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25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 09:05

Je n'ai jamais connu un homme de cette intelligence qui fut aussi incapable de s'intégrer à une civilisation faite pour la machine.

Citation extraite de l'Avant-propos de l'auteur.

Robert E. HOWARD : Almuric.

Avant de nous intéresser à Esau Cairn, le héros-narrateur de cette aventure, une petite précision me parait indispensable d'être signalée.

Le 27 octobre paraitra Bifrost N°84, un numéro spécial consacré à Robert E. Howard. Il contiendra des nouvelles de Christian Léourier, Romain Lucazeau et Howard himself en plus d'un exhaustif dossier mené de main de maître par le spécialiste mondial de l'auteur, Patrice Louinet. Ce dossier s'emploie à dissiper les idées reçues sur le père de Conan, et ce n'est pas du luxe. Un numéro indispensable pour les amateurs de Fantasy, mais pas que !

Voir le sommaire ici :

Maintenant revenons à Esau Cairn.

Esau Cairn était bâti pour combattre les forces naturelles et c'est pour cela qu'un jour il se retrouve sur Almuric, une planète étrange, sauvage, à sa dimension, et sur laquelle il peut exprimer ses possibilités musculaires.

Comment Esau Cairn parvient sur Almuric ? Quels sont ses antécédents ? Howard reste dans le flou le plus absolu. Ce n'est pas son propos.

Ce qui importe, ce sont les aventures d'Esau Cairn sur Almuric et l'on peut dire qu'il est servi.

Dès son arrivée il est agressé par un être mi-homme mi-singe dont il ne se défait autant pas sa force que par son intelligence. Puis il est confronté à une bande de hyènes sauvages. Et ainsi de suite.

Il affronte les pires dangers tout comme l'homme préhistorique était en butte aux animaux de son époque et aux éléments déchainés. Ce qui lui permet de surveiller la croissance de ses petits muscles sans recourir aux artifices de la gonflette.

Ecologiste avant la mode, précurseur de Sylvester Stallone et de Arnold Schwarzenegger, Esau Cairn s'intègre en solitaire dans ce monde hostile, devenant une force de la nature.

Après quelques mois vécus en ermite, Cairn quitte la montagne et entreprend une visite non guidée de la plaine. Là aussi les dangers pullulent mais il saura se sortir indemne de tous les pièges, de tous les combats, de toutes les guerres, grâce à une force de caractère peu commune.

 

 

 

Tous ceux qui ne connaissent pas Howard et vont le découvrir en lisant ce roman, seront frappés par la similitude, par le souffle épique entre ce roman et certains textes dont le Cycle de Mars d'Edgar Rice Burroughs avec le personnage de John Carter, dont il semble qu'Almuric soit une sorte d'hommage ou la série des Dragons de Pern d'Ann McCaffrey entamée en 1968.

Mais Howard est véritablement le précurseur de la Fantasy intégrant le merveilleux et l'interplanétaire, genre que d'autres romanciers affinèrent, Michael Moorcock par exemple.

Robert E. Howard s'est suicidé le 11 juin 1936, à l'âge de trente ans.

 

 

Ce recueil propose des nouvelles et des compléments, qui ne figuraient pas dans les éditions précédentes) dus à Patrice Louinet, le traducteur.

En voici le sommaire.

Patrice LOUINET, Introduction, pages 7 à 8, Introduction

(Almuric), pages 9 à 144, Roman.Almuric2 -

3 - Le Jardin de la Peur (The Garden of Fear), pages 145 à 162.

4 - La Voix d'El-Lil (The Voice of El-Lil), pages 163 à 192.

5 - La Hyène (The Hyena), pages 193 à 208.

6 - Une sonnerie de trompettes (A Thunder of Trumpets), pages 209 à 232.

7 - Le Cobra du rêve (The Cobra in the Dream), pages 233 à 240.

8 - Le Fantôme sur le seuil (The Ghost in the Doorway), pages 241 à 245.

9 - Delenda Est (Delenda Est), pages 247 à 256.

10 - Le Fléau de Dermod (Dermod's Bane), pages 257 à 263.

11 - La Vallée Perdue (The Valley of the Lost), pages 265 à 290.

12 - Le Roi du Peuple Oublié (King of the Forgotten People), pages 291 à 295.

13 - James Allison - Fragments, pages 319 à 353.

14 - Le Cavalier-Tonnerre (The Thunder-Rider), pages 355 à 381, trad. Patrice LOUINET

 

15 - Nekht Semerkeht (Nekht Semerkeht), pages 383 à 401.

16 - Le Tentateur (The Tempter), pages 402 à 405, Poésie.

17 - Patrice LOUINET, « To live is to die », pages 407 à 422, Postface.

18 - Patrice LOUINET, Note sur les textes, pages 423 à 424, Bibliographie.

 

 

 

Collection Robert E. Howard N°8. Editions Fleuve Noir. Parution décembre 1991. 224 pages.

Collection Robert E. Howard N°8. Editions Fleuve Noir. Parution décembre 1991. 224 pages.

Première parution : Nouvelles Éditions Oswald (Néo). Collection Fantastique/SF/Aventure n° 174. Parution Juin 1986. 160 pages.

Première parution : Nouvelles Éditions Oswald (Néo). Collection Fantastique/SF/Aventure n° 174. Parution Juin 1986. 160 pages.

Robert E. HOWARD : Almuric. Collection Les Intégrales N°52 éditions Bragelonne. Parution 16 septembre 2015. 432 pages. 25,00€.

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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 08:16

Les héros de la littérature d'évasion

ne meurent jamais !

Robert DARVEL : Harry Dickson 2.

Ainsi, Harry Dickson, le Roi des détectives ou le Sherlock Holmes américain cher à Jean Ray, qui à ses débuts a traduit des aventures rédigées par d'obscurs tâcherons allemands puis les a réécrites ou en a imaginé de nouvelles car il les trouvait mauvaises, s'est vu immortalisé grâce à Gérard Dôle, puis Brice Tarvel et Robert Darvel.

Vous remarquerez au passage l'étrange quasi homonymie patronymique de ces deux romanciers et nouvellistes qui perpétuent le mythe dicksonnien.

Sans vouloir copier son illustre prédécesseur, Robert Darvel, tout comme son aimable confrère Brice Tarvel, emploie des vocables dont la connaissance lexicologique, la lexicographique, la sémantique laisseraient pantois, voire faire écumer d'envie nos romanciers goncourables.

Tom les suivit, comme s'il pistait un acide lithophage. Ici et là, une étroite fenêtre éclairée d'une falote bougie perlait d'amphiboles la surface du granit.

 

Au sommaire de ce second recueil, pour l'instant, quatre nouvelles précédemment publiées sous forme de fascicules aux éditions du Carnoplaste, plus un bonus, non pas comme une cerise sur le gâteau puisque ce incarnat fruit délicat est immédiatement visible à l'œil du gourmand et du gourmet, mais enfoui telle une fève à dénicher.

 

Robert DARVEL : Harry Dickson 2.

Le Baal des Psychonautes :

Alors que Londres est en proie à des événements tragiques, des enfants disparaissent, Harry Dickson envoie son élève Tom Wills d'office sur la côte afin de se reposer d'une précédente aventure. Le jeune assistant du détective lui poste le lendemain, après s'être installé dans une pension de famille, une carte postale sur laquelle figurent ses quelques lignes :

Mon cher Maître, Bien las du Morne Repos & du Grand Air...  quand du Sang, du Crime & du Mystère ? Votre dévoué Tom.

