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22 août 2017 2 22 /08 /août /2017 08:34

A en perdre la tête…

Jérôme SORRE & Stéphane MOURET : Le Chérisseur de têtes et autres pacotilles pour Le Club Diogène

Combinaison entre le Club des Cinq d’Enyd Blyton et celui des Veufs noirs d’Isaac Asimov, (il en existe d’autres, mais ce n’étaient que deux exemples) voici le Club Diogène créé par Jérôme Sorre et Stéphane Mouret.

Ou plutôt dont les aventures sont narrées par Jérôme Sorre et Stéphane Mouret et créé par Monsieur dont la tête de bébé joufflu repose sur un corps de vieillard et qui intervient de temps à autres dans les récits. « Le club Diogène n’a vœu d’exister que pour contrecarrer l’anesthésie croulante dans laquelle nous maintient la société », déclaration prononcée dans Un péché presque de chair.

Composé de sept membres, cinq hommes, Le Maréchal, D’Orville, Vayec, Franklin et Fédor, et deux femmes, Camille et Lison, ce club évolue dans le Paris de la fin du XIXème siècle, à l’affût de faits divers croustillants et mystérieux.

Ils ne se connaissent que par leur nom d’emprunt, et ne possèdent aucune précision sur leur vie privée. Ils se réunissent le soir rue du Tonneau dans une suite, la 52, d’un hôtel décrépit, l’hôtel Impérial. Ils peuvent se chamailler pour un rien, cela devient un jeu, une joute verbale.

Dans Attention : Traquenard, la nouvelle qui introduit nos personnages, le lecteur est invité à les rencontrer, en chair et en os, une expérience déchirante.

Une amie commune se déroule pendant la semaine sanglante, fin mai 1871. Les Versaillais et les Communards s’affrontent dans des combats sans merci, alors que les denrées viennent à manquer. Le Maréchal, le plus âgé du groupe, accompagné de Lison et Fédor, sent que La Bosse, entité diabolique qui se repaît de la chair fraîche, va sortir de son trou. Tous trois tentent de la pourchasser, de l’annihiler, jusque dans les gargouilles de Notre-Dame ou dans les égouts parisiens jusqu’au Père Lachaise.

Dans Chef d’œuvre, Le Maréchal, doyen du club, vient d’assister à un événement étrange. Un homme s’est emparé de la tête d’un condamné à mort et du panier qui la contenait, avec l’aval du bourreau qui a actionné la guillotine. Qui est donc cet homme, et pourquoi cette emplette d’un genre macabre ? C’est ce que vont s’attacher à découvrir les membres du Club Diogène, dans une enquête qui donnera quelques sueurs froides à l’un d’eux et mettra en scène un personnage mystique et collectionneur.

Ça pour une… met en scène une étrange bestiole tandis que dans Stupre une séance de spiritisme va se clore au cimetière du Père Lachaise.

 

Ce club de l’étrange est un recueil de onze nouvelles plaisantes à lire, écrites dans une langue savoureuse. Cet opus, premier d’une série qui en comporte plusieurs, joue avec la terreur, l'épouvante, mais sans artifice grandguignolesque ou outrageusement sanglant quoique certaines scènes se révèlent assez dégoulinantes. Bref un petit bonheur de lecture.

Un conseil, si vous désirez acquérir cet ouvrage que je vous recommande fortement, évitez de passer par la Zone mais commander le directement chez l’éditeur, cela vous reviendra moins cher et il sera neuf.

 

Jérôme SORRE & Stéphane MOURET : Le Chérisseur de têtes et autres pacotilles pour Le Club Diogène (1871-1877). Collection Absinthes, éthers, opiums N°9. Editions Malpertuis. Parution décembre 2009. 402 pages. 18,00€.

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16 août 2017 3 16 /08 /août /2017 10:03

Où Panthéra passe, l'ennui trépasse !

Pierre-Alexis ORLOFF : La mère de Panthéra.

Il aura fallu attendre trois ans pour retrouver nos amis, Panthéra et consorts, que l'on avait laissé en piteux état, dans une situation périlleuse mais pas désespérée, quoique, on ne sait jamais avec l'auteur. Certains protagonistes ont quitté définitivement la scène, d'autres sont mal en point physiquement et moralement.

Heureusement, grâce à la magie des blogs, dont celui-ci en particulier, vous pouvez suivre en intégralité ou presque cette histoire ô combien édifiante, pittoresque, démoniaque, échevelée, et tout ce que vous voulez de positif, en quelques jours.

Donc Panthéra a réussi à s'échapper mais elle a été touchée gravement à une jambe par les balles tirées par l'inspecteur (stagiaire) Carlier. Elle se réfugie derrière une voiture, affalée sur le trottoir, et elle sera récupérée quelques temps plus tard par son amie Tanya, qui avait senti l'embrouille venir grâce, ou à cause, d'un article journalistique écrit par Renouard dans Soir Nouvelles.

Article qui d'ailleurs a engendré en partie cette réunion inopinée. Et Renouard s'en mord les doigts tout en buvant, rentré chez lui, verre sur verre, ce qui l'oblige à rester cuver dans son lit et même par terre. Ce qui n'est pas plus mal, pendant ce temps il n'écrit pas n'importe quoi, même s'il approche plus ou moins de la réalité.

Carlier a préféré tirer sur Panthéra au lieu d'abattre Faustus le faune, le laissant s'enfuir rapidement, juché sur ses sabots sans passer par la Lorraine. Et cet incident va lui coûter cher. Va leur coûter cher devrai-je préciser. Car Fautus est mis à l'index par son employeur Marcel, enfin par son fils Antoine, qui n'apprécie pas vraiment le genre de bévue dont s'est rendu coupable le satyre. Quant à Carlier, il se voit proposer une promotion loin de Paris, à Cahors. Il ne se résigne pas à entrer dans un placard et préfère démissionner, au grand dam de sa femme qui ne s'était marié avec lui que parce qu'il avait embrassé la profession de policier. Ah, l'amour de l'uniforme ! Et Carlier est embauché par l'avocat Formellot pour réaliser quelques opérations de filature.

Passons rapidement sur la présence d'Erynia, la nymphe qui accompagnait Carlier, sur les blessures de Percival Arlington qui s'en remettra, et les autres participants de cette joyeux rassemblement qui aurait pu tourner au drame, et tournons notre regard vers Marcel Duchard qui a la bonne idée de décéder, Antoine ayant décidé de prendre définitivement sa place. Et son amie Berthe Windgassen se mue en Jane Camden, afin de ne pas dépareiller par rapport à son ami Duchard fils.

