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31 mai 2020 7 31 /05 /mai /2020 04:20

Du travail au noir ?

Maurice LIMAT : Les jardins de la nuit.

Observateur, Teddy Verano ne manque de remarquer les individus aux comportements bizarres dans la rue.

Ainsi, cet inconnu qui n’a pas dépassé la quarantaine, au visage émacié, gris, suintant la peur, marchant en se dandinant comme s’il évoluait sur des œufs, l’intrigue. Il lui évite même de se jeter sous une voiture et l’emmène chez lui où il l’amène à se confier. Il remarque que les plantes des pieds de Louis Vallon, son inconnu, sont couvertes de traces de brûlures de cigarettes. Un moyen dont l’homme se sert pour éviter de s’endormir car lorsqu’il plonge dans le sommeil, il se met à rêver, à cauchemarder sur un épisode de son passé en Afrique, et plus particulièrement dans la savane malienne.

Mais il est aussi couvert de flagellations sur le torse, sur le dos, et ça, ce n’est pas de son fait. Et il garde par devers lui une fleur de pavot, qui, flétrie le soir est fraîche le matin, comme si elle venait d’être cueillie.

Alors Vallon narre son épopée au Mali, en compagnie d’un ami noir, Maffri, minéralogiste comme lui, et ses rendez-vous chez Portel, un trafiquant de drogue opiacée, un sorcier blanc aux traits congoïdes, ou le contraire. La silhouette de Yaoundé entrevue, telle un fantôme, dont il est tombé amoureux, son algarade avec ce trafiquant et le meurtre qui s’ensuivit. Les coups de fouet assenés par les sbires de cet individu, et son calvaire depuis son retour en France.

Yaoundé dont il est amoureux et dont le fantôme le visite la nuit. Mais est-ce véritablement un fantôme ?

Depuis, il ne veut plus dormir, mais lorsqu’il tombe dans les bras de Morphée, épuisé, il reçoit des coups de fouet. Verano assiste impuissant à ces scènes de flagellations.

 

Yvonne, la compagne de Teddy Verano soigne l’homme mais il est toujours en proie à ses cauchemars. Gérard, le fils d’Yvonne est bientôt présent, et lui aussi veut apporter son aide à cet homme assailli de rêves récurrents. A la grande satisfaction de Verano qui se demande par la suite, les événements se précipitant, s’il n’a pas mis en danger la santé, voire la vie, de son beau-fils.

 

Une nouvelle affaire pour Teddy Verano, le détective des fantômes, qui est toujours à l’affut d’enquêtes relevant du surnaturel. Et cette fois, c’est la démarche intrigante dans la rue d’un individu qui l’emmène dans ces jardins de la nuit semés de pavots.

Gérard sera directement impliqué, et en gardera peut-être quelques séquelles, dans cette aventure qui possède quelques analogies, quelques similitudes avec Cauchemar parfumé dont vous pourrez trouver en lien la chronique ci-dessous, mais traité totalement différemment. Ici le psychanalyste n’est pas un professionnel de l’introspection mais un détective et sa famille, même si Verano prend conseil auprès d’un médecin, et l’origine n’est pas située en Asie, mais en Afrique. La malheureuse victime est obsédée non pas par une femme de chair et de sang, mais par une apparition provoquée par un sorcier et entretenue par l’émanation d’une fleur de pavot qui chaque jour revit, se renouvelle. Et les coups portés sur le corps de cette victime, issus de ses délires nocturnes sont pourtant bien visibles sur son torse et son dos.

 

Comme tout romancier, et artiste en général, Maurice Limat possède ses Limatphiles et Limatphobes. Chacun peut aimer ou pas, mais il est indéniable que Maurice Limat fut un excellent conteur, provoquant même pour certains une véritable addiction. Mais ceux que ses écrits horripilent devraient peut-être oublier les premiers fascicules qu’il écrivit pour se tourner vers sa production pour le Fleuve Noir, les histoires narrées étant plus abouties, le format offert lui convenant peut-être mieux.

 

Maurice LIMAT : Les jardins de la nuit. Collection Angoisse N°129. Editions Fleuve Noir. Parution 2e trimestre 1966. 224 pages.

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