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30 juin 2018 6 30 /06 /juin /2018 12:49

Un cataphile peut-il faire carrière ?

Gilbert GALLERNE : Sous terre, personne ne vous entend crier.

Quand deux équipes de police se retrouvent au même endroit, en même temps, mais ayant à accomplir des missions différentes, inévitablement il en résulte… une bavure !

Alors que le commissaire Jonzac, qui dans deux ans devrait pouvoir briguer une retraite bien méritée, est en planque avec ses adjoints afin d’arraisonner le Serbe, un malfrat tueur de flics qu’ils pistent depuis des mois, l’équipe de la jeune commissaire Nadia Brochart est elle aussi en intervention. Pour alpaguer un autre individu, responsable de nombreux braquages. Seulement aucune concertation n’a eu lieu et le Serbe se rend compte qu’il est dans une nasse. Des coups de feux sont échangés, et résultat du match, un mort et des blessés, dont l’inspecteur Michel qui devait quitter le 36 quai des Orfèvres deux semaines après. Il est entre la vie et la mort.

A la Tour Pointue, les oreilles de Jonzac chauffent, et naturellement Nadia Brochard, qui a les dents longues, l’accable auprès de Panaffier, le grand patron de la P.J.

 

Claire fête avec quelques amis la fin de l’année scolaire. C’est Erwan qui organise cette réunion, et il a choisi, pour changer un peu, qu’elle se déroulerait dans une salle souterraine non loin du Sacré-Cœur. Au moins ce sera moins morbide que le cimetière du Père-Lachaise ou Montparnasse, les sorties précédentes auxquelles elle avait assisté. Il s’agit de galeries creusées à la fin du XIXe siècle afin d’extraire les pierres destinées à la construction de la pièce montée montmartroise.

Mais Claire n’est pas en forme, un inconvénient menstruel, et son petit copain l’a mauvaise. Tant pis pour lui, d’ailleurs il préfère rester à la surface et boire un coup, voire plusieurs, tout seul. A un certain moment, Claire ressent une envie pressante et s’éloigne de la petite bande. Funeste décision, car elle sera retrouvée morte, mal en point.

 

Car dans l’ombre des galeries, Mikael, un marginal, est tapi. Il survit dans des squats, mangeant au petit bonheur la chance, déambulant dans les souterrains, galeries, carrières et autres tunnels, dont il connait les entrées, les chatières, indécelables à l’œil nu. Il n’est pas vraiment nyctalope mais peut quand même se déplacer sans trop de difficultés. Et il abrite en lui, dans son esprit, l’Autre, son double, qui lui aussi réclame son dû.

 

Lorsque le cadavre de Claire est découvert, le ciel tombe sur la tête de Jonzac. Il s’agit de sa nièce ! Or, non seulement la bavure avec la commissaire Nadia Brochart n’est pas digérée, mais comme Claire fait partie de sa famille il ne peut s’immiscer dans l’enquête, pour des raisons déontologiques.

Mais cela ne va pas l’empêcher de se mêler dans l’enquête, même si l’affaire est confiée à Nadia, et ce malgré l’absence d’atomes crochus entre eux. L’enquête tourne d’abord autour des relations de Claire et peu à peu le cercle s’élargit car d’autres cadavres sont à dénombrer. Une descente dans les arcanes des bas-fonds de la capitale est prévue au programme.

 

Gilbert Gallerne nous propose un roman étouffant, angoissant, stressant. La Bête, Mikael en l’occurrence, jouant avec les nerfs à cause de sa double personnalité, sachant défier les forces de police et tous ceux qui le traquent. Et l’atmosphère des galeries souterraines, des tunnels du métro parisien, des stations fantômes, des souterrains, des égouts, augmente cette angoisse latente qui étreint le lecteur. Lequel découvre tout un monde caché, qui a fait les beaux jours de certains romans feuilletons dont Zigomar de Léon Sazie. Ou encore dans Dernier homicide connu d’Olivier Kourilsky qui nous avait entraînés dans les stations fantômes du métropolitain.

Mais Gilbert Gallerne est un vieux (relativement) routier du roman policier et d’angoisse, et il a mijoté un roman particulièrement poignant, parfois à la limite du fantastique, dans lequel il donne sa pleine mesure. Une intrigue et des personnages qui happent le lecteur, lequel ne peut refermer le livre qu’une fois arrivé au mot Fin et ne laisse pas justement sur sa faim.

 

Gilbert GALLERNE : Sous terre, personne ne vous entend crier. Collection Polar. French Pulp éditions. Parution le 21 juin 2018. 368 pages. 18,00€.

ISBN : 979-1025103708

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commentaires

Gilbert Gallerne 07/07/2018 07:20

Bonjour Paul,
Merci pour cette chronique. Je viens de mettre un lien sur mon site.
Bien amicalement,
Gilbert Gallerne

Présentation

  • : Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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