions Fleuve Noir. Parution 1er trimestre 1970. 316 pages.

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