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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 12:40

Bon anniversaire à Bill Pronzini, né le 13 avril 1943.

Bill PRONZINI : Longue est la nuit.

La passion de Nick Hendrickx, ce sont les grandes balades solitaires et nocturnes à bord d’une automobile. Et cela lui permet, non pas d’oublier sa douleur, mais de la canaliser pour un certain temps.

Il pense sans cesse à Annalisa, sa femme, qui renversée par un chauffard à Denver, oscille depuis entre la vie et la mort.

Muni d’une photo, un portrait robot qu’il a fait plastifier pour ne pas trop l’esquinter, il est recherche l’homme qui a brisé sa vie.

Il pense le reconnaître lorsqu’il croise Cam, directeur d’une entreprise prospère, marié et père de deux charmantes gamines, qui est taraudé par un souvenir d’enfance. Nick peaufine sa vengeance, il attend la date propice.

 

Créateur du célèbre Nameless dans les années soixante-dix, Bill Pronzini nous livre un roman haletant, angoissant démontant avec brio les problèmes psychologiques de Nick et de Cam.

Les cauchemars qui les hantent se dessinent peu à peu, prennent corps, prêts à éclater comme des bulles de chewing-gum.

L’épilogue, apocalyptique, est une fin ouverte et permettra à l’un des protagonistes de trouver enfin la paix.

 

Bill PRONZINI : Longue est la nuit. Traduction de Paul Couturiau. Collection Thriller. Editions du Rocher. Parution 31 mars 2002. 236 pages. 19,30€.

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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 08:09

Bon anniversaire à Gérard Delteil né le 11 avril 1939.

Gérard DELTEIL : L’inondation.

Depuis plusieurs jours des trombes d’eau se déversent Paris et la région Ile de France. Un déluge inquiétant, car les inondations se précisent et la population commence à s’inquiéter.

Les services techniques, les services de prévention des crues, la préfecture de région, l’EDF, la RATP, sont débordés, malgré les plans de prévention mis en place. Dans cet affolement général, certains se frottent les mains, n’hésitant pas à mouiller la chemise.

Ainsi Charles Raquet, truand notoire, envisage de dévaliser une célèbre bijouterie de la place Vendôme. L’idée est simple : il suffit de plonger dans la place inondée, de s’introduire et de rafler bijoux et joyaux. Aucun risque du côté des alarmes qui privées d’électricité seront inopérantes.

La Secte du Temple de la Science Mentale, créée par l’idéologue Norbert Bradduh (cela ne vous rappelle rien ?) supervisée pour la capitale par Brignac, un petit homme falot, entend bien elle aussi tirer profit de cette catastrophe immanente. D’ailleurs Sarah Brandt, l’une des exaltées de la secte, enfonce le clou en citant un passage des écrits de Bradduh : “ Le jour où les quatre fleuves entreront en crue, l’Apocalypse sera proche… ”.

L’Oise, la Marne, et l’Yonne ne sont que des fleuves mais il existe toujours une part d’approximation dans les prédictions. Mais sait-elle Sarah qu’elle est manipulée par un homme résidant en Suisse ? Un homme qui envisage même, afin de parvenir à ses fins, de faire monter l’eau un peu plus si l’inondation ne suffit pas.

Sarah Brandt suit à la lettre les consignes ainsi que d’autres membres de la secte. Ainsi quatre barrages en amont de Paris sont dynamités. Comme il n’y a pas de petits profits, des plaisantins avides subtilisent dans un entrepôt de la banlieue parisienne des parpaings et des matériaux de construction destinés à construire ou renforcer les digues. Alain Collard, responsable à Europe Télécom, est chargé par son patron d’en négocier le rachat, cinq fois au moins le prix de leur valeur.

Et pas question de payer en liquide, l’argent doit être viré sur des comptes étrangers, dans des pays peu scrupuleux de connaître la provenance des fonds. Deux flics des R .G. enquêtent, l’un sur Sarah Brandt dénoncée comme dangereuse par Brignac, l’autre sur Collard, supposé être à l’origine du vol. Pendant ce temps la Protection civile tente d’aider les particuliers à survivre, à les aider à fuir leurs appartements menacés par les eaux, à réconforter et à soigner.

 

Gérard Delteil, dans ce roman qui a été publié en 2005 sous le titre 2011, et dont le titre de cette présente réédition est nettement plus explicite, nous entraîne dans une fiction proche qui pourrait très bien survenir, dans un avenir indéfini mais inéluctable si rien n’est concrètement réalisé, si personne ne prend conscience des dangers, si rien n’est fait pour endiguer les risques.

Nous sommes tous conscients que sans électricité, nous nous trouvons démunis dès la plus petite interférence des éléments naturels. Pour quoi que ce soit, nous sommes dépendants. Même si les usines, les hôpitaux, les immeubles, les administrations sont équipées de groupes électrogènes.