Mais pour autant, Tom s'entiche de Mary Ann, la fille de la logeuse, une bien belle adolescente.

Toutefois, Harry Dickson, lorsqu'il reçoit cette missive, est frappé par le côté recto de cette carte et tombe en légère catalepsie, ce qui affole naturellement Mrs Crown, sa gouvernante-cuisinière. Elle prévient immédiatement un docteur et le superintendant Goodfield.

Tom Wills prend du bon temps à Tildesley-the-Sea, et apprend à Mary Ann des jeux de cartes qui sont plutôt du ressort des marlous qui fréquentent le tripot du village. Seulement Mary Ann le soir sort sans prévenir sa mère et rejoint un vaurien qui l'emmène jusqu'à un bouge. Tom la suit dans ce tripot, mais il perd les deux noctambules de vue en descendant dans la cave. Lorsqu'il remonte les douze gaillards qui buvaient et jouaient dans le tripot ont disparu ainsi que la table de jeu. C'est fort marri qu'il rentre dans sa chambre et se couche. Le lendemain, il est fort étonné de constater que le sémaphore lui envoie des signaux. Tout interloqué il se trouve face à Harry Dickson qui l'attend.

Débute alors, après que Tom lui eut narré sa nuit, l'enquête qui les mène au tripot et chez la logeuse de Tom. Seulement la brave femme s'évanouit en voyant le détective. Puis s'ensuit une course poursuite contre les Psychonautes, ceux qui ont enlevé les gamins. Course poursuite qui les conduira jusqu'en Normandie, dans la reconstitution du village de Tildesley-the-Sea.

Dans ce court roman, deux thèmes sont proposés, le double ou sosie, et le décor planté pour alimenter l'illusion, les artifices, les trucages, dans une ambiance fantastique. Tout repose sur la manipulation, les tours de passe-passe, les apparences trompeuses.

Ces perceptions se retrouvent dans les autres histoires mais avec des traitements différents, et l'on n'y ferait guère attention à ces répétitions, si les histoires n'étaient pas lues l'une derrière l'autre dans la foulée.

 

Robert DARVEL : Harry Dickson 2.

Le ministère du Grand nocturne :

Légèrement éméché, l'acteur Richard Crosgove est victime d'un accident de la circulation. Il s'en sort sans trop de mal, sa passagère, rencontre d'une nuit, de même, mais il n'en va pas pour autant au malheureux bonhomme qu'il a percuté avec son véhicule.

Quelques mois plus tard, la notoriété de Cosgrove a atteint son apogée. Mais intérieurement il cultive une forme de neurasthénie qu'il cache sous un faciès de contentement.

Un soir, alors qu'il se rend au Greeeat Club en taxi, il aperçoit dans le véhicule qui roule près de celui dans lequel il est installé, son sosie. Arrivé à destination il se rend compte que son double accapare l'attention de la foule. Cosgrove-bis est fauché par un taxi couleur sang-de-boeuf. Cri d'horreur émanant des témoins de l'accident, une ambulance survient avec à bord trois infirmières, l'homme est transporté sur une civière, ne reste plus sur le bitume qu'une flaque de sang. Et deux reliques négligées par les brancardières, deux répliques de jambe en osier.

Harry Dickson reçoit dans un paquet un double poinçon, outil utilisé pour manier l'osier, puis surgit Richard Cosgrove qui lui narre sa mésaventure survenue dans le Suffolk quelques mois auparavant. Tout le temps que l'acteur raconte son accident, Harry Dickson remarque que dans la maison qui fait face à sa pièce, se tient une silhouette. Or le locataire est en voyage et ne peut donc pas les espionner. En compagnie de Tom Wills il traverse la rue et lorsqu'il revient au 92b Baker Street, une jambe en osier accompagnée d'un petit mot a été déposée sur son tapis. Une référence au Ministère du Grand Nocturne laisse supposer que le Roi des détectives juge cette affaire comme une représentation théâtrale.

Il ne reste plus à Harry Dickson et à son élève à se rendre dans le Suffolk, là où tout a commencé et à rencontrer l'accidenté qui a survécu à son ablation des membres inférieurs.

Comme dans la nouvelle précédente, tout repose sur l'illusion et la présence de sosies. Ce sont les seuls rapports qui existent entre ces deux histoires avec des adversaires narguant Harry Dickson avec diabolisme.

Robert DARVEL : Harry Dickson 2.

Le réveil du Chronomaître et Le fil à couper le cœur.

Ce n'est guère son habitude, mais Tom Wills abuse du toddy (grog) dans le pub, tandis que Harry Dickson attend un revenant. Car il s'agit bien d'un mort ressuscité, Francis K., ayant vécu trois décennies et mort depuis douze ans. Et pourtant il s'agit bien ce riche aventurier qui met les pieds dans le pub. Assassiné douze ans auparavant, ses surineurs Blygg et Kip qui arrêtés ont rendu leur dernier souffle accrochés à une potence.

C'est le début de multiples péripéties tellement nombreuses qu'il faudra deux fascicules pour en connaître le fin mot. Cadavres avérés revenant sur le lieu de leurs exploits, sosies de vrais personnages, et morts en trompe-l'œil, descentes dans des souterrains avec des décors dignes du cinéma, enlèvements, et enquête réalisée, dans la seconde partie par Goodfield, Harry Dickson étant étrangement absent, Tom Wills blessé et séquestré, autant d'aventures subies ou provoquées dont le lecteur ne saura le résultat qu'à l'épilogue. Les faux-semblants sont accentués par la neige qui tombe, recouvre tout et gêne la circulation.

Comme le déclare à un certain moment Harry Dickson :

Aussi brillante que soit la fantasmagorie, n'oublions pas que toute illusion a une base de fonctionnement rationnelle.

Robert DARVEL : Harry Dickson 2.

Enfin, la fève promise, une histoire écrite à quatre mains par Robert Darvel et Brice Tarvel dont l'entame pourrait laisser supposer que le lecteur est en face d'une aventure réelle mais qui n'est en réalité, là encore, qu'une interférence avec le réel et la fiction et une plongée dans le temps. Il s'agit de La machine à explorer Baker Street, histoire dans laquelle les deux auteurs se mettent en scène alors qu'ils sont en panne dans la forêt de Balleroy, revenant de participer à un salon.

Et c'est ainsi qu'ils vont se trouver transportés dans le temps grâce à un canapé quantique réalisé par un taxidermiste et mécanicien quantique de Cerisy-la-Forêt (à ne pas confondre avec Cerisy-la-Salle, lieu d'échanges littéraires et grand pourvoyeur de colloques situé dans le même département de la Manche), Cerisy-la-Forêt donc, paisible village dont le rythme est ponctué par son abbatiale, placé à la limite du Calvados et de la Manche et à une quinzaine de kilomètres de la résidence du rédacteur de cet article.

Le but de nos deux amis étant de résoudre un différent, à savoir si Harry Dickson habite au 92b Baker Street, comme l'affirme l'un, ou au 221b selon les assertions de l'autre.