 

L'article de Renouard ne pas inaperçu non plus d'un ancien nazi réfugié en Bolivie, et qui fut vingt ans auparavant le complice de Duchard, de Windgassen, et d'un prêtre, Honorin, devenu prélat. Et Heinrich von Verschtaufen, ancien colonel de la Waffen SS, décide de venir à Paris, endroit qu'il n'a pas fréquenté depuis des années alors qu'il se rend régulièrement à Londres.

 

Et voilà, tous les personnages sont mis en place ou presque. Dorilien le farfadet compagnon habituel de Faustus, a eu la tête tranchée par Panthéra, mais ne le plaignons pas, il le méritait.

Non, l'incident primordial a été déclenché par Faustus le satyre qui avait commencé à envoûter Panthéra, obligeant la jeune femme à retirer sa cagoule et à avouer son nom, Alice de Sérigny. Et ce patronyme fait réfléchir Marcel/Antoine Duchard et Berthe Windgassen/Jane Camden. Une hypothèse qui les laisse rêveurs se forge dans leurs esprits, les ramenant vingt ans en arrière.

 

Aventures endiablées pour ce troisième opus et ce n'est pas fini, tant mieux pour le lecteur qui se prend d'addiction pour Panthéra. D'autant que l'auteur en révèle un peu plus sur la genèse en incluant dans son récit des épisodes qui se sont déroulés en octobre 1943. Rappelons que les événements décrits se déroulent eux en 1963.

Michel Pagel, zut je l'ai dit, Michel Pagel signe donc un roman-feuilleton en tout point remarquable sans omettre quelques références littéraires, voulues ou non.

Ainsi, si Michel Pagel a pris pour pseudonyme Pierre-Alexis Orloff, ce n'est pas innocent. Mais disséquons, un peu seulement, faut en laisser pour les autres.

Orloff, de son prénom Tania, n'est pas un rôti, mais un personnage de la série Bob Morane. Et on retrouve une Tanya dans ce feuilleton. Tandis que le prénom Pierre-Alexis nous renvoie à Pierre-Alexis de Ponson du Terrail, le créateur de Rocambole, d'ailleurs les aventures de Panthéra sont effectivement rocambolesques. Et puisque l'on cite le nom de Terrail, signalons au passage que le supérieur hiérarchique de l'inspecteur stagiaire Carlier se nomme Duterrail. Et précisons que le commissaire chargé de reprendre l'affaire retirée à Carlier s'appelle Malet, Léon Malet. Comme le monde est petit ! Mais les grands hommes ne manquent pas ! Et pour finir la romancière Marie-France d'Aygues-Vives, dont Alice de Sérigny est la secrétaire lorsqu'elle n'enfile pas la combinaison de Panthéra, écrit un roman qui a pour titre Marion. Faut-il y voir un clin d'œil à la série des Marion de Georges-Jean Arnaud, quinze romans au total publiés sous le pseudonyme d'Ugo Solenza ? Georges-Jean Arnaud, né à Saint-Gilles du Gard, commune du Gard, tout comme, non pas Aygues-Vives qui se situe en Haute-Garonne, mais Aigues-Mortes.

 

Pour commander cet ouvrage, placez le curseur de votre souris sur le lien suivant :

Si vous préférez la version numérique c'est par ici :

Pierre-Alexis ORLOFF : La mère de Panthéra. Panthéra, roman feuilleton, épisode numéro 3. Introduction de Jean-Marc Lofficier & Jean-Luc Rivera. Collection Noire N°69. Editions Rivière Blanche. Parution novembre 2014. 248 pages. 17,00€.

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11 août 2017 5 11 /08 /août /2017 09:02

Par ce jeu de dupes :
Voir sous les jupes des filles.


 

François FIEROBE: Les spectres d'Eiffel.

Ou sous celle de la Demoiselle en fer, surnom donné à la Tour Eiffel !

Combien de visiteurs de toutes nationalités se pressent entre ses quatre piliers afin d'apercevoir ce qui se cache sous cette structure métallique s'élançant à l'assaut des nuées ?

Mais tous ces touristes savent-ils que cette Demoiselle en fer n'est pas en réalité la vraie, qu'il ne s'agit que d'une simple copie ? Du moins, c'est ce que longtemps le grand-père a voulu faire croire au narrateur, lui contant une affabulation que longtemps celui-ci prit pour argent comptant. Ce n'est que bien plus tard que le narrateur s'aperçut de cette supercherie, pourtant il était tombé amoureux de ce monument qui gratte les nuages. Et par la suite il s'installa près de la Tour Eiffel afin de la voir le plus souvent possible et de rechercher, traquer les secrets qui l'entourent.

Et parmi cet entourage invisible, les Eiffelines, des ectoplasmes qui hantent la Tour sans indisposer qui que soit, comme de petits papillons invisibles.

Mais bientôt il s'aperçoit qu'il n'est pas le seul à rechercher les secrets de la Tour. Les Eiffeliens, les Eiffelopathes, les Eiffelographes et autres amoureux de la Demoiselle en fer tournent autour des piliers, grimpant les étages, s'arrêtant aux plateformes, recueillant témoignages, épisodes, historiettes, plans, tout ce qui peut avoir un rapport quelconque avec les structure et son constructeur. Son constructeur mais également tous ceux qui travaillèrent à son érection, car Eiffel n'était pas seul à dessiner les plans, à imaginer cette toile d'araignée.

C'est ainsi qu'il fait la rencontre de Hugues Larigaudière, ancien ingénieur passionné d'histoire des sciences et aux découvertes scientifiques des siècles précédents, et d'un autre historien, Henri de la Vergondière. Et de rencontres en rendez-vous, le narrateur approfondit ses connaissances et surtout il va se plonger dans un véritable conte eiffelien grâce à Cressot-Blossière, guide touristique érudit qui enchante les visiteurs grâce à des péripéties qu'il invente pour happer l'intérêt de ses interlocuteurs. Seulement tout ce qu'il dévoile n'est pas à prendre au pied de la lettre et encore moins à ceux de la Tour Eiffel.

 

Un voyage onirique, scientifique, merveilleux, fabuleux, inspiré d'histoires réelles et de fictions, mais si bien narrées, enrobées de détails si réalistes que le faux devient vrai et inversement. Des histoires charmantes, étonnantes, merveilleuses, fabuleuses, à vous faire perdre la tête parfois, mais toujours empreintes d'une certaine forme de réalisme qui confine à une authenticité que l'on ne peut mettre en doute tellement l'auteur y apporte des détails sur des événements qui auraient pu réellement se dérouler.

