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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 07:48

Il voyage en solitaire...

Jean RAY : La croisière des ombres.

En chercheur passionné et opiniâtre, Arnaud Huftier a déniché quelques nouvelles qui manquaient dans la précédente édition Marabout, textes qui d'ailleurs étaient englobés dans le recueil Les contes du Whisky.

Des textes qui à l'origine parurent dans des journaux belges comme La Flandre libérale, Les Débats ou encore La Revue belge, entre 1929 et 1935. Des nouvelles et des chroniques qui permirent à Jean Ray de retrouver un lectorat plus ou moins perdu lors d'un séjour en prison de trois ans pour une sombre affaire de détournements de fonds ou, selon une légende, un trafic d'alcools. Toutefois durant ce temps, il continua à écrire, publiant de temps à autre sous le pseudonyme de John Flanders.

Est-ce un effet de son séjour à l'ombre que ses textes, recueillis justement sous le titre de La croisière des ombres, parlent surtout de solitude ? Il se peut.

Ainsi des personnages se retrouvent à boire et à manger dans des tavernes. Mais écoutent-ils vraiment ce que leurs compagnons de table débitent en paroles parfois vaines ? Non, pas vraiment. Dans La Présence horrifiante, nouvelle qui entame ce recueil, quatre hommes, dont le narrateur, sont attablés, écoutant le vent qui cingle au dehors. Soudain surgit un inconnu qui déclare qu'il fuyait. Puis il précise, la tempête. Pour autant, ce n'est pas cette arrivée impromptue qui peut perturber l'un des compères, lequel tient absolument à narrer une histoire de perroquet. Histoire à laquelle lui seul se marre, les autres n'écoutant pas ses digressions. Lorsque cinq coups retentissent.

 

Dans Le bout de la rue, nous suivons dans ses déambulations maritimes le narrateur. Cela commence dans le port de New-York, alors qu'il entend s'entretenir deux marins qui ne débarquent jamais. L'un d'eux affirme Et puis il me restera Jarvis et l'autre bout de la rue. L'autre bout de la rue répond le second comme en écho, et ce qui deviendra un mantra accolé au nom de Jarvis. Les escales se suivent, Paramaribo, Marseille, les Sargasses, à bord de l'Endymion, des forçats qui murmurent, les Açores, Copenhague, et Jarvis. Des spectres et le whisky sont le quotidien des marins et du narrateur. Et au bout... Vous êtes allé à l'autre bout de la rue !

Dans Dürer, l'idiot, Jean Ray règle-t-il quelques comptes ? On peut se le demander en lisant les premières lignes.

Dürer, le journaliste. Dürer, l'idiot. Et un peu plus loin le narrateur enfonce le clou : Un journaliste, Dürer, n'est pas nécessairement un imbécile, c'est un primaire qui a une heureuse mémoire, et un don spécial pour consulter rapidement une encyclopédie, un atlas de géographie ou un planisphère céleste.

Dürer donc est journaliste, mais également un menteur, et le narrateur qui l'écoute narrer pompeusement des aventures fantastiques, au cours de repas qu'ils prennent ensemble, sait très bien que ce ne sont que des affabulations piochées dans des revues ou des romans. Ce qui n'est pas le cas de la jeune étudiante qui dîne tout près d'eux et boit ses paroles plus facilement que du petit lait (entre nous avez-vous déjà essayé de boire du petit lait, ce liquide jaune verdâtre aigre qui reste lorsque la crème a été retirée ?). Il suffit que Dürer dérape dans ses allégations, pour que l'étudiante lui lance un défi. Dürer s'enfuit, il se volatilise dans la nature, et le narrateur pense le retrouver dans une maison qui bientôt est mise en vente. Il l'acquiert mais n'est-ce pas le début de visions spectrales ?

 

Le ralenti de 05h17, qui fait partie des autres textes, ressemble à un conte pour enfant, à la façon des frères Grimm ou d'Andersen. Un prince héritier aime se mélanger à la populace sur le port et sa femme n'est pas bégueule non plus. Un assassin signe une série de crimes crapuleux, fort heureusement il est arrêté et condamné. Le prince aurait pu commuer la peine de mort en grâce en suppliant son père, mais en voyant son regard, il a préféré s'abstenir. Une chute qui aurait pu donner comme titre à cette nouvelle Le Regard qui tue, ou à tout le moins le Mauvais œil.

 

Jean Ray est quelque peu oublié aujourd'hui des jeunes générations qui préfèrent les romans d'épouvante, de fantastique et de frayeur d'auteurs comme Stephen King, Serge Brussolo, James Herbert, Clive Barker, J.K. Rowling dont le personnage de Harry Potter a amené de nombreux enfants et adolescents, et leurs parents, à ouvrir un livre, qui plus est conséquent, Maxime Chattam, Stéphanie Meyers, et bien d'autres.

Leurs ouvrages sont souvent plus violents et sanglants, ou à tendance nettement plus fantastique que ceux de Jean Ray, lequel souvent se contente de jouer sur le frisson, sur l'épouvante, parfois de manière diffuse. L'ambiance des ports, de la fumée des pipes et des cigares, des vapeurs d'alcool sont plus décrites que les scènes de violence. Tout est dans la suggestion et le lecteur se fabrique ses propres images, se les visualise en surimpression, et ne se contente pas d'être un spectateur passif. Il vibre et va au-delà de ce que Jean Ray décrit. C'est le propre de l'écrivain de suggérer de façon diffuse des images que le lecteur se réapproprie.

Des nouvelles feutrées, parfois embrumées comme le ciel de sa Belgique natale, insidieusement perverses, jouant avec les nerfs, distillant l'effroi avec une science incomparable et inégalée.

Pour beaucoup Jean Ray sera un découverte, pour d'autres une redécouverte.

 

Voici le sommaire :

La croisière des ombre (histoires hantées de terre et de mer)

La présence horrifiante

Le bout de la rue

Le dernier voyageur

Dürer, l'idiot

Mondscheim-Dampfer

La ruelle ténébreuse

Le psautier de Mayence

 

... et autres textes :

Le torrent de boue

Le ralenti de 5h17

L'effroyable histoire de Machrood

Ombre d'escale

Poste de police, R-2

L'idylle de monsieur Honigley

La trouvaille de mr Sweetpipe

Au nom de la loi ; Le vent de la hache

Au nom de la loi. Si Scotland Yard

Présentation La croisière des ombre

 

Postface

Bibliographie

Jean RAY : La croisière des ombres. Postface d'Arnaud Huftier. Editions Alma. Parution le 10 novembre 2016. 320 pages. 18,00€.

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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 09:31

L'épée et l'esprit...

Jean-Luc BIZIEN : Vent rouge. Katana 1.

Figés tels des statues, simples soldats, samouraïs et ninjas attendent l’ordre de fondre sur la forteresse qui se dresse fièrement dans la vallée. Le daimyo, le roi dragon, envoie un cavalier porter un message à Dame Kachiko, la femme de Thoshiro le maître des lieux et vassal du daimyo. La réponse, négative, ne se fait pas tarder alors l’attaque est lancée et s’ensuit un véritable massacre.

Quinze ans plus tard, Hatanaka, un ancien samouraï devenu un yamabushi (guerrier de la montagne) et le jeune Ichirô rodent dans la montagne. Ichirô est âgé de quinze ans et un élève assidu du vieil Hatanaka qui lui apprend le maniement du Katana, une arme blanche redoutable, ainsi que la sagesse. Il lui fait également quelques révélations sur sa naissance.

