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4 décembre 2019 3 04 /12 /décembre /2019 05:41

Auprès de mon arbre, je vivais heureux…

George SAND : Le chêne parlant suivi de La Fée aux gros yeux.

Orphelin, le jeune Emmi, dix ans, est un gardeur de cochons, rôle ingrat et pas si facile que ça à assumer. Mieux vaut être berger ou garçon vacher (On ne disait pas encore cow-boy).

Un jour, ne pouvant plus endurer les brimades, les maigres repas, le manque d’affection auprès de ceux qui le considèrent comme un esclave, vêtu de haillons et mal logé, il ramasse les tubercules de favasses, ou féveroles, au pied d’un chêne afin de calmer sa faim.

Un porcelet vorace le suit et veut s’approprier les tubercules. Emmi le chasse à coups de sarclette mais l’animal grogne, couine et ses congénères arrivent à la rescousse. Emmi est obligé de se réfugier dans les branches du chêne qui pourtant a mauvaise réputation auprès des villageois.

Ce que peuvent en penser et dire les campagnards, Emmi n’en a cure. Il sait que l’arbre est enchanteur, d’ailleurs ne lui enjoint-il pas de partir d’une voix douce. Ou que des personnes ont disparu alors qu’elles étaient dessous. Mais Emmi lui demande gentiment de le protéger et le chêne n’ose pas le renvoyer. Toutefois Emmi se dit qu’il devrait prévenir sa tante et il s’approche de la maison de celle-ci.

Il entend alors deux jeunes garçons du village dire pis que mal de lui, l’accusant de tous les maux, d’être paresseux et sans-cœur. L’un des deux doit remplacer Emmi comme porcher et cela ne lui sied guère, lui, un grand de douze ans qui devrait au moins être responsable d’un troupeau de veaux.

Alors Emmi retourne à son arbre et s’y installe pour l’hiver, glanant ici ou là des fruits pour contenter sa faim, braconnant de petits animaux, s’aménageant un nid entre les branches. Et c’est ainsi qu’il va passer l’hiver se prenant d’amitié pour la vieille Catiche, une pauvre femme considérée comme folle par ses concitoyens. Elle rit bêtement, marmonne sans cesse, pourtant Emmi s’en fait une alliée.

 

Ce court roman est suivi par La fée aux gros yeux, qui de fée n’en a que l’appellation par les autres, ceux qui cataloguent selon leurs principes sans se demander s’ils ont raison ou non.

Ces deux textes sont extraits de la seconde série de Contes d’une grand-mère, un recueil qui comporte huit textes publiés en 1876 aux éditions Michel Levy frères. Il s’agit du dernier livre publié du vivant de Georges Sand.

Ces textes étaient destinés à l’origine aux petites-filles de Georges Sand, Aurore et Gabrielle, et il est dommage que dans la mémoire populaire l’on ne retienne de Georges Sand que La Petite Fadette, François le Champi ou encore La Mare au diable, très souvent réédités dans des collections pour la jeunesse. Ces romans occultent, malheureusement, toute la production littéraire de cette romancière, dramaturge, épistolière et critique littéraire qui a marqué son époque par sa vie amoureuse mouvementée, mais pas que. Elle prend la défense des femmes, prône la passion, fustige le mariage et lutte contre les préjugés d'une société conservatrice.

 

Plus on étudie, mieux on voit qu’on ne sait rien encore.

 

George SAND : Le chêne parlant suivi de La Fée aux gros yeux. Collection Lire c’est partir. Editions Safrat. Parution novembre 1998. 128 pages.

ISBN : 2906357782

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