Ce roman est suivi de Folklore, fictions et fantômes de Jean Mazepin, un texte édité dans une petite revue, Le piéton singulier, un fascicule édité à l'usage de sa famille et ses amis.

 

Avec ce roman le lecteur prendra de la hauteur.

François FIEROBE: Les spectres d'Eiffel. Collection LoKhaLe N°5. Editions de La Clef d'Argent. Parution 22 juillet 2017. 210 pages. 9,00€.

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10 août 2017 4 10 /08 /août /2017 13:41

Faut-il toujours suivre son instinct ?

Vincent VILLEMINOT : Instinct 1.

La vie de Timothy Blackhills a basculé en même temps que la voiture, dans laquelle il rentrait à la maison familiale, effectuait des tonneaux sur la route qui le conduisait, lui et ses parents ainsi que son frère Ben, de Seattle à Missoula.

Il était tout content de retrouver son frère ainé qui revenait du Canada quand soudain l’accident se produisit, sans cause particulière. Assommé, il se réveille ensanglanté. Plus grave ses parents sont décédés, quant à son frère il n’est pas sûr qu’il respire encore. Mais Tim ne se sent pas dans son état normal.

Il essaie de s’extraire du véhicule, avec difficulté, comme si ses mains n’étaient plus des mains, comme s’il ne pensait plus en adolescent, comme s'il réagissait en animal. Lorsqu’il se réveille de son coma quelques heures plus tard, il est entièrement nu, près d’une cascade, loin du lieu de l’accident. A l’hôpital où il a été emmené par les secours, alertés par un couple d’automobilistes, il se confie auprès d’un psychiatre.

Il se souvient qu’il était, mais n’est-ce qu’un rêve ou un cauchemar, un grizzli, une bête assoiffée de sang. L’expert après lui avoir fait passer un IRM afin de déterminer l’état de son cerveau lui annonce qu’une sommité va s’occuper de son cas. En attendant c’est Warren, un policier du DEA, Drug Enforcement Administration, qui l’interroge sans ménagement. D’ailleurs il lui annonce sans détour qu’il suppose que Tim est à l’origine de l’accident ainsi que de la mort de son frère, qu’il sait pertinemment que Ben et lui s’adonnaient à la prise de produits illicites, herbe et amphétamines, et peut-être d’autres produits dont un qui circule depuis peu et à l’origine de meurtres.

Warren le harcèle mais heureusement le docteur McIntyre lui propose de le soigner dans un institut spécialisé, l’Institut de Lycanthropie, situé dans les Alpes françaises. Tim, qui est bilingue car sa mère était française, accepte bien évidemment, ce qui lui permet d’échapper à Warren, d’autant que le médicastre lui affirme qu’il pourra, s’il le désire, quitter l’établissement au bout d’un mois de soins.

L’Institut de Lycanthropie est une sorte de petit village accueillant de nombreux résidents ressentant les mêmes effets de métamorphose. McIntyre réfute un quelconque délire schizophrénique mais parle plutôt de métamorphanthropie. Pour une raison ou une autre, le sujet atteint de cette forme de pouvoir de transformation, devient un anthrope et plus particulièrement comme dans le cas de Tim d’arktanthropie.

Tim est installé dans un petit chalet, un mazot, dans lequel vivent déjà deux autres résidents : Flora, quinze ans et férue d’informatique, et Shariff, douze ans qui ponctue ses dialogues de citations empruntées à Lao-Tseu, Rousseau, Victor Hugo…

Dans le bâtiment principal un étage est réservé à la bibliothèque contenant des milliers de volumes anciens traitant de la lycanthropie et des métamorphoses, essais, recueils de contes, légendes diverses du monde entier. Mais Tim n’a qu’une idée en tête, s’échapper. Et aussitôt qu’il le peut il met son projet à exécution, malgré les mises en garde des surveillants-éducateurs-encadrant.

En compagnie de son frère Ben il escaladait souvent des falaises, des escarpements, des montagnes, et son escapade ne lui fait pas peur. Gravir des hauteurs rocheuses difficiles pour le commun des mortels n’est qu’un jeu pour lui. Ce qui l’est moins, c’est de se retrouver nez à nez avec des chasseurs qui sillonnent les environs, n’attendant qu’une proie se présente devant leurs bâtons fumants.

 

Le lecteur pourrait se sentir frustré d’attendre quelques mois, comme dans la plupart des séries, pour connaître la suite des aventures de Tim et de ses nouveaux compagnons, Flora et Shariff, car tout n’est pas explicité dans l’épilogue.

L’éditeur signale que ce roman est destiné aux plus de quatorze ans. Je dirais même plus, de quatorze à cent-quatorze ans. En effet l’auteur déclare : Je voulais faire un roman pour adolescents et jeunes adultes qui ait une certaine dureté dans un certain nombre de scènes, pour être en confrontation avec un réel qui peut, pour eux, être effrayant. Et en effet certaines scènes se révèlent fortes, comme dans un thriller pour adultes. Et même si le thème du roman emprunte au fantastique, certains faits décrits peuvent mettre l’imaginaire des enfants en confrontation avec des images dures, mais pas forcément insoutenables.

Les enfants sont habitués à pire, ne serait-ce que dans certains jeux vidéo, quoi qu’en disent les concepteurs. Mais les relations entre les personnages amènent le lecteur à comprendre qu’il faut savoir se montrer tolérant, réagir en ne pensant pas qu’à soi, se mettre en osmose avec les autres, comprendre les sentiments, les émotions, les réserves, qui nous animent et animent ceux avec lesquels on vit. Faire la part des choses, et accepter les différences. De mettre en commun ses ressources physiques et mentales afin de dénouer les problèmes, les pièges qui se présentent. Bien sûr ce n’est qu’un roman, et l’auteur ne cherche pas à énoncer une morale comme bon nombre d’auteurs du XIXème et du XXème siècle le faisaient, mais à rendre une histoire vivante, pleine de bruit, de fureur et d’émotions.

Je ne jure jamais, parce que tout ce que je dis est vrai, Timothy. Seuls les menteurs ont besoin de jurer, pour indiquer qu’il leur arrive parfois de dire la vérité.

Première édition Collection BLAST. Editions Nathan. Parution avril 2011.

