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23 avril 2019 2 23 /04 /avril /2019 04:18

Les Ecossais ne sont pas avares… de morts !

Gilles BORNAIS : Le sang des Highlands.

En ce mois de février 1892, les corps de deux Anglais sont retrouvés attachés sur un rocher près du Loch Ness. Les membres supérieurs ont été découpés sauvagement, et les cadavres portent des traces d’entailles, de morsures. Comme si on s’était acharné dessus. C’est un braconnier qui les a découverts et a alerté immédiatement les policiers.

Le chef constable Thaur d’Inverness est en charge de l’enquête en compagnie du superintendant Calum McHendrie, du sergent-chef Abernathy et de quelques policiers. Thaur est un ancien militaire, qui raisonne comme tel, muni d’une canne d’ébène et divorcé. Il est de caractère acrimonieux et d’un physique volumineux. Le genre d’homme qu’il ne faut pas chatouiller.

Après une rapide enquête, l’identité des deux cadavres révèle qu’il s’agissait d’un photographe et sa femme, Victoria Brown, une paléontologue de renommée internationale. Seul le fils Cédric, qui probablement les accompagnait, a disparu. Wilma McSwann, une pianiste du village d’Eigemore, là où ont été découverts les corps mutilés, déclare la disparition de son fils de douze, Ervin. Elle donne des concerts et des cours à quelques gamins des environs, et vit seule avec son fils, séparée de son mari.

Le détective inspecteur Joe Hackney, du département d’investigation criminelle de Londres est envoyé sur les lieux afin d’apporter son aide à Thaur. Il vit à Londres dans un appartement vétuste. C’est un homme solitaire qui n’a que pour amie Millie, une femme qui a largement oublié sa jeunesse depuis longtemps, serveuse dans un pub plus ou moins mal famé et qui sert parfois d’exutoire sexuel.

Un gamin est découvert pendu, mort dans les mêmes conditions que les adultes et la mère d’Ervin est soulagée. Elle ne reconnait pas en ce cadavre son gamin. Peu après les enquêteurs apprennent qu’il s’agit de Cedric, le fils des Brown qui avait bien accompagné ses parents. Le problème réside dans le fait qu’il jouait souvent dans la forêt en compagnie d’Ervin.

Selon le braconnier, cinq ou six hommes traînaient dans les bois. Il les aurait aperçu, planqué derrière un arbre, s’affairer puis partir à bord d’une barcasse. Seul détail qu’il peut apporter, c’est que le chef supposé était coiffé d’un glengarry, ce calot traditionnel écossais muni d’une plume. C’est peu.

Seulement, cela remémore à Calum McHendrie, dont le père fut également responsable de la police d’Inverness, une affaire similaire remontant à vingt ans environ. Il est chargé de retrouver ce fait divers dans les archives, ce qui n’est pas une mince affaire.

 

Une enquête qui va durer un mois environ, avec un nouveau cadavre, histoire de gonfler les statistiques, et des prises de bec entre le policier du cru et l’envoyé de Londres.

De nombreux événements tragiques vont ponctuer ces quelques semaines dont l’internement d’une femme dans un asile psychiatrique, ou dénommé comme tel, avec un médecin-chef et quelques gardiens abrutis qui se conduisent comme des porcs.

Mais le lecteur suit en parallèle le pauvre Ervin échappant à la meute de bandits partis à sa recherche et ne voulant laisser aucun témoin en vie. Il se réfugie dans des caches plus ou moins inaccessibles, se nourrissant de poissons qu’il pêche à la main, de baies, et allumant du feu avec les moyens du bord, à la façon des hommes préhistoriques et des trappeurs. De plus il a une cheville en capilotade.

Sont décrits également, comme des interludes, des événements qui se sont déroulés deux cents ans auparavant, à la même époque, lors de la guerre entre Ecossais indépendantistes et troupes anglaises.

Bref un roman historique qui ne manque pas de saveur (le fameux haggis n’est pas évoqué, je vous rassure) ni de dépaysement. La neige, la pluie, le brouillard freinent parfois l’enquête, et surtout les enquêteurs, dont certains possèdent des genoux en ruine. D’ailleurs, c’est un point commun à de nombreux protagonistes, et quand ce n’est pas un genou, c’est une cheville, pas forcément ouvrière.

L’aspect poignant est bien la course du gamin dans les bois alors qu’on ne ressent pas la même compassion envers les adultes même s’ils la mérite. Joe Hackey, ancien malfrat reconverti en policier, un peu comme Vidocq, ne ménage pas sa peine, et ses idées sont parfois en contradiction avec celles du chef constable local. L’effet Je t’aime moi non plus.

Et Nessie là-dedans me demanderez-vous avec justesse. Vous avez raison de vous poser la question, les monstres ne sont jamais bien loin.

 

Gilles BORNAIS : Le sang des Highlands. Editions City. Parution le 13 mars 2019. 384 pages. 18,50€.

ISBN : 978-2824614250

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