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24 mai 2019 5 24 /05 /mai /2019 04:48

Prière de laisser cet endroit aussi propre que vous souhaiteriez le trouver en entrant !

Yvonne BESSON : Un coin tranquille pour mourir.

En ce mois de mai, la contestation sociale n’a pas épargné Marville, petite ville de la côte normande. La plupart des enseignants des collège et lycée locaux s’organisent, préparant activement la grève, malgré les diverses tensions qui souvent les divisent.

A l’issue de l’une de ces réunions houleuses, le corps de Robert, un jeune stagiaire boulimique en butte aux quolibets de ses élèves, est découvert enfermé dans les toilettes du collège. Il s’est tailladé les veines après avoir ingéré un sédatif. Le suicide ne fait aucun doute mais de vifs reproches sont adressés à Louise, son professeur tuteur, ainsi qu’à Vitré le chef d’établissement.

Les semaines passent. Carole Riou, promue commandant, a quitté le commissariat de Marville pour le SRPJ de Rouen. Elle végète dans sa nouvelle affectation, effectuant le trajet aller-retour quotidiennement.

Mi-août. Un nouvel incident défraye la chronique locale. Georges, le mari tétraplégique et tyrannique de Louise bascule de son fauteuil roulant et s’écrase au pied de la falaise. Louise est soupçonnée d’avoir poussé son mari dans le vide, mais les témoignages sont en sa faveur, comme peut le constater Carole, chargée de l’enquête.

 

Yvonne Besson nous décrit avec réalisme la vie d’une petite ville de province que l’on pourrait croire confite dans une quiétude léthargique. Il n’en est rien car sous la couche de tranquillité les passions, les tensions, les inimitiés, les jalousies se développent comme mousse dans l’humidité ombrageuse.

Le portrait des relations entre collègues de l’Education nationale, qui peut s’appliquer à toute entreprise, est amplifié par le rôle joué par les intervenants dans la société. Mais ce n’est pas le seul problème soulevé.

Ces rapports entre collègues peuvent dissimuler de profondes failles, sentimentales ou autres, et peu à peu le lecteur s’immisce dans les alcôves du cœur et de l’esprit sans devenir voyeuriste.

Carole Riou aussi se pose des questions sur sa profession, sur son avenir. L’insertion du journal du serial killer, qui se glorifie de sa transformation psychologique, apporte également un éclairage sur les aspirations, les désirs, les petites joies internes d’un quidam qui à partir d’un crime commit un peu par hasard, le révèle à lui-même.

Yvonne Besson nous offre un roman profond, humain, qui ne cède ni à la facilité ni à la démagogie, mais attention sous l’apparence de vraies fausses réalités, se dissimulent de faux vrais témoignages.

Un ensemble de miroirs dans lesquels la lumière rebondit de zone d'obscurité en reflet éclairé selon les projecteurs allumés par l’auteur et qui débouche sur une pirouette fort savamment contrôlée.

 

Réédition Pocket Policier. Parution le 9 mars 2006. 402 pages.  ISBN : 978-2266156325

Réédition Pocket Policier. Parution le 9 mars 2006. 402 pages. ISBN : 978-2266156325

Yvonne BESSON : Un coin tranquille pour mourir. Editions des Equateurs. Parution 14 octobre 2004. 350 pages. 20,00€.

ISBN : 978-2849900086

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commentaires

A
Un billet bien tentateur.
Répondre
O
J'ai essayé de rendre l'ambiance de ce roman

Présentation

  • : Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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