Et Gérard Delteil montre du doigt tous les dysfonctionnements qui existent dans l’emplacement de ces groupes qui deviennent inopérants parce que placés par exemple au quatrième sous-sol des immeubles, à la merci des infiltrations par capillarité. Sans électricité, plus d’ascenseurs, plus de téléphones portables, à cause des batteries non rechargées, plus de radio, plus de télévision, plus de chauffage, même à fuel puisque l’allumage est électrique, et j’en passe.

Le captage des eaux, le ramassage des ordures, pour ne citer qu’eux sont également perturbés, et la rue devient le domaine rêvé des rats. Et il ne faut pas oublier l’influence de l’idéologie négative des sectes. Un roman qui devrait être mis entre les mains de tous ceux qui à un échelon ou un autre détiennent les rênes de la société : hauts fonctionnaires, administrations, pouvoirs publics de plus en plus privés.

Première édition 2011. Editions de l'Archipel. Parution janvier 2005.

Première édition 2011. Editions de l'Archipel. Parution janvier 2005.

Gérard DELTEIL : L’inondation. Archipoche n° 85. Parution janvier 2009. 464 pages. 8,65€.

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8 avril 2017 6 08 /04 /avril /2017 13:17

N'est pas celui des appas rances...

Muriel MOURGUE : Le jeu des apparences.

Installée en Normandie et ayant acquis une renommée comme romancière-graphiste, Angie Werther pensait couler des jours heureux, loin des problèmes politiques.

Seulement Luc Malherbe, le responsable de la Sécurité auprès de la présidente française Rose Leprince, surnommée la Princesse, lui téléphone, lui demandant de lui rendre un petit service. Clara, son amour de jeunesse est décédée accidentellement à Lisbonne. Accidentellement, rien n'est moins sûr, et c'est pour cela qu'il se permet de requérir l'aide d'Angie, la sortant de sa retraite volontaire. Elle doit vérifier sur place, s'il ne s'agirait pas d'un attentat, on ne sait jamais, ou d'un suicide et dans ce cas pourquoi.

Nous sommes en 2026, comme le temps passe, et l'Europe Unie doit élire un nouveau président, l'actuel ne désirant pas poursuivre ses fonctions. En lice, les présidentes de l'Allemagne et de la France. Et Rose Leprince essaie de tout faire pour convaincre de ses capacités à diriger L'Europe, toujours Unie.

Dans quelques semaines, un vol spatial habité s'élancera vers la planète rouge, le 25 décembre exactement, quittant la base de Kourou en Guyane. Une grande première qu'il ne faut pas rater, le prestige étant en jeu. Or un agent infiltré en Guyane vient d'être assassiné, et la mission projetée pourrait en pâtir. C'est Gervaise Gerson, la responsable sécurité pour la partie outremer qui en a informé Luc Malherbe, et elle prend cet assassinat au sérieux. D'autant que peu après c'est le corps d'une femme qui est découvert, démembré et étêté. Sûrement afin de retarder l'identification au maximum de la victime.

Angie Werther se rend à Lisbonne, découvrant la ville, et la librairie que tenait Clara associée avec Pythagore Luna, un homme qui lit continuellement son journal et ne semble guère intéressé par la vie des livres. Au contraire de Joanna, la vendeuse et amie de Clara qui s'implique dans la bonne marche de la boutique et organise des soirées lectures suivies par quelques fidèles.

Luc Malherbe a bien fait les choses. La chambre d'hôtel a été réservée et elle travaillera en binôme avec Alex, un spécialiste de l'informatique qui ausculte les entrailles des ordinateurs et voyage dans Internet avec jouissance. Tandis qu'Angie et son compère Alex effectuent des recherches sur les enregistrements vidéo le moment où Clara a chuté sur le bitume, sa face effacée, sa figure défigurée, ou s'intéressent à la vie et aux habitués de la librairie, que Gervaise Gerson cherche à comprendre les événements mortifères qui se produisent en Guyane, Luc Malherbe tient les rênes de la sécurité tout en déplorant le comportement bizarre qu'affiche la Princesse depuis quelques temps..

Peut-être cela provient-il de l'enjeu que représentent les élections à l'échelon européen et l'avenir de la présidente française à la tête de l'Europe Unie, ou le prochain voyage dans une navette habitée vers Mars.

 

Avec cette nouvelle aventure d'Angie Werther, Muriel Mourgue nous entraîne dans un roman de politique fiction mâtinée d'aventures se déroulant à Paris, Lisbonne et Cayenne, des lieux emblématiques pour nombre d'auteurs actuels - voir notamment L'exil des mécréants de Tito Topin -  avec des projections qui ne sont pas si farfelues que cela pourrait laisser supposer.

Muriel Mourgue monte habilement son intrigue, même si lecteur peut légitiment prévoir une partie de l'épilogue, dans une histoire qui comporte plusieurs entrées qui finiront par se rejoindre.