 

La lecture de ce recueil provoque une addiction non anxiogène, non illégale et non mortifère, à découvrir d'autres aventures du Roi des détective, tout au contraire. Le lecteur ébaubi en redemande afin de prolonger son plaisir non feint, aussi je me permets de vous signaler quelques pistes utiles à suivre, la lecture n'étant pas encore prohibée. Heureusement !

Je vous incite vivement à visiter les sites du Carnoplaste et des Moutons électriques :

 

Robert DARVEL : Harry Dickson 2. Collection Hélio Noir 64. Edition Les Moutons électriques. Parution le 6 octobre 2016. 288 pages. 7,90€.

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 11:05

Le bon temps du Fleuve Noir Populaire ! Mais ça, c'était avant...

Daniel RICHE présente : Futurs Antérieurs, 15 récits de littérature steampunk.

Au sommaire de cet ouvrage, une préface signée Daniel Riche, quinze textes soigneusement sélectionnés par le même Daniel Riche (lequel dirigea notamment les collections Gore et Aventures sans Frontière, fut le rédac’ chef de Fiction, d’Orbites et signa des scénarii de cinéma et de télévision), un dictionnaire des auteurs, des illustrations de Fred Blanchard et Fabrice Le Minier.

Parmi les signataires, Daniel Walther, Roland C. Wagner, Michel Pagel, Laurent Genefort, René Réouven, Jean-Marc Ligny, Jean-Claude Dunyach, Christian Vilà, Francis Valéry et de petits nouveaux prometteurs (pour l'époque) tels que Sylvie Denis, Thomas Day, David Calvo, David Prasson, Yves Letort et enfin quelqu’un qui se fait trop rare Michel Demuth. Mais penchons nous un peu plus sur ce beau bébé.

D’abord, que veut dire Steampunk ?

C’est pour l’auteur un exercice dans lequel il doit imaginer jusqu’à quel point le passé aurait pu être différent si le futur était arrivé plus tôt. Il ne s’agit donc pas d’uchronie, qui réécrit le passé dans un monde différent, mais d’allier le futur au passé avec les armes littéraires et scientifiques dont nous disposons à l’heure actuelle.

Tous les auteurs rassemblés dans ce recueil n’ont pas toujours réussi à interpréter cette définition, mais ne boudons pas notre plaisir.

Avec Celui qui bave et qui glougloute, Roland C. Wagner nous entraîne dans un western parodique et farfelu dans lequel évoluent Kit Carson, les Frères Dalton, et quelques autres personnages bien connus, confrontés au mythe de Chtulhu de Lovecraft. Un pur joyau tout comme Âme qui vive de René Réouven qui redonne vie une fois de plus à quelques romanciers du XIXème siècle avec l’érudition et le talent que nous lui connaissons.

Muchamor de Christian Vilà nous emmène dans la Russie alors que le régime tsariste est sur son déclin et que Raspoutine mène la danse. Michel Pagel renoue dans L’étranger, avec une forme littéraire peu souvent usitée, la narration épistolaire dont le contexte spirite permet à l’auteur de confronter dreyfusards et anti dreyfusards.

Le véritable voyage de Barbicane de Laurent Genefort s’inscrit dans les voyages extraordinaires de Jules Verne, le fabuleux De la Terre à la Lune, et Les premiers hommes dans la Lune de Wells. Jean-Claude Dunyach propose une aventure inédite du professeur Challenger, héros créé par Conan Doyle et le fait évoluer à Toulouse alors que Clément Ader s’obstine à démontrer que le plus lourd que l’air peut voler.

Les textes de Sylvie Denis, David Calvo, Thomas Day ou encore David Prasson sont un ton en dessous mais laissons leur le temps de s’affirmer, quand à celui de Daniel Walther, qui reprend le mythe de Mayerling, il m’a quelque peu déçu. Peut-être parce que j’attendais plus d’un auteur confirmé.

Yves Letort nous invite à découvrir Théophile Grandin, un texte servi par les illustrations de Francis Le Minier.

Quant à la préface de Daniel Riche, elle est justement très riche, érudite, et évite l’écueil du pontifiant. En vérité je vous le dis, ce recueil est une véritable bible que doivent se procurer tous les amateurs d’aventures et de lecture populaire.

 

Daniel RICHE présente : Futurs Antérieurs, 15 récits de littérature steampunk. Collection Grands Formats. Editions Fleuve Noir. Parution 21 avril 1999. 624 pages.

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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 08:30

En pleine lumière...

Jean-Pierre FAVARD : L'Ombre Noire.

Un esclandre dans la cour de récréation du lycée qu'il fréquente à cause d'une fille qui l'a plaqué et ne le fréquente plus, et Yoann est viré de l'école. Exclusion définitive. Faut croire que le proviseur n'a jamais eu de chagrin d'amour.

Les parents de Yoann n'ont pas trouvé mieux que de le conduire chez sa grand-mère, une vieille dame qui vit seule avec son chien dans un village perdu de Bourgogne. Châteauneuf en Auxois. Quatre-vingts âmes environ. Et son château. Et une pancarte à l'entrée du village annonçant aux touristes qu'ils arrivent dans un village classé parmi les plus beaux de France. Et à par ça ? Rien ou pas grand chose.

Yoann reste la plupart du temps enfermé dans sa chambre. Aussi Mamie lui confie des petits travaux, comme des missions délicates et indispensables pour la bonne tenue de la maison. Ainsi il doit aller chercher du bois pour alimenter le poêle, et des légumes dans le jardin pour les alimenter tous deux.

Mais pour se rendre au jardin, il faut traverser le bois. Et en chemin, Yoann remarque une masure, puis entend un bruit. Il s'agit d'une jeune fille qui sort une boite puis se roule une cigarette. Ils font connaissance et échangent quelques confidences. Garance va au lycée, vit avec sa mère et de temps à autre travaille comme serveuse dans une crêperie mais également au château comme guide ou libraire. D'ailleurs elle lui promet de faire visiter l'édifice qui date du Moyen-âge, sachant où se trouve les clefs pour accéder à la cour intérieure du château.

Ils se retrouvent souvent, pour se promener et converser en toute liberté. Il la trouve très belle Garance, avec ses longs cheveux rouges, surtout lorsqu'ils sont dénoués et flottent sur ses épaules. La mère de Garance est une jeune femme un peu baba-cool, qui a beaucoup voyagé et a ramené du Népal, d'Inde ou du Maroc, de nombreux objets disposés au hasard dans sa maison. Le seul problème qui empêche Yoann de rester à manger, c'est le côté végétarien des repas. Hélène, la mère, lui apprend qu'au château ils ont besoin de monde. Ce serait pas mal pour l'occuper durant les journées puisqu'il ne va plus à l'école.

Et c'est ainsi que Yoann débroussaille les buissons, désherbe, nettoie les lieux et il peut même visiter ce fameux château qui fut la propriété de Philippe Pot, Grand Sénéchal de Bourgogne au XVe siècle. Et dans la crypte repose justement le gisant de ce personnage célèbre pour avoir déclaré que la légitimité des rois était une invention, énonçant les premières théories démocratiques de l'histoire. Théories reprises quelques siècles plus tard.