Première édition Collection BLAST. Editions Nathan. Parution avril 2011.

Vincent VILLEMINOT : Instinct 1. Réédition Pocket Jeunesse. Parution août 2014. 480 pages. 6,95€.

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5 août 2017 6 05 /08 /août /2017 06:59

Entre Fantômette et Madame Atomos, n'hésitez pas : Panthéra est là !

Pierre-Alexis ORLOFF : Panthéra contre Faustus.

Mais qui est cette Panthéra qui défraie la chronique, pas plus tard que la semaine dernière, c'est à dire en temps compensé, le 22 octobre 1963 ? Nul ne saurait le dire, pas même François Renouard, journaliste au quotidien Soir-Nouvelles, pourtant toujours bien informé.

Maître Joseph Gorvain, notaire à Corbeil-Essonnes, a été retrouvé mort dans son étude, et si le crime n'est pas formellement établi, une carte signée Panthéra sur laquelle est suscrite la phrase suivante, la vengeance est mienne, a été déposée près du corps.

Or une semaine auparavant, à quinze kilomètres de là, à Saint-Firmin sur Essonne, Mrs Margareth Arlington avait été assassinée, et les témoins, Percival le fils de la victime, et Mireille, la domestique, avaient décrit la meurtrière comme féline. Et coïncidence c'était ce même notaire qui avait procédé à la vente des Peupliers, la propriété des Arlington, à la fin de la guerre.

Un article journalistique qui n'échappe pas à Antoine Duchard, l'héritier de Marcel, industriel dans l'armement et l'aéronautique. Enfin, fils de Marcel, c'est à voir, car il s'agit de Marcel qui grâce à un artifice, disons démoniaque, est resté jeune et pour la galerie a pris sa propre succession. Antoine Duchard fait part de sa lecture à son amie Berthe Windgassen qu'il a connue durant la guerre, grâce à des accointances avec un officier Allemand. Bertha est devenue Bertha Camden, Lady Dunsmore, a hérité de la propriété les Peupliers, et de temps à autre se mue en miss Jane Camden, sa nièce. Elle vit actuellement dans le Devon, secondée par son majordome et amant occasionnel James Fischer.

Il demande, ordonne pourquoi ne pas employer les termes exacts, à Faustus, le satyre, le faune, et son compagnon Dorilien, le farfadet, tous deux faëriens, de découvrir qui se cache sous l'enveloppe de Panthéra. Les Faëriens sont issus d'une lointaine entité ayant pignon sur rue, puisqu'une ambassade de Faërie est implantée à Londres.

 

Alice de Sérigny est depuis peu la secrétaire de Marie-France d'Aygues-Vives, romancière et rédactrice d'un hebdomadaire féminin, ce qui déplait fortement à Tanya Morin, son amie d'enfance et même plus, puisqu'elles ont été élevées ensemble, mais pas que. Tanya, dont le nom d'emprunt est Farnèse, est chercheuse auprès du professeur Bellières, dans un domaine particulier, celui de l'influx nerveux face à l'envoi de fausses informations. Tanya, qui est handicapée, bossue et pied-bot, est quelque peu jalouse mais il faut bien faire avec sa colocataire-amie. D'autant qu'Alice doit ressortir ce soir, après la réception littéraire à laquelle elle a assisté, et redevenir le temps de quelques heures Panthéra, celle dont tout Paris et la France parle, et pas obligatoirement en bien.

Ayant enfilé sa combinaison noire et sa cagoule, Panthéra se rend aux Peupliers afin de vérifier, parmi les papiers, l'acte de vente de la propriété. Seulement l'inspecteur (stagiaire) Carlier a disposé deux hommes afin de garder la demeure et ses occupants. Une demeure dans laquelle elle a vécu les premiers mois de sa vie et dont le blason porte encore les armes de la famille Sérigny. Elle s'introduit dans la pièce où se trouve déjà Percival et celui-ci est tout de suite subjugué par la jeune femme. Mais Mireille, qui a subi les foudres peu avant de son amant de patron, ne peut s'endormir et elle perçoit des bruits. Curieuse, elle aperçoit Panthéra qui s'introduit dans la pièce et immédiatement alerte le policier en faction. Le drame couve, car lorsque le policier veut intervenir, le démon qui est en Panthéra prend du poil de la bête et non seulement se défend mais attaque. Le policier est grièvement blessé, Panthéra peut s'échapper mais le mal est fait.

 

L'inspecteur (stagiaire) Carlier, ami de Renouard le journaliste, est aussitôt sur les lieux, enquêtant et accusant Percival de connivence. Carlier possède d'autres accointances, dont Erynia, la nymphe, et lui fait part de la présence possible d'un démon. Erynia révèle cette information à son compère Sargo, le centaure, et celui-ci embarque pour l'Angleterre et plus précisément dans le Devon, chez lady Dunsmore. Sargo, le faune, et Erynia, la nymphe, sont deux Faëriens, chasseurs de démons, et ne jouent pas dans la même cour de récréation que Faustus et Dorilien.

 

Cette histoire prend sa genèse, du moins une grande partie, durant la seconde guerre mondiale, et en cette année 1963, soit vingt ans après, rien n'est effacé, rien n'est oublié, rien n'est terminé.

A l'instar des grands feuilletonistes des siècles précédents, de Dumas à Léon Sazie, en passant par Féval, Zevaco, Arnould Galopin, Souvestre et Allain, et quelques autres, Pierre-Alexis Orloff, qui est un pseudonyme bientôt dévoilé, construit avec Panthéra une œuvre magistrale, dont les différents volumes se lisent indépendamment mais se suivent, l'épilogue relançant l'action, et comme l'on sait, action - réaction. Car les réactions sont nombreuses et les épisodes s'enchaînent sans discontinuer, le lecteur ne prenant même pas le temps de souffler, à peine celui de boire et de manger.

Un roman épique mélangeant avec bonheur les genres, allant du fantastique au policier, du dramatique au mystérieux, avec incursion historique, et un côté sentimental et familial dont étaient friands les auteurs précités, sans oublier Xavier de Montépin et Hector Malot.

Mais les personnages ne sont pas tous issus de la fiction et de l'imaginaire de Pierre-Alexis Orloff. Ainsi sous le nom de Marcel Duchard, puis de son "fils" Antoine, industriels dans l'armement et l'aéronautique, on ne manquera pas d'accoler ceux d'industriels ayant réellement existé ou vivant encore, le fils entretenant quelques indélicatesses avec la justice. Quant à Maître Roger Formellot, il possède un air de ressemblance avec René Fleuriot, célèbre avocat d'après-guerre.

