Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 16:47

Une théorie héliocentrique...

Henri LOEVENBRUCK : Le syndrome Copernic.

A 08h08, un 8 août, trois bombes explosent, détruisant une des tours de la Grande Arche de la Défense.

Atteint de schizophrénie paranoïde aiguë, Vigo Ravel se rend à son rendez-vous habituel avec son psychiatre, le docteur Guillaume, dont le cabinet est situé au 44e étage. Au moment de monter dans l’ascenseur, des voix se manifestent dans sa tête. Il souffre d’hallucinations auditives verbales et ce qu’il entend l’incite à prendre ses jambes à son cou. Unique rescapé de la catastrophe, il s’enfuit et se cloître chez lui.

Ses parents sont absents, en vacances, et hébété il tente de comprendre, anéanti devant le téléviseur. Il ne retourne pas travailler à la société Feuerberg, un emploi que lui avait procuré son psychiatre. En réalité il se rend compte qu’il vivait en marge de ses parents, et qu’il est atteint d’amnésie depuis des années. Il a 36 ans et ne sait rien de sa jeunesse, de son adolescence.

Il décide de jeter ses médicaments et retourne sur les lieux du drame, il se heurte à un mur. Le cabinet Mater et le docteur Guillaume n’existent pas. La tour est la propriété d’une société, la SEAM, d’armement laquelle est chapeautée par une autre société complexe la Dermod. Des hommes le pourchassent et lorsqu’il rentre chez lui, tout est dévalisé. Il se réfugie dans un hôtel puis décide de consulter une psychologue afin de savoir s’il est réellement malade de schizophrénie. Il fait la connaissance d’une jeune femme Agnès, atteinte d’une déprime passagère. Il reçoit un message énigmatique d’un dénommé SpHiNx, lui déclarant que non seulement il ne s’appelle pas Vigo Ravel et qu’il n’est pas malade, mais de plus il doit trouver le Protocole 88.

Les événements s’enchaînent. Prévenu par SpHiNx, une sorte de hacker, il quitte précipitamment son hôtel et se réfugie chez Agnès. La jeune femme est flic, ce qui lui permet de se procurer des informations précieuses, et vit mal sa séparation conjugale. et l’appartement de la jeune femme est perquisitionné. La société Feuerberg n’existe plus, ses parents ne sont pas ses parents. Ravel se met alors à accomplir des actes qu’il ne pensait pas pouvoir réaliser, comme conduire une voiture, se défendre au corps à corps, courir comme un dératé.

Un individu nommé Gérard Reynald, soupçonné d’être l’auteur de l’attentat est arrêté et Ravel tente de contacter son avocat. Celui-ci accepte de le rencontrer mais au lieu de rendez-vous c’est une tierce personne qui l’accueille dans un nouveau piège auquel Vigo échappe. Agnès doit partir et Vigo se retrouve seul avec cependant une piste. Un lieu de résidence de Reynald à Nice.

 

Le syndrome Copernic flirte entre thriller, politique-fiction et fantastique tant l’atmosphère induite dans ce roman par Henri Loevenbruck place le lecteur dans un état de tension, de peur, d’angoisse, autant par les avatars subis par le héros que par les faits décrits.

On se prend à se demander où réside la part d’imagination de l’auteur, où la réalité peut dépasser la fiction, la précéder, peut-être empiéter sur des machinations déjà existantes mais ignorées car dissimulées par des secrets monstrueux. Et le propre d’un roman réussi c’est justement ce pouvoir faire croire au lecteur que ce qu’il lit s’est réellement passé, va se dérouler, que toute la machine patiemment élaborée est prête à broyer inexorablement.

Heureusement Henri Loevenbruck nous délivre un épilogue qui se révèle moral, et peut entretenir des espoirs dans l’esprit d’entreprise de Robin des Bois modernes contre les agissements d’illuminés. Mais c’est parfois lorsqu’il est trop tard que l’on s’aperçoit des déviances. Henri Loevenbruck avait placé la barre très haut, il a réussi son pari avec brio. On retrouvera aussi dans ce roman une des passions de l’auteur, juste en filigrane, le loup. Le héros en effet arbore le tatouage d’un loup et son surnom dans une vie antérieure était Luppo, le loup.

Henri LOEVENBRUCK : Le syndrome Copernic. Première édition Flammarion 2007. Réédition J’ai Lu 8550. Parution 18 janvier 2008. 512 pages. 8,00€.

Partager cet article
Repost0

commentaires

L
Le rasoir d'Ockham ne m'avait pas fait grande impression. Celui-là semble de la même mouture.<br /> Le Papou
Répondre
O
Bonsoir Papou<br /> N'ayant pas lu le rasoir d'Ockam, je ne peux comparer, mais je peux t'affirmer que celui-ci n'est pas rasoir... Bonne année<br /> Amitiés

Présentation

  • : Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
  • Contact

Recherche

Sites et bons coins remarquables