Et j'ai été agréablement surpris à cette lecture, même si l'anticipation politique proche ne m'accroche pas trop, car souvent en vieillissant l'on se rend compte que les événements prévus ne se produisent pas, heureusement dans la plupart des cas ! Je préfère l'ambiance des années 50, avec son personnage de Thelma Vermont. Peut-être parce que je ne veux pas vieillir !

 

Muriel MOURGUE : Le jeu des apparences. Collection Rouge. Editions Ex Aequo. Parution le 31 mars 2017. 164 pages. 14,00€. Version numérique : 3,99€.

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6 avril 2017 4 06 /04 /avril /2017 05:33

Athées moi d'un doute...

Tito TOPIN : L'exil des mécréants.

Lorsque les Etats-Unis, l'Arabie Saoudite et Israël se coalisent pour décréter que les non-pratiquants d'une religion monothéiste seraient désignés à la vindicte des religieux, prônant que seule la Foi dominerait le monde, remplaçant les gouvernements laïques, voici ce que cela pourrait donner.

Et les mécréants, les athées, partent en masse, s'enfuient en de longues cohortes, s'exilent, reproduisant un exode de sinistre mémoire.

Aux abords de la gare, la foule immense se presse pour tenter de partir à bord du train à destination du Sud. Parmi ces voyageurs potentiels, Boris, vêtu en clergyman, parvient à monter dans le wagon muni de son billet et à trouver une place de libre.

Boris est recherché par les policiers suite, entre autres, à des articles qu'il a écrit et notamment des dénonciations de prêtres pédophiles, ou sur le caractère sanglant des conquêtes du prophète Mahomet, et naturellement cela n'a pas plu au nouveau gouvernement dirigé par des religieux, et plus particulièrement un évêque actuellement ministre et autres représentants de religions admises. Ce qui explique son déguisement et sa nouvelle identité, désormais il se prénomme William, ce qui ne veut pas dire que c'est une bonne poire, et il possède en outre un passeport pour son amie Soledad qu'il doit rejoindre à Avignon.

Boris est installé près d'une jeune femme enceinte, et lorsqu'un policier, ou un douanier, leur demande leurs papiers, Boris prétend que la parturiente est sa femme. La photo sur la pièce d'identité n'est guère ressemblante mais un léger incident détourne l'attention du policier, ou du douanier.

Elle se nomme Anissa, et au début la fille-mère est réticente, très réticente même, mais les événements et la force de persuasion de Boris opèrent une inversion dans sa décision de voyager seule et que la proximité d'un membre du clergé ne peut que lui être profitable et salvatrice. Boris lui propose de descendre à Avignon et de rejoindre en sa compagnie son amie Soledad, une amie d'enfance qui habitait juste à côté de chez ses parents.

Soledad héberge Boris et Anissa, et tandis qu'elle vaque, Boris répond à un appel téléphonique. Au bout du fil Gladys. Elle pensait que ce serait Soledad qui lui répondrait, mais lorsqu'elle reconnait la voix de Boris, elle ne peut que dire : Barre-toi, vite.

Gladys Le Querrec est inspectrice de police, adjointe du capitaine Merrilloux, et ils devaient se rende ensemble à Avignon. Mais l'évêque ministre n'aime pas les femmes, surtout dans les forces de l'ordre, alors Merrilloux est parti comme un grand. Gladys, qui connait Boris voulait prévenir Soledad que quelque chose se tramait, et elle avait raison.

C'est le début d'une longue cavale pour Boris, Anissa et Soledad, rejoints bientôt par Pablo un petit braqueur. A leurs trousses, outre Gladys, qui finalement ne leur veut pas de mal, Abdelmalek Chaambi, un tueur recruté par le ministre évêque, ou l'évêque sinistre.

 

Avec ce roman Tito Topin forge, sous forme de parabole, une satire féroce contre l'emprise de la religion, et de ceux qui s'en font les hérauts, dans la vie politique française en particulier, et mondiale en général.

La religion qui prend de plus en plus de place dans les débats politiques, qui impose ses règles et ses lois, au mépris de la liberté de penser. Une résurgence de l'Inquisition, qui pourrait sembler fictive, chimérique, mais qui pourtant devient de plus en plus prégnante. Sans citer de nom de religion, on peut penser à ce qu'il se passe dans quelques pays du Moyen-Orient, sous l'impulsion d'intégristes, mais il ne s'agit pas d'un leurre car en France, certains hommes (et femmes) politiques aimeraient réduire quelques acquis sociaux.

Ceci n'est qu'une anticipation proche, mais il n'est pas exclu que cela n'arrive pas un jour, si l'on n'y prend pas garde. Restons vigilants.

Tito TOPIN : L'exil des mécréants. Editions La Manufacture de livres. Parution le 9 février 2017. 192 pages. 15,90€.

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3 avril 2017 1 03 /04 /avril /2017 09:43

Ah ben chat alors...

Lilian Jackson BRAUN : Le chat qui voyait rouge.

Journaliste au Daily Fluxion, Jim Qwilleran est confronté au douloureux problème de la surcharge pondérale. Son médecin traitant est intraitable. Jim doit perdre du poids et pour cela suivre un régime draconien.