Et l'on pourra poursuivre les aventures de Panthéra bientôt avec les autres titres de cette série qui ne manque pas d'allant, d'humour, de piquant, et d'imagination. Et surtout on apprendra que les amours entre personnes de même sexe parfois peuvent sauver la vie, ou pas.

 

Pour commander ce livre, version papier, une seule adresse :

 

Mais si vous préférez la version numérique, n'hésitez pas, c'est par ici :

Pierre-Alexis ORLOFF : Panthéra contre Faustus. Collection Noire N°30. Editions Rivière Blanche. Parution juillet 2011. 228 pages. 17,00€.

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25 juillet 2017 2 25 /07 /juillet /2017 09:42

C'est un beau roman, c'est une belle histoire...

Gabriel JAN : Rien que pour la vie.

Sur l'île de Yéchos, sise sur la planète Ebtun, la vie semble idyllique, paradisiaque, ses habitants, les Adils, se suffisant de peu. La pêche, l'agriculture, l'élevage leur fournissent les ressources nécessaires à leur alimentation, et à la confection de leurs vêtements de peau.

Sept Veilleurs, disséminés sur les côtes, en des points stratégiques et au centre de l'île, ont pour charge de veiller, comme leur nom l'indique, sur cette communauté issue de nombreux métissages, et de servir d'historiens-géographes, notant sur des feuilles de papier fabriqué par quelques îliens, les événements qui se produisent. Les Veilleurs demeurent dans des chamnes, appelées également tours, des arbres immenses au tronc creux dans lesquels sont disposées plusieurs pièces situées les unes au-dessus des autres. Il existe également des Voyageurs-Veilleurs, dont certains sont actuellement sur la Terre, recueillant entre autres des graines et des plantes qu'ils ramènent sur Yéchos, se déplaçant à l'aide de vecteurs spatiaux formés à l'aide d'heptalions, des cristaux dotés de pouvoirs magiques.

Sur Yéchos, règne l'harmonie et l'amour. Il n'existe pas de villages, de chefs de clans, de religions, de lois, pas de rétributions pour le travail accompli. Seule l'entraide guide ce peuple libre.

Un jour, Craël, qui déguste des coquillages fournit par la nature, ouvrant les bivalves à l'aide d'un couteau à lame d'obsidienne, est interrompu dans sa cueillette par Fra, la louve. Elle communique par télépathie avec le jeune homme, lui annonçant une mauvaise nouvelle en provenance de l'un des Veilleurs, Mogius, nouvelle qu'il doit transmettre à Melzaar, autre Veilleur dont Craël est le disciple.

Tout comme Craël, Melzaar se demande pourquoi il n'a pas transmis son message par télépathie comme il est de coutume, préférant demander à Fra la louve de se charger de communiquer que des événements mystérieux se produisent. Les cristaux, dont les Vélions que portent les Adils en sautoir, se ternissent, devenant opaques, comme les perles dans les huîtres lorsqu'elles meurent. Des arbres de différentes espèces se couvrent de plaques grisâtres, comme si un champignon provoquait une sorte de chancre ou de dartre. Une maladie que les prédécesseurs des Adils, les Arhems, avaient connue et subie avant d'être éradiquée.

Ce phénomène inquiétant amène Melzaar à envoyer Craël se renseigner d'abord auprès de Mogius puis peut-être découvrir l'Arme des Anciens, en la cité en ruines d'Alinor. Avant d'entreprendre ce long voyage, plusieurs centaines de kilomètres, qu'il devra parcourir à pied, ne devant en aucun cas sliter, le slite étant une sorte de saut de puce qui permet des déplacements rapides mais demandant beaucoup d'énergie, et surtout ne pas user de télépathie, afin de ne pas avertir leurs ennemis, si ennemis il y a. En effet selon des informations, des Furtifs, comme des spectres composés de particules, se sont manifestés en plusieurs endroits.

Craël fait ses adieux, temporaires, à Oféa, sa belle compagne qui attend leur premier enfant, malgré la peine engendrée, et le voilà parti pour une série d'aventures périlleuses. En cours de route il rencontre un couple et leur garçon Loûn, qui possédant certains dons, devient son compagnon de route.

Cette épopée, ce voyage initiatique au cours duquel Craël affrontera dangers de tout nature, découvrant à ses risques et périls des tablettes sur lesquelles sont gravés des sortes d'hiéroglyphes que les Veilleurs devront déchiffrer, tandis que les Govons, des ennemis héréditaires qui semblaient avoir oublié les Adils, se manifestent à nouveau, et que des heptalions sont nécessaires afin de permettre aux Voyageurs-Veilleurs de regagner la planète Ebtun.

 

Cette histoire pourrait être la parabole de notre monde dans lequel l'argent n'existerait, histoire ancrée sur une île d'une planète imaginaire, dont les habitants vivent en autarcie et en paix. Plusieurs messages sont délivrés dans ce récit profondément humaniste et écologique. Tout est basé sur l'entraide, l'échange, et les Adils ne tuent les animaux que pour se sustenter. Ils se nourrissent de coquillages, de poissons, de baies et de racines, de laprats cousins des lapins, et de bovidés dont ils gardent la peau afin de se vêtir.

Seulement, aux manifestations recensées sur les arbres s'ajoutent des méfaits qui ne sont pas sans conséquences sur la survivance de la faune et de la flore, et des humains.

Ainsi page 48, peut-on lire :

J'ai remarqué que les abeilles semblent parfois un peu désorientées. Certaines ne retrouvent pas leur ruche, d'autres meurent, et les essaims diminuent... Si l'hécatombe se poursuit, il n'y aura bientôt plus d'abeilles, donc plus de pollinisation, plus de fleurs, plus de fruits, et plus de légumes sans doute. C'est notre alimentation qui est en jeu.

 

Quand aux Govons, ils peuvent être la métaphore des politiques asservis aux banquiers.

Les Govons, comme bien d'autres peuples, dont celui de la Terre, ne possèdent pas notre esprit ni notre perception de l'existence. Ils n'ont que des civilisations superficielles, d'un affligeant matérialisme, toutes étayées par une loi unique : celle du plus fort.

C'est une forme d'hommage à tous les persécutés, les opprimés, qui sont spoliés de leur terre par des envahisseurs.

