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2 août 2016 2 02 /08 /août /2016 11:00

Sans lunettes et sans fusil...

Richard MARSH : La femme dans la voiture

Sortant du Climax Club de Londres, vers les deux heures du matin, le colonel Overton raconte à son compagnon de soirée, John Baird, un épisode dont il a été le témoin un peu plus d'une heure auparavant.

En effet il a vu, alors qu'il passait dans Piccadilly, une femme frappant un homme d'un coup de couteau dans le dos. Un événement passé inaperçu jusqu'à ce qu'elle disparaisse dans la foule.

Mais Baird est intrigué par une automobile stationnée de l'autre côté de la rue. Il l'a déjà remarquée une heure plus tôt. Un homme était au volant, semblant dormir. Tout à coup, une jeune femme s'est levée de l'intérieur, l'a dévisagé comme si elle voyait un spectre, puis s'est précipitée dans une ruelle.

Juste à ce moment, un taxi arrive, s'arrête au niveau du véhicule stationné, une femme en sort, se précipite vers l'auto, ramasse quelque chose puis remonte dans le taxi qui s'éloigne à grande allure.

Le chauffeur dort toujours, mais en réalité, les deux hommes vont bientôt s'en rendre compte, il est mort. Il a été assassiné. Baird est persuadé connaître cette jeune femme mystérieuse. D'autant qu'il ramasse subrepticement un mouchoir qu'il examine plus longuement et minutieusement chez lui. L'initiale E est brodée dans un coin. E comme Eleanor, qu'il a fort bien connue quelques années auparavant. Depuis il a parcouru le monde et au bout de cinq ans il est revenu en Angleterre. Eleanor s'est mariée avec le comte de Ditchling, notablement plus vieux qu'elle.

L'inspecteur Hextall de Scotland Yard, procède aux premières investigations et le docteur Leach donne son verdict : l'homme a bien été assassiné mais le plus étonnant c'est qu'il a reçu deux balles, qu'il a été apparemment égorgé mais que son corps comme ses vêtements sont déchiquetés. un collier d'animal est découvert ainsi que d'autres objets. L'homme se nomme Andrew Tozer et il est à bord d'une Rolls-Royce appartenant au comte de Ditchling.

Débute alors une enquête touffue à laquelle participent chacun de leur côté l'inspecteur Hextall et Baird.

Tout semble mener à la comtesse Ditchling, qui interrogée par son mari revenant de Londres, tergiverse alors qu'elle vient le chercher à la gare d'Exeter. Baird retrouve Pauline, la jeune sœur d'Eleanor, toute gamine lorsqu'il est parti et qui depuis est devenue une fort belle et avenante jeune fille. Et qui est cet Andrew Tozer dont ce n'est pas le véritable patronyme ? Bien d'autres personnages, féminins et masculins, se révèlent être le reflet d'eux-mêmes dans une glace déformante. Et pourquoi Eleanor ingurgite-t-elle un poison qui la laisse sans connaissance, affolant sa sœur Pauline, laquelle en informe Baird ?

 

Touffue, complexe, cette intrigue est pourtant méticuleusement concoctée, et les différents épisodes narrés minutieusement. Ainsi le parcours d'une voiture est décrit avec précision par Lewis Kohn, autre inspecteur de police, mais tout ceci n'apporte rien de probant selon Hextall.

Ce qu'il s'est passé, s'il s'est bien passé quelque chose, nous ne pouvons que le supposer; plus nous avançons dans cette enquête, plus les événements nous apparaissent comme inexplicables.

Et comme Hextall n'est pas un policier borné et imbu de lui-même, il déclare peu après :

Mais si les faits sont bien tels que vous les avez décrits, l'objectif de cette manœuvre nous échappe encore. Il se pourrait bien que j'ai pris cette affaire par le mauvais bout.

Si la narration de cette intrigue est fortement ancrée dans son époque, certains épisodes pouvant prêter à sourire, le fond en lui-même était novateur. Bien entendu l'emploi des technologies modernes auraient pu dénouer cette affaire plus rapidement, mais la voiture, en général, joue un rôle fort important, sinon primordial dans cette enquête.

