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29 août 2019 4 29 /08 /août /2019 04:37

Cela ne vous rappelle rien ?

 

Jacques DELILLE. Les alcôves de Matignon.

Octobre 1985. La cinquantaine, veuf et en proie à un constant besoin de prouver sa virilité à des amantes de passage, Jean Récamel, le président du Parti des Réformateurs Libéraux, se rend sur le Caillou afin de démontrer que son parti s’inquiète des événements qui s’y déroulent.

Genevier, son chef de cabinet, conseiller et éminence grise, lui propose d’emmener dans ses bagages la belle Marie Ange Bourlon, une ex de Lounon, le grand argentier occulte du Parti. La jeune femme fait grosse impression sur Récamel qui la nomme six mois plus tard, alors que son parti sort vainqueur des élections législatives et que lui-même est désigné comme premier ministre, ministre de la Protection sociale. Le goût du pouvoir monte à la tête de « la Bourlon » et lorsqu’aux élections présidentielles Récamel ramasse une veste, elle complote, alliée aux quadras et affichant sa liaison avec un jeune loup. Genevier et Récamel s’arrangent pour lui faire payer sa trahison et Marie Ange est reléguée aux oubliettes.

Poussée par Michèle Gazarre, une ancienne conseillère de Récamel, et par Grégoire d’Armentières, le bailleur de fonds du PRL, elle tente un chantage auprès de son ancien amant, promettant de dévoiler ses liens avec l’Irak. Elle est réintégrée dans le staff de Récamel, à la surprise générale.

Lounon décède dans un accident de voiture : un suicide, déguisé en accident afin de ne pas remuer trop de vagues dans le paysage politique. Seulement Genevier, grâce aux renseignements d’un détective privé, la contre dans son entreprise. Il l’oblige à lâcher d’Armentières et Gazarre, lui promettant de faire libérer son frère, prisonnier en Italie à la suite d’une sombre histoire de drogue et d’homosexualité. Puis il s’arrange pour que la fille de d’Armentières, atteinte du complexe d’Oedipe, soit arrêtée sur la route, transportant un paquet d’héroïne.

 

On lit ce roman comme si l’on était dans un sous-marin explorant les bas-fonds d’un immense marigot où grouillent les crocodiles de la politique. Point n’est besoin de connaître à fond les arcanes de ce monde cruel pour reconnaître les personnages qui gravitent dans ce roman plus sérieux qu’il n’y paraît.

Chaque lecteur pourra mettre un nom sur les différents protagonistes de cette histoire, sans fatiguer ses méninges. C’est également un documentaire abordant les affaires de financement de partis, les fausses factures et autres pots-de-vin avec en filigrane les démêlés avec Saddam Hussein ou la Guerre du Golfe.

Les scènes de sexe, peu nombreuses, se limitent à d’aimables joutes libertines, alors qu’on aurait pu s’attendre à une débauche de stupre. Sous le pseudonyme de Jacques Delille se cache vraisemblablement un professionnel de l’écriture qui, pour une fois dans ce genre de collection, n’aurait pas eu à rougir de signer de son véritable patronyme.

Ceci se déroule en 1985, mais cela n’a guère changé depuis. A mon humble avis.

 

Dernière Minute (sic) :

Après quelques recherches, il semblerait que ce Jacques Delille ne soit autre que Philippe Randa, le fils de Peter Randa qui de son véritable patronyme se nommait André Duquesne. Philippe Randa a débuté sa carrière au Fleuve Noir en réécrivant certains titres de son père et en les republiant sous son nom. Depuis il a fondé des maisons d’éditions dont le but est de diffusé des ouvrages de l’Extrême-droite, dont il fait activement partie, notamment au GUD. Et signant de nombreux articles dans divers journaux et magazines, dont Minute. Bref, j’aurais su cela avant, pas sûr que je me sois penché sur ce roman.

Jacques DELILLE. Les alcôves de Matignon. Collection Exclusif N°2. Editions Vaugirard. Parution 3 décembre 1993. 240 pages.

ISBN : 978-2285009961

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