Lors de l’attaque de la forteresse par le daimyo, les parents d’Ichirô qui étaient les seigneurs du lieu, sont décédés et Hatanaka, l’un des rares survivants, s’est occupé du nouveau-né. Depuis ils voyagent dans les montagnes. Ichirô est effondré par cette nouvelle et il est décidé à se venger. Ils recueillent un jeune paysan, qui erre dans la nature, rejeté de son village à cause de sa couardise. Mais Buta (porc en japonais), s’il est pleutre, est une force de la nature et il porte à lui seul les ballots contenant les affaires des voyageurs. Lorsqu’ils arrivent devant la forteresse du daimyo, un recrutement de samouraïs est organisé. Ichirô, malgré les avis contraires d’Hatanaka, s’inscrit dans ce jeu du quitte ou double. Heureusement les premières passes d’arme s’effectuent à l’aide d’un Bokken, un sabre en bois, réplique du katana. Ôno, le jeune samouraï recruteur, un individu imbu de son pouvoir, qui affiche sa morgue et son mépris avec ostentation, décide de changer les règles du jeu. Dorénavant ce sera avec le katana que les combattants se départageront, le perdant restant définitivement sur le carreau. Les candidats se pressent moins, mais que ne ferait-on pas lorsqu’on est un rônin, un samouraï sans emploi ? Et pour faire bonne mesure Ôno défie Ichirô. Malgré sa science des armes Ichirô encaisse les coups, son adversaire jouant au chat et à la souris avec lui. Et bientôt l’issue fatale se profile…

Lorsqu’il sort de son étourdissement, Ichirô, affaibli par de nombreuses blessures se rend compte qu’il a été déposé sur le charnier composé des corps des combattants défunts. Hatanaka et Buta confectionnent une civière de fortune et sortent de l’enceinte malgré les soldats qui gardent la porte. L’étrange convoi se replie sur la montagne enneigée et se terre dans une grotte, jusqu’au jour où Ôno rejoint les trois membres. Il est en fuite car il a enfreint la loi en laissant la vie sauve à Ichirô et que des gardes en charge de l’entrée, et donc par la même occasion de la sortie, ont péri sous la colère de Hatanaka. Il craint le courroux du daimyo, ce qui n’est pas une idée en l’air mais une réalité. Le Shogun a fait appel à un ninja pour retrouver, et pourfendre, les fuyards.

Les pérégrinations de la petite troupe se poursuivent, et ils seront bientôt rejoints par un voleur et un ninja.

 

Ce roman semi-fantastique, truffé de combats acharnés, de retournements de situation, réserve bien des surprises dont l’épilogue qui appelle une suite et offre déjà une résolution de certains mystères. Situé dans un Japon médiéval, il est destiné à ceux que l’on pourrait appeler de jeunes adultes mais il ne leur est pas uniquement réservé.

Les lecteurs avides de sensations fortes, de fantastique pas trop appuyé, d’effets spéciaux dignes des films ou séries télévisées (genre Power rangers) aux arts martiaux japonais avec cascades réalisées par des ninjas n’ayant pas de problèmes de sciatiques et autres maladies articulaires, seront enthousiasmés par les prouesses des combattants et les nombreuses péripéties qui foisonnent dans ce roman. L’auteur habilement a préféré jouer sur les scènes d’action, reléguant une quelconque philosophie ennuyeuse au fond du placard.

Katana s’apparente donc à un roman d’aventures qui se lit avec une certaine jubilation. Si l’aspect nippon n’est pas appuyé, et les décors pouvant tout aussi bien être transposés au Tibet ou toute autre chaîne montagneuse, ce sont bien entendu les techniques de combat et les armes blanches utilisées ainsi que la présence de geishas qui situent le roman dans cette partie énigmatique du monde. Un divertissement qui ne s’encombre pas d’explications oiseuses. Cela fait du bien de temps à autres.

On n’apprend à dompter que les sentiments que l’on a éprouvés.

Première édition : Le pré aux clercs. Collection Pandore. Parution mai 2013. 336 pages.

Première édition : Le pré aux clercs. Collection Pandore. Parution mai 2013. 336 pages.

Jean-Luc BIZIEN : Vent rouge. Katana 1. Réédition Folio SF. Parution le 4 novembre 2016. 304 pages. 7,70€. Version numérique 7,49€.

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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 11:36

Hommage à André Ruellan, alias Kurt Steiner, décédé le 10 novembre 2016, à l'âge de 94 ans. L'une des figures marquantes des collection Angoisse et Anticipation du Fleuve Noir.

Kurt STEINER : Le seuil du vide.

Jeune artiste peintre, Wanda Leibowitz tire le diable par la queue, ou plutôt par les poils du pinceau.

Elle se retrouve sans logement, son ami étudiant américain Franck qui l'hébergeait étant reparti chez lui à Philadelphie. Il lui faut trouver un nouveau point d'ancrage ou d'encrage, pour dormir et entreposer ses toiles, un endroit qui puisse lui servir également d'atelier.

Alors qu'elle réfléchit à son avenir dans son repaire habituel, le Dôme, Alain, une de ses connaissances, l'aborde. Elle lui annonce son expulsion mais elle refuse d'être dépannée par lui. Dépité le jeune homme tourne les talons. Une vieille dame installée à une table derrière elle a entendu la conversation et lui propose un petit logement, pour un prix dérisoire. Une chambre vide depuis plusieurs mois, rue Saint-Séverin dans le cinquième arrondissement.

Wanda ne règlera le loyer que dans trois mois et Léonie Gallois, la vieille dame, lui laisse un jeu de clefs avant de s'éclipser. Encombrée de ses bagages, elle ira chercher ses toiles dans son ancien atelier le lendemain, Wanda est tout heureuse d'ouvrir la porte de son modeste et bizarre logement.

La pièce est triangulaire. Modestement meublée, mais cela lui suffira. Wanda se pose des questions sur la santé mentale de l'architecte lorsqu'elle se rend compte qu'il existe une porte au pied de son lit. Une porte fermée à clé avec une étiquette collée dessus et portant la mention manuscrite : Prière de ne pas ouvrir.

Wanda est intriguée mais se promet de ne pas déroger à la consigne, par respect pour sa logeuse. Hélas, la curiosité est plus forte que sa volonté et elle utilise l'une des clés qui lui ont été remises. Elle entre alors dans une pièce sombre, obscure, noire, et elle ne distingue rien. Lorsque de l'intérieur elle regarde vers sa chambre, elle n'aperçoit pas l'ouverture. Un phénomène incompréhensible. Pas même lorsqu'elle pénètre à nouveau avec une torche. La lumière ne se diffuse pas. Pourtant la lampe fonctionne normalement puisqu'elle est éblouie lorsqu'elle la tourne vers ses yeux.

Elle tente une expérience qui transforme totalement son appréhension de la peinture. Elle importe une de ses toiles dans cette pièce sans éclairage, et allume sa torche. Elle est stupéfaire par ce qu'elle découvre. Sa peinture est devenue une œuvre aux couleurs harmonisées. Alors elle prend une toile blanche et dessine, peint, et le résultat, selon elle, est surprenant et confine au chef d'œuvre. Alors elle réalise plusieurs tableaux qu'elle propose à son galeriste. Mais ce qu'elle trouve sublime n'est au yeux de celui-ci qu'un immonde crachotis de pinceaux sur une toile.

Toutefois de la pièce émerge peu à peu une lumière et elle distingue de plus en plus nettement des scènes dans lesquelles évoluent des personnages dans des lieux connus ou inconnus. Elle se voit même lors d'une réunion. Or certaines de ces scènes vont se réaliser.