Un roman dont les dialogues sont habilement construits, comme savaient le faire les romanciers à cette époque, parfois un peu longuets j'en conviens, mais dénués de la boue vulgaire qui englobe souvent la production actuelle.

Un roman qu'apprécieront les amateurs d'histoires complexes, bien construites, à l'énigme toujours présente et au suspense psychologique indéniable.

A lire également de Richard Marsh :

 

Richard MARSH : La femme dans la voiture (The woman in the car - 1915. Traduction de Charles Giraudeau, revue et complétée par Jean-Daniel Brèque). Première parution Le Figaro du 2 septembre 1915 au 29 octobre 1915. Collection Baskerville N°30. Editions Rivière Blanche. Parution avril 2016. 352 pages. 25,00€.

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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 06:00

Un coup j'te vois, un coup j'te vois plus...

Marie DEVOIS : Gauguin mort ou vif.

C'est ce qu'aurait pu dire aux gendarmes Luc Péron qui effectue sa promenade hygiénique matutinale. Et pour mieux se remettre sur pied rien ne vaut la marche à pied. C'est ainsi que Luc Péron, longeant la falaise du Pouldu, sur la commune de Clohars-Carnoët aperçoit un homme allongé sur le sable, inerte. Il descend, s'approche, met un doigt sur la carotide afin de savoir si elle bat toujours. Rien. L'homme est nu, est entièrement tatoué, jusque sur le crâne. Près du corps, des vêtements, des sandales, un sac à dos, et plus étonnant un plateau de jeu.

Il prévient immédiatement la gendarmerie puis remonte tranquillement et péniblement le raidillon jusqu'au haut de la falaise. A son arrivée, il se retourne, plus de cadavre. Envolé le tatoué. Le témoin et les gendarmes sont bien embêtés, car sans corps comment procéder à une enquête. Et il ne s'agit pas d'une farce de la part de Luc Péron, les objets ci-dessus décrits étant encore présents. L'adjoint du procureur de la République ainsi que le maire sont prévenus, car les gendarmes ne lâchent pas prise.

 

Deux jours auparavant, un vol avec effraction a été commis à Tourch, au centre culturel communal, et un tableau, enfin une copie, prêtée par la conservatrice de Pont-Aven, dans le cadre d'une exposition itinérante a disparu. A la place du tableau une inscription a été placée : Contes Barbares.

D'autres faits se produisent, notamment dans la maison de Gauguin, mais un tatoueur de Quimper va faire progresser sensiblement l'enquête. En effet le promeneur à la santé fragile possède une excellente mémoire et il a pu décrire fidèlement les représentations figurant sur le corps. Le tatoueur était en vacances lors des événements qui se sont déroulés sur l'estran du Pouldu, et en compulsant les journaux lors de son retour, il reconnait immédiatement l'un des clients qui lui avait demandé de procéder à ces décalcomanies corporelles.

A la grande frustration des gendarmes qui avaient conduit l'enquête du départ, c'est le commissaire Paul Magnin de Quimper qui hérite du dossier.

 

Paul Gauguin est l'invité vedette de ce roman et les iles Marquises offrent un décor incomparable en sus des paysages bretons. La présence de Gauguin est toujours prégnante dans ces deux endroits qu'il a marqué de son empreinte durablement.

Outre cette intrigue admirablement maîtrisée, intrigue construite comme un jeu puisque justement c'est un jeu de l'Oie, jeu qui fit les délices de notre enfance avant d'être détrôné par les jeux vidéos, qui est l'une des composantes principales.

Mais le personnage de Paul Gauguin nous livre des côtés obscurs de sa personnalité grâce à Marie Devois qui ne le montre pas forcément comme une figure emblématique de la cellule familiale. Si le talent du peintre n'est pas à mettre en doute, sa vie privée elle est assez fluctuante pour attiser l'attrait d'un auteur qui connait bien les arcanes de l'art pictural, comme elle nous l'avait déjà démontré dans ses précédents romans.

