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26 février 2018 1 26 /02 /février /2018 10:41

Ne sera pas le premier ?

Hervé HUGUEN : Le troisième des deux.

Suite à la défection du juge Gorian, à cause de maladie de cœur, et d’une tentative de suicide de la part de l’inculpé, Alexiane Kerneis-Le Hir, procureure, est obligé de reprendre le dossier Bréval. Or dans ce dossier, de nombreux manques, des lacunes dues aussi bien de la part des gendarmes qui avaient enquêté, du juge qui ne s’était pas impliqué comme il l’aurait dû, voire éventuellement du légiste qui n’aurait pas fait son autopsie à fond.

Adénaïs Bréval, jeune femme de trente ans, avait été découverte sans vie par son mari Léo, trente ans également, qui rentrait de son travail. Infirmier-urgentiste à Saint-Géréon, près d’Ancenis, Léo avait appelé immédiatement les pompiers, puis les gendarmes, puis sa famille et celle de sa femme. Dépressive depuis quelques jours, Adénaïs prenait des anxiolytiques et de prime abord tout ce petit monde, le mari en premier, avait supposé un suicide. Mais il s’est avéré qu’il s’agissait d’un meurtre, une strangulation effectuée avec le foulard qu’elle portait au cou, alors qu’elle était encore en pyjama. Trois jours après, soit une perte de temps préjudiciable pour l’enquête.

Léo avait réfuté la tentative de meurtre, mais depuis il est incarcéré en Maison d’Arrêt. C’était six mois auparavant, et Alexiane demande au commissaire Baron de la DIPJ de reprendre le dossier. Le moment est peut-être mal choisi, car Baron vient de perdre son père, décédé la nuit précédente, lui laissant le soin de prévenir un de ses amis vivant à Paris, un certain Pancrace d’Harcourt.

En compagnie du capitaine Arneke, Baron reprend l’enquête à zéro ou presque, d’après les éléments que lui confie la procureure. La jeune morte avait eu un rapport sexuel deux ou trois jours auparavant, mais la trace d’ADN n’avait pu être exploitée suite à la négligence du juge. Or comme elle avait un amant, tout laisse supposer que c’est lui qui lui avait fait cette offrande.

Donc Baron visite la maison du drame en compagnie des gendarmes qui avaient opérer aux première investigations, se renseigne auprès du commandant du SDIS, dont Léo faisait partie comme volontaire, auprès d’une voisine dont la principale occupation est de regarder par sa fenêtre, auprès de la collègue de travail d’Adenaïs, de l’amant dont la femme est enceinte, et autres vérifications, bref un travail en remonte-pente obligatoire.

Mais, et si un troisième larron s’était invité dans ce drôle de ballet avec danseur interchangeable ? Une piste qu’il ne faut pas négliger et vers laquelle penchent de plus en plus fortement Baron et Arneke.

 

Tout le monde ment, pensent Baron et Arneke, aussi bien les principaux personnages que les protagonistes collatéraux qui peuvent eux aussi devenir des présumés coupables en puissance. Tout le monde a quelque chose à cacher, à moins qu’il ne s’agisse tout simplement que de déclarations déformées, car au fil du temps la mémoire peut jouer de vilains tours. Surtout lorsqu’on est plus ou moins témoin, et qu’un policier demande de narrer les faits qui se sont déroulés plusieurs mois auparavant.

Mais il est navrant également de constater que par la faute, ou la négligence d’un juge, un présumé coupable peut passer plusieurs mois en prison pour des faits qui lui sont reprochés mais pas avérés. Et si le juge n’avait pas eu des problèmes d’artères ou de circulation sanguine, cette affaire se serait-elle enlisée avec un vrai faux coupable sous la main ?

C’est un œil critique que jette Hervé Huguen, avocat de profession, qui connait bien les rouages de la Justice, mais laisse le lecteur réfléchir et se faire sa propre opinion.

Et en filigrane, l’on suit une partie de la vie privée de Baron, avec la mort de son père, et une ouverture éventuelle sur une autre affaire, avec un ami paternel qu’il découvre et qui passe plus ou moins à la trappe à la fin du récit.

A première vue il s’agit d’une banale histoire de cocufiage mais les pistes proposées nous entraînent vers d’autres implications. On ne peut s’empêcher de penser au personnage de Maigret dans une histoire dont l’implication familiale prime et dont la psychologie des personnages est particulièrement fouillée. Et l’élément déclencheur permettant de découvrir la vérité ne vient pas de là où on l’attend. Comme souvent dans la vie réelle.

Hervé HUGUEN : Le troisième des deux. Série Nazer Baron N°12. Editions du Palémon. Parution le 29 septembre 2017. 272 pages. 10,00€.

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commentaires

A
Un ami qui passe trop rapidement à la trappe, tu as raison.
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O
Suite au prochain épisode ?

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