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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 14:19

Comme disait ma grand-mère, qui avait eu plusieurs amants avant de se marier avec mon grand-père : il ne faut pas rester sur une mauvaise impression...

Joseph INCARDONA : Aller simple pour Nomad Island.

Etant docile et curieux, j'ai donc ouvert et commencé à lire ce roman de Jospeh Incardona malgré ma déception à la lecture de Trash Circus il y a quelques temps. Déception d'autant plus grande que bon nombre d'amis blogueurs n'avaient pas tari d'éloge à son encontre. Aller simple pour Nomad Island allait-il me faire changer d'avis ?

 

Alors qu'elle compulse sur Internet un catalogue d'un club de vacances, Iris reçoit par mail un message énigmatique et tentateur :

Oubliez que vous avez des vacances

L'île de vos rêves vous aime déjà

Nomad Island Resort.

 

Et c'est comme ça qu'après avoir convaincu son mari Paul, sans réelle difficulté, que la petite famille Jensen s'envole de Genève pour cette fameuse île paradisiaque. Sur le papier.

Iris et Paul sont les parents de Lou, une gamine d'un peu plus de quatorze ans, épanouie corporellement, un peu trop peut-être car ses hormones la travaillent, et qui s'émancipe en employant entre autres des vulgarités dont se passeraient bien les oreilles de son père. Stan est quatre ans plus jeune, plus chétif, plus maussade, plus tranquille. Mais avec son géniteur il s'entend bien. Paul est banquier et depuis quelques temps participe au conseil d'administration de l'établissement bancaire. Il n'est donc pas dans le besoin. Quant à Iris, elle est depuis un an braque, susceptible, un mauvais caractère consécutif à une fausse-couche. Déjà qu'ils avaient dû recourir à procréation assistée... Bref ce voyage devrait leur apporter de la sérénité dans leurs relations.

L'arrivée sur Nomad Island Resort n'est guère propice à la détente. Le petit Cessna qui les a transporté se pose sur le tarmac mais personne n'est là pour les accueillir. Ils se retrouvent seuls, le pilote étant déjà reparti pour d'autres occupations. Le téléphone ne capte pas, ils se sentent coupés du monde. Enfin une sorte de sumo au sexe indéfinissable répondant au nom d'Ulita daigne les récupérer, eux et leurs bagages, à bord d'un pick-up déglingué. Le retard serait dû à un problème de circulation. Le trajet jusqu'à l'hôtel, pardon le Resort, se déroule cahin-caha. Stan s'étouffe en avalant une friandise, sur la route une tortue géante leur bouche le passage et ils manquent aller au fossé, enfin lorsqu'ils arrivent en vue du camp Paul est quelque peu interloqué. Un haut portail électrifié et une guérite en protègent l'accès, des grillages entourent la propriété, et il faut s'annoncer afin que les vantaux s'ouvrent. Selon Ulita ces précautions sont destinées à les protéger du gibier.

Enfin ils peuvent s'installer dans le bungalow qui leur est alloué. Nouvelles déceptions. Le réfrigérateur est vide et leurs plateaux repas ne leur sont pas livrés. Il ne leur reste plus qu'une chose à faire : se coucher. Dans la nuit Paul se réveille assoiffé. Comme le frigo est toujours désespérément vide, il veut se rafraichir aux robinets. Mais l'eau est coupée. Heureusement dans le sac de Lou il découvre une bouteille salvatrice. Et se rendant dans la chambre de Stan, Paul aperçoit son gamin debout devant la fenêtre, le regard absent. Stan a vu comme des fantômes devant la véranda. Mais il n'y plus personne.

Le lendemain tout revient à la normale ou presque. Si le téléphone est toujours coupé, le ravitaillement est normalement servi. Paul décide de compenser la frustration nocturne par une promenade en grandes foulées le long du lagon, puis dans le sous-bois jusqu'aux grillages. C'est alors qu'il se rend compte que le haut des grilles est retourné vers l'intérieur, comme si les résidents pensaient à s'évader et qu'il fallait les en dissuader.

Péniblement la famille Jensen s'intègre parmi les Résidents. Stan joue avec deux autres gamins de son âge, une fillette dont l'un des membres supérieurs est atrpohié et un garçonnet obèse. Lou sort avec deux adolescentes qui comme elle ont des visées sur Mike, le responsable de l'endroit pendant l'absence du directeur. Iris passe son temps avec de belles et sculpturales jeunes femmes, tandis que Paul cherche à combiner un moyen d'évasion. Quant aux gentils organisateurs, ils sont plus ou moins aimable, selon les circonstances.

 

Une histoire atypique qui pourrait osciller entre la série télévisée Le Prisonnier et celle plus onirique de L'île fantastique. Un huis-clos qui devient étouffant, sanguinolent même, car enfin au bout d'une année Iris à ses règles. Des règles de vie elle en a toujours eues, mais là il s'agit de ses menstrues, une période difficile à passer mais c'est peut-être justement ce manque qui la rendait acariâtre.

Roman déboussolant, on sait juste que Nomad Island Resort se trouve dans l'Océan Indien, et l'on se demande jusqu'où l'auteur va nous mener en bateau. Le final est à la hauteur de l'intrigue et ne tombe pas à l'eau.

Bref, examen de passage réussi cette-fois, et maintenant il ne me reste plus qu'à attendre sagement le prochain titre de Joseph Incardonna.

Joseph INCARDONA : Aller simple pour Nomad Island. Le Seuil Policiers. Parution le 6 novembre 2014. 268 pages. 19,00€.

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commentaires

Claude LE NOCHER 21/01/2015 17:23

Tu vois bien, mon cher Paul, que Joseph Incardona a fini par te convaincre. Malgré une ambiance sacrément déroutante, en effet ! Amitiés.

Oncle Paul 22/01/2015 15:32

Pour être définitivement convaincu, mon cher Claude, il me faudra lire un autre roman de Joseph Incardona mais disons que celui-ci m'a agréablement surpris.
Amitiés

Alex-Mot-à-Mots 21/01/2015 14:22

Les histoires se déroulant dans les îles réveillent mon côté claustrophobe.

Oncle Paul 21/01/2015 16:31

Je te comprends Alex, mais il faut prévoir son billet de retour !

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