Le jour même son patron lui propose de tenir une nouvelle rubrique gastronomique, ce qu’évidement Jim ne peut refuser. Il doit se rendre dans les restaurants, puis après avoir testé les menus, écrire ses articles dans le louable but de contrer leur concurrent direct, le Morning Rampage, qui envisage d’ajouter ce genre de chronique dans ses pages.

Divorcé, Jim Qwilleran a reporté une partie de son affection sur ses chats, Koko et Yom-Yom. Drôles de bêtes que ces deux siamois qui s’entendent comme larrons en foire et dont l’intelligence ne cesse pas surprendre le journaliste. Par exemple, le matin, lorsqu’il a faim, Koko appuie délicatement avec ses pattes sur la touche avance du chariot de la machine à écrire afin de déclencher une sonnerie qui réveille Qwilleran. Et bien d’autres petits tours qui forcent l’admiration de son maître. Quant à la nourriture, Koko et Yom-Yom n’admettent que les plats raffinés, dédaignant les vulgaires boites et les croquettes.

Qwilleran afin d’écrire ses premiers articles accepte de se rendre au club des gourmets, chez Robert Maus, attorney de profession et cuisinier prestigieux à ses heures, dont la maison est transformée en sorte de pension de famille et centre artistique, hébergeant des élèves des Beaux-arts, des professeurs ainsi que des artistes potiers. Qwilleran y retrouve un amour de jeunesse en la personne de Joy qui vit, ainsi que son mari à Maus House en tant qu’artiste.

Sur la demeure plane un mystère, un suicide pas vraiment convaincant qui s’est déroulé quelques années auparavant. Le cœur de Qwilleran se réveille à la vue de Joy mais celle-ci disparait. Le ménage brinquebalait et d’après le mari, elle serait partie en Floride. Pour Qwilleran, il s’agit de tout autre chose et cette disparition, cette fugue supposée ne lui parait guère catholique. D’autant que d’autres locataires disparaissent également dans d’étranges circonstances.

Devenu enquêteur, Qwilleran devra une partie de la solution et peut-être même le vie à son chat Koko.

Les amateurs de romans policiers ont pu faire connaissance des personnages de Lilian Jackson Braun dans les années 70 grâce aux éditions du Masque qui avaient proposé à leur catalogue les trois premiers romans de la série. C’est avec plaisir qu’ils retrouveront Qwilleran le journaliste dans de nouvelles aventures accompagné de ses deux siamois dont Koko qui possède une paire de vibrisses supplémentaires ce qui lui offre ces facultés spéciales dont il se sert pour aider son maître dans ses enquêtes.

Des romans agréables qui raviront les amoureux de félidés.

 

Réimpression le 21 octobre 2010. 256 pages.

Réimpression le 21 octobre 2010. 256 pages.

Lilian Jackson BRAUN : Le chat qui voyait rouge (The Cat Who Saw Red - 1986. Traduction de Marie-Louise Navarro). Collection Grands Détectives N° 2188. Editions 10/18. Parution en 1993. 252 pages.

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30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 12:51

Moins bien que le Kâma-Sûtra quand même...

Alexis LECAYE : Meurtres en trente-six poses.

A quarante ans, Henri, marié, riche, vivant dans une belle maison de la grande banlieue parisienne, tombe amoureux fou, au premier regard, dans un supermarché, d'une petite fille.

Une nouvelle lubie, pense sa femme habituée aux sautes d'humeur et à l'inconstance de son écrivain de mari. Henri ne vit plus, ne dort plus, ne mange plus. Il lui faut absolument cette petite fille près de lui. Il veut la cajoler, la gorger de bonbons, l'entourer de prévenances, la rendre heureuse, reporter sur elle l'affection pour l'enfant qu'il n'a pas.

Comment les parents de la petite Crystelle pourraient rendre heureuse la gamine alors que le père est au chômage et que la mère a perdu sa fraîcheur de jeune femme, au caractère à tendance acariâtre ? Il faut absolument que Crystelle vive près de lui et pour cela Henri imagine un stratagème.

Il va embaucher son père comme jardinier, lui offrir des gages conséquents, et tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si la mère ne se mettait pas en tête de trouver du travail, puis de déserter le foyer conjugal.

Henri est trop attaché à cette petite fille pour supporter les bâtons dans les roues. Débute un engrenage infernal.

 

Il est loin le temps où le Masque n'éditait que des ouvrages expurgés de toutes références sexuelles et Alexis Lecaye, sacrifiant à la mode, à la mouvance actuelle stipulant qu'un roman se doit de comporter quelques scènes égrillardes, quelques gaudrioles, nous offre des passages dans lesquels le libertinage est roi, séquences inhabituelles dans cette collection.

Il faut savoir évoluer tout en restant dans les limites de la décence et les pages croquignolettes qui émaillent ce roman accentuent l'atmosphère de suspense et les affres de l'homme désirant garder à tout prix la gamine qu'il a adoptée come s'il s'agissait de sa propre enfant.

