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1 juillet 2018 7 01 /07 /juillet /2018 06:52

Ça tombe bien, le lit de la rivière était à sec… Ou presque !

Alexis AUBENQUE : Des larmes sur River Falls.

Ancien reporter de guerre, Stephen Callahan est revenu au bout de treize ans de journalisme à travers le monde au pays natal à River Falls. Il est maintenant rédacteur au journal local, spécialisé dans les pages Culture et Loisirs.

Et il a retrouvé avec un certain plaisir, plaisir partagé, Lindsay Wyatt, celle avec laquelle il sortait lorsqu’ils avaient vingt ans à peine, et avait abandonnée. Depuis ils couchent ensemble, et dorment même dans la même chambre mise à leur disposition par la sœur de Stephan dans le manoir ou elle vit avec ses trois enfants.

Le shérif Mike Logan, élu et en poste depuis quelques mois après avoir exercé des fonctions policières à Seattle, est heureux entre un travail guère prenant, et Hurley sa femme psychanalyste attachée au FBI. Elle doit se rendre dans la capitale de l’état de Washington de temps à autre, y restant à chaque fois quelques jours, mais le travail prime.

A l’aube de ce lundi 4 septembre, la petite ville de River Falls se voit placée sous les feux des projecteurs. Un fermier a été crucifié dans un champ, une mise en scène qui le transforme en épouvantail, avec un panneau accroché à ses vêtements : Là est ta place !

Naturellement, la première chose à faire est de se renseigner auprès de la famille du défunt, William Waugh, sa femme qui est par la même occasion devenue sa veuve, et ses deux filles, Michelle et Betty. Des offres d’achat de terrains lui avaient été proposées, offres qu’il avait repoussées. Ce pourrait-il que ceux qui désiraient acquérir ces terres, afin de s’agrandir, aient trouvé ce moyen expéditif pour forcer la main ? Mais d’autres événements, d’autres situations posent également problèmes.

Alors Logan, Lindsay, Stephen se lancent chacun de leur côté ou presque dans cette enquête, avec des apports extérieurs non négligeables. Ainsi l’aide apportée par Beverly, la nièce handicapée de Stephan Callahan et qui ne se déplace qu’en fauteuil roulant se révélera précieuse. Mais une intruse s’immisce dans cette enquête. Leslie Callwinn, journaliste et romancière à succès. Sa présence enchante certains des protagonistes tandis que d’autres la déplorent. On ne peut pas plaire à tout le monde, mais il est vrai que Leslie possède une réputation assez sulfureuse.

En deux journées intenses, avec quelques nouveaux cadavres à la clé, cette enquête sera résolue. Mais au prix de bien des avatars. Des cadavres sortiront des placards, la métaphore habituelle pour indiquer que des secrets seront dévoilés, des confidences qui n’auraient jamais dû être divulguées, mais parfois cela fait du bien de se soulager ou d’être soulagé. Parfois cela se transforme en confessions douloureuses, aussi bien à avouer qu’à entendre.

 

L’aspect psychologique est toujours présent mais englué dans un voile, car décrit en quelques lignes. Ce côté narratif s’intègre avec douceur dans le développement car ce qui importe, tout autant pour l’auteur que pour le lecteur, c’est l’action. Une aventure trépidante servie par des dialogues millimétrés, vifs, rapides, des réparties tranchantes ou doucereuses comme des billes de flippers qui se bousculeraient ou se frôleraient sans déclencher le tilt fatal.

 

Dans cet excellent roman de divertissement, Alexis Aubenque aborde également des sujets sensibles, familiaux, professionnels, de société, d’intolérance, comme ça en passant, comme si de rien n’était, et pourtant il se montre un excellent observateur et analyste. Comme le démontrent les quelques citations placées en fin d’article, citations parfois finement humoristiques et pourtant si vraies, si justes.

On retrouve quelques personnages ayant déjà gravité dans d’autres ouvrages d’Alexis Aubenque, tel Ryan Bonfire, ce motard marginal affilié à la bande des Hommes en noir, une association qui s’est donné pour but de traquer des assassins ayant échappé aux filets de la police. Et ces personnages, dont la participation est plus ou moins prégnante dans le récit, entretiennent un lien entre chaque volume de la série River Falls mais également avec d’autres romans de l’auteur. Le tout constitue une saga qui peut se lire soit en abordant les romans les uns après les autres, dans l’ordre de parution, ou indépendamment, chaque volume possédant son histoire propre et complète.

 

Plus les années passaient, plus il devenait difficile de fumer sans passer pour un malotru.

Le journaliste a besoin d’une vision globale d’un sujet. Il ne s’arrête jamais aux évidences, il va toujours creuser plus loin. Le policier n’a qu’un souci, trouver un coupable à donner en pâture à la population.

Franchement qui pouvait prétendre que la météorologie était une science ? Les rares fois où les prévisions concordaient avec la réalité, ce n’était que pure coïncidence. Voilà pourquoi, dans les journaux, la rubrique se trouvait placée à côté des prédictions fantaisistes des astrologues.

Aucune femme, quelle que soit l’époque, ne supportait de se faire cocufier. Il n’y avait que dans les mauvais romans écrits par des hommes qu’elles acceptaient d’être trompées sans réagir.

Si l’esclavage des Africains et le génocide des Indiens étaient les deux piliers de l’infamie de la domination blanche sur le continent, les sort des Asiatiques, pourtant tout aussi intolérable, était souvent absent des manuels d’histoire.

Pourquoi écrivons-nous sur le nazisme, sur l’holocauste ? Un film pourrait suffire, mais non, il ne faut jamais banaliser la violence et toujours la dénoncer.

Alexis AUBENQUE : Des larmes sur River Falls. Collection Bragelonne Poche. Editions Bragelonne. Parution le 13 juin 2018. 384 pages. 7,90€.

ISBN : 979-1028109042

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commentaires

PIERRE FAVEROLLE 01/07/2018 11:58

Salut Paul, Hasard de ta programmation, j'attaque Retour à River Falls puis je lirai celui-ci pour faire un tir groupé River Falls. Alexis est un excellent auteur de roman populaire. Du bon divertissement en perspective. Amitiés

Oncle Paul 02/07/2018 16:18

Bonjour Pierre
On ne se lasse pas de lire Alexis Aubenque. Il possède un sens indéniable de la construction, du sens de l'intrigue, avec des histoires qui ne se répètent pas tout en suivant une ligne directrice originale. Amités

Présentation

  • : Lectures de l'Oncle Paul
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