Un roman utopique, dans l'esprit du Meilleur des mondes d'Aldous Huxley, mais dont la portée est différente car il ne s'agit pas ici de dénoncer le matérialisme et le capitalisme, voire l'esclavagisme, mais de prôner un retour à la nature, sans forcer le trait parfois consumériste de la culture biologique récupérée par les grandes marques et les grandes enseignes, et surtout de la vie en commun, sans jalousie, sans compétition délétère, sans rivalité, sans cette envie d'écraser l'autre.

 

Gabriel JAN : Rien que pour la vie. Collection Blanche N°2144. Editions Rivière Blanche. Parution août 2016. 208 pages. 18,00€.

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19 juillet 2017 3 19 /07 /juillet /2017 08:42

François Angelier aime les Mauvais genres....

ANGELIER : Le Templier.

Le grand frisson, ce n’est pas fatalement la palpitation ressentie en compagnie d’une personne du sexe opposé (merci Guy Béart), mais celui aussi éprouvé à la lecture d’un livre, pas forcément érotique, qui procure ce dressement du poil sur la peau par l’ambiance, l’atmosphère qui s’en dégage.

Ainsi certains romans où l’angoisse prime, nourrissant cette appétence de peur qui dès notre plus jeune enfance se déclare, par le truchement des contes et légendes narrées par nos parents ou lu dans des versions édulcorées, qui vont du Petit Chaperon Rouge au Chat Botté en passant par bon nombre d'historiettes qui aujourd’hui font sourire.

 

L’abbé Valério Mazetti occupe au Vatican une fonction reposante en diable (zut, ça m’a échappé !). Il officie au bureau de presse et navigue au milieu de dossiers, d’articles, de paperasses à ranger. Bref pas de quoi se fouler les méninges et par là même se garder d’agréables moments de loisirs pour satisfaire une passion honnête, la peinture animalière.

Il est dérangé dans son antre par un appel téléphonique pour le moins curieux émanant du père Gorz, surnommé le porte-flingue de Sa Sainteté. Valério doit transmettre un dossier hyper confidentiel à Paris à un homme surnommé Le Templier qui est chargé de résoudre des affaires particulières et énigmatiques en relation avec la religion et pour ce faire il est assisté d’un nain, spécialiste d’informatique, et d’une sœur dont la particularité est d’expier les fautes d’autrui en se flagellant et dotée de pouvoirs supra normaux.

Berthe, une vieille fille, alors qu’elle passait quelques jours de vacances en baie de Somme, a cru voir, d’ailleurs elle en est persuadée, son neveu Loïc, décédé des années plus tôt lors d’une chute en montagne, jouer sur une île proche du rivage en compagnie d’autres personnes dont les activités sont immuables : taper dans un ballon, construire des châteaux de sable détruits par la marée et reconstruits inlassablement, et autres fariboles. Un autre couple a eu la même vision, pourtant, pour les yeux du Templier et de ses compagnons, qui se rendent sur place, cette île est déserte.

Toutefois l’endroit est malsain. La gare semble abandonnée, le seul hôtel du pays est désert, ce qui est normal pour la saison, mais délabré et à la construction bizarroïde, un couvent de religieuses jette sur le pays une aura de maléfice et draine les rumeurs suspicieuses. Et puis, Berthe, désirant rejoindre l’îlot, a été mordue par une murène capucine, une bestiole qui a disparu des continents sous-marins depuis des siècles. Or la reproduction de ce poisson prédateur est affichée dans les chambres.

 

Avec ce roman François Angelier nous plonge dans une atmosphère de fantastique, d’épouvante, d’angoisse, d’épouvante, sévissant dans un monde occulte régi par la religion et la terreur, où l’horreur va crescendo. Frissons garantis pour ce premier ouvrage qui devrait être le premier d’une longue série consacrée au Templier, du moins je l’espère, les affaires que celui-ci devrait être à même de résoudre ne manquant pas. Le Templier a reçu le Prix du Roman Fantastique du festival de Gérardmer, Fantastic’arts, ce qui est fort mérité, nonobstant que je ne connais pas les autres manuscrits qui étaient en lice.

ANGELIER : Le Templier. Collection moyen format. Editions du Masque. Parution 24 janvier 2001. 234 pages.

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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 12:18

Pierre Pével se met en trois pour votre plaisir, une fantasy de sa part...

Pierre PEVEL : La trilogie de Wielstadt.

L’univers de la Fantasy n’est pas un genre réservé aux anglo-saxons, et les petits Français (terme qui est loin d’être n’est pas péjoratif, au contraire) ont aussi leur mot à dire dans ce domaine littéraire. Et Pierre Pével le démontre avec talent.

 

Les Ombres de Wielstadt : Durant l’hiver 1620, le chevalier Kantz revient à Wielstadt, une ville germanique qui vit à l’heure d’un protestantisme mal accepté, protégée par un dragon volant. Le chevalier, qui possède des notions de la Kabbale, se lance dans une croisade contre des forces malfaisantes dirigées par le Malin lequel possède une armée de goules à sa dévotion. Une traque qui ne peut aboutir qu’en conjuguant les effets de rapière, de sa connaissance du combat contre les esprits malfaisants et un don pour les repousser à main nue.

Un roman qui emprunte à l’univers d’Alexandre Dumas et à celui de James Barrie puisque l’une des héroïnes est une petite fée, ressemblant étrangement à Clochette, prénommé Chandelle. Un roman original qui ne manque ni d’imagination, d’action, de suspense, avec un souffle épique digne des grands maîtres de la littérature populaire, charpenté et documenté. Une réussite par un auteur qui a déjà signé, précise l’éditeur, sous le nom de Pierre Jacq d’autres romans de Fantasy.

 

Pierre PEVEL : La trilogie de Wielstadt.

Les masques de Wielstadt : suite des aventures débridées et diaboliques, inscrites dans un contexte historique et empreintes de fantastique, du chevalier Kantz. L’action se situe en 1623, durant la guerre de Trente ans qui sévit dans le Saint Empire romain germanique, dans la ville de Wielstadt. Un démon, aidé de spadassins sortis d’Outre-Tombe, sème la terreur, à la recherche d’un secret ou d’une aide militaire.

Le spectre de la Sainte-Vehme, forme d’Inquisition, s’étend sur l’Empire germanique et le chevalier Kantz, exorciste patenté aux armes redoutables, se dresse en Don Quichotte, combattant redoutable et efficace, afin de résoudre un mystère prenant ses racines d’après une prophétie jalousement tenue secrète depuis des décennies par des Templiers qui s’érigent en forme de secte.