Ce gisant est entouré de huit statues, des pleurants, et Yoann aime les contempler, avant de se mettre au travail, ou après. Or un jour, il n'a pas bu et d'ailleurs il ne boit jamais, il croit entrapercevoir un mouvement. Une statue a bougé les tête et ses yeux sont devenus jaunes, brillants. Il n'en faut pas plus pour impressionner Yoann qui en parle à Garance, et à sa mère, ainsi qu'à sa grand-mère. Il rencontre également d'autres personnes, dont un auteur local et une dame qui ne sort quasiment jamais de chez elle, qui vont radicalement changer sa vie pour des raisons diverses.

 

Débute alors une histoire semi-fantastique entrecoupée par la relation historique de la vie de Catherine de Châteauneuf, condamnée à la question pour avoir empoisonné son mari. En ce temps-là, on condamnait et on torturait les gens pour leur faire avouer une faute qu'ils n'avaient pas forcément commise. Et bien entendu, ces aveux arrachés sous la torture conduisaient tout droit au bûcher.

Ce court roman est suivi d'un article extrait très intéressant et très instructif des Annales de Bourgogne, signé Hélène Bouchard, qui explique un épisode de la vie de Philippe Pot et remet ses déclarations dans leur contexte.

Cette collection mérite largement le détour par son approche romanesque empruntant à des histoires locales, d'où son titre, méconnues et qui mettent en valeur une petite ville et ses personnalités. Et je verrais bien ce roman très visuel adapté en bande dessinée ligne claire façon années 50/60.

Jean-Pierre FAVARD : L'Ombre Noire. Collection LoKhaLe N°4. Editions La Clef d'Argent. Parution le 26 août 2016. 136 pages. 6,00€.

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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 06:33

Nick Carter est immortel !

Nick CARTER, le grand détective américain contre Dazaar, l'Immortel Maléfique

Je vous tiens pour un des très rares contemporains qui ont incontestablement des droits à mon estime. Mais il me plait de vous prendre, vous et vos talents, pour vous prouver à vous-même combien vaine et méprisable est l'intelligence humaine, et combien les plus habiles d'entre les hommes sont livrés à ma merci. En conséquence, à partir de ce moment, je vous poursuivrai sans pitié; mais cela ne veut pas dire que je désire, provisoirement du moins, déterminer votre mort. Que vous deviez, tôt ou tard, périr de ma main, cela va de soi, car j'ai décidé de vous choisir pour le jouet de mes caprices, et j'ai définitivement réglé votre sort.

Signé Dazaar.

 

La guerre est déclarée entre l'expéditeur du pli qu'est en train de lire Nick Carter et le détective. Mais qui est ce mystérieux correspondant, qui promet des joyeusetés incommensurables en matière de torture et de jouer avec lui comme le chat avec la souris, et dans quelles conditions cette missive est-elle parvenue à Nick Carter, c'est ce que nous allons tenter d'expliquer.

 

Alors qu'il est en train d'étudier un dossier dans la pièce qui lui sert de bureau, dans son pavillon new-yorkais, Nick Carter est dérangé par sa vieille gouvernante. Un homme du nom de Thompson désire s'entretenir avec lui. Cet homme lui apprend que sa vie est menacée, tout comme celle du détective d'ailleurs. Craintif il regarde autour de lui et débite son laïus :

Il y a actuellement à New-York un homme qui n'inspire tout d'abord que respect et admiration. Il est doué d'une intelligence vraiment surprenante; il possède les qualités de l'homme d'Etat et du diplomate; il s'est assimilé les connaissances qui font l'érudit et le savant, et maintes il m'a fait l'effet d'avoir emprunté à Protée le don des métamorphoses.

Et il continue sa description en affirmant que sous cette noble et séduisante apparence se cache un monstre qui se fait appeler Dazaar et parfois le cheik Adi. A ce moment un poignard se fiche dans la table, ayant traversé et cassé l'un des vitraux de la porte de communication entre les deux salons. Une arme particulière dont la lame est affutée des deux côtés et qui avec la garde représente une croix.

Aussitôt Nick Carter demande à ses deux fidèles amis et hommes de main, Patsy et Ten Itchi, de courir dans la rue à la poursuite du lanceur de dague. D'autres dagues ont été lancées dans l'huisserie de la porte d'entrée et dans la serrure, retardant la sortie des deux hommes. Lorsque Carter revient dans la pièce où il a laissé Thompson, celui-ci est décédé d'une arme similaire plantée en plein cœur.

Après une nuit agitée, Carter reçoit donc la fameuse missive dont il est question au début de cet article.

 

Et c'est ainsi que Nick Carter va connaître une aventure en neuf épisodes contre Dazaar, neuf épisodes mouvementés durant lesquels sa vie sera en danger mais sortant vainqueur des affrontement à chaque fois. Ce qui est normal puisque Dazaar a promis de le faire souffrir et de jouer avec lui le plus longtemps possible.

Le plus étonnant pour Nick Carter est de constater que cet ennemi possède non seulement de multiples identités, de multiples visages, mais qu'il possède le don d'ubiquité. Et que telle l'hydre de Lerne, Dazaar vaincu, emprisonné, voire suicidé, vit toujours, matérialisé en sept individus.

Encore plus étonnant et surprenant, l'apparition d'abord éthérée d'Irma Plavatsky, avec laquelle il devait se marier cinq ans auparavant et est décédée à Paris, enterrée au Père-Lachaise. Plus incompréhensible est de la revoir physiquement possédant une double personnalité. Elle ne se souvient pas de lui puis elle recouvre sa lucidité durant quelques minutes et retourne dans son rêve éveillé, mélangeant la fiction et la réalité. Mais bien vivante est son ancienne gouvernante, qui l'accompagna jusqu'à ses derniers moments, madame Aïra, qui vit dans une maison abritant Irma ou son double.

Les affrontements, les confrontations entre le détective et Dazaar seront donc nombreux et mortifères, surtout pour des connaissances du détective, pour des policiers dépêchés par son ami l'inspecteur McClusky, pour ses amis, dont Patsy qui se trouve souvent en mauvaise position, et les moyens employés sont divers et variés.

Ainsi il assiste, impuissant, à la combustion d'une dizaine de policiers transformés en torches vivantes sous l'impulsion d'un produit qui plus tard se révélera être du radium.

Mais sa faculté de pouvoir se grimer et changer totalement d'allure, d'apparence, quelque soit le lieu où il se trouve, lui permet souvent d'échapper à ceux qui sont lancés à ses basques ou de les suivre dans leurs déplacements. Et heureusement, il peut compter également et surtout sur Ten Itchi, qui ne se contente pas de veiller sur l'intégrité physique de son maître, mais doit résoudre une mission à lui confiée.

Mais qui est Dazaar qui fait trembler tant de personnes ? Selon certains, il serait d'origine tibétaine et posséderait d'étranges pouvoirs mis au service de ses pièges, se montrant un tortionnaire intraitable, cruel, impitoyable. Et ce n'est pas pour rien qu'il est surnommé l'Immortel Maléfique. Et lorsque Nick Carter et son ami McClusky pensent pouvoir lui mettre le grappin dessus, ils déchantent rapidement. Le dangereux malfaiteur n'est plus dans la maison où il a élu domicile mais dans une autre propriété, de l'autre côté de l'Hudson, deux endroits reliés par un tunnel sous le fleuve. Il est entouré de nombreux séides nommés les Adorateur du Diable.