Ainsi elle est invitée à une soirée dans une riche demeure chez le baron Eram Knabenian à Maisons-Laffitte. Elle n'a jamais entendu parler de cet homme et décide toutefois de se rendre à cette soirée qui se révélera spéciale. Elle retrouve un des galeristes qui fait la pluie et le beau temps mais c'est l'apparition du baron qui la surprend. Elle en tombe de saisissement et lorsqu'elle sort de son évanouissement elle est nez à nez avec sa logeuse.

 

Peut-on modifier son avenir lorsque son esprit est confronté à certaines scènes ? Est-il bon justement de vouloir changer ou tenter de changer le cours d'événements programmés ?

Ce sont bien à ces deux questions que répond implicitement l'auteur, tout en jouant sur un autre thème récurrent de la littérature fantastique. La vie éternelle ou plutôt la recherche de la vie éternelle par des personnes qui ne veulent pas mourir et s'emploient par tous les moyens à prolonger leur séjour sur terre.

Kurt Steiner aurait pu intituler son roman Ombre et lumière, même si ce titre avait déjà été plus ou moins utilisé avec De flamme et d'ombre (Angoisse N°23). Mais Le seuil du vide convient bien également car c'est une longue descente que va connaître Wanda et arrivée au précipice de sa vie, va-t-elle tomber ou en échapper, c'est bien ce que le lecteur se pose comme question jusqu'à l'épilogue naturel et logique dans un sens, mais que Kurt Steiner affine avec machiavélisme.

 

Cet roman a fait l'objet d'une adaptation cinématographique en 1971 par Jean-François Davy, avec dans les rôles principaux : Dominique Erlanger, Odette Duc, Catherine Rich. Scénario d'Alain Gerber, André Ruellan et Jean-François Davy.

 

Kurt STEINER : Le seuil du vide.
Première édition Collection Angoisse N°25. Editions Fleuve Noir. Parution 4e trimestre 1956. 224 pages.

Première édition Collection Angoisse N°25. Editions Fleuve Noir. Parution 4e trimestre 1956. 224 pages.

Kurt STEINER : Le seuil du vide. Réédition dans Angoisses 1, Collection Noire N°16. Editions Rivière Blanche. Parution octobre 2009 .

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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 13:31

Une histoire mi-ange mi-démon...

Michel PAGEL : Les Antipodes. La Comédie inhumaine N°5.

La comédie inhumaine de Michel Pagel est un vaste cycle de 8 volumes proposé par les Moutons électriques en version papier, reliés, toilés, sous jaquette, mais dont l'ensemble est indissociable au prix de 220€ et dont le tirage est limité à 299 exemplaires. Mais comme tout le monde ne peut acquérir cette version de luxe, les Moutons électriques proposent également ces textes en version numérique en attendant une version papier (?) moins onéreuse pour le lecteur qui ne possède pas l'âme d'un collectionneur mais celle d'un affamé de lecture.

Les deux romans qui composent ce volume 5 ont été publiés pour la première fois aux éditions Fleuve Noir dans la collection Anticipation et s'intègrent dans une vaste saga qui se lit indépendamment mais possède des points de convergence comme souligné en fin d'article.

 

L'antre du serpent :

L'histoire est un éternel recommencement, dit-on. Et c'est d'après cet aphorisme que Michel Pagel a imaginé cette histoire d'inspiration biblique. Jennifer qui a survécu à un naufrage près de l'Ile d'Yeu, naufrage raconté dans la nouvelle L'Ile des Révélations dans le recueil Désirs Cruels paru dans la même collection (Anticipation N°1725), Jennifer a décidé de renoncer à sa vie de nomade et de retourner à la vie civile.

Elle a vingt et un ans et vit avec Arthur de trois ans son cadet. Si elle ne croit plus en sa vocation de religieuse, elle possède néanmoins la foi.

Un matin alors qu'elle se recueille dans une église, assistant à une messe basse, un jeune homme l'interpelle. Il s'agit de l'ange Gabriel qui lui confie qu'elle a été choisie pour enfanter le Fils de Dieu. Le monde a besoin d'un nouveau Sauveur.

Enfermé depuis près de deux mille ans aux Enfers, Satan a réussi à s'échapper de sa prison et pis, à prodiguer lui aussi sa semence. Une libération et un acte qui risquent de remettre en cause l'équilibre du monde, des forces du Bien et du Mal.

Investie de cette mission, Jennifer, ex Sœur Marie-Ange, malgré les contraceptifs, tombe enceinte. Pendant ce temps à l’hôpital, Anne Doleau vient de subir une IVG, c'est à dire en langage décrypté, une interruption volontaire de grossesse. A l'étonnement du médecin et à la grande fureur de la jeune femme, l'intervention s'est révélée inefficace. Anne est toujours enceinte des œuvres de Lucifer qui a pris les traits d'un industriel, Julien Nomade.

De retour chez elle Anne tente de se suicider mais elle est sauvée par Jo Vannier un ancien catcheur garde du corps de l'industriel. Nomade décide alors de la conduire en Vendée et de la faire surveiller afin qu'elle ne renouvelle pas son acte suicidaire. C'est qu'il y tient à son petit Diable. Mais un nouveau problème se présente à lui lorsqu'il apprend que Dieu lui a joué un mauvais tour en le contrant de la même manière.

Une parturiente primipare attend un sauveur qui sera prénommé Emmanuel.

Dans un style sobre et onirique, Michel Pagel a écrit un roman savoureux, mais en aucun cas choquant, irrespectueux ou risquant de blesser les lecteurs chrétiens. Il a simplement extrapolé sur un fait qui pourrait après tout, rien n'empêche de le croire, arriver un jour. A moins que cela ne soit déjà arrivé.

Michel PAGEL : L'antre du serpent. Les Antipodes, N°1. Collection Anticipation N°1794. Editions Fleuve Noir. Parution décembre 1990. 192 pages.

Michel PAGEL : L'antre du serpent. Les Antipodes, N°1. Collection Anticipation N°1794. Editions Fleuve Noir. Parution décembre 1990. 192 pages.

 

Le refuge de l'Agneau.

Anne Doleau qui n'acceptait pas l'idée de donner naissance au fils de Lucifer, à un petit Diable dont rien ne pouvait laisser supposer qu'il fut bon un jour, Anne Doleau s'est défenestrée dans la propriété de Vendée où pourtant elle était surveillée. Mais on a beau s'appeler Lucifer, on ne peut pas tout prévoir semble-t-il.

Heureusement pour lui, et pour l'histoire, Lucifer avait sous la main une femme de rechange, Diane, la propriétaire de cette grande maison bourgeoise à l'abandon.

Marilith, la succube un peu à l'origine de la disparition prématurée d'Anne Doleau, est prévenue. A la première faute de sa part, elle retourne en Enfer. Dassin, un tueur professionnel recruté par Julien Nomade, alias Lucifer, est chargé de supprimer Jennifer, qui je vous le rappelle attend un petit Emmanuel, réincarnation de Jésus Christ Bis. Mais Dassin qui connaît la jeune femme et l'estime, refuse le contrat et au contraire aide Jennifer et son ami Arthur à échapper aux griffes du Diable. Il va même jusqu’à obtenir l'aide d'un exorciste occultiste.

Au début celui-ci est réticent mais bien vite se prend au jeu. Lucifer voudrait bien contrer Dassin voyant que celui-ci va à l'encontre de ses projets, mais le tueur est athée, agnostique, ce qui fait que rien n'a prise sur lui. Ni les séances d'hypnose, ni les manipulations diaboliques de toute sorte.

