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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 13:40

Il est fort, Knox !

William Patrick MAYNARD : Le destin de Fu Manchu.

Pour paraphraser la publicité d'un célèbre magasin parisien dans les années soixante-dix, il se passe toujours quelque chose dans ce roman. Et cette affirmation est justifiée !

Surchargé de travail, le docteur Petrie est obligé de rester au Caire tandis que Kara, sa femme, Greba, son infirmière et le fiancé de celle-ci Spiridon Simos, un archéologue, sont partis pour Corfou. La cérémonie de mariage entre Spiridon et Greba doit être célébrée sur l'île grecque. Petrie pense à tous les événements qui se sont déroulés durant les années précédentes, la lutte contre Fu-Manchu en compagnie de Nayland Smith, qu'il ne voit plus que de loin en loin. Il est dérangé dans ses rêveries par l'intrusion de trois Dacoits qui l'enlèvent. Lorsqu'il se réveille, après avoir été assommé en bonne et due forme, il se retrouve en présence de...

Pendant ce temps, à Corfou, le professeur Michael Knox, l'assistant de Spiridon, participe au repas dînatoire en compagnie de son maître et des deux jeunes femmes. Il doit diriger les fouilles à Louxor tandis que Spiridon et Greba partiront en voyage de noces. Infatué, il fait la cour à la belle Kara, tout en sachant que celle-ci est mariée, mais elle le rabroue avec tact. De retour à leur hôtel Kara vient de recevoir un télégramme l'avertissant que son mari a été enlevé. La seule solution qui se présente à son esprit est de demander à Nayland Smith de l'aider.

Il est l'heure de se coucher mais pas question de batifoler avant le mariage. Pas de corps fous à Corfou ! Aussi près un petit bisou, Greba intègre sa chambre et Spiridon en profite pour discuter avec Knox. Knox se plaint de Sir Lionel Barton un ami de Nayland Smith, auquel il ne fait pas confiance et qui doit déjà être sur place à Louxor. Il faut dire que Knox a ingurgité un peu trop d'alcool, et rentré dans sa chambre, il pense à Kara. Alors il se lève, s'introduit dans la pièce de la belle et... Elle n'est pas là ! C'est Spiridon qui l'accueille, une arme à la main. Spiridon est manifestement en colère et Knox se laisse enfermé dans un placard. Nouvel arrivant, un nommé Neapolis. Dans son réduit, Knox peut entrevoir les deux hommes mais surtout entendre la conversation au cours de laquelle il est question du Si-Fan, de Notre-Dame du Si-Fan, et autres objets de discussions qui enveniment l'ambiance. Neapolis parti, Spiridon anxieux libère Knox et lui offre deux possibilités : oublier l'incident et continuer son petit bonhomme de chemin ou se montrer imprudent. Knox pense à sa peau, se montre lâche selon l'opinion de Spiridon et peut regagner sa chambre. Et c'est à partir de ce moment que tous les ennuis vont lui tomber dessus comme une avalanche, l'obligeant à fuir et se rendre en plusieurs pays.

William Patrick MAYNARD : Le destin de Fu Manchu.

Il est réveillé par des cris horribles. Spiridon vient d'être grièvement blessé à l'aide d'un Shuriken. C'est ce que lui apprend Neapolis et paniqué Knox s'enfuit. Il parvient à échapper à ses poursuivants et monte dans l'Orient-Express. Il pense enfin être tranquille mais une jeune femme s'installe dans son compartiment. Elle se présente, Helga Graumann, et commence à s'intéresser à lui, lui posant des questions et fumant une cigarette à l'arôme très particulier. Sans s'en apercevoir il s'endort, fait un rêve merveilleux et sans s'en rendre compte détaillet sa vie, son œuvre, ses fouilles Louxouriantes à Helga et lorsqu'il se réveille, il est seul dans le compartiment. Déambulant dans le couloir afin de satisfaire un besoin naturel il se heurte à une gamine qui dit se prénommer Margarita et l'emmène dans son compartiment, à la recherche de sa mère, qui n'est autre que Helga Graumann, laquelle déclare ne pas le connaître. Margarita se transforme en vilain petit être, en nabot grimaçant, qui veut absolument lui enfoncer une aiguille empoisonnée. Knox court, grimpe sur le toit du wagon sur lequel un individu arrivé par autogire le récupère.

