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7 juin 2019 5 07 /06 /juin /2019 04:03

Une femme fait ce qu’elle veut d’un homme, quand elle le laisse commander !

Janine LE FAUCONNIER : Celle qui devait disparaître.

Détective privé en vacances près de Bayonne, Sigfried Morel part un peu précipitamment en Bretagne, réclamé par une vieille dame. S’il accepte ce déplacement, c’est parce que la comtesse Hélène de Kerennac veut l’entretenir d’un souci et qu’elle se réfère à la tante Isabelle du détective avec laquelle elle est amie.

Arrivé au manoir de Kerennac, Morel fait la connaissance de la comtesse et de ceux qui y vivent. Henry, le petit-neveu trentenaire qu’elle a élevé lorsque les parents sont décédés et sa jeune sœur Louise, Olivia la femme quadragénaire d’Henry, David, autre neveu de la comtesse dont Louise est amoureuse, Octavie, la parente pauvre qui accessoirement sert de dame de compagnie, plus quelques employées, Nelly, la jeune femme de chambre et Mathilde la cuisinière.

A quatre-vingt-deux ans, la comtesse est encore en pleine possession de ses moyens physiques et intellectuels. Seulement elle est un peu (beaucoup) directive et entend diriger la maison à sa façon. Ce qui n’a pas empêché Henry de se marier avec Olivia alors que celle-ci était devenue veuve dans des conditions troubles. Pourtant Henry était fiancé avec Isabelle de Braville, une charmante jeune fille habitant non loin, la petite protégée de la comtesse. Cette rupture inattendue n’a guère plu à la comtesse mais pour une fois Henry s’est affirmé vis-à-vis de sa parente.

 

La comtesse dévoile ce qui l’a conduite à appeler Morel à la rescousse. Elle a échappé à un accident mais pas Thérèse, la jeune fille qui lui servait de dame de compagnie. Faut préciser que le manoir est construit bizarrement et que pour passer d’une pièce à une autre il faut emprunter des couloirs et des escaliers. Or donc, selon elle, une corde avait été disposée comme un piège destiné à la faire tomber. Mais c’est Thérèse qui a bénéficié de la chute sans avoir eu le temps de demander L’ai-je bien descendu. Et depuis Thérèse se remet lentement d’une fracture du bassin.

La comtesse n’a pas voulu mêler la police à cette tentative de meurtre, il s’agit selon elle d’affaires privées, et si elle a quémandé Morel, c’est à cause de sa parenté avec sa tante, une vieille amie parisienne. Elle n’oublie pas d’ajouter qu’elle possède une preuve en exhibant la corde traîtresse.

Morel accepte d’enquêter, en attendant une nouvelle tentative qui ne manque pas de se produire, au détriment de Nelly qui en douce, le matin alors qu’elle apporte le petit-déjeuner à la comtesse dans sa chambre, ne se gêne pas pour absorber une partie du thé matinal.

 

Dans ce roman au goût christien, oui, Agatha n’est pas loin du moins spirituellement, dans ce roman donc Morel interroge tout à tour les différents protagonistes, dont le caractère est propre à chacun d’eux. Henry proche de la comtesse et l’héritier principal de la vieille dame ; David, gamin de caractère blagueur qui aime les farces et se montre cynique, sarcastique ; Louise, un peu naïve et osons le dire un peu mièvre ; Octavie, sotte, curieuse et cupide ; Olivia qui traîne derrière elle un lourd passé de possible meurtrière ; les employées de maison. Sans oublier Isabelle la fiancée déchue et peut-être déçue.

Roman christien dont l’intrigue se déroule quasiment en vase-clos, avec réunion des personnages en épilogue et un retournement de situation que n’aurait pas désavoué la Reine du crime.

Janine Le Fauconnier s’attache à l’aspect psychologique des différents protagonistes sans pour autant alourdir le récit qui se lit d’une traite. Un roman que l’on pourrait qualifier rédigé à l’ancienne mais possède un charme vénéneux certain.

 

Janine LE FAUCONNIER : Celle qui devait disparaître. Collection Le Masque Jaune N°1363. Librairie des Champs Elysées. Parution le 25 février 1975. 192 pages.

ISBN : 2702403506

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