Le final, de toute beauté, est apocalyptique ou presque. Sachez simplement qu'il a pour cadre le couvent où Jennifer devait rester cloîtrée jusqu'à la fin de ses jours et que le destin, malin et peut-être prévoyant, lui avait permis de quitter.

 

La plupart des personnages de ce roman en deux volumes ne sont pas des inconnus pour les lecteurs fidèles de la collection Fleuve Noir Anticipation et de Michel Pagel. En effet on a pu faire leur connaissance dans la nouvelle L'Ile des Révélations dans le recueil Désirs Cruels (Anticipation n°1725) et dans le roman Le Diable à quatre (Anticipation N°1657). Après la Science-fiction, l'anticipation, le fantastique et l'héroïcfantasy, voici un nouveau genre : La Fantasy Biblique. D'ailleurs tous ceux qui connaissent bien la Bible seront d'accord avec moi : certains passages de l'Ancien et du Nouveau Testament relèvent du fantastique le plus débridé.

Michel PAGEL : Le refuge de l'Agneau, Les Antipodes N°2. Collection Anticipation N°1801. Editions Fleuve Noir. Parution février 1991. 194 pages.

Michel PAGEL : Le refuge de l'Agneau, Les Antipodes N°2. Collection Anticipation N°1801. Editions Fleuve Noir. Parution février 1991. 194 pages.

Pour tous renseignements sur cette édition, un éditeur, un lien :

Quelques ouvrages de Michel Pagel chroniqués sur ce blog :

Michel PAGEL : Les Antipodes. La Comédie inhumaine N°5. Collection Bibliothèque Voltaïque. Les Moutons électriques éditeur. Parution Octobre 2016. Version numérique. 7,99€.

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25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 09:05

Je n'ai jamais connu un homme de cette intelligence qui fut aussi incapable de s'intégrer à une civilisation faite pour la machine.

Citation extraite de l'Avant-propos de l'auteur.

Robert E. HOWARD : Almuric.

Avant de nous intéresser à Esau Cairn, le héros-narrateur de cette aventure, une petite précision me parait indispensable d'être signalée.

Le 27 octobre paraitra Bifrost N°84, un numéro spécial consacré à Robert E. Howard. Il contiendra des nouvelles de Christian Léourier, Romain Lucazeau et Howard himself en plus d'un exhaustif dossier mené de main de maître par le spécialiste mondial de l'auteur, Patrice Louinet. Ce dossier s'emploie à dissiper les idées reçues sur le père de Conan, et ce n'est pas du luxe. Un numéro indispensable pour les amateurs de Fantasy, mais pas que !

Voir le sommaire ici :

Maintenant revenons à Esau Cairn.

Esau Cairn était bâti pour combattre les forces naturelles et c'est pour cela qu'un jour il se retrouve sur Almuric, une planète étrange, sauvage, à sa dimension, et sur laquelle il peut exprimer ses possibilités musculaires.

Comment Esau Cairn parvient sur Almuric ? Quels sont ses antécédents ? Howard reste dans le flou le plus absolu. Ce n'est pas son propos.

Ce qui importe, ce sont les aventures d'Esau Cairn sur Almuric et l'on peut dire qu'il est servi.

Dès son arrivée il est agressé par un être mi-homme mi-singe dont il ne se défait autant pas sa force que par son intelligence. Puis il est confronté à une bande de hyènes sauvages. Et ainsi de suite.

Il affronte les pires dangers tout comme l'homme préhistorique était en butte aux animaux de son époque et aux éléments déchainés. Ce qui lui permet de surveiller la croissance de ses petits muscles sans recourir aux artifices de la gonflette.

Ecologiste avant la mode, précurseur de Sylvester Stallone et de Arnold Schwarzenegger, Esau Cairn s'intègre en solitaire dans ce monde hostile, devenant une force de la nature.

Après quelques mois vécus en ermite, Cairn quitte la montagne et entreprend une visite non guidée de la plaine. Là aussi les dangers pullulent mais il saura se sortir indemne de tous les pièges, de tous les combats, de toutes les guerres, grâce à une force de caractère peu commune.

 

 

 

Tous ceux qui ne connaissent pas Howard et vont le découvrir en lisant ce roman, seront frappés par la similitude, par le souffle épique entre ce roman et certains textes dont le Cycle de Mars d'Edgar Rice Burroughs avec le personnage de John Carter, dont il semble qu'Almuric soit une sorte d'hommage ou la série des Dragons de Pern d'Ann McCaffrey entamée en 1968.

Mais Howard est véritablement le précurseur de la Fantasy intégrant le merveilleux et l'interplanétaire, genre que d'autres romanciers affinèrent, Michael Moorcock par exemple.

Robert E. Howard s'est suicidé le 11 juin 1936, à l'âge de trente ans.

 

 

Ce recueil propose des nouvelles et des compléments, qui ne figuraient pas dans les éditions précédentes) dus à Patrice Louinet, le traducteur.

En voici le sommaire.

Patrice LOUINET, Introduction, pages 7 à 8, Introduction

(Almuric), pages 9 à 144, Roman.Almuric2 -

3 - Le Jardin de la Peur (The Garden of Fear), pages 145 à 162.

4 - La Voix d'El-Lil (The Voice of El-Lil), pages 163 à 192.

5 - La Hyène (The Hyena), pages 193 à 208.

6 - Une sonnerie de trompettes (A Thunder of Trumpets), pages 209 à 232.

7 - Le Cobra du rêve (The Cobra in the Dream), pages 233 à 240.

8 - Le Fantôme sur le seuil (The Ghost in the Doorway), pages 241 à 245.

9 - Delenda Est (Delenda Est), pages 247 à 256.

10 - Le Fléau de Dermod (Dermod's Bane), pages 257 à 263.

11 - La Vallée Perdue (The Valley of the Lost), pages 265 à 290.

12 - Le Roi du Peuple Oublié (King of the Forgotten People), pages 291 à 295.

13 - James Allison - Fragments, pages 319 à 353.

14 - Le Cavalier-Tonnerre (The Thunder-Rider), pages 355 à 381, trad. Patrice LOUINET

 

15 - Nekht Semerkeht (Nekht Semerkeht), pages 383 à 401.

16 - Le Tentateur (The Tempter), pages 402 à 405, Poésie.

17 - Patrice LOUINET, « To live is to die », pages 407 à 422, Postface.

18 - Patrice LOUINET, Note sur les textes, pages 423 à 424, Bibliographie.

 

 

 

Collection Robert E. Howard N°8. Editions Fleuve Noir. Parution décembre 1991. 224 pages.

Collection Robert E. Howard N°8. Editions Fleuve Noir. Parution décembre 1991. 224 pages.

Première parution : Nouvelles Éditions Oswald (Néo). Collection Fantastique/SF/Aventure n° 174. Parution Juin 1986. 160 pages.

Première parution : Nouvelles Éditions Oswald (Néo). Collection Fantastique/SF/Aventure n° 174. Parution Juin 1986. 160 pages.

Robert E. HOWARD : Almuric. Collection Les Intégrales N°52 éditions Bragelonne. Parution 16 septembre 2015. 432 pages. 25,00€.

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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 08:16

Les héros de la littérature d'évasion

ne meurent jamais !

Robert DARVEL : Harry Dickson 2.

Ainsi, Harry Dickson, le Roi des détectives ou le Sherlock Holmes américain cher à Jean Ray, qui à ses débuts a traduit des aventures rédigées par d'obscurs tâcherons allemands puis les a réécrites ou en a imaginé de nouvelles car il les trouvait mauvaises, s'est vu immortalisé grâce à Gérard Dôle, puis Brice Tarvel et Robert Darvel.

