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14 août 2019 3 14 /08 /août /2019 04:08

Les portes du pénitencier,

Bientôt vont se fermer…

Georges MUREY : A tête coupée.

Incarcéré depuis un an au pénitencier de Tamiahua, au Mexique, Frank Reynolds, sujet américain, espère bien pouvoir s’évader sous peu. Il purge une peine de dix ans pour trafic de drogue.

Il s’est lié avec son codétenu Tamazun, dont la sortie est programmée prochainement ayant purgé son temps de détention, et il lui demande de faciliter cette évasion en lui fournissant quelques objets indispensables. De même sa femme Jenny va de son côté lui trouver un remplaçant, un sosie, afin de détourner l’attention des policiers qui seront immanquablement à ses trousses.

Grâce à un code, il peut communiquer par lettre avec Jenny qui lui fournit dans ses missives toutes les informations concernant l’avancement de leur projet. Et le 24 mai 195. Elle peut enfin de vive voix, lors d’une de ses rares visites au pénitencier, lui confirmer qu’elle a trouvé le remplaçant idéal, un nommé Roy Merril, 34 ans soit deux ans de moins que lui, un ancien marine de Corée, renvoyé dans ses foyers à la suite d’une blessure et qui depuis travaille comme liftier dans un grand magasin de la Nouvelle-Orléans. Un métier qui connait des hauts et des bas, et l’argent promis a largement contribué dans l’accord du sosie.

Le 5 juillet 195. tout est prêt pour l’évasion. Frank Reynolds a scié un des chaînons de son attache et il parvient à échapper à la vigilance du garde préposé à sa surveillance alors qu’il se rend aux feuillées. Il se cache dans la lagune et grâce à un chiffon rouge placé par Tamazun, il découvre sans difficulté le masque de plongée et les bouteilles d’oxygène qui vont lui permettre de nager sous l’eau jusqu’à un îlot proche. Sur cet îlot l’attend Tamazun avec un canot pneumatique et ils vont longer la côte de la lagune, tandis que Jenny, accompagnée de Roy Merril parcourt la région en voiture.

Le lieutenant Funker, d’origine allemande, est furieux car c’est lui qui avait arrêté Reynolds, et le savoir dans la nature l’insupporte. Il se lance sur les traces du fuyard mais celui-ci lui échappe constamment. Il est vrai que, contrairement au lecteur, il n’est pas au courant de cette substitution et donc il patauge, dans les deux sens, car il lui faut fouiller les marécages.

S’engage une partie de cache-cache orchestrée d’un côté par Jenny et de son compagnon de voyage, et de l’autre par Reynolds et Tamazun. Et tous quatre doivent se retrouver dans une cabane près de Mendes, au nord de Tampico. Et tandis que Funker pense remonter la piste de Reynolds, grâce à un photographe des rues, celui-ci parcourt tranquillement, presque, son chemin en voiture en compagnie de Tamazun.

Seulement comme dans toute machination soigneusement élaborée, un double grain de sable enraye l’engrenage. Reynolds est jaloux de son sosie, et Jenny déteste son mari. Pourtant elle l’aide dans son évasion. Et peu à peu, au contact de Roy Merril, s’instaure une forme de complicité amoureuse. Le piège…

 

Georges-Jean Arnaud, car il s’agit bien de lui caché sous ce pseudonyme américain, écrit justement un roman faussement américain, dont le suspense va grandissant, jusqu’à un épilogue qui n’est guère optimiste.

Si le sosie est souvent pris comme thème dans les romans policiers, afin d’égarer les enquêteur, ici Funker et ses deux adjoints, le lecteur lui n’est pas dupe. Il est mis dès le début de l’histoire dans la confodence avec ce double de Reynolds. Mais la force de Georges Murey réside dans la montée de la jalousie de l’évadé, dans leurs tribulations et dans les relations contrastées entre Merril et Jenny.

Si les deux hommes se ressemblent physiquement, il en va autrement de leur moralité et de leur caractère. L’incarnation du bien et du mal à travers cette mise en scène de sosie. Quant à Jenny, même si elle déteste son mari, elle ne veut pas le tromper. Une forme d’honnêteté qui ne dure pas vraiment, même si les regrets la rongent.

Un bon petit roman de suspense mais qui n’atteint pas encore les réussites de Georges-Jean Arnaud lorsqu’il signera dans la collection Spécial Police du Fleuve Noir.

Georges MUREY : A tête coupée. Collection Feux Rouges N°44. Editions Ferenczi. Parution 1er trimestre 1960. 192 pages.

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