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12 août 2020 3 12 /08 /août /2020 04:29

Perry c’est Périsset !

Michel PERRY : Les feux du printemps

Lors des vacances d’été, Gilberte et Guy, le frère et la sœur, ont l’habitude de se rendre chez leur tante à la villa Mi-Ra-Sol, à Hyères. Ils sont rejoints par leurs cousins Aliette et Serge. Ils ont à peu près dix-huit ans ou vingt ans, le bel âge. Tante Adé est une jeune fille prolongée de soixante ans mais très jeune d’esprit.

Aliette est heureuse. Elle vient de recevoir au courrier une lettre émanant de son romancier fétiche François Davrey, lui proposant une rencontre à l’hôtel Stuhart. Elle lui avait écrit en espérant une réponse mais pas forcément une rencontre. Lorsqu’elle se présente elle se trouve en présence d’un jeune homme, mais bientôt celui-ci précise qu’il n’est que le frère, Thierry. Car François Davrey, ce n’est qu’un pseudonyme derrière lequel se cache une jeune femme, Françoise Davrey. Aussitôt Aliette et Françoise sympathisent et la romancière est même invitée à la villa par mademoiselle Saint-Roman alias Tante Adé.

Françoise aime marcher en réfléchissant, et inversement, mais elle est dérangée par un ballon qui se met en travers de son chemin. Jacky, un gamin de cinq ans, est malheureux et Françoise, lui renvoyant le ballon par-dessus le muret de la propriété où il vit, lui pose quelques questions. Ce n’est pas qu’elle se montre indiscrète, mais ce gamin qui est confiné dans la villa en compagnie de Nanou, s’ennuie. Il n’a pas de maman et son père n’est pas souvent présent à ses côtés.

Tante Adé retrouve par hasard à Toulon Jean-Louis, un jeune sculpteur qui entame une carrière prometteuse. Il vit à Arles, ayant quitté son Nord natal et l’entreprise familiale, préférant s’adonner à son art, laissant son frère prendre la succession. Jean-Louis promet de rendre visite à la villa où il est reçu avec joie par les neveux qui le connaissent déjà.

Françoise s’inquiète de Jacky et elle fait des pieds et des mains pour obtenir de Nanou qu’il se rende sur la plage quelques heures, à l’abri des vacanciers. Et c’est ainsi qu’elle aperçoit un jour Jean-Louis et Jacky ensemble. Le sculpteur n’est pas content mais Nanou plaide la cause du gamin. Première surprise enregistrée par Françoise qui bientôt va en encaisser une autre.

Caren Gravet, une actrice de cinéma qui vit de l’autre côté de l’Atlantique, s’installe en toute discrétion au même hôtel que Françoise et son frère Thierry. Elle ne tient pas à signaler sa présence pour des raisons qui lui sont particulières et pas uniquement pour éviter les photographes toujours avides de clichés sensationnels.

 

L'été sera chaud, l'été sera chaud, Dans les tee-shirts dans les maillots…

Chantait Eric Charden. Et oui, l’été sera chaud et pas que dans les maillots. Dans les cœurs aussi, car des histoires d’amour se profilent à l’horizon. L’été est une saison propice à forger des liaisons et couver de tendres sentiments.

Mais l’été, c’est aussi synonyme d’orages. Car les amourettes engendrent quelques crises de jalousie, et les tensions sont plus ou moins nombreuses. Et au cœur de cette histoire, Jacky le gamin qui est isolé, d’un coup se trouve tiraillé entre son père et une mère prétendument morte qui réapparait.

Ce roman, dont la première publication date de 1962, a été quelque peu remanié pour les besoins de la réédition. Ainsi Aliette apprécie les disques de Pink Floyd. Mais comme souvent la première édition n’est pas indiquée. Encore heureux le nom de l’auteur et le titre de l’ouvrage ont été respectés. Mais dans le remaniement se glissent quelques invraisemblances.

Le cinéma, thème cher à Michel Perry alias Maurice Périsset, est abordé par la présence d’une actrice, mais l’auteur est plus prolixe sur la littérature, et principalement la littérature populaire, défendant ce que l’on appelle les romans à l’eau de rose.

Alors, vous aimez les romans de Françoise Davrey ? demanda-t-il.

Ses romans ont une fraîcheur telle qu’ils m’ont souvent donné l’impression d’y retrouver un peu de mon enfance. Et puis, ils sont si différents des contes bleus que l’on a coutume de lire !

Ça c’est vrai. Ils m’ont réconcilié avec un genre de littérature dont, à tort, je médisais.

Le rire d’Aliette sonna clair dans la pièce.

Ces romans sont-ils d’ailleurs vraiment des contes bleus ? Il me semble que François Davrey a créé un genre nouveau : le roman blanc si je puis dire.

 

Un peu plus loin, l’auteur enfonce le clou dans cette discussion entre le sculpteur, Aliette et Gilberte.

Bien entendu, attaqua Aliette, vous pensez que la littérature bleue est à ce point inférieure à la littérature tout court que vous ne devez jeter qu’un coup d’œil condescendant ? Eh bien, en ce qui concerne François Davrey, laissez-moi vous dire que vous vous êtes privé d’une joie rare.

Ma petite Aliette, je ne demande qu’à réparer ! Mais vous, Gilberte, reprit Jean-Louis, en se tournant vers a jeune fille qui, muette, suivait le débat d’une oreille attentive, quelle est votre opinion ?

Elle répondit très vite et d’un ton un peu sec :

J’estime qu’on ne doit pas classer les livres en bleu, blanc ou autre couleur. Il y a de bons et de mauvais livres, c’est tout. Ceux de Françoise sont à classer parmi les bons.

 

Certains devraient réviser leurs jugements et ne pas déclarer avec pédantisme, je ne lis jamais de romans policiers, ou de thrillers, ou encore de romans sentimentaux. Bien souvent ces genres se mêlent, se mélangent, s’interfèrent. Et l’on ne peut déclarer qu’on n’aime pas, que lorsque l’on a goûté. Mais c’est tout une éducation à refaire.

Première édition : Collection Mirabelle Sélection. Editions des Remparts. 1962.

Première édition : Collection Mirabelle Sélection. Editions des Remparts. 1962.

Michel PERRY : Les feux du printemps. Collection Ambre N°2. Editions du Guépard. Parution juin 1980. 160 pages.

ISBN : 2865270025

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