Nick CARTER, le grand détective américain contre Dazaar, l'Immortel Maléfique

Réunis dans ce fort volume neuf histoires qui se suivent et se complètent et qui à l'origine étaient publiées sous forme de fascicules de 32 pages, démontrant l'imagination fébrile, sans faille et inépuisable de l'auteur (ou selon les histoires, des auteurs), imagination qui offre moult péripéties sans traîner en longueur. Les événements s'enchaînent inexorablement, pour la plus grande joie du lecteur, qui peut souffler entre deux épisodes avant de repartir à l'assaut des aventures épiques de Carter et consorts. Ces fascicules étaient hebdomadaires et si le lecteur attendait avec impatience la suite, il pouvait se changer l'esprit en lisant, à la même époque, les aventures de Buffalo Bill alias William Cody, et autres héros de papier ou non. Je me permettrai même d'ajouter que les auteurs actuels, qui aiment à délayer leur prose, n'ont rien inventé en ce qui concerne les aventures rocambolesques dont ils aiment faire profiter leur héros, mais qu'ils devraient prendre modèle sur la concision des textes tout en les truffant de péripéties improbables et palpitantes afin d'entretenir l'intérêt du lecteur.

 

Ces neuf épisodes sont précédés d'une excellente préface signée Francis Saint-Martin, qui développe en une quarantaine de pages la naissance de Nick Carter, puis ses différents avatars jusque dans les années 1980, avec pour les éditions françaises Noël Ward comme scripteur ou côté américain Michael Avallone. Dans sa postface Marc Madouraud, chercheur impénitent et passionné, décrit le parcours des aventures de Nick Carter, à l'écran, avec notamment Eddie Constantine, sur les ondes et sur papier, là aussi en une quarantaine de pages. Ces deux préface et postface sont largement pourvues, tout comme les épisodes, de reproductions photographiques des couvertures des aventures de Nick Carter en fascicules ou en livres. Ne serait-ce que pour ces deux textes fort documentés, l'achat de cet ouvrage, indispensable dans une bibliothèque qui se veut complète, éclectique, représentative d'une culture littéraire populaire, serait amplement justifié.

 

Au sommaire donc:

Préface de Francis Saint-Martin.

La maison des Sept démons. Première publication dans New Nick Carter Weekly N°372. 13 février 1904.

La Reine des Sept. N°373. 20 février 1904

Une empreinte énigmatique. N°374. 27 février 1904.

Les adorateurs du Diable. N°375. 5 mars 1904.

Descente de Dazaar aux enfers. N°376. 12 mars 1904.

Le dernier des mystérieux Sept. N°377. 19 mars 1904

Revenu de la tombe. N°394. 16 juillet 1904.

Un pacte avec Dazaar. N°395. 23 juillet 1904.

Mort de Dazaar. N°396. 30 juillet 1904.

Postface de Marc Madouraud

Nick CARTER, le grand détective américain contre Dazaar, l'Immortel Maléfique (traduction de Jean Petithuguenin). Préface de Francis Saint-Martin. Postface de Marc Madouraud. Collection Baskerville. Editions Rivière Blanche. Parution septembre 2016. 554 pages. 42,00€.

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28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 07:53

Bon anniversaire à Barbara Hambly née le 28 août 1951.

Barbara HAMBLY : Les Murs des ténèbres.

Murs des ténèbres, est écrit par un auteur qui n’est pas inconnu des amateurs de Star Trek ou Star Wars.

En effet Barbara Hambly a participé à ces deux phénomènes cinématographiques, télévisés et littéraires, sans compter les jeux de rôle. Toutefois c’est sa première œuvre qui est ici publiée, datant déjà de 1983 et qui s’apparente à une Fantasy située entre le roman de Genefort et la série du Lancedragon publiée au Fleuve Noir.

Dans ce second volet du Cycle de Darwarth, le premier étant Les Forces de la Nuit (Abysses n°2), Gil et Rudy entraînés dans un monde parallèle médiéval, combattent aux côtés du peuple de Dare obligé de fuir les Ténébreux. Ils parcourent le pays sous la neige, le vent, la tempête et se réfugient dans un Donjon dont nul ne connaît véritablement les arcanes.

Le sorcier Ingold et Rudy partent à la recherche du mage Lohiro qui pourrait leur donner la clé de la victoire, et Faucon-de-Glace décide lui aussi d’aller à l’aventure.

Dans le Donjon, les forces magiques et religieuses s’affrontent pour obtenir le pouvoir et être écoutées de La reine Minalde, régente d’un royaume en déliquescence. Elle trouve heureusement auprès d’elle Gil, qui se révèle être une guerrière née tandis que Rudy, en compagnie de Ingold, se découvre le don de sorcellerie.

Au dehors les Ténébreux rôdent, mais ce ne sont pas les seuls. Les Pillards Blancs, les Dooiques (hommes néanderthaliens) s’avèrent de redoutables ennemis tandis que les Pénambriens, eux aussi en exode, souhaiteraient trouver refuge dans le Donjon. Ce que refusent certains responsables malgré l’avis de Minalde car selon eux les vivres ne sont pas inépuisables. Le Donjon recèle ses mystères qu’aimerait découvrir Gil.

 

Gil qui est d’ailleurs une transposition de Barbary Hambly, puisque celle-ci possède un diplôme d’histoire médiévale (elle a également passé une année à étudier à la Faculté de Bordeaux) et est ceinture noire de Karaté.

Mais l’on retrouve également dans ces romans une influence directe de Lovecraft et dans une moindre partie de Tolkien. Un ouvrage dense, qui démarre doucement, l’action n’étant pas la priorité de l’auteur, mais dont l’atmosphère finit par envoûter le lecteur.

Et Barbara Hambly pose une question primordiale par le biais de son héroïne qui combat et tue des renégats pour sauver sa peau. L’homme, l’être humain qui tue sans réfléchir en état de légitime défense est-il plus coupable que le juré qui le condamne à mort dans un esprit de justice ? Mais Barbara Hambly écrit aussi des romans historiques et l’on peut lire toujours au Masque, en Grand Format, L’innocence de Janvier, dont l’action se passe en Louisiane au XIXe siècle.

 

Première édition Collection Club du livre d'Anticipation N°122. Editions Opta. Parution 1986. 416 pages.

Première édition Collection Club du livre d'Anticipation N°122. Editions Opta. Parution 1986. 416 pages.

Réédition Folio SF. Parution 21 juin 2007.448 pages.

Réédition Folio SF. Parution 21 juin 2007.448 pages.

L'intégrale de Darwath. Editions Terre de Brume. 2005.

L'intégrale de Darwath. Editions Terre de Brume. 2005.

Barbara HAMBLY : Les Murs des ténèbres. Le cycle de Darwath, volume 2. (The walls of air- 1983. Traduction de Françoise Maillet). Collection Abysses n° 9. Librairie des Champs Elysées. Parution septembre 1998. 448 pages.

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20 août 2016 6 20 /08 /août /2016 13:07

C'est du cinéma...

Marie-Bernadette DUPUY : Un festival meurtrier.

En réalité, ce volume comporte deux courts romans qui ont déjà été publiés aux éditions le Soleil de Minuit en 1996. Il s'agit de Cognac, un festival meurtrier et de Vent de terreur sur Baignes. Deux historiettes dans lesquelles l'inspectrice Maud Delage est le personnage principal, mais c'est toute une petite équipe qui tient la vedette de ce commissariat d'Angoulême.