Un roman de suspense et d'énigme tout en étant un roman historique, dévoilant le côté clair-obscur d'un artiste au multiples facettes et un roman-jeu.

Quant au pourquoi de la mise en scène sur la plage, elle est à rechercher dans les arcanes des îles Marquise et des escroqueries d'un couple, mise en scène qui n'atteint pas la personne qui devait en faire la découverte.

Marie DEVOIS : Gauguin mort ou vif. Collection ArtNoir. Editions Cohen & Cohen. Parution 19 mai 2016. 258 pages. 20,00€.

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19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 13:06

Un manuscrit renferme toujours une énigme : la pensée de l'auteur...

Elena ARSENEVA : L’énigme du manuscrit.

Le prince Vladimir, accompagné de son fidèle boyard Artem et du collaborateur de celui-ci le Varlet Mitko, de quelques courtisans et de deux enlumineurs, décide de passer deux ou trois jours en la forteresse de Loub, dirigée par le gouverneur Alexei.

On lui a vanté la richesse de la bibliothèque. Plus particulièrement le psautier dit d’Illarion, nommé ainsi d’après le nom du moine grec qui a orné le manuscrit de magnifiques enluminures. Après avoir admiré cet incunable inestimable, tout ce petit monde festoie gaiement tout en appréciant les prestations d’une troupe de comédiens ambulants. Le soir, se promenant dans la cour au pied du donjon, Artem est le spectateur d’une étrange vision.

Une fenêtre s’ouvre à l’étage et une jeune femme tente de se précipiter dans le vide tandis qu’un homme la rattrape in extremis. Or d’après ses premières constatations, il n’existe aucune ouverture dans le couloir de l’étage permettant d’accéder à cette pièce.

S’agirait-il d’un leurre, d’une apparition provoquée par des fumées dues à l’ingestion d’alcool et à une nourriture abondante ? Le cadavre du jeune enlumineur Iakov, qui avait vertement controversé le point de vue de son confrère quant à la modernité de l’imagerie du psautier, et est retrouvé au bas d’un escalier, ne doit rien à un mirage.

La thèse de l’accident est rapidement avancée mais Artem est sceptique, d’autant que d’autres cadavres s’accumuleront au fil du temps. Le prince Vladimir doit retourner en son palais et Artem est chargé de résoudre rapidement ces énigmes. Des meurtres qui seraient liés, selon lui, à ce célèbre manuscrit qui apparaît et disparaît mystérieusement.

 

Ce nouvel opus des aventures du boyard Artem nous fait découvrir qu’avant l’invention de Gutemberg, le livre, ou plutôt le manuscrit, était non seulement un objet précieux mais également une émanation de la culture qui sans se prévaloir d’être indispensable comptait pour beaucoup dans la mémoire des peuples, le reflet d’une civilisation avancée. Et bien évidemment en corollaire, la jalousie qui peut être vecteur de confrontation entre deux êtres ne partageant pas les mêmes dispositions d’esprit. La dualité entre l’ancien et le moderne.

 

Mais au delà de ces considérations il ne faut pas oublier qu’Elena Arsenova a aussi, ou surtout, écrit un roman dont la plongée dans le passé est une façon originale de découvrir les mœurs d’une époque révolue mais pourtant fort avancée malgré les avis d’historiens obtus qui ne voyaient dans l’ensemble de ce que l’on peut appeler le Moyen âge, une époque qui couvre cependant des siècles de découvertes et souvent de tolérance, une page d’obscurantisme dans l’histoire de l’Humanité.

De plus L’énigme du manuscrit devrait contenter ceux qui recherchent l’approche historique ainsi que tous les nostalgiques du suspense et du whodunit.

Elena ARSENEVA : L’énigme du manuscrit. Collection Grands Détectives N°3484. éditions 10/18. Parution 5 juin 2003. 256 pages.

