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29 octobre 2018 1 29 /10 /octobre /2018 05:42

Alice, ton pays aux merveilles n'existe plus…

Alice au pluriel. Recueil de 14 nouvelles concocté par Corinne Chollat.

Distillant le fantastique et le traditionnel, revisitant quelques romans célèbres, s’ancrant dans le banal quotidien ou jouant sur l’épilogue à rebond, ce recueil est un véritable patchwork dont le thème récurrent est le prénom féminin d’Alice, sauf le texte de Maupassant où l’héroïne préserve son identité.

Et comme dans tout patchwork, le bon et le moins bon se côtoient. Soit dans le choix de l’idée, soit dans son exploitation, le thème étant trop élastique pour exiger une cohérence. Pourtant l’idée était intéressante et les auteurs pressentis en général des habitués de la littérature dite de genre. Mais l’un ne compense pas l’autre.

L’on pourra regretter l’absence d’introduction de la part de la compilatrice ainsi que d’un dictionnaire des auteurs, même si certains d’entre eux n’ont guère besoin de présentation.

 

Serge Quadruppani : Alice à Palerme. Un écrivain de polars se lance sur les traces d’Alice, une jeune femme connue quelques jours plus tôt. Il pense la retrouver sous les traits d’une adolescente. Le frère d’icelle l’abat, le prenant pour un pédophile, avec un revolver qu’il reconnaît comme la propriété d’Alice.

 

Pascal Garnier : Lyon, “ La Tête d’or ”. Mariée depuis quatre ans, Alice annonce à sa famille qu’elle est enceinte. Un mensonge. La mère d’Alice reprochait à sa fille d’être stérile tout en lui brossant un tableau noir de l’accouchement. A la faveur d’un mouvement de foule dans un zoo, Alice s’empare d’un landau et du bébé.

 

Marie-Claire Boucault : Dead line, Alicia. Une gitane annonce à Alicia que selon sa ligne de vie, elle devrait mourir dans un avenir proche. Très proche. Elle devrait même être décédée, mais peut-être s’est-elle trompée. Alicia est rassurée mais le lendemain elle apprend que dans la clinique où elle a subi une opération bénigne les instruments chirurgicaux n’ont pas été stérilisés et qu’elle est atteinte d’une maladie mortelle.

 

Frédéric H. Fajardie : Adieu Alice, adieu sweatheart. Dans les années 1720, un naufragé est sauvé par un gorille femelle. Lorsque le capitaine d’un bateau veut le prendre à son bord, le naufragé refuse, préférant rester avec celle qu’il a baptisé Alice.

 

Philippe Cariou : Cache-cache. Une mère et son fils jouent à cache-cache dans leur appartement. Mais le fils n’est-il que le fruit de l’imagination de la femme ?

 

Jules Sion : La stratégie du homard. La rupture entre Alice et L.C. est consommée par une claque assenée avec force par l’homme. Alice est affalée contre le mur, ensanglantée. Alice avait une sœur jumelle perdue dans sa jeunesse et élevée une araignée noire. Quelques jours plus tard L.C. retourne chez Alice. Une jeune femme le reçoit, ressemblant étrangement à Alice, et portant le même prénom. Elle est brune et l’araignée représentée sur un tableau dans l’appartement a disparu.

 

Jean-François Merle : Nous nous connaissons maintenant de longue date. Le narrateur a kidnappé une gamine. Il espère obtenir une rançon conséquente. Mais cette supposée gosse de riche n’est que la fille de la femme de ménage et n’a pas de père. Le ravisseur se propose pour remplacer le géniteur.

 

Jacques Vallet : Une vraie femme. Alice a vingt trois ans, est sculpteur et vierge. Entre Julien, quadragénaire malingre, et elle, c’est le coup de foudre. Julien est marié et persuade Alice de rencontrer sa femme. L’épouse se moque de l’amante. Alice avoue au commissaire avoir tué et découpé la mère et l’enfant afin de démontrer qu’elle était une vraie femme.

 

Joseph Bialot : Le mille-pattes, la belle-mère et quatre cents chevaux. Chris a retapé un camion afin de participer au 24 heures du Mans. Alice chargée de surveiller le véhicule s’endort dans la cabine. Lorsqu’elle se réveille un inconnu conduit l’engin et le charge de caisses suspectes. Grâce à la C.B. et l’entraide entre routiers (sympas), tout rentre dans l’ordre et Chris peut participer à la course.

 

Roland C. Wagner : L’autre Alice. Alice est étudiante, l’autre Alice aussi. L’une est sage et réservée, l’autre son contraire. Lors d’une boum organisée chez Alice 1, l’ami d’Alice 2, Manu, se shoote et reste sur le carreau. Panique générale et Alice 1 se retrouve seule. Elle ne peut se débarrasser du cadavre. Le lendemain matin, Manu est sorti de son coma. Cet événement permet à Alice 1 de rayer son double.

 

Alexandre Dumal : Alice au pays des Vermeils. Lui est S.D.F., un mode de vie qu’il a choisi. Célia vient de quitter son amant. Ils font connaissance sur une plage. Un ivrogne les invective et meurt poignardé dans la rixe qui les oppose. Les deux compagnons décident de prendre la fuite. La gare est cernée par les policiers et le S.D.F. apprend en lisant les journaux que Célia, Alice en réalité, vient de tuer la doyenne de l’humanité, une euthanasie pratiquée sur sa trisaïeule.

 

Dorothée Letessier : Et que je ne vous revoie plus. Après quelques années d’absence, Alice déboule dans le foyer de Thomas et d’Anne-Laure, qui fut sa meilleure amie. Elle accuse Thomas de l’avoir violée cinq ans auparavant. Anne-Laure décide de quitter l’appartement conjugal en compagnie d’Alice. Sur le trottoir un pot de fleurs rencontre accidentellement la tête d’Alice. Selon l’enquête qui s’ensuit, Alice passait par hasard.

 

Thomas Lescure : La main de Lewis dans la culotte d’Alice. Charles Dodgson, alias Lewis Carroll, est invité à déjeuner chez les parents d’Alice. Sir Edgar, procureur de la Reine, ne prend pas de gants pour insinuer qu’entre Alice et Lewis…. D’ailleurs une robe appartenant à Alice est découverte près de l’étang, ainsi qu’un appareil photo, propriété de Lewis. Alice survient, habillée de pied en cap, chassant les inquiétudes de ses parents. Dans l’intimité Alice se montre nettement plus audacieuse que son âge ne le laisserait supposer.

 

Guy de Maupassant : La chevelure. Le narrateur prend connaissance d’un cahier écrit par un aliéné : celui-ci a découvert dans le tiroir secret d’un meuble une chevelure appartenant à une morte anonyme. Il est devenu fol amoureux de cette inconnue.

 

Alice au pluriel. Recueil de 14 nouvelles concocté par Corinne Chollat. Collection Fleuve Noir crime N°44. Editions Fleuve Noir ? Parution le 8 juin 1998. 254 pages.

ISBN : 978-2265063938

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  • : Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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