Cognac, un festival meurtrier:

Maud Delage, la trentaine affirmée et toujours célibataire, reçoit un appel inopiné qui la plonge dans son passé. Stéphane, son premier amoureux, son fiancé qui l'avait délaissée quelques années auparavant pour aller voir ailleurs si c'était mieux. Il est journaliste-photographe et doit couvrir l'événement annuel du festival du film policier de Cognac, une manifestation qui draine de nombreux amoureux du 7e art, et pour laquelle les acteurs se déplacent, accordant volontiers leurs autographes, pour la plupart.

Toutefois une enquête requiert ses services. Une jeune femme est tombée de quinze mètres, et la réception a été mortelle. Pour l'inspecteur principal Irwan Vernier, un Breton comme Maud Delage qui l'accompagne sur les lieux, il ne s'agit pas d'un suicide mais d'un meurtre. Des traces de strangulations éloquentes apparaissent sur le cou de la morte.

Evidemment, il leur faut s'intéresser aux proches de la jeune morte qui fréquentait depuis un certain temps une adepte du karaté. D'ailleurs, comme les trois mousquetaires, elles étaient quatre à se retrouver régulièrement. Mais une deuxième jeune femme est, elle aussi, la victime d'une tentative de meurtre.

Maud se rend à Cognac afin d'interroger une des amies des deux victimes et presque sous ses yeux, alors qu'elle est en compagnie de Stéphane, un nouveau meurtre est perpétré. Alors qu'elle procède aux premières constations, et que la quatrième compagne est arrêtée, malgré ses dénégations d'en être l'auteur, car se trouvant dans l'appartement de cette troisième défenestrée, un motard surgit voulant la prendre comme passagère sur son engin.

Irwan, Xavier, Maud forment une fine équipe complétée de Dimitri le stagiaire, et du commissaire Valardy. Si l'enquête concernant cette affaire qui met en scène des femmes, toutes lesbiennes ou presque, et insinue donc des crises de jalousie, une autre crise de jalousie risque de perturber les relations amoureuses épisodiques entre Irwan et Maud. Il leur arrive de coucher ensemble mais Maud tient à son indépendance, tout comme Irwan d'ailleurs. Et seul réside à demeure chez Maud, Albert, le chat.

Une intrigue sympathique qui nous plonge dans l'univers lesbien narré avec tact et dont l'épilogue joue sur une partie de cache-cache informative déjà moult fois utilisée.

 

Vent de terreur sur Baignes.

S'étant blessée à l'épaule, lors d'une planque sur un toit en compagnie d'Irwan, Maud Delage est en convalescence chez elle à Gond-Pontrouve, commune sise près d'Angoulême. Sa mère est venue de Bretagne afin de l'aider dans ses taches ménagères, mais cela pèse sur les épaules et le moral de la policière qui s'ennuie. Heureusement, elle reçoit la visite de Xavier qui lui donne quelques nouvelles, notamment une nouvelle affaire qui leur a échue à Irwan et lui. Retrouver un homme porté disparu. Un nommé Raymond Chantrel.

Le cousin banquier du disparu affirme ne pas eu de ses nouvelles depuis cinq mois, et pourtant son compte bancaire est régulièrement ponctionné. Sa maîtresse elle n'a plus de nouvelles depuis quatre mois. Toutefois elle leur apprend qu'il possède, ou possédait une maison à Baignes, au sud du département, en dessous de Barbezieux.

Pendant ce temps à Baignes, un jeune couple vit des moments difficiles. Surtout la jeune femme qui entend des bruits la nuit dans la cave. Les époux, alors qu'ils visitent les lieux, sont surpris de voir le lave-linge se mettre en route toute seule tandis que les néons s'éteignent. Et elle sent come une main sur son épaule, un souffle se propager.

Irwan, Xavier et Dimitri apprennent ces incidents lors de leur enquête et ils convient Maud à participer à leurs recherches. Maud qui a déjà eu maille à partir avec des événements surnaturels.

Ancré dans un registre fantastique, ce court roman permet à l'auteur de nous décrire sa région plus en profondeur que dans Cognac, un festival meurtrier et de mettre en avant quelques sites et monuments remarquables comme le château de Montausier. Xavier se montre féru de l'histoire locale mais ce n'est pas pour autant que l'ouvrage est un guide touristique. Tout s'intègre sans que les digressions géographiques et historiques prennent le pas sur l'intrigue.

Il apparait qu'au cours d'une conversation avec une charmante femme, Irwan ne voit pas le temps passer, ce que je comprends tout à fait. Cependant je m'étonne, qu'en arrivant chez cette dame, il est 16 heures (page 186). L'heure du thé pour certains. Comme Irwan est accompagné de Xavier, celui-ci ne peut s'empêcher d'étaler sa culture sur la région. Et à un certain moment Irwan, regardant sa montre, s'aperçoit qu'il est 15h55. Bigre !Non seulement on ne voit pas le temps passe mais on ne se rend pas compte non plus qu'il recule !

Chateau de Montausier

Chateau de Montausier

 

Ces deux courts romans de charmante facture classique pour l'un, fantastique pour l'autre puisqu'il aborde le surnaturel et ne propose pas un épilogue cartésien, ce qui eut été dommage, se lisent facilement et sont d'aimables divertissements entre deux romans plus complexes.

 

Autre édition : éditions JCL (Canada). Parution 28 août 2013. 326 pages.

Autre édition : éditions JCL (Canada). Parution 28 août 2013. 326 pages.

Première édition : Editions Le soleil de minuit. Parution 1996.

Première édition : Editions Le soleil de minuit. Parution 1996.

Première édition : Editions Le soleil de minuit. Parution 1996.

Première édition : Editions Le soleil de minuit. Parution 1996.

Pour en savoir plus sur les éditions Soleil de minuit et Marie-Bernadette Dupuy n'hésitez pas à vous rendre ici :

Marie-Bernadette DUPUY : Un festival meurtrier. Une enquête de Maud Delage. Editions de l'Archipel. Parution le 15 juin 2016. 336 pages. 19,95€.

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31 juillet 2016 7 31 /07 /juillet /2016 14:38

Avec un billet d'aller-retour pour le pays

du surnaturel ?

Geneviève STEINLING : Partir pour revenir.

Enfant, j'aimais regarder les flammes dans l'âtre de la cheminée. Cela remplaçait avantageusement la télévision. Une distraction comme une autre.

Mais mon plus grand plaisir, c'était de prendre un livre et de m'enfermer dans mon monde secret, lisant avec voracité romans de cape et d'épée, romans d'aventures et romans ou contes fantastiques. Les aventures concoctées, dans des versions destinées aux enfants et parfois édulcorées, rédigées par Paul Féval, Alexandre Dumas, Michel Zevaco, Jack London, Jules Verne, Charles Perrault, les frères Grimm, Andersen, J.M. Barrie, Hector Malot, Charles Dickens, Erckmann-Chatrian, et bien d'autres, m'entrainaient hors du temps. Il m'arrivait de m'identifier aux héros, partageant avec délices et frayeur leurs aventures.

C'était dans les années 50 (1950, je précise), et depuis mes goûts ont évolués, avec des romanciers plus actuels, mais sans renier les précédents auteurs précités. La soixantaine largement dépassée (mais je ne suis pas en infraction au code de la route) je me régale toujours autant avec les mêmes auteurs et des romanciers ou nouvellistes modernes dans le domaine du fantastique, mais pas que.

