Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
Corsélien : Encore, c'est bien !
Si la collection Angoisse n'avait pas été sabordée en 1974, nul doute que Pascal Marignac, alias Kââ, alias Corsélien, y eut trouvé refuge sans aucun problème et aucune contestation possible, car ses textes sont plus angoissants que Gore, même si pour ne pas déroger à la collection qui a accueilli ses romans il fallait quelques traces de sang et des cadavres démembrés.
Plaçant la plupart du temps ses intrigues dans la campagne profonde, ses textes n'étaient pas dépourvus de l'aspect bucolique que la ruralité mystérieuse engendre, mais ils s'imprégnaient de ce reliquat de superstition qui alimente les contes cruels anciens dans lesquels les animaux tenaient une place prépondérante, sans oublier l'horreur inhérente à ce genre littéraire. Car les contes de Perrault et confrères n'étaient pas si gentillets que ceux que les enfants sont habitués à lire. Ce sont des textes souvent édulcorés sans pourtant être niais.
Dans L'état des plaies, Daniel Riche, le directeur de la collection Gore, débutait sa préface ainsi :
Préface en forme de clin d'œil élitiste et cryptique
L'horreur peut-elle produire du beau ? Une poétique de l'effroi est-elle concevable ? Le Mal, l'Atroce, l'Abject sont-ils radicalement étrangers à "l'humaine condition" ? Forment-ils cette part de nous que la culture a reléguée à jamais dans les latrines de l'inconscient pour donner à l'âme l'illusion d'exister ?
Ou bien... ou bien quoi ?
La Bête indomptée, vorace et carnassière, n'attend-elle qu'un signe pour se manifester ? Est-ce le langage qui l'a rende muette ? Suffit-il de nous taire pour l'entendre à nouveau ?
Lisez ce livre au style âpre et désenchanté. On y parle de la Bête. Et l'on exhibe l'homme, sensuel et cruel, animal et trivial.
Et il termine sa préface par une citation de Lautréamont, extraite des Chants de Maldoror, chant premier :
Plût au ciel que le lecteur, enhardi et devenu monumentalement féroce comme ce qu'il lit, trouve, sans se désorienter, son chemin abrupt et sauvage à travers les marécages désolés de ces pages sombres et pleines de poison.
Ce brave Isidore Ducasse savait-il qu'un jour les textes de Corsélien seraient publiés avec ce que l'on pourrait appeler une prémonition ? Une affabulation du scripteur de cette chronique, qui a beau jeu de vouloir placer une concordance entre ce poète prisé par les Surréalistes et trois romans publiés d'abord dans une petite collection souvent décriée, et qui peuvent devenir des classiques au fil du temps, comme le sont les romans d'horreur et de terreur de Jean Ray et de Robert Bloch, sans oublier Rabelais et son Gargantua qui mangeait les pèlerins en salade.
La Bête évoquée par Daniel Riche, c'est bien sûr le spectre de cette fameuse Bête du Gévaudan qui se retrouve propulsé dans l'imaginaire de Corsélien, lorgnant entre légendes et réalité, dans L'état des plaies, mais c'est également le Grawli ou Graoully, symbole de la ville de Metz, Bête monstrueuse évoquée dans Retour du bal, à Dalstein.
Dans une collection déjantée, destinée à des adolescents friands de scènes fortes et élevés au Massacre à la tronçonneuse, les romans de Corsélien (et de quelques autres auteurs dont Gilles Bergal alias Gibert Gallerne ou Nécrorian alias Jean Mazarin dont les romans sont réédités chez Rivière Blanche)) s'élevaient au dessus d'un lot parfois poussif, souvent intéressant, ou franchement amusant comme les romans d'Eric Verteuil. Et il est juste et bon de rééditer ces textes qui ne se sont pas flétris avec le temps.
Plus une préface de Artikel Unbekannt, une présentation des trois romans par David Didelot, une interview de Corsélien et une nouvelle de Schweinhund.
Vous pouvez retrouver un excellent article de huit pages, signé Artikel Unbekannt, présentant des ouvrages de Kââ/Corsélien dans un numéro spécial de La Tête en Noir :
:: Phenomene J :: La tête en noir / La Tête en Noir N°186.Hors série
LE "KAA" CORSELIEN, un hors-série de la Tête en Noir consacré à Pascal Marignac et proposé par Artikel Unbekannt
http://www.phenomenej.fr/news/la_tete_en/la-tete-en-noir-n-186-hors-serie?&ID=132
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KÂÂ/CORSELIEN : Corps et liens. Volume 2. - Les Lectures de l'Oncle Paul
Corps et liens oui mais pas Cornéliens, quoi que... Ce second opus consacré à Pascal Marignac, plus connu sous les alias de Kââ, de Corsélien et un peu moins de Béhémoth, comporte trois rom...
http://leslecturesdelonclepaul.over-blog.com/2016/12/kaa/corselien-corps-et-liens.volume-2.html
CORSELIEN : Corps et liens. Tome 1. Collection Noire N°89. Editions Rivière Blanche. Parution août 2016. 392 pages. 25,00€.