Il s'agit de Nayland Smith qui lui apprend que Helga Graumann s'appelle aussi, selon les jours et les circonstances, Koreani ou Fah lo Suee et est la fille de Fu-Manchu. Bon sang ne saurait mentir !

Les aventures et mésaventures de Knox vont s'enchaîner sur un rythme infernal, retrouvant sa sœur, brillante zoologiste installée en Abyssinie, se frottant à un gorille appelé Monkey et à l'aspect vindicatif, puis toujours en compagnie de Nayland Smith se retrouvera à Munich, lors de la fameuse conférence de septembre 1938, conférence à laquelle participent Daladier et Chamberlain d'un côté, Hitler et ses séides de l'autre. Avec le résultat que l'on connait. Episode qui est passé inaperçu de la plupart des historiens, c'est le lâcher de papillons semant la mort dans la cité bavaroise.

 

Sans vouloir faire un mauvais jeu de mots, si quand même un peu, cette histoire mettant en scène le fameux Chinois Fu-Manchu est totalement débridée. Et William Patrick Maynard profite de l'absence de réglementation de la vitesse pour dérouler son intrigue à fond les gamelles. Et des gamelles nos héros ne vont pas manquer d'en rencontrer au cours de leurs périples transportant les protagonistes, et les lecteurs, de Grèce en Egypte à la recherche de la chambre mortuaire d'une reine égyptienne, d'Abyssinie en Europe, avec en toile de fond les prémices de la Seconde Guerre Mondiale.

Si le docteur Petrie n'apparait que fugitivement dans ce roman, le rôle principal est dévolu à un nouvel héros, le professeur Knox. Mais tous deux narrent l'histoire à la première personne du singulier. Knox ne se présente pas à son avantage au début du récit. C'est un individu poseur, vaniteux, superficiel, quelque peu lâche, qui n'hésite pas à draguer les femmes mariées et à déclarer à un chauffeur de taxi : Les femmes, vois-tu, sont comme des taxis. Il y en a beaucoup à prendre, et les meilleurs sont ceux qui font les trajets le plus rapidement.

Mais les événements vont l'obliger à se transcender, aidé toutefois par Nayland Smith et de plus au fur et à mesure du déroulement du récit le lecteur en apprend un peu plus sur Knox, sa sœur, et les failles qui ont marqué leur jeunesse.

 

L'antagonisme en Nayland Smith et Fu-Manchu est toujours vivace et les agissements du maître du Si-Fan toujours aussi délétères. Mais le rôle de sa fille, quelque soit le nom dont elle s'affuble selon les circonstances, n'est pas négligeable non plus. Elle fait une leçon de comportement envers Knox, justifiant ses actes ainsi : Il n'y a pas de loi à suivre, ni celle du bien ni celle du mal. Vous autres occidentaux, vous êtes tellement rigides dans votre manière de penser qu'il est bien surprenant que votre civilisation n'ait pas déjà été anéantie, emportée par votre incapacité à vous adapter aux constants mouvements de notre monde.

Ce sera le mot de la fin, ou presque. Fu-Manchu se fait vieux et il n'est pas impossible que l'on retrouve sa fille et le professeur Knox, avec toujours en héros récurrent Nayland Smith, dans de nouvelles aventures.

 

William Patrick MAYNARD : Le destin de Fu Manchu. Traduction de Martine Blond. Collection Noire N°66. Parution 2014. 336 pages. 20,00€.

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