Un ouvrage généreux, à la lecture duquel le lecteur se prend d'amitié pour le héros qui balaie les difficultés sans cesse accumulées devant son entreprise, devant sa volonté de procurer le bonheur à tout prix à une enfant.

Je précise que cette chronique date de novembre 1991, depuis les mœurs littéraires ont bien évolué au Masque et ailleurs.

 

Alexis LECAYE : Meurtres en trente-six poses. Le Masque Jaune N°2060. Librairie des Champs Elysées. Parution octobre 1991. 154 pages.

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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 08:59

Comme le Dormeur du val d'Arthur Rimbaud ?

Jacques BABLON: Nu couché sur fond vert.

Se côtoyer au travail et s'ignorer, cela arrive souvent.

Ainsi Margot, mariée et mère de famille de trois filles. Ainsi Romain, célibataire au passé nébuleux. Tous deux sont policiers, et un jour ils se découvrent un penchant pour la santé d'un ficus végétatif, atteint d'une invasion d'araignées rouges, dans l'entrée du commissariat. Ils s'en occupent, plus ou moins, surtout Romain qui se prend d'une passion horticole insoupçonnée.

Un jour Romain invite Margot à dîner, juste comme ça, pour le plaisir, ou pour changer des habitudes. On ne dira jamais assez le bienfait procuré par le voisinage des plantes. Margot parle d'elle et de son ménage, très peu, et Romain se confie un peu plus, sur sa jeunesse.

Romain a perdu son père à l'âge de six ans, d'un accident, puis sa mère l'a abandonné, pendant trois ans, et il s'était cru orphelin. Un incident de parcours, un de plus.

Margot est devenue policière en contradiction avec l'éducation qu'elle a reçue sans l'avoir demandée. L'esprit de contrariété.

Margot et Romain se retrouve incidemment dans une boutique bio. Enfin il l'a vue entrer dans la boutique et comme par hasard ils se retrouvent nez à nez. Romain se confie un peu plus sur sa prime jeunesse. En réalité le père de Romain n'est pas mort d'un accident, mais d'un meurtre, ce qui change la donne profondément. Et c'est pour retrouver l'assassin de son père que Romain est devenu un policier. Un simple policier, d'accord, mais au moins il a un pied dans la maison. Et depuis il n'a guère avancé.

Rentrée chez elle Margot se balade dans les arcanes d'Internet à la recherche du passé des parents et grands-parents de Romain. C'est comme si une épidémie avait décimé la famille de Romain, dont seul le père, alors un adolescent, avait survécu pour être ensuite assassiné. Une famille à qui l'argent n'a pas fait le bonheur

Margot, dont le ménage est en déliquescence, se jette comme une affamée tandis que Romain est aux prises à une affaire personnelle. Son coéquipier Ivo, un chien fou, est décédé dans un accident de la circulation provoqué par des grossistes de drogue, tandis que lui-même est grièvement blessé, se remettant petit à petit dans un hôpital. Au début, il est meurtri dans ses chairs, mais à force de courage il arrive à remonter la pente, cachant même à tous et surtout à Margot qu'il a recouvré ses moyens physiques. Il se met en chasse et coince les meurtriers puis il donne sa démission, préférant se réfugier dans son immense chalet montagnard.

 

On entre dans ce roman comme si on assistait à une projection de diapositives défilant à un rythme soutenu. Parfois elles possèdent ces interférences, des décalages. Le parcours de Romain, son enfance jusqu'à ses six ans, dans le cocon familial, surtout près de son père car sa mère cinéaste est accaparée par des tournages, est placé en incrustation dans les différents avatars que connaissent Margot et Romain dans leurs enquêtes respectives.

La tension monte progressivement, d'un côté alimentée par les recherches couronnées plus ou moins de succès de Margot qui remonte le fil du temps et pense mettre une identité sur la personne à l'origine de la mort du père de Romain, de l'autre par les prospections de Romain concernant les auteurs du carambolage qui a coûté la vie d'Ivo et l'a obligé à se mettre pendant un certain temps en marge de son travail.

Une leçon de courage et de patience pour ce faux couple atypique de policiers qui se fréquentent et peu à peu nouent des relations qui ne sont plus uniquement professionnelles.

Tout s'enchaîne inexorablement jusqu'à un final éblouissant et quasi apocalyptique. L'amitié est l'un des ressorts principaux de cette histoire qui ne ménage pas le lecteur, avec des pointes de tendresse procurées par des enfants dont l'adolescence est marquée familialement ou physiquement.

 

Curiosités :

Il n'est pas bon parfois d'assister à des invitations, des vins d'honneur, des cocktails amicaux, car les boissons avalées conjuguées aux petits fours gobés avec voracité pour éviter à devoir se préparer un repas chez soi, se traduisent par des dysfonctionnements verbaux. Ainsi peut-on lire page 62 : une femme, perchée sur des escarpins façon Louboutin, ouvra un four où elle aurait pu mettre le poing.

