Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
Hommage à John Sladek né le 15 décembre 1937.
Le spiritisme et le mysticisme ont de tous temps attiré et inspiré les auteurs de romans policiers, à commencer par Conan Doyle lui-même.
Sherlock Holmes ainsi que le Chevalier Dupin, créé par Edgar Allan Poe, sont des détectives repères, des détectives phares et il est de bon ton de s'y référer.
Les histoires de meurtres en chambre close, de meurtres dits impossibles, intéressent d'autant plus le lecteur que le problème proposé parait insoluble alors qu'une fois la solution révélée, une seule phrase vient à l'esprit : Bon sang, mais c'est bien sûr !
L'Aura maléfique de John Sladek contient tous ces éléments propices à l'élaboration d'un bon roman policier, plus quelques autres composantes que je ne vous dévoilerai pas sous peine de vous confier en même temps la clé, ce qui avouez le ôte en grande partie le charme de la découverte et de la lecture.
Autre composante, non pas indispensable mais bienvenue, et que je signale tout de même en passant : l'humour. L'humour léger, subtil, parfois plus ravageur dans le contexte que l'humour à base de jeux de mots, aère le récit, détend le lecteur et la situation parait plus acceptable même si elle est macabre.
Thackeray Phin, le Sherlock Holmes des années 1970, infiltré dans une société spirite va assister à des événements étranges, bizarres et parfois tragiques.
Un homme enfermé dans une salle de bain disparait. Un autre, au cours d'une séance de lévitation, va se rompre le cou. Ces adeptes de la communication avec l'au-delà ne sont-ils que de doux illuminés ou des charlatan avisés ?
Une belle brochette que forment un chanteur pop, une jeune fille ravissante dont la principale occupation consiste à rénover les ongles des pieds, un pasteur débonnaire, un membre sceptique, un vrai médium (il en faut !), une jeune femme comptable qui pense pouvoir corriger sa vision par des exercices musculaires, etc.
Thackeray Phin attrapera-t-il le meurtrier, si meurtrier il y a ?
L'aura, l'aura pas ,
Un véritable régal dû à John Sladek, un auteur méconnu.
John SLADEK : L'aura maléfique (Black Aura - 1974. Traduction de Jean-Paul Gratias). Collection Série 33 N°7. Editions Clancier-Guénaud. 286 pages. Parution avril 1988.