 

Pierre PEVEL : La trilogie de Wielstadt.

Le chevalier de Wielstadt : Tout comme la guerre de Cent-ans, la guerre de Trente-Ans n’a pas duré durant toute cette période, et en 1624, il semble qu’une paix relative soit instaurée. Mais à Wielstadt la terreur règne. Tous les lundis soirs une jeune fille est assassinée et son visage lui est ôté. Ne restent derrière cet assassin mystérieux que des cadavres ensanglantés. La Sainte-Vehme, une société secrète qui rend la justice de manière expéditive, accapare à son profit la peur ressentie par les habitants de la cité afin de prendre le pouvoir. Le Chevalier Kantz, exerce ses pouvoirs mystérieux afin de découvrir l’identité de l’assassin et contrecarrer les visées de la Sainte Vehme.

Pierre PEVEL : La trilogie de Wielstadt.

Dans ce troisième épisode des aventures du Chevalier Kantz, le lecteur apprendra enfin qui est ce personnage énigmatique et quel est son origine. Tout comme dans les deux épisodes précédents, se mêlent allégrement les genres, empruntant aussi bien au fantastique, au merveilleux, à la fantasy, qu’au policier, le tout situé dans un contexte historique et religieux.

Comme bien des auteurs, Pierre Pevel s’inspire de situations réelles afin de mieux construire ses intrigues. Et comme l’histoire a tendance à se répéter, le lecteur pourra comparer les motivations de la Sainte-Vehme à certains groupes plus ou moins politiques à travers les siècles jusqu’à nos jours.

Dans un style proche de Dumas père, Pierre Pevel, qui a déjà fait ses preuves sous le nom de plume de Pierre Jacq aux éditions du Khom-Heïdon pour quatre romans regroupés dans un cycle intitulé Chroniques des Sept Cités, aux titres évocateurs comme Le prix du sang ou In Mémoriam, s’affirme comme un auteur de premier plan, tant dans le choix des intrigues que dans l’écriture, le souffle lyrique, l’imaginaire débridé et les restitutions d’une époque en pleine mutation religieuse.

Pierre PEVEL : La trilogie de Wielstadt. (Les Ombres de Wielstadt, Les masques de Wielstadt, Le chevalier de Wielstadt). Réédition Editions Pocket. Parution 14 avril 2011. 760 pages. 11,40€. Existe également en version numérique à 5,99€, chaque volume.

Première édition Fleuve Noir 2001, 2002 et 2004, collection Fantasy.

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4 juillet 2017 2 04 /07 /juillet /2017 08:55

Corsélien : Encore, c'est bien !

CORSELIEN : Corps et liens. Tome 1.

Si la collection Angoisse n'avait pas été sabordée en 1974, nul doute que Pascal Marignac, alias Kââ, alias Corsélien, y eut trouvé refuge sans aucun problème et aucune contestation possible, car ses textes sont plus angoissants que Gore, même si pour ne pas déroger à la collection qui a accueilli ses romans il fallait quelques traces de sang et des cadavres démembrés.

Plaçant la plupart du temps ses intrigues dans la campagne profonde, ses textes n'étaient pas dépourvus de l'aspect bucolique que la ruralité mystérieuse engendre, mais ils s'imprégnaient de ce reliquat de superstition qui alimente les contes cruels anciens dans lesquels les animaux tenaient une place prépondérante, sans oublier l'horreur inhérente à ce genre littéraire. Car les contes de Perrault et confrères n'étaient pas si gentillets que ceux que les enfants sont habitués à lire. Ce sont des textes souvent édulcorés sans pourtant être niais.

 

Dans L'état des plaies, Daniel Riche, le directeur de la collection Gore, débutait sa préface ainsi :

Préface en forme de clin d'œil élitiste et cryptique

L'horreur peut-elle produire du beau ? Une poétique de l'effroi est-elle concevable ? Le Mal, l'Atroce, l'Abject sont-ils radicalement étrangers à "l'humaine condition" ? Forment-ils cette part de nous que la culture a reléguée à jamais dans les latrines de l'inconscient pour donner à l'âme l'illusion d'exister ?

Ou bien... ou bien quoi ?

La Bête indomptée, vorace et carnassière, n'attend-elle qu'un signe pour se manifester ? Est-ce le langage qui l'a rende muette ? Suffit-il de nous taire pour l'entendre à nouveau ?

Lisez ce livre au style âpre et désenchanté. On y parle de la Bête. Et l'on exhibe l'homme, sensuel et cruel, animal et trivial.

Et il termine sa préface par une citation de Lautréamont, extraite des Chants de Maldoror, chant premier :

Plût au ciel que le lecteur, enhardi et devenu monumentalement féroce comme ce qu'il lit, trouve, sans se désorienter, son chemin abrupt et sauvage à travers les marécages désolés de ces pages sombres et pleines de poison.

 

Ce brave Isidore Ducasse savait-il qu'un jour les textes de Corsélien seraient publiés avec ce que l'on pourrait appeler une prémonition ? Une affabulation du scripteur de cette chronique, qui a beau jeu de vouloir placer une concordance entre ce poète prisé par les Surréalistes et trois romans publiés d'abord dans une petite collection souvent décriée, et qui peuvent devenir des classiques au fil du temps, comme le sont les romans d'horreur et de terreur de Jean Ray et de Robert Bloch, sans oublier Rabelais et son Gargantua qui mangeait les pèlerins en salade.

La Bête évoquée par Daniel Riche, c'est bien sûr le spectre de cette fameuse Bête du Gévaudan qui se retrouve propulsé dans l'imaginaire de Corsélien, lorgnant entre légendes et réalité, dans L'état des plaies, mais c'est également le Grawli ou Graoully, symbole de la ville de Metz, Bête monstrueuse évoquée dans Retour du bal, à Dalstein.

 

Dans une collection déjantée, destinée à des adolescents friands de scènes fortes et élevés au Massacre à la tronçonneuse, les romans de Corsélien (et de quelques autres auteurs dont Gilles Bergal alias Gibert Gallerne ou Nécrorian alias Jean Mazarin dont les romans sont réédités chez Rivière Blanche)) s'élevaient au dessus d'un lot parfois poussif, souvent intéressant, ou franchement amusant comme les romans d'Eric Verteuil. Et il est juste et bon de rééditer ces textes qui ne se sont pas flétris avec le temps.