Vous remarquerez au passage l'étrange quasi homonymie patronymique de ces deux romanciers et nouvellistes qui perpétuent le mythe dicksonnien.

Sans vouloir copier son illustre prédécesseur, Robert Darvel, tout comme son aimable confrère Brice Tarvel, emploie des vocables dont la connaissance lexicologique, la lexicographique, la sémantique laisseraient pantois, voire faire écumer d'envie nos romanciers goncourables.

Tom les suivit, comme s'il pistait un acide lithophage. Ici et là, une étroite fenêtre éclairée d'une falote bougie perlait d'amphiboles la surface du granit.

 

Au sommaire de ce second recueil, pour l'instant, quatre nouvelles précédemment publiées sous forme de fascicules aux éditions du Carnoplaste, plus un bonus, non pas comme une cerise sur le gâteau puisque ce incarnat fruit délicat est immédiatement visible à l'œil du gourmand et du gourmet, mais enfoui telle une fève à dénicher.

 

Robert DARVEL : Harry Dickson 2.

Le Baal des Psychonautes :

Alors que Londres est en proie à des événements tragiques, des enfants disparaissent, Harry Dickson envoie son élève Tom Wills d'office sur la côte afin de se reposer d'une précédente aventure. Le jeune assistant du détective lui poste le lendemain, après s'être installé dans une pension de famille, une carte postale sur laquelle figurent ses quelques lignes :

Mon cher Maître, Bien las du Morne Repos & du Grand Air...  quand du Sang, du Crime & du Mystère ? Votre dévoué Tom.

Mais pour autant, Tom s'entiche de Mary Ann, la fille de la logeuse, une bien belle adolescente.

Toutefois, Harry Dickson, lorsqu'il reçoit cette missive, est frappé par le côté recto de cette carte et tombe en légère catalepsie, ce qui affole naturellement Mrs Crown, sa gouvernante-cuisinière. Elle prévient immédiatement un docteur et le superintendant Goodfield.

Tom Wills prend du bon temps à Tildesley-the-Sea, et apprend à Mary Ann des jeux de cartes qui sont plutôt du ressort des marlous qui fréquentent le tripot du village. Seulement Mary Ann le soir sort sans prévenir sa mère et rejoint un vaurien qui l'emmène jusqu'à un bouge. Tom la suit dans ce tripot, mais il perd les deux noctambules de vue en descendant dans la cave. Lorsqu'il remonte les douze gaillards qui buvaient et jouaient dans le tripot ont disparu ainsi que la table de jeu. C'est fort marri qu'il rentre dans sa chambre et se couche. Le lendemain, il est fort étonné de constater que le sémaphore lui envoie des signaux. Tout interloqué il se trouve face à Harry Dickson qui l'attend.

Débute alors, après que Tom lui eut narré sa nuit, l'enquête qui les mène au tripot et chez la logeuse de Tom. Seulement la brave femme s'évanouit en voyant le détective. Puis s'ensuit une course poursuite contre les Psychonautes, ceux qui ont enlevé les gamins. Course poursuite qui les conduira jusqu'en Normandie, dans la reconstitution du village de Tildesley-the-Sea.

Dans ce court roman, deux thèmes sont proposés, le double ou sosie, et le décor planté pour alimenter l'illusion, les artifices, les trucages, dans une ambiance fantastique. Tout repose sur la manipulation, les tours de passe-passe, les apparences trompeuses.

Ces perceptions se retrouvent dans les autres histoires mais avec des traitements différents, et l'on n'y ferait guère attention à ces répétitions, si les histoires n'étaient pas lues l'une derrière l'autre dans la foulée.

 

Robert DARVEL : Harry Dickson 2.

Le ministère du Grand nocturne :

Légèrement éméché, l'acteur Richard Crosgove est victime d'un accident de la circulation. Il s'en sort sans trop de mal, sa passagère, rencontre d'une nuit, de même, mais il n'en va pas pour autant au malheureux bonhomme qu'il a percuté avec son véhicule.

Quelques mois plus tard, la notoriété de Cosgrove a atteint son apogée. Mais intérieurement il cultive une forme de neurasthénie qu'il cache sous un faciès de contentement.

Un soir, alors qu'il se rend au Greeeat Club en taxi, il aperçoit dans le véhicule qui roule près de celui dans lequel il est installé, son sosie. Arrivé à destination il se rend compte que son double accapare l'attention de la foule. Cosgrove-bis est fauché par un taxi couleur sang-de-boeuf. Cri d'horreur émanant des témoins de l'accident, une ambulance survient avec à bord trois infirmières, l'homme est transporté sur une civière, ne reste plus sur le bitume qu'une flaque de sang. Et deux reliques négligées par les brancardières, deux répliques de jambe en osier.

Harry Dickson reçoit dans un paquet un double poinçon, outil utilisé pour manier l'osier, puis surgit Richard Cosgrove qui lui narre sa mésaventure survenue dans le Suffolk quelques mois auparavant. Tout le temps que l'acteur raconte son accident, Harry Dickson remarque que dans la maison qui fait face à sa pièce, se tient une silhouette. Or le locataire est en voyage et ne peut donc pas les espionner. En compagnie de Tom Wills il traverse la rue et lorsqu'il revient au 92b Baker Street, une jambe en osier accompagnée d'un petit mot a été déposée sur son tapis. Une référence au Ministère du Grand Nocturne laisse supposer que le Roi des détectives juge cette affaire comme une représentation théâtrale.

Il ne reste plus à Harry Dickson et à son élève à se rendre dans le Suffolk, là où tout a commencé et à rencontrer l'accidenté qui a survécu à son ablation des membres inférieurs.

Comme dans la nouvelle précédente, tout repose sur l'illusion et la présence de sosies. Ce sont les seuls rapports qui existent entre ces deux histoires avec des adversaires narguant Harry Dickson avec diabolisme.

Robert DARVEL : Harry Dickson 2.

Le réveil du Chronomaître et Le fil à couper le cœur.

Ce n'est guère son habitude, mais Tom Wills abuse du toddy (grog) dans le pub, tandis que Harry Dickson attend un revenant. Car il s'agit bien d'un mort ressuscité, Francis K., ayant vécu trois décennies et mort depuis douze ans. Et pourtant il s'agit bien ce riche aventurier qui met les pieds dans le pub. Assassiné douze ans auparavant, ses surineurs Blygg et Kip qui arrêtés ont rendu leur dernier souffle accrochés à une potence.

C'est le début de multiples péripéties tellement nombreuses qu'il faudra deux fascicules pour en connaître le fin mot. Cadavres avérés revenant sur le lieu de leurs exploits, sosies de vrais personnages, et morts en trompe-l'œil, descentes dans des souterrains avec des décors dignes du cinéma, enlèvements, et enquête réalisée, dans la seconde partie par Goodfield, Harry Dickson étant étrangement absent, Tom Wills blessé et séquestré, autant d'aventures subies ou provoquées dont le lecteur ne saura le résultat qu'à l'épilogue. Les faux-semblants sont accentués par la neige qui tombe, recouvre tout et gêne la circulation.

Comme le déclare à un certain moment Harry Dickson :

Aussi brillante que soit la fantasmagorie, n'oublions pas que toute illusion a une base de fonctionnement rationnelle.

Robert DARVEL : Harry Dickson 2.

