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5 août 2020 3 05 /08 /août /2020 03:05

Désormais, je ne réponds plus aux invitations, on ne sait jamais…

Christian JACQ : Meurtre sur invitation.

Pour se faire pardonner de quelques indélicatesses perpétrées à leur encontre, le comte Brian de Lechtworth envoie des cartons d’invitations à ses meilleurs ennemis, tous collectionneurs comme lui d’objets hétéroclites mais précieux.

Pourtant l’intitulé et surtout les deux PS ne manquent ni d’originalité, ni d’interrogations. Il promet à ces collectionneurs un cadeau qui devrait les satisfaire et contenter leur soif de recherches, en leur offrant à chacun une pièce rarissime. Seulement, selon le premier PS, ils doivent se présenter avec quelques-unes de leurs pièces de collection, les plus remarquables. Ensuite, dans le petit deux, il précise que cette rencontre sera sans précédent et sera accompagnée d’un meurtre.

Sont donc invités à cette réunion extraordinaire : Lady Jane Berwick, une veuve à laquelle on ne donnerait pas ses soixante printemps, qui collectionne entre autres les canes-épées ; la belle Kathlyn Amwell, qui à vingt-cinq ans s’est forgée une solide réputation de portraitiste et dont la passion se fixe pour les lunettes anciennes et d’ailleurs elle en arbore une paire aux verres teintés en permanence ; Lord Tennyson Buzzard, grand amateur de Bugatti anciennes ; le jeune érudit Emmett Barkway, chercheur scientifique à Oxford, qui s’est entiché de tanagras ; enfin le couple John Kintbury, lui banquier à la collection impressionnante de chaussons de danse, et sa femme Margaret, conseillère conjugale et adepte des bouteilles de vin historiques.

Tous entretiennent une profonde animosité, pour ne pas dire une haine, envers leur hôte qui à un moment donné de leur existence leur a mis des bâtons dans les roues dans leurs quêtes de l’objet convoité. Pourtant l’accueil qui leur est réservé est plutôt chaleureux, surtout de la part de Despina, la jeune et unique domestique du comte. Invité surprise de dernière heure, l’ex-inspecteur chef Higgins, qu’un de ses amis a contacté, lui demandant de veiller sur Emmett Barkway.

Au cours de la séance de remise des cadeaux prévus par Brian de Lechtworth, dans une mise en scène théâtrale, le comte s’excuse des méfaits qu’il a ou aurait pu provoquer à l’encontre de ses invités. Réfutant toutefois d’avoir agi délibérément dans l’intention de leur nuire. Ainsi Lord Tennyson Buzzard a été victime d’un accident de la circulation occasionné malencontreusement par le comte, le privant de compétitions sportives automobiles alors qu’il était un conducteur accompli. Depuis il boîte et porte en permanence un foulard jaune autour du cou afin de cacher une cicatrice. Mais les autres éléments du groupe sont sujets eux aussi à leurs petites manies, à leurs tocs, à leurs défauts et autres problèmes.

Deux tentatives de meurtre à l’encontre du comte Brian de Lechtworth attisent la curiosité de Higgins qui ne peut malgré tout en empêcher une troisième qui elle sera fatidique. Plus de comte à rendre.

Des indices sont disposés à des endroits stratégiques mais il semblerait que ce ne soient que des leurres. Et les motifs pour se venger du comte ne manquent pas chez les uns et les autres. Alors Higgins se résout à demander à son ami le superintendant Scott Marlow de venir le rejoindre au château avec quelques hommes qui procéderont à des perquisitions tandis que le légiste devra examiner le cadavre.

 

Ce roman résolument ancré dans le genre fort prisé durant un certain temps et de nos jours négligé, le roman de détection, fait penser un peu à ce qu’auraient pu écrire Agatha Christie et John Dickson Carr pour l’ambiance et la mise en scène, et à P.G. Wodehouse pour l’humour subtil et toujours présent dans certaines situations, descriptions et dialogues.

Comme souvent la vérité se niche dans le passé et heureux qui comme Higgins a fait de longs voyages, en Inde notamment. Ce qui lui permet de découvrir une partie de la solution et l’identité du ou de la coupable parmi les sept personnes qui gravitaient autour du comte. Car il ne faut pas oublier la jeune domestique Despina parmi les prétendants au meurtre.

Les nombreux couloirs secrets qui mènent d’une pièce à une autre et la disposition des différents bâtiments du château autour d’une cour, le caractère des intervenants, tout est bon pour mener le lecteur dans un labyrinthe énigmatique.

L’on découvre une facette cachée de l’ex-inspecteur-chef Higgins, qui outre ses nombreux voyages à l’étranger, est atteint d’arthrose, ce qui arrive à tout un chacun arrivé à un certain âge mais de plus il n’est pas fier de lui. Il est perturbé et se reproche constamment de ne pas avoir pu éviter le drame. Mais dans ce cas, l’histoire aurait tourné net et n’aurait pu donner lieu à un roman.

L’art des grands criminels, souligna Higgins d’une voix douce, consiste parfois à commettre leur forfait en pleine lumière pour mieux aveugler les témoins.

Première édition : J.B. Livingstone. Meurtre sur invitation. Les dossiers de Scotland Yard. Editions du Rocher. Parution 15 mai 1991. 238 pages.

Première édition : J.B. Livingstone. Meurtre sur invitation. Les dossiers de Scotland Yard. Editions du Rocher. Parution 15 mai 1991. 238 pages.

Christian JACQ : Meurtre sur invitation. Les enquêtes de l’inspecteur Higgins N°5. Editions XO. Editions Limitée. Parution 2 juillet 2020. 218 pages. 6,90€.

ISBN : 978-2374482507

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commentaires

Alex-Mot-à-Mots 05/08/2020 13:07

L'auteur n'a donc pas écrit que des romans sur des personnages célèbres.

Oncle Paul 05/08/2020 15:13

Célèbre pour ses romans sur l'Egypte ancienne, Christian Jacq a débuté en littérature sous le pseudo de Célestin Valois puis sous celui de Jack Livingstone. Il a également écrit sous celui de Christopher Carter des romans policiers.

Présentation

  • : Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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