Ainsi Geneviève Steinling, auteur de pièces de théâtre pour la jeunesse, a su me captiver avec quatre contes qui n'offrent pas de fées, d'enchanteurs, d'animaux au comportement humain, de manifestations magiques, de diables, de monstres, de spectres, mais offrent des possibilités d'entrer dans la frange du surnaturel tout en restant dans le domaine du quotidien.

Ce recueil est donc composé de quatre contes différents dans leur traitement mais qui abordent plus ou moins les mêmes thématiques.

La poupée qui chantait :

Fonctionnaire de police, Christine vient de cauchemarder. Sa fille en était la protagoniste, et Christine déplore l'absence de Jean son mari. Le lendemain matin, elle se voit confier une mission par son patron le commissaire de police. Alors qu'en général elle est affectée à un travail de bureau, voilà qu'il lui demande d'aller récupérer une lettre chez le nouveau propriétaire d'un domaine situé en dehors de la ville. Seulement Christine avait promis à sa fille qu'elles déjeuneraient ensembles. Tant pis, sur l'insistance de celle-ci, Christine emmène son adolescente avec elle recouvrer la missive qui semble fournir des données importantes pour une enquête pas encore résolue. L'ado veut absolument emmener Pierrot avec elle, Pierrot sa poupée de bois avec une tête en biscuit.

Le cordon est coupé :

Se réveiller dans ce qui semble être une chambre d'hôtel, cela arrive à tout le monde. Mais plus inquiétant c'est de ne se souvenir de rien. Que s'est-il passé la veille, et avant. La femme qui l'a fait émerger du sommeil dit s'appeler Maman Alice et elle l'appelle Zack, lui souhaitant bon anniversaire. Les murs sont blancs, nus, sauf une toile représentant un immeuble, aux multiples fenêtres. Celles-ci sont protégées par des barreaux. Une prison ? Pourtant figure un petit panneau avec un H d'inscrit. Un hôpital ? Le tableau est signé D.I.V.A.D. Qu'est-ce que cela signifie ? La porte est fermée à clef, de l'extérieur. Impossible de sortir. De se renseigner également car le cordon du téléphone est coupé. Pourtant la sonnerie l'a réveillé tout à l'heure, Maman Alice lui a parlé.

Marie-Carotte :

A vingt six ans, Rebecca est auteur d'ouvrages pour des enfants. Son héroïne se nomme Marie-Carotte et elle vit par procuration des aventures imaginées et peut-être vécues par Rebecca.

Dans le petit lotissement où est située sa maison, vivent monsieur et madame Picardo, et d'après cette voisine, le docteur, autre habitant des lieux, est un libertin. Ceci intrigue bien évidemment l'esprit curieux de Rebecca. D'ailleurs, le toubib lui propose de participer à l'une des soirées spéciales qu'il organise, une soirée à thème. Mais Rebecca refuse, n'étant pas intéressée par ce genre de rencontres. Un soir, elle aperçoit une voiture se garant devant la maison du toubib. En sortent une femme portant un loup, tenant en laisse un homme simplement vêtu d'un slip et d'un maillot de corps échancré. Décidément Rebecca préfère se consacrer à son nouveau roman mettant en scène Marie-Carotte. Mais ne voilà-t-il pas que cette jeune enfant envahit l'écran de son ordinateur et l'implore en lui demandant de la laisser grandir.

L'esplumoir :

Curieuse rencontre que celle qu'effectue Victor dans une rue, alors qu'il attend de traverser la rue que le feu tricolore passe au vert. Pour lui bien entendu. En face un homme âgé se démène comme s'il voulait l'interpeller. Une situation qui contente Victor : il est écrivain et il recueille sur des bouts de papier le moindre petit fait susceptible de devenir un épisode pour les histoires qu'il rédige à l'aide d'un stylo-plume intarissable. Lorsqu'enfin il peut traverser, l'homme a disparu mais subsiste de sa présence une montre-gousset. Victor est alors entraîné dans une histoire saugrenue. Un vieillard a investi le studio dans lequel il habite et la montre-gousset qu'il a trouvée fonctionne selon son humeur. Mais peut-être va-t-il avoir l'explication de ce phénomène auprès de déballeurs dans un vide-grenier.

 

Le thème de l'enfant, abandonné, volé, adopté dans des conditions particulière est traité dans les trois premiers textes, mais ce sont bien les interférences temporelles qui guident ces contes. Le retour dans un passé proche ou lointain, imaginé ou réel, comme une réalité virtuelle qui engloutit les personnages, les obligeant à vivre ou revivre des aventures qu'ils ont connues ou subies, à moins que ce ne soient que des cauchemars éveillés.

Un autre thème, sous-jacent celui-ci, s'impose. La solitude des personnages, même s'ils vivent en compagnie, s'ils ont des voisins, avec qui parler, échanger.

Geneviève Steinling nous emmène dans des histoires inquiétantes, de celles que l'on pourrait rêver, mais sans pourtant jouer sur l'épouvante ou la terreur. Tout est diffus et pourtant angoissant. Une conteuse à suivre.

 

Geneviève STEINLING : Partir pour revenir. Editions Mon Petit Editeur. Parution le 10 décembre 2015. 130 pages. 14,95€.

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26 juillet 2016 2 26 /07 /juillet /2016 10:00

Bon anniversaire à John Farris né le 26 juillet 1936.

John FARRIS : La forêt sauvage

Whitman Bowers profite de la venue de son fils Terry, quatorze ans et demi, qu'il ne voit que lors des vacances, pour allier plaisir et travail. C'est à dire qu'en plus de quelques excursions de détente, il va visiter les Great Smoky Mountains, principalement la forêt de Wildwood, pour le compte de son employeur.

En effet celui-ci compte bâtir un village de vacances ainsi que des pistes de ski, et Whitman doit étudier sur place si ces projets sont réalisables.

Il va retrouver sur place Arn Rutledge et sa femme Faren. Arn servit sous ses ordres pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Mais Wildwood semble bien être une forêt maléfique. Faren se montre réticente lorsque Whitman lui expose ses projets. Quant à Arn, il est parti à la chasse, mais nul ne sait exactement quel est son gibier.

Wildwood, forêt sauvage, mystérieuses, enchantée, magique, mais aussi maléfique, et qui recèle bien des secrets.

En 1916, il y a un peu plus de quarante ans de cela, lors d'une réception organisée par Edgar Langford, Edgar le Fou, magicien et prestidigitateur à ses heures, passionné d'archéologie et de la civilisation assyrienne en particulier, lors d'une réception donc, ses cinq cents invités et son château disparaissent bizarrement.

Un château immense, construit à la manière des châteaux européens des XVIe et XVIIe siècles, ne peut se volatiliser ainsi dans la nature, et pourtant !

Des manifestations bizarres se produisent de temps à autre. De même apparaissent des personnages étranges, mi êtres humains, mi animaux.

 

John Farris, dont on n'a pas oublié le magnifique Ecailles, paru dans la même collection, nous livre cette fois encore un roman envoûtant, magique, angoissant, moins teinté d'exotisme mais tout aussi prenant, à cause ou grâce à l'ambiance ténébreuse, démoniaque et énigmatique qu'il distille avec un art consommé du suspense d'épouvante.