Enfin, la fève promise, une histoire écrite à quatre mains par Robert Darvel et Brice Tarvel dont l'entame pourrait laisser supposer que le lecteur est en face d'une aventure réelle mais qui n'est en réalité, là encore, qu'une interférence avec le réel et la fiction et une plongée dans le temps. Il s'agit de La machine à explorer Baker Street, histoire dans laquelle les deux auteurs se mettent en scène alors qu'ils sont en panne dans la forêt de Balleroy, revenant de participer à un salon.

Et c'est ainsi qu'ils vont se trouver transportés dans le temps grâce à un canapé quantique réalisé par un taxidermiste et mécanicien quantique de Cerisy-la-Forêt (à ne pas confondre avec Cerisy-la-Salle, lieu d'échanges littéraires et grand pourvoyeur de colloques situé dans le même département de la Manche), Cerisy-la-Forêt donc, paisible village dont le rythme est ponctué par son abbatiale, placé à la limite du Calvados et de la Manche et à une quinzaine de kilomètres de la résidence du rédacteur de cet article.

Le but de nos deux amis étant de résoudre un différent, à savoir si Harry Dickson habite au 92b Baker Street, comme l'affirme l'un, ou au 221b selon les assertions de l'autre.

 

La lecture de ce recueil provoque une addiction non anxiogène, non illégale et non mortifère, à découvrir d'autres aventures du Roi des détective, tout au contraire. Le lecteur ébaubi en redemande afin de prolonger son plaisir non feint, aussi je me permets de vous signaler quelques pistes utiles à suivre, la lecture n'étant pas encore prohibée. Heureusement !

Je vous incite vivement à visiter les sites du Carnoplaste et des Moutons électriques :

 

Robert DARVEL : Harry Dickson 2. Collection Hélio Noir 64. Edition Les Moutons électriques. Parution le 6 octobre 2016. 288 pages. 7,90€.

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 11:05

Le bon temps du Fleuve Noir Populaire ! Mais ça, c'était avant...

Daniel RICHE présente : Futurs Antérieurs, 15 récits de littérature steampunk.

Au sommaire de cet ouvrage, une préface signée Daniel Riche, quinze textes soigneusement sélectionnés par le même Daniel Riche (lequel dirigea notamment les collections Gore et Aventures sans Frontière, fut le rédac’ chef de Fiction, d’Orbites et signa des scénarii de cinéma et de télévision), un dictionnaire des auteurs, des illustrations de Fred Blanchard et Fabrice Le Minier.

Parmi les signataires, Daniel Walther, Roland C. Wagner, Michel Pagel, Laurent Genefort, René Réouven, Jean-Marc Ligny, Jean-Claude Dunyach, Christian Vilà, Francis Valéry et de petits nouveaux prometteurs (pour l'époque) tels que Sylvie Denis, Thomas Day, David Calvo, David Prasson, Yves Letort et enfin quelqu’un qui se fait trop rare Michel Demuth. Mais penchons nous un peu plus sur ce beau bébé.

D’abord, que veut dire Steampunk ?

C’est pour l’auteur un exercice dans lequel il doit imaginer jusqu’à quel point le passé aurait pu être différent si le futur était arrivé plus tôt. Il ne s’agit donc pas d’uchronie, qui réécrit le passé dans un monde différent, mais d’allier le futur au passé avec les armes littéraires et scientifiques dont nous disposons à l’heure actuelle.

Tous les auteurs rassemblés dans ce recueil n’ont pas toujours réussi à interpréter cette définition, mais ne boudons pas notre plaisir.

Avec Celui qui bave et qui glougloute, Roland C. Wagner nous entraîne dans un western parodique et farfelu dans lequel évoluent Kit Carson, les Frères Dalton, et quelques autres personnages bien connus, confrontés au mythe de Chtulhu de Lovecraft. Un pur joyau tout comme Âme qui vive de René Réouven qui redonne vie une fois de plus à quelques romanciers du XIXème siècle avec l’érudition et le talent que nous lui connaissons.

Muchamor de Christian Vilà nous emmène dans la Russie alors que le régime tsariste est sur son déclin et que Raspoutine mène la danse. Michel Pagel renoue dans L’étranger, avec une forme littéraire peu souvent usitée, la narration épistolaire dont le contexte spirite permet à l’auteur de confronter dreyfusards et anti dreyfusards.

Le véritable voyage de Barbicane de Laurent Genefort s’inscrit dans les voyages extraordinaires de Jules Verne, le fabuleux De la Terre à la Lune, et Les premiers hommes dans la Lune de Wells. Jean-Claude Dunyach propose une aventure inédite du professeur Challenger, héros créé par Conan Doyle et le fait évoluer à Toulouse alors que Clément Ader s’obstine à démontrer que le plus lourd que l’air peut voler.

Les textes de Sylvie Denis, David Calvo, Thomas Day ou encore David Prasson sont un ton en dessous mais laissons leur le temps de s’affirmer, quand à celui de Daniel Walther, qui reprend le mythe de Mayerling, il m’a quelque peu déçu. Peut-être parce que j’attendais plus d’un auteur confirmé.

Yves Letort nous invite à découvrir Théophile Grandin, un texte servi par les illustrations de Francis Le Minier.

Quant à la préface de Daniel Riche, elle est justement très riche, érudite, et évite l’écueil du pontifiant. En vérité je vous le dis, ce recueil est une véritable bible que doivent se procurer tous les amateurs d’aventures et de lecture populaire.

 

Daniel RICHE présente : Futurs Antérieurs, 15 récits de littérature steampunk. Collection Grands Formats. Editions Fleuve Noir. Parution 21 avril 1999. 624 pages.

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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 08:30

En pleine lumière...

Jean-Pierre FAVARD : L'Ombre Noire.

Un esclandre dans la cour de récréation du lycée qu'il fréquente à cause d'une fille qui l'a plaqué et ne le fréquente plus, et Yoann est viré de l'école. Exclusion définitive. Faut croire que le proviseur n'a jamais eu de chagrin d'amour.

Les parents de Yoann n'ont pas trouvé mieux que de le conduire chez sa grand-mère, une vieille dame qui vit seule avec son chien dans un village perdu de Bourgogne. Châteauneuf en Auxois. Quatre-vingts âmes environ. Et son château. Et une pancarte à l'entrée du village annonçant aux touristes qu'ils arrivent dans un village classé parmi les plus beaux de France. Et à par ça ? Rien ou pas grand chose.

Yoann reste la plupart du temps enfermé dans sa chambre. Aussi Mamie lui confie des petits travaux, comme des missions délicates et indispensables pour la bonne tenue de la maison. Ainsi il doit aller chercher du bois pour alimenter le poêle, et des légumes dans le jardin pour les alimenter tous deux.

Mais pour se rendre au jardin, il faut traverser le bois. Et en chemin, Yoann remarque une masure, puis entend un bruit. Il s'agit d'une jeune fille qui sort une boite puis se roule une cigarette. Ils font connaissance et échangent quelques confidences. Garance va au lycée, vit avec sa mère et de temps à autre travaille comme serveuse dans une crêperie mais également au château comme guide ou libraire. D'ailleurs elle lui promet de faire visiter l'édifice qui date du Moyen-âge, sachant où se trouve les clefs pour accéder à la cour intérieure du château.

Ils se retrouvent souvent, pour se promener et converser en toute liberté. Il la trouve très belle Garance, avec ses longs cheveux rouges, surtout lorsqu'ils sont dénoués et flottent sur ses épaules. La mère de Garance est une jeune femme un peu baba-cool, qui a beaucoup voyagé et a ramené du Népal, d'Inde ou du Maroc, de nombreux objets disposés au hasard dans sa maison. Le seul problème qui empêche Yoann de rester à manger, c'est le côté végétarien des repas. Hélène, la mère, lui apprend qu'au château ils ont besoin de monde. Ce serait pas mal pour l'occuper durant les journées puisqu'il ne va plus à l'école.

