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11 juin 2018 1 11 /06 /juin /2018 06:35

Allongés sur la plage

Les cheveux dans les yeux

Et le nez dans le sable

On est bien tous les deux…

Alexis AUBENQUE : La fille de la plage.

Dès les premières pages, le lecteur quinquagénaire ou plus se retrouve plongé dans des images issues de son passé de téléphage amateur de séries américaines. Des séries qui comme Happy Days ou Santa-Barbara ont marqué leur imaginaire, à cause de leur ambiance, leur atmosphère, leurs décors.

En ce samedi 6 juin, quatre amis se préparent pour la petite fête organisée pour la fin de l’année universitaire. Jason, riche et beau, Keith, beau mais pas riche, Nathan, riche mais qui à la place des tablettes de chocolat abdominales de ses amis possède des rondeurs de pâtes à tartiner, et Sandy, le garçon manqué. Tous quatre ont gravé leur amitié lorsqu’ils avaient douze ans dans leurs mains et les cicatrices sont encore présentes. Maintenant, à vingt ans, ils se protègent, se conseillent, s’encouragent toujours, sans une once de jalousie entre les uns et les autres.

Jason a une petite amie, Tiffany, un peu peste. Keith aussi a une petite amie, mais comme elle est en voyage, on la délaissera. Nathan aimerait bien, mais il est timide et il n’ose pas avouer à Laura qu’il est fort attiré par elle. Quant à Sandy, elle redoute cette épreuve de la fête, car il va lui falloir s’habiller en robe, elle qui néglige sa touche de féminité.

Pourtant, au cours de la soirée, elle se laisse entraîner par Peter, et au grand étonnement de ses amis, elle danse merveilleusement. Elle a pratiqué la danse quelques années auparavant, mais elle s’est détournée de cette pratique pour diverses raisons. Bref, à part un accrochage avec Victor, le mauvais garçon, et une interruption momentanée dans les toilettes alors que Tiffany avait entrepris une gâterie à Jason, mais ceci ne nous regarde pas, tout se passe bien.

Nathan et Laura se sont trouvé des affinités réciproques et ils décident de comparer leurs atomes crochus sur une plage à l’écart de Santa-Barbara. Alors qu’ils sont entrain de batifoler et Nathan conclure ce qu’il n’avait jamais osé espérer, il aperçoit une ombre sur un rocher. Comme si quelqu’un les épiait. Nathan, n’écoutant que son courage, et peut-être pour épater sa copine va voir. Il s’agit d’une jeune fille, vivante, ayant probablement échappé à la noyade et ayant reçu un coup sur la tête. Et lorsqu’elle reprend ses esprits, cette jeune fille déclare ne se souvenir de rien, s’appeler Chelsea, et puis c’est tout. De tout ce qu’il s’est déroulé avant, elle ne se souvient plus. C’est quand même embêtant, d’autant qu’elle ne possède pas de pièces d’identité.

Nathan fait appel à ses amis et en attendant décide de la cacher dans son yacht, pardon, le yacht de son père. L’un des plus beaux du port. Et durant quarante huit heures, nous assistons à cette histoire qui développe plusieurs intrigues, car tour à tour les actions de chacun des quatre amis sont développées.

Ainsi Jason se voit remettre les clés d’un petit appartement en ville et il ne va plus subir la famille à son grand soulagement. Mais en même temps il va accueillir sa grand-mère Dodi, qui malade s’est échappée d’une clinique. Elle est atteinte d’un symptôme rare, se déclare en rémission et veut profiter d’un week-end au soleil.

Keith va tomber amoureux de Chelsea, tandis que Nathan se voit rabrouer par Laura. Elle reçoit des photos, via son téléphone, la montrant nue sur la plage, avec des messages d’intimidation. Elle en est toute déboussolée et se retranche dans sa chambre. Quant à Sandy, sa prestation comme danseuse a laissé des traces et Peter la conjure de venir rencontrer un professeur de danse qui a connu bien des vicissitudes familiales.

Dans un commissariat où Chelsea se rend accompagnée, elle distingue au mur la photo d’un délinquant recherché par la police. Des images l’agressent, des souvenirs qu’elle ne peut canaliser, mettre en concordance, jusqu’à ce que tout se mette en place, peu à peu grâce à des événements extérieurs.

Quarante huit heures dans la vie de quatre amis et de leurs compagnons, de leur famille, parents, sœurs, qui vont les marquer, et qui se déroulent à un rythme effréné, sans aucun temps morts. Quarante huit heures intenses qui mêlent amour, humour, tension, angoisse, peur, et qui pourraient se révéler dramatiques, voire tragiques.

 

La fille de la plage aurait pu être une romance, mais l’auteur joue avec les sensations, les sentiments, entraîne le lecteur dans un tourbillon qui s’emballe peu à peu pour devenir une véritable tornade infernale. Une nouvelle réussite à mettre à l’actif d’Alexis Aubenque, quelque soit le domaine qu’il aborde.

Avec un pincée de drogue, quelques caresses érotiques, une larme d’alcool (les moins de vingt et un ans aux USA n’ont pas le droit de boire des boissons éthyliques dans les bars et lieux publiques), et une grosse dose de suspense et d’angoisse assaisonnée d’humour, d’émotions et de nostalgie, telle est recette pour écrire un bon roman. Encore faut-il que le maître queux soit à la hauteur et réussisse à marier tous ces ingrédients et leur exhausser la saveur. Alexis Aubenque mérite amplement ses quatre étoiles. Il est encore un peu jeune pour en obtenir cinq.

Quelque chose me dit qu’on devrait retrouver tout ou partie des différents personnages de ce roman dans un prochain ouvrage.

 

Ne cherche jamais à comprendre les filles, tu auras plus vite fait d’apprendre le chinois.

Les flics sont parfois des abrutis, mais pas des assassins.
Va dire ça à tous les Noirs qui se font tirer comme des lapins chaque année.

Je te l’ai dit, il n’y a rien de plus apaisant qu’un cimetière. Il n’y a plus de souffrance, plus de violence, plus de guerre. Il n’y a que de la paix et de la sérénité.

Alexis AUBENQUE : La fille de la plage. Editions Hugo. Parution le 16 mai 2018. 480 pages. 17,00€.

ISBN : 978-2755637021

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commentaires

A
Un auteur que j'apprécie et qui mérite ses 5 étoiles (si,si).
Répondre
O
Je mettrai les 5 étoiles quand j'aurai lu ses deux romans de SF : La chute des mondes et Etat de guerre (la suite) qui m'attendent depuis des années dans ma bibliothèque.

Présentation

  • : Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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