Quant à Romain, lorsqu'il déclare à Margot : Ma mère a 45 ans, elle voyage dans le monde entier, on peut supposer qu'il s'agit de sa part d'une forme de galanterie. En effet le meurtre de son père, remonte à vingt-cinq ans alors qu'il avait six ans. Donc par le mode déduction on peut affirmer qu'au moment où il s'exprime ainsi, Romain a trente et un ans. Donc sa mère aurait enfanté à quatorze ans. Ce qui n'est pas impossible en soi, mais avoir réalisé au même âge un film, relève de la pure utopie. Allez, on ajoutera une dizaine d'années supplémentaires à la mère de Romain, et on n'en parlera plus.

 

Jacques BABLON: Nu couché sur fond vert. Polar Jigal. Editions Jigal. Parution 15 février 2017. 216 pages. 17,50€.

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25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 06:34

Quitte à en avoir une indigestion...

Michel MAISONNEUVE : Les Tigres ne crachent pas le morceau.

Promis juré, ils ne diront pas qui leur a refilé de la viande fraîche pour leur petit-déjeuner. Car un bon morceau de dompteur, cela ne se refuse, quelle que soit la main qui les a nourrit.

Et Maurice Truche, l'un des employés du cirque Pantaleoni n'en revient pas. Il peut remballer ses gamelles, les trois tigres, Pim, Pam et Poum n'en auront pas besoin, pour le moment. Et Pam, la tigresse, qui ose jouer avec la tête d'Hildeberg, le défunt dompteur ! Il n'y a plus de respect.

Raoul Babinetti, le mari et associé de Giulietta Pantaleoni, la patronne et héritière de ce petit cirque actuellement basé dans l'enceinte de l'hippodrome de Pont-de-Vivaux à Marseille, ne peut que regretter la défection du clou du spectacle. Pis, il faut prévenir la police, qui va enquêter, et peut-être mettre les jours du chapiteau en danger.

Toutefois, le légiste leur apprend une bonne nouvelle, les tigres ne sont pas fautifs. Ils ont simplement profité de l'aubaine. En effet, après avoir procédé à l'examen du morceau avec lequel jouait Pam, il découvre un trou parfaitement circulaire au dessus de la glotte. Et à moins de posséder un tournevis ou quelque objet similaire, un tigre n'a pu perforer délibérément, ou non, la trachée du pauvre Hildeberg qui ne pourra dénoncer son agresseur.

Malgré tout, le spectacle doit continuer, la survie du cirque Pantaleoni en dépend. Car, même si les artistes ne sont guère nombreux, Raoul ne peut se résoudre à les congédier. D'ailleurs où iraient-ils, personne n'embauche. Raoul s'envoie en l'air comme homme-canon, mais il ne peut assurer le spectacle seul. Parmi les artistes qui composent sa petit troupe, citons en premier la belle, la superbe, l'ébouriffante, la grande Miléna (ce n'est pas moi qui le dis mais Raoul qui la présente ainsi), l'écuyère, l'Amazone (ne vous trompez pas d'adresse !) venue de Hongrie et qui avec ses deux frères, Vlad et Andrès, assure un excellent spectacle de voltige.

Ensuite la jeune Perle de Rosée en Jade Précieux, acrobate-jongleuse-contorsionniste, d'origine peut-être chinoise. Ne chinoisons pas. Et enfin, pour clore la partie féminine, Alice, la benjamine, dix ans et demi, tireuse de cartes, fille d'illusionniste, dresseuse de crickets, ces charmants insectes auxquels elle apprend à faire du trapèze, d'origine Rom probablement.

Chez les hommes, bon d'accord, exit le dompteur. Mais il reste toutefois Bibi le clown et Mitchum l'illusionniste, dont ce n'est pas le véritable patronyme mais est ainsi surnommé à cause de sa ressemblance vestimentaire avec l'acteur dans le rôle de Marlowe. Plus les deux monteurs de chapiteau et hommes de main, Truche dont nous avons déjà fait la connaissance dans des conditions pénibles et dramatiques, et Gaétan Noulet.

Ne possédant, plus par la force des événements, de dompteur, de montreur animalier, Raoul pense alors à son vieux copains Dachi El Ahmed, prof de langues orientales, dénoueur d'intrigues occasionnel, rêveur et sage, adepte de la culture orientale.

Dachi accepte de monter un numéro avec le cobra qui se morfond tout seul dans son vivarium, non sans appréhension, on le comprend. Et son amie-amante Léda la Grecque, infirmière de son état, n'apprécie pas du tout cette nouvelle activité. Toutefois elle démontrera par la suite qu'elle est femme à poigne. Dachi, le soufi, requiert également les services de son ami Grook, profession journaliste.