John Farris semble obsédé, obnubilé, fasciné par les serpents, puisque, tout comme dans Ecailles, ils jouent un rôle important. Mais le serpent n'est-il pas l'origine biblique de la race humaine, tout au moins l'un de ses acteurs principaux.

John FARRIS : La forêt sauvage (Wildwood - 1986. Traduction de Michel Demuth). Collection J'ai Lu épouvante N°2407. Editions J'ai Lu. Parution juin 1988. 448 pages.

Réédition février 2001.

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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 13:53

Un recueil en forme de testament...

Boris DARNAUDET : Chroniques cruelles d'hier et de demain.

Il est difficile pour un chroniqueur de présenter un recueil de textes écrits par un romancier et nouvelliste en devenir parti voir si ce qu'il avait imaginé correspondait à la réalité.

Le 30 août 2015, Boris a décidé de rejoindre le paradis des romanciers. C'est son choix que l'on doit respecter. Pourquoi, comment, faut-il vraiment épiloguer sur ce départ ? Il reste ses écrits, et le mieux pour lui rendre hommage, est de les lire.

Personnellement, je ne connaissais pas Boris. J'ai fait sa connaissance en 1997 avec le roman Daguerra cosigné François et Boris Darnaudet. Après quelques autres collaborations plus appuyées, Boris a décidé de voler de ses propres ailes et son premier texte en solo lu est Le projet Obis réédité dans ce recueil. Puis ce fut La colère des Dieux Aztèques chez Amazon. Plus quelques nouvelles dispersées ici ou là dans des revues mais le plus souvent en collaboration avec François son père, figure tutélaire. Sans oublier la saga de Xavi, De Barcelona à Montsegur (volume 2) et Détruire Roma (volume 3 à paraître), une œuvre collective à laquelle ont participé François Darnaudet, Gildas Giraudeau et Philippe Ward et éditée chez Rivière Blanche.

Ce recueil comprend donc trois romans, Chroniques de Don Emilio, Projet Obis et Le cycle du Cube, une novella Nindô qui devait faire l'objet d'un roman mais reste inachevé et sept nouvelles. Trois d'elles relève du domaine de la SF, les quatre autres du domaine fantastique.

Il est à noter que souvent pour ses romans, Boris les construisait à partir de nouvelles qu'il cannibalisait, le tout formant un texte pourtant très compact.

Par exemple la nouvelle Celui qui sème parue précédemment en solo dans le volume Projet Obis a été intégrée dans Chroniques de Don Emilio. Pour mémoire : Celui qui sème nous invite à effectuer un petit voyage en arrière de quelques siècles au moment où les Espagnols tuaient sans état d’âme et avec la bénédiction de la religion les autochtones des nouveaux territoires découverts par les explorateurs intrépides. Mais imposer sa religion par la force, assassiner, exterminer sans vergogne la population locale est sans compter sur les dieux des contrées ainsi conquises. La nouvelle L'argent du voleur, parue dans Lanfeust Mag N° 152 en 2012, constitue le premier chapitre des Chroniques de Don Emilio. Ces chroniques ont été inspirées par la lecture de La conquête du Mexique par Bernal Diaz Del Castillo, et l'univers de cette invasion espagnole au pays des Aztèques lui avait également fourni la trame La colère des dieux aztèques.

Parmi les nouvelles de SF : Le sas qui est une allégorie concernant la surpopulation. Heng est un employé un peu particulier. Il est chargé de procéder à l’élimination par injection des personnes qui désirent se faire euthanasier. La population a été classifiée et ce matin-là se présente un vieil homme, un quinquagénaire, un SDF classé Epsilon. Justement ce sont ceux-là qui doivent mourir en priorité. Mais les candidats à la mort sont nombreux et volontaires. On retrouve peut-être l’influence de Aldous Huxley et de Le meilleur des mondes avec cette classification alphabétique grecque des individus.

Mille Milliards de New-Yorks est à la nouvelle fantaisiste ce que la chanson à texte est à la chanson de variété. Un peu comme La mémoire et la mer de Léo Ferré par rapport à La danse des canards. C'est beau, de la prose poétique qui se veut joyeuse mais m'a semblé légèrement opaque.

 

Le dernier métier est tout aussi dérangeant que Le Sas, et pourtant bien réel car déjà les prémices se font sentir insidieusement. L'univers des jeux vidéos ou plutôt des joueurs qui consacrent leur vie à cette passion qui devient une drogue. X@ndor777 pratique les jeux vidéos, surfe sur la Gameframe comme 99,99% des citoyens. Et il est tout étonné d'apprendre que d'autres individus se réunissent afin de discuter sans être assujettis à cette nouvelle drogue mentale. Il est ami avec Morpheus, un écrivain-scénariste, la dernière profession existante. Tout le reste est effectué par des machines qui fonctionnent de manière autonome. Et l'amour dans tout cela ?

Parmi les nouvelles dites fantastiques, j'ai particulièrement apprécié La nuit du bayou, qui nous plonge quelque peu dans l'atmosphère d'un vieux feuilleton télévisé, et se range dans ce genre quelque peu délaissé, le western fantastique. Tim l'Irlandais et ses amis, le vieux chamane Chactun et le moine guerrier Li, se présentent chez Richmond, le maire de La Nouvelle-Orléans, dont la fille a disparu. Ils se font fort de la retrouver mais d'autres prétendants détectives sont déjà sur place. Notamment Jim South et son acolyte Artemus Goudron. Mais à cette disparition se greffe une autre histoire, celle de documents dont la valeur est jugée inestimable.

Le cinglé est l'un des premiers textes de Boris et tient en trois pages denses. Fred est paranoïaque et schizophrène, qui pense qu'on lui en veut. Il se méfie de tout et de tous, masquant par un bout de scotch la caméra de son ordinateur et suivant des cours de krav maga. Mais qu'en est-il vraiment et sa défiance est-elle justifiée ?

Dans Réflexions sur la vie et la mort, un extrait du journal de Boris est extrêmement significatif des doutes de l'auteur. Et cette phrase ne peut laisser indifférent :

Si notre vie n'est pas due au hasard, la mort permet de connaître la vérité ou tout au moins est le pas suivant vers la découverte de notre vraie nature.

L'on appelle cela de la folie, mais moi, j'appelle cela de la curiosité.

 

Salut Boris ! Je ne te connaissais pas mais j'ai passé d'agréables heures en ta compagnie !

TABLE DES MATIERES:

Préface de Philippe Ward.

 

Chroniques de don Emilio.

 

Nouvelles de sf

-- Le sas

-- Mille milliards de New-Yorks

-- Le dernier métier

 

Projet obis.

 

Le cycle du cube :

-- Gro-mak-gra-che

-- Le dieu venu d'un autre monde

-- Jérusalem

-- La traque sans fin.

 

Nouvelles fantastiques

-- La nuit du bayou

-- Le cinglé

-- Le père Léon

-- Fin de vie

 

Nindô


Réflexions sur la vie et la mort. Extrait de Journal
Biobibliographie
Bibliographie
Postface de Sergueï Dounovetz.

 

Boris DARNAUDET : Chroniques cruelles d'hier et de demain. Hors collection. Editions Rivière Blanche. Parution 1er juin 2016. 312 pages. 18,00€.

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