Et c'est ainsi que Yoann débroussaille les buissons, désherbe, nettoie les lieux et il peut même visiter ce fameux château qui fut la propriété de Philippe Pot, Grand Sénéchal de Bourgogne au XVe siècle. Et dans la crypte repose justement le gisant de ce personnage célèbre pour avoir déclaré que la légitimité des rois était une invention, énonçant les premières théories démocratiques de l'histoire. Théories reprises quelques siècles plus tard.

Ce gisant est entouré de huit statues, des pleurants, et Yoann aime les contempler, avant de se mettre au travail, ou après. Or un jour, il n'a pas bu et d'ailleurs il ne boit jamais, il croit entrapercevoir un mouvement. Une statue a bougé les tête et ses yeux sont devenus jaunes, brillants. Il n'en faut pas plus pour impressionner Yoann qui en parle à Garance, et à sa mère, ainsi qu'à sa grand-mère. Il rencontre également d'autres personnes, dont un auteur local et une dame qui ne sort quasiment jamais de chez elle, qui vont radicalement changer sa vie pour des raisons diverses.

 

Débute alors une histoire semi-fantastique entrecoupée par la relation historique de la vie de Catherine de Châteauneuf, condamnée à la question pour avoir empoisonné son mari. En ce temps-là, on condamnait et on torturait les gens pour leur faire avouer une faute qu'ils n'avaient pas forcément commise. Et bien entendu, ces aveux arrachés sous la torture conduisaient tout droit au bûcher.

Ce court roman est suivi d'un article extrait très intéressant et très instructif des Annales de Bourgogne, signé Hélène Bouchard, qui explique un épisode de la vie de Philippe Pot et remet ses déclarations dans leur contexte.

Cette collection mérite largement le détour par son approche romanesque empruntant à des histoires locales, d'où son titre, méconnues et qui mettent en valeur une petite ville et ses personnalités. Et je verrais bien ce roman très visuel adapté en bande dessinée ligne claire façon années 50/60.

Jean-Pierre FAVARD : L'Ombre Noire. Collection LoKhaLe N°4. Editions La Clef d'Argent. Parution le 26 août 2016. 136 pages. 6,00€.

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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 06:33

Nick Carter est immortel !

Nick CARTER, le grand détective américain contre Dazaar, l'Immortel Maléfique

Je vous tiens pour un des très rares contemporains qui ont incontestablement des droits à mon estime. Mais il me plait de vous prendre, vous et vos talents, pour vous prouver à vous-même combien vaine et méprisable est l'intelligence humaine, et combien les plus habiles d'entre les hommes sont livrés à ma merci. En conséquence, à partir de ce moment, je vous poursuivrai sans pitié; mais cela ne veut pas dire que je désire, provisoirement du moins, déterminer votre mort. Que vous deviez, tôt ou tard, périr de ma main, cela va de soi, car j'ai décidé de vous choisir pour le jouet de mes caprices, et j'ai définitivement réglé votre sort.

Signé Dazaar.

 

La guerre est déclarée entre l'expéditeur du pli qu'est en train de lire Nick Carter et le détective. Mais qui est ce mystérieux correspondant, qui promet des joyeusetés incommensurables en matière de torture et de jouer avec lui comme le chat avec la souris, et dans quelles conditions cette missive est-elle parvenue à Nick Carter, c'est ce que nous allons tenter d'expliquer.

 

Alors qu'il est en train d'étudier un dossier dans la pièce qui lui sert de bureau, dans son pavillon new-yorkais, Nick Carter est dérangé par sa vieille gouvernante. Un homme du nom de Thompson désire s'entretenir avec lui. Cet homme lui apprend que sa vie est menacée, tout comme celle du détective d'ailleurs. Craintif il regarde autour de lui et débite son laïus :

Il y a actuellement à New-York un homme qui n'inspire tout d'abord que respect et admiration. Il est doué d'une intelligence vraiment surprenante; il possède les qualités de l'homme d'Etat et du diplomate; il s'est assimilé les connaissances qui font l'érudit et le savant, et maintes il m'a fait l'effet d'avoir emprunté à Protée le don des métamorphoses.

Et il continue sa description en affirmant que sous cette noble et séduisante apparence se cache un monstre qui se fait appeler Dazaar et parfois le cheik Adi. A ce moment un poignard se fiche dans la table, ayant traversé et cassé l'un des vitraux de la porte de communication entre les deux salons. Une arme particulière dont la lame est affutée des deux côtés et qui avec la garde représente une croix.

Aussitôt Nick Carter demande à ses deux fidèles amis et hommes de main, Patsy et Ten Itchi, de courir dans la rue à la poursuite du lanceur de dague. D'autres dagues ont été lancées dans l'huisserie de la porte d'entrée et dans la serrure, retardant la sortie des deux hommes. Lorsque Carter revient dans la pièce où il a laissé Thompson, celui-ci est décédé d'une arme similaire plantée en plein cœur.

Après une nuit agitée, Carter reçoit donc la fameuse missive dont il est question au début de cet article.

 

Et c'est ainsi que Nick Carter va connaître une aventure en neuf épisodes contre Dazaar, neuf épisodes mouvementés durant lesquels sa vie sera en danger mais sortant vainqueur des affrontement à chaque fois. Ce qui est normal puisque Dazaar a promis de le faire souffrir et de jouer avec lui le plus longtemps possible.

Le plus étonnant pour Nick Carter est de constater que cet ennemi possède non seulement de multiples identités, de multiples visages, mais qu'il possède le don d'ubiquité. Et que telle l'hydre de Lerne, Dazaar vaincu, emprisonné, voire suicidé, vit toujours, matérialisé en sept individus.

Encore plus étonnant et surprenant, l'apparition d'abord éthérée d'Irma Plavatsky, avec laquelle il devait se marier cinq ans auparavant et est décédée à Paris, enterrée au Père-Lachaise. Plus incompréhensible est de la revoir physiquement possédant une double personnalité. Elle ne se souvient pas de lui puis elle recouvre sa lucidité durant quelques minutes et retourne dans son rêve éveillé, mélangeant la fiction et la réalité. Mais bien vivante est son ancienne gouvernante, qui l'accompagna jusqu'à ses derniers moments, madame Aïra, qui vit dans une maison abritant Irma ou son double.

Les affrontements, les confrontations entre le détective et Dazaar seront donc nombreux et mortifères, surtout pour des connaissances du détective, pour des policiers dépêchés par son ami l'inspecteur McClusky, pour ses amis, dont Patsy qui se trouve souvent en mauvaise position, et les moyens employés sont divers et variés.

Ainsi il assiste, impuissant, à la combustion d'une dizaine de policiers transformés en torches vivantes sous l'impulsion d'un produit qui plus tard se révélera être du radium.

Mais sa faculté de pouvoir se grimer et changer totalement d'allure, d'apparence, quelque soit le lieu où il se trouve, lui permet souvent d'échapper à ceux qui sont lancés à ses basques ou de les suivre dans leurs déplacements. Et heureusement, il peut compter également et surtout sur Ten Itchi, qui ne se contente pas de veiller sur l'intégrité physique de son maître, mais doit résoudre une mission à lui confiée.