Tandis que Sammartino, le policier chargé de l'enquête s'empêtre parmi les présumés coupables, c'est une mode, Dachi lui aussi se lance dans l'aventure, fouillant dans le passé de chacun des protagonistes. Car chacun d'eux possède son armoire à balais dans lequel il range des cadavres, des accrocs avec la justice, ou de petites déviances. Ainsi, non je ne vous en dévoilerai pas plus, Bibi, l'alcoolique et joueur invétéré, qui doit de l'argent à des camarades de jeu qui le tannent pour qu'il règle ses dettes.

 

Ce roman dont l'enquête est nébuleuse, pour Dachi mais pas pour le lecteur, comporte quelques belles scènes d'action. Par exemple lorsque Léda se frotte aux tigres, habillée en dompteuse (dommage qu'elle ne se soit pas laissée prendre en photo) ou lorsque Dachi poursuit une voiture à dos de dromadaire. Mais c'est également une incursion vivante dans le quotidien des circassiens, et des problèmes que ces gens du voyage peuvent rencontrer dans leur travail et dans la vie courante.

Mais ce n'est pas tout, l'auteur se fait un petit plaisir en incluant dans son texte, outre des citations d'Omar Khayyâm, par le truchement des conversations et des pensées de Dachi, des bribes extraites de l'œuvre de Shakespeare et de Baudelaire dans la bouche de Mitchum l'illusionniste qui a perdu beaucoup de ses illusions et se révèle plus humain que son attitude pourrait le laisser penser.

Un bon roman qui nous ouvre de belles perspectives concernant l'avenir littéraire de l'auteur et qui sort, enfin, des sentiers, voire des autoroutes, battus.

Michel MAISONNEUVE : Les Tigres ne crachent pas le morceau. Editions Pavillon Noir. Parution le 6 mars 2017. 218 pages. 14,00€.

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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 06:50

Comme celui de la Joconde ?

Serge QUADRUPPANI : Le sourire contenu.

Chassé de son emploi de superviseur au service contentieux dans une compagnie d'assurances, Mark Senders est un adepte des boissons alcoolisées et des produits illicites qui offrent un voyage dans les paradis artificiels.

Alors qu'il vient de passer la nuit dans un tunnel piétonnier de Riverside Park et dans un état d'ébriété avencée, il entend un homme parlant fort dans son téléphone portable (les gens ne se rendent pas compte combien ils peuvent embêter leurs voisins dans les endroits publics avec leur cellulaire), narrant à son correspondant une conversation avec une tierce personne.

C'est ainsi que Senders apprend malgré lui qu'il s'agit d'une photo, d'une femme à identifier et de l'envie de lui crever les yeux. S'il n'y avait que ça, Senders ne se serait peut-être pas mêlé de la conversation, seulement un type en tenue de jogging arrive, bouscule l'homme. Un cri, l'homme est à terre et le joggeur se retourne vers Senders un poignard de commando de marine à la main.

On n'est pas toujours lucide lorsque l'on est quelque peu bourré, ou alors on se découvre un courage insoupçonné dans un fond de bouteille. Senders s'interpose. Le joggeur prend la fuite et l'homme à terre lui demande de prendre son portefeuille. Il ne faut jamais contrarier un homme sur le point de mourir, aussi Senders s'exécute et c'est ainsi qu'il se retrouve avec une belle somme d'argent et la photo d'une femme nue, aux yeux violets et au sourire contenu.

Senders est un dessinateur, mais cette profession ne nourrit pas son homme, pourtant il se promène toujours avec un carnet de croquis sur lui et il est sensible aux paysages, et surtout aux femmes aux yeux violets.

Le portefeuille recélant des pièces d'identité au nom d'Edward Morgan, Senders écoute le répondeur téléphonique de son agressé puis se rend au domicile dudit. Tout d'abord il est éconduit par le gardien de l'immeuble dans lequel réside (résidait ?) Morgan, mais celui-ci (le gardien) intrigué par les dessins que Senders est en train de croquer, l'invite à boire un thé dans la salle de surveillance. Il assiste à une séance de spiritisme organisée en compagnie de deux vieilles dames et d'un chien (pourquoi pas ?), une séance bizarre ponctuée d'un gaz paralysant. Lorsqu'il se réveille, Senders, qui pensait finir dans la gueule du chien, s'introduit en compagnie de celui-ci dans l'appartement de Morgan et découvre sous le téléphone une feuille sur laquelle sont griffonnés les mots Sofia et Shelter Island.

Sophia, probablement la femme au sourire contenu et aux yeux violets. Senders va se mettre à sa recherche et c'est comme ça que débute un étrange périple qui l'emmènera dans un voyage asiatique bravant malgré les dangers inhérents à ce genre de tribulation, surtout lorsque cette partie du monde est en pleine turbulence. Le gouvernement britannique doit céder le territoire de Hong-Kong qui était sous sa domination, à la Chine, et que le Cambodge connait une crise politique ponctuée par des soulèvements militaires dont les civils seront les premières victimes, comme d'habitude.