L'état des plaies. Angoisse N°48.

L'état des plaies. Angoisse N°48.

Bruit crissant du rasoir sur les os. N°61. Grand prix du roman gore du Festival d'Avoriaz 1988.

Bruit crissant du rasoir sur les os. N°61. Grand prix du roman gore du Festival d'Avoriaz 1988.

Retour au bal, à Dalstein. N°82.

Retour au bal, à Dalstein. N°82.

Plus une préface de Artikel Unbekannt, une présentation des trois romans par David Didelot, une interview de Corsélien et une nouvelle de Schweinhund.

 

Vous pouvez retrouver un excellent article de huit pages, signé Artikel Unbekannt, présentant des ouvrages de Kââ/Corsélien dans un numéro spécial de La Tête en Noir :

CORSELIEN : Corps et liens. Tome 1. Collection Noire N°89. Editions Rivière Blanche. Parution août 2016. 392 pages. 25,00€.

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13 juin 2017 2 13 /06 /juin /2017 08:32

Chassera les nuées de l'hiver et de l'obscurantisme ?

Gabriel JAN : Le Printemps des Magiciens.

Conteur et poète, Nosiel entreprend la rédaction des tribulations qu'il a effectuées en compagnie de son ami Darion, durant leur jeunesse. Ces Chroniques du Grand Pays sont destinées à entretenir la mémoire du passé pour la plus grande édification de Thébor, le fils de Darion âgé de presque dix ans.

Darion, fils d'Ysorne qui fut en son temps preux chevalier puis cabaretier, parcourt le pays depuis cinq ans en compagnie de Nosiel et de Golsaf, le Méditeur, son maitre et père spirituel. Aujourd'hui, Darion est âgé de vingt-deux ans tandis que Nosiel en a trois de plus. Golsaf, qui semblait éternel, sent sa fin venir. Il lègue à Darion, lequel est promit à un bel avenir, une bague sertie d'une pierre parfaitement sphérique, pure comme le diamant, l'Œil d'Astrée. Et cette bague peut devenir une arme redoutable, à condition de s'en servir avec prudence, car son utilisation demande une grande dépense d'énergie, et cela pourrait être préjudiciable à Darion voire même le priver durant un laps de temps plus ou moins long du Don qu'il porte.

Golsaf est un Magicien, et Darion, même s'il n'est pas encore en possession de tout son art, doit continuer et réussir dans l'entreprise qui animait le mourant. D'abord Darion doit retrouver un autre magicien, Sholon, qui lui expliquera comment repousser les assauts des Ailes Sombres, les Mange-Lumière, les lambeaux de nuit qui effraient les gens simples, et qui pour l'heure ne représentent pas une grande menace. Mais si ces lambeaux de nuit parviennent à s'organiser, ce serait la ruine sur le Grand Pays.

Mais une autre mission attend Darion. Il doit venger son père qui a été la victime des soldats de Mohav cinq ans auparavant. Depuis Mohav règne en dictateur sur son royaume, méfiant envers les étrangers, dénonçant les magiciens, imposant le culte des trois dieux, Luctabal, Nictabal et Gothoor, fanatisant son armée et ses sujets.

En chemin Darion et Nosiel rencontrent un homme qui erre, à la recherche de la méditation, et espère qu'un jour le Printemps des Magiciens secouera le joug infligé par Mohav. Un Printemps des Magiciens pour lequel œuvre aussi Darion. Mais Lothar, tel est le nom de ce magicien en errance, avoue qu'il est dominé par Phem, un Magicien qui utilise son Don à des fins maléfiques.

C'est donc, qu'investit de trois missions, juguler les méfaits de Mohav d'un côté, de Phem de l'autre, et annihiler le regroupement des lambeaux de nuit, des Ailes sombres, que Darion va pérégriner, en compagnie de Nosiel ou seul, d'un bout à l'autre du Grand Pays. Il va connaitre de nombreuses aventures, souvent périlleuses, obligé de se servir de son Don, faire alliance avec des rebelles, connaître l'amour et les trahisons, la gloire et les revers, commettant des erreurs. Mais il sera également confronté à la dualité, son esprit étant envahi par le Mal.

C'est ce parcours que Nosiel narre, soit à la première personne lorsqu'il est directement impliqué en compagnie de Darion, ou à la troisième personne lorsqu'il rédige sa chronique d'après des témoignages de Darion ou d'autres interlocuteurs.

 

Le Printemps des Magiciens est un conte philosophique qui pourrait être une parabole sur certains événements passés, plus ou moins proches, et ce roman publié en 2014 nous renvoie à une élection récente avec ce peuple des Insoumis. Mais les Insoumis décrits dans ce roman ne sont que ceux qui ne veulent pas se soumettre à une religion imposée, celle des trois dieux.

D'un côté un dictateur, imposant sa politique religieuse et sectaire, de l'autre un Magicien dont les dons ne servent qu'à asservir la population, tous deux rêvant de gloire et d'hégémonie. Et les Ailes Sombres appelés aussi lambeaux de nuit figurent la nuit qui s'étend sur un pays à cause du refus de la connaissance. Un peu Nuit et Brouillard.

Les Magiciens représentent la science qui peut se transformer en bienfait ou méfait selon l'utilisation qui en est faite, Mohav étant l'incarnation de la régression.

Depuis 1972, il n'avait alors que vingt-six ans, Gabriel Jan a écrit de très nombreux romans de science-fiction, d'angoisse, historiques, policiers, mais c'est bien dans le domaine de la Fantasy qu'il donne sa pleine mesure. Avec Le Printemps des Magiciens, dont le décor est un pays imaginaire ancré dans une époque médiévale, il a écrit un roman épique éblouissant, que l'on peut lire avec de la magie dans les yeux, ou en essayant de décrypter les messages que l'auteur désire délivrer. C'est un peu l'apologie de l'union entre les hommes à condition que cela serve l'humanité, à tendre vers un monde meilleur, entreprise louable mais pas toujours comprise. D'ailleurs je vous invite à découvrir le portrait de Gabriel Jan en suivant le lien ci-dessous, situé sous quelques chroniques de ses précédents ouvrages.

 

Et pour commander ce roman, vous pouvez vous adresser directement sur le lien des éditions Rivière Blanche.

Gabriel JAN : Le Printemps des Magiciens. Collection Blanche N°2115. Editions Rivière Blanche. Parution mars 2014. 364 pages. 22,00€.

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  • : Les Lectures de l'Oncle Paul
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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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