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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 15:44

La Tulipe noire, c'est pas mal non plus...

James ELLROY : Le Dahlia noir.

En 1987, exactement le 17 octobre, alors que le festival du roman policier avait quitté Reims qui l'avait vu naître, pour s'installer à Grenoble le temps d'un week-end, Michel Lebrun faisait cette déclaration dans Libération :

James Ellroy, l'enfant du malheur, pratique en écrivant son propre exorcisme, ce qui est l'apanage des très grands romanciers. Oui, un astre blême vient de se lever dans la nuit de Polarland, qui risque bougrement d'influencer les marées noires. Des écrivains comme ça, dans le roman noir, on en découvre un tous les dix ans, pas plus.

En trois ans, James Ellroy s'était imposé en France, non pas comme écrivain de romans policiers mais comme écrivain tout court avec des titres comme Lune sanglante, La colline aux suicidés, ou encore A cause de la nuit, avant que paraisse Le Dahlia noir. Un être déchiré, écorché, obsédé par le passé, passé historique et passé personnel, qui hurle à la lune pour se débarrasser de toutes les scories de son enfance.

En revisitant Los Angeles, la Ville des Anges, qui porte bien mal son nom, James Ellroy exorcise ses démons. Le Dahlia noir relate le meurtre d'une jeune fille de vingt-deux ans, Betty Short, dont le corps nu et mutilé est découvert le 15 janvier 1947 dans un terrain vague. Un meurtre, une énigme jamais résolus. A rapprocher de l'assassinat de la mère d'Ellroy, alors qu'il n'avait que dix ans et passait un week-end chez son père. Ses parents étaient divorcés et s'établit la seconde fracture dans la vie d'Ellroy. Il deviendra voyou, alcoolique et réussira à s'en sortir grâce à l'écriture.

Aujourd'hui, Ellroy tient une éclatante revanche sur la vie, mais s'est-il vraiment remis de ses avatars ? Les éditions Rivages, qui doivent beaucoup à James Ellroy, qui entre parenthèses est beaucoup plus connu en France que chez lui aux USA, viennent de rééditer Le Dahlia Noir dans une collection Collector. Après avoir été publié en Grand Format, ce roman avait bénéficié d'une réédition format Poche dans la Collection Rivages/Noir sous le numéro 100, cent pour sang.

James ELLROY : Le Dahlia noir.

James ELLROY : Le Dahlia noir. Traduction de Freddy Michalsky. Première édition Mai 1988. Réédition Rivages Noir Collector. Parution le 19novembre 2014. 560 pages. 10,00€.

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commentaires

A
Un roman que j'avais trouvé trop daté à mon goût.
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O
Je ne vois pas ce que tu veux dire par là Alex.<br /> Certaines histoires prenant leur origine dans un fait divers réel ne peut qu'être traité dans le contexte et à la date où cet épisode s'est déroulé. Ainsi lorsqu'un romancier met en scène Jack l’Éventreur, il ne peut placer son intrigue que dans l'année 1888 et les suivantes. Sauf à utiliser des artifices comme Michel Moatti pour Retour à WhiteChapel, mais le fond historique reste le même. A moins que tu parles de l'écriture d'Ellroy... Là c'est autre chose...<br /> Amitiés
P
Salut Paul, mon roman préféré de tous les temps, ce Dahlia noir qui plus de vingt ans après, me hante encore. Très fort, trop fort, un chef d’œuvre pour moi ! Amitiés
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O
Bonjour Pierre<br /> Après avoir lu A cause la nuit et La colline aux suicidés, et celui-ci, je me suis arrêté. Ellroy n'entre pas dans les goûts. D'ailleurs c'est un auteur qui divise beaucoup, mais comme on dit, chacun ses coups et ses douleurs<br /> Amitiés

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  • : Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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