 

Mark Senders, héros malgré lui de ce roman, est comme un pion sur un jeu d'échec, confronté aux Rois, aux Dames, aux Fous, aux Cavaliers en pousse-pousse, trimballé sur des cases qui vont des Etats-Unis à Hong-Kong, à l'ile de Shelter, au Viêt-Nam et au Cambodge. Il se déplace comme dans un voyage onirique, entre rêves et cauchemars hantés de chimères opiacées.

Il se sent manipulé, mais il ne sait pas pourquoi, ni comment, il se contente de suivre les instructions, les conseils, les demandes, ou les obligations qui lui sont imposées par différents protagonistes dont Sofia, qu'il rencontre incidemment. Mais elle ne peut lui parler, lui montrant qu'elle porte dans son sillon mammaire un micro dont elle ne peut se défaire. Senders apprend toutefois qu'elle est employée au Haut-commissariat aux Réfugiés, un organe de l'ONU.

Une longue quête débute pour Senders, qui perdra de vue, le lecteur aussi, sa recherche de la femme aux yeux violets et au sourire contenu, bousculé par les événements et multiples incidents et traquenards dont il sera l'objet. Inconscience, pugnacité, devoir moral de continuer ou obligation matérielle et physique de se plier aux injonctions, tout cela à la fois et plus encore peut-être.

Senders, et le lecteur par la même occasion, vit comme dans un rêve, à cause des nombreux produits dopants qu'il consomme, souvent fournis aimablement. Mais un rêve, ou plutôt un cauchemar éveillé, comme lorsque l'on poursuit dans un demi-sommeil un rêve éveillé que l'on traîne en longueur, que l'on prolonge malgré soi, ajoutant des épisodes en une semi conscience parce que l'on ne veut pas s'extraire des images qui nous emprisonnent l'esprit et retrouver un quotidien banal. Ou comme dans ce nuage de Shenzen qui s'étend sur la baie de Hong-Kong tel un voile occultant.

Nonobstant, derrière cette quête-enquête, Serge Quadruppani s'attache également à montrer au lecteur confit dans son petit confort la géostratégie dans cette partie du monde, tout en établissant un éloge de l'ambiguïté des sentiments humains confrontés aux manichéismes assassins.

Première édition collection Les Noirs N°43. Editions Fleuve Noir. Parution avril 1998. 224 pages.

Première édition collection Les Noirs N°43. Editions Fleuve Noir. Parution avril 1998. 224 pages.

Serge QUADRUPPANI : Le sourire contenu. Collection La Petite Vermillon N°429. Editions de La Table Ronde. Parution le 9 mars 2017. 256 pages. 8,70€.

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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 13:32

Bon anniversaire à Sergueï Dounovetz né le 19 mars 1959.

Sergueï DOUNOVETZ : Vipères au train.

Septuagénaire (et plus) pour l’état-civil, trentenaire dans sa tête d’aventurier, Cyprien attend à l’ombre des hangars l’avion qui doit amener Léo, un copain de longue date, la cinquantaine tranquille et cheminot en retraite.

Un copain, c’est vite dit, disons une connaissance qui aurait mangé dans la même gamelle, qui l’aurait fait cocu, s’il faut tout préciser. Mais si Cyprien attend Léo, c’est parce qu’il a besoin de lui et de son expérience ferroviaire.

Cyprien, qui a passé plus d’un quart de siècle en tôle n’a pas raccroché. Il est en relation avec un truand local, Ted, et de quelques affidés pour le moins ahuris et déjantés. Faut dire que le soleil tape fort dans ce coin d’Amérique latine et la bière tout comme le tord-boyaux local, l’alcool d’agave, coulent à flot. La petite bande, constituée il faut bien le dire de branquignols, s’est mise en tête de dévaliser une banque contenant le trésor, composé de lingots d’or, de pierres précieuses et de diamants bruts, de Zédler, le dictateur régnant sans partage sur le pays.

Mais l’Herbe Rouge, une organisation révolutionnaire en lutte contre le tyran pourrait bien faire avorter ce projet par les actions commandos engagées contre le pouvoir. S’emparer du magot, puis le faire voyager à travers désert de sable, dunes et montagnes, n’est pas un mince problème. D’autant que se greffe l’intrusion d’une guérillera de vingt ans, qui se conduit déjà en femme fatale.

 

Vipères au train est un aimable pastiche de westerns tequila baroques dans lesquels les protagonistes tous aussi déjantés les uns que les autres. Voir les films ayant pour acteurs principaux Terence Hill et Bud Spencer par exemple.

Ce roman oscille entre parodie et gravité, avec parfois des traits d’humour grinçants et des scènes, limite bon goût penseront les pisse-froid, aimables gauloiseries de fin de banquet pour ma part.

Une parodie bon enfant qui ne montre pas toutefois toutes les possibilités d’écriture de Sergueï Dounovetz qui nous avait habitué à plus de rigueur. Un entracte en quelque sorte.

 

Sergueï DOUNOVETZ : Vipères au train. Collection Rail Noir N°6. La Vie du Rail. Parution février 2004. 150 pages. 7,00€

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