Mais qui est Dazaar qui fait trembler tant de personnes ? Selon certains, il serait d'origine tibétaine et posséderait d'étranges pouvoirs mis au service de ses pièges, se montrant un tortionnaire intraitable, cruel, impitoyable. Et ce n'est pas pour rien qu'il est surnommé l'Immortel Maléfique. Et lorsque Nick Carter et son ami McClusky pensent pouvoir lui mettre le grappin dessus, ils déchantent rapidement. Le dangereux malfaiteur n'est plus dans la maison où il a élu domicile mais dans une autre propriété, de l'autre côté de l'Hudson, deux endroits reliés par un tunnel sous le fleuve. Il est entouré de nombreux séides nommés les Adorateur du Diable.

Nick CARTER, le grand détective américain contre Dazaar, l'Immortel Maléfique

Réunis dans ce fort volume neuf histoires qui se suivent et se complètent et qui à l'origine étaient publiées sous forme de fascicules de 32 pages, démontrant l'imagination fébrile, sans faille et inépuisable de l'auteur (ou selon les histoires, des auteurs), imagination qui offre moult péripéties sans traîner en longueur. Les événements s'enchaînent inexorablement, pour la plus grande joie du lecteur, qui peut souffler entre deux épisodes avant de repartir à l'assaut des aventures épiques de Carter et consorts. Ces fascicules étaient hebdomadaires et si le lecteur attendait avec impatience la suite, il pouvait se changer l'esprit en lisant, à la même époque, les aventures de Buffalo Bill alias William Cody, et autres héros de papier ou non. Je me permettrai même d'ajouter que les auteurs actuels, qui aiment à délayer leur prose, n'ont rien inventé en ce qui concerne les aventures rocambolesques dont ils aiment faire profiter leur héros, mais qu'ils devraient prendre modèle sur la concision des textes tout en les truffant de péripéties improbables et palpitantes afin d'entretenir l'intérêt du lecteur.

 

Ces neuf épisodes sont précédés d'une excellente préface signée Francis Saint-Martin, qui développe en une quarantaine de pages la naissance de Nick Carter, puis ses différents avatars jusque dans les années 1980, avec pour les éditions françaises Noël Ward comme scripteur ou côté américain Michael Avallone. Dans sa postface Marc Madouraud, chercheur impénitent et passionné, décrit le parcours des aventures de Nick Carter, à l'écran, avec notamment Eddie Constantine, sur les ondes et sur papier, là aussi en une quarantaine de pages. Ces deux préface et postface sont largement pourvues, tout comme les épisodes, de reproductions photographiques des couvertures des aventures de Nick Carter en fascicules ou en livres. Ne serait-ce que pour ces deux textes fort documentés, l'achat de cet ouvrage, indispensable dans une bibliothèque qui se veut complète, éclectique, représentative d'une culture littéraire populaire, serait amplement justifié.

 

Au sommaire donc:

Préface de Francis Saint-Martin.

La maison des Sept démons. Première publication dans New Nick Carter Weekly N°372. 13 février 1904.

La Reine des Sept. N°373. 20 février 1904

Une empreinte énigmatique. N°374. 27 février 1904.

Les adorateurs du Diable. N°375. 5 mars 1904.

Descente de Dazaar aux enfers. N°376. 12 mars 1904.

Le dernier des mystérieux Sept. N°377. 19 mars 1904

Revenu de la tombe. N°394. 16 juillet 1904.

Un pacte avec Dazaar. N°395. 23 juillet 1904.

Mort de Dazaar. N°396. 30 juillet 1904.

Postface de Marc Madouraud

Nick CARTER, le grand détective américain contre Dazaar, l'Immortel Maléfique (traduction de Jean Petithuguenin). Préface de Francis Saint-Martin. Postface de Marc Madouraud. Collection Baskerville. Editions Rivière Blanche. Parution septembre 2016. 554 pages. 42,00€.

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28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 07:53

Bon anniversaire à Barbara Hambly née le 28 août 1951.

Barbara HAMBLY : Les Murs des ténèbres.

Murs des ténèbres, est écrit par un auteur qui n’est pas inconnu des amateurs de Star Trek ou Star Wars.

En effet Barbara Hambly a participé à ces deux phénomènes cinématographiques, télévisés et littéraires, sans compter les jeux de rôle. Toutefois c’est sa première œuvre qui est ici publiée, datant déjà de 1983 et qui s’apparente à une Fantasy située entre le roman de Genefort et la série du Lancedragon publiée au Fleuve Noir.

Dans ce second volet du Cycle de Darwarth, le premier étant Les Forces de la Nuit (Abysses n°2), Gil et Rudy entraînés dans un monde parallèle médiéval, combattent aux côtés du peuple de Dare obligé de fuir les Ténébreux. Ils parcourent le pays sous la neige, le vent, la tempête et se réfugient dans un Donjon dont nul ne connaît véritablement les arcanes.

Le sorcier Ingold et Rudy partent à la recherche du mage Lohiro qui pourrait leur donner la clé de la victoire, et Faucon-de-Glace décide lui aussi d’aller à l’aventure.

Dans le Donjon, les forces magiques et religieuses s’affrontent pour obtenir le pouvoir et être écoutées de La reine Minalde, régente d’un royaume en déliquescence. Elle trouve heureusement auprès d’elle Gil, qui se révèle être une guerrière née tandis que Rudy, en compagnie de Ingold, se découvre le don de sorcellerie.

Au dehors les Ténébreux rôdent, mais ce ne sont pas les seuls. Les Pillards Blancs, les Dooiques (hommes néanderthaliens) s’avèrent de redoutables ennemis tandis que les Pénambriens, eux aussi en exode, souhaiteraient trouver refuge dans le Donjon. Ce que refusent certains responsables malgré l’avis de Minalde car selon eux les vivres ne sont pas inépuisables. Le Donjon recèle ses mystères qu’aimerait découvrir Gil.

 

Gil qui est d’ailleurs une transposition de Barbary Hambly, puisque celle-ci possède un diplôme d’histoire médiévale (elle a également passé une année à étudier à la Faculté de Bordeaux) et est ceinture noire de Karaté.

Mais l’on retrouve également dans ces romans une influence directe de Lovecraft et dans une moindre partie de Tolkien. Un ouvrage dense, qui démarre doucement, l’action n’étant pas la priorité de l’auteur, mais dont l’atmosphère finit par envoûter le lecteur.

Et Barbara Hambly pose une question primordiale par le biais de son héroïne qui combat et tue des renégats pour sauver sa peau. L’homme, l’être humain qui tue sans réfléchir en état de légitime défense est-il plus coupable que le juré qui le condamne à mort dans un esprit de justice ? Mais Barbara Hambly écrit aussi des romans historiques et l’on peut lire toujours au Masque, en Grand Format, L’innocence de Janvier, dont l’action se passe en Louisiane au XIXe siècle.

 

Première édition Collection Club du livre d'Anticipation N°122. Editions Opta. Parution 1986. 416 pages.

Première édition Collection Club du livre d'Anticipation N°122. Editions Opta. Parution 1986. 416 pages.

Réédition Folio SF. Parution 21 juin 2007.448 pages.

Réédition Folio SF. Parution 21 juin 2007.448 pages.

L'intégrale de Darwath. Editions Terre de Brume. 2005.

L'intégrale de Darwath. Editions Terre de Brume. 2005.

Barbara HAMBLY : Les Murs des ténèbres. Le cycle de Darwath, volume 2. (The walls of air- 1983. Traduction de Françoise Maillet). Collection Abysses n° 9. Librairie des Champs Elysées. Parution septembre 1998. 448 pages.

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