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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 11:18

Ciel, mon mari !

Paul HALTER : La toile de Pénélope.

Paul Halter, dès ses premiers romans, s’est montré l’égal du maître, John Dickson Carr, avec des intrigues ciselées pour des meurtres en local clos.

Dans son dernier opus en date, La toile de Pénélope, il ne déroge pas à cette règle qu’il s’est constituée et dont il joue avec bonheur.

 

Mauvaise nouvelle pour Ruth qui allait se remarier, et par conséquent pour son futur époux, le mari présumé mort en Amazonie réapparaît du jour au lendemain.

Bigre, du pataquès en perspective. D’autant que l’aventurier a sa place au foyer, même si dans ses bagages il ramène quelques gentilles petites bêtes dont une mygale surnommée Pénélope.

Tiens, comme la nièce hébergée depuis quelques temps ! Comme vous l’avez deviné, un crime impossible va se dérouler, avec principal protagoniste, et principale victime cet Ulysse moderne.

 

Le duo Twist et Hirst vont avoir bien du mal à démêler cet imbroglio, et surtout cette toile patiemment tissée.

Mais nous somme persuadés que ce tandem se débrouillera pour se sortir avec les honneurs, d’autant qu’ayant le roman, et l’ayant apprécié à sa juste valeur, nous pouvons vous dévoiler que c’est un enfant qui les aidera grâce à ses déductions.

Le pauvre, il risquera d’y perdre la vie, mais ne dévoilons point trop l’intrigue et laissons au lecteur le plaisir de la découvrir.

Version italienne. Septembre 2002. Collection Il Giallo Mondadori.

Version italienne. Septembre 2002. Collection Il Giallo Mondadori.

Réédité chez Amazone CreateSpace Independent Publishing Platform. Parution 5 novembre 2012. 13,54€

Réédité chez Amazone CreateSpace Independent Publishing Platform. Parution 5 novembre 2012. 13,54€

Paul HALTER : La toile de Pénélope. Collection Le Masque Jaune. N°2460. Editions du Masque. Parution septembre 2001.

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14 juin 2016 2 14 /06 /juin /2016 16:07

Ce ne serait pas bête !

Nicholas BLAKE : Que la bête meure...

Six mois après le drame qui a coûté la vie à son fils Marty, alors âgé de huit ans, Franck Cairnes, auteur de romans policiers sous le pseudonyme de Felix Lane, décide de rédiger son journal destiné à un lecteur inconnu. Et il débute sa narration ainsi :

20 juin 1937. Je vais tuer un homme. Je ne connais ni son nom, ni son adresse, ni son aspect physique. Mais je vais le trouver et le tuer.

Marty a été renversé par un chauffard, il est décédé, et les recherches effectuées par la maréchaussée n'ont rien donné. Alors Felix, car c'est sous ce nom que notre romancier a décidé d'enquêter, va se substituer aux policiers et retrouver l'automobiliste indélicat qui n'a pas daigné s'arrêter alors qu'il savait pertinemment qu'il avait percuté quelqu'un.

Il raisonne comme l'auteur de romans policiers qu'il est et à force de suppositions, de déductions, arrive à la conclusion que l'homme est en accointance avec un garagiste, ou garagiste lui-même, car son véhicule ayant été endommagé, il a dû le faire réparer en catimini afin de ne pas laisser de trace auprès des enquêteurs. C'est par hasard qu'en franchissant un gué, pensant que l'homme aurait pu se débarrasser des pièces endommagées dans la rivière, qu'il trouve un témoin. L'homme a aperçu un couple avec une voiture à l'avant cabossé. Une piste se profile, le témoin ayant reconnu la femme, actrice de cinéma.

Tandis qu'il essaie de remonter la piste, Felix Lane reçoit des lettres anonymes l'accusant de ne pas avoir su s'occuper de son gamin. Ce qui le chagrine fortement, car il faisait tout pour pallier l'absence de la mère décédée quelques années auparavant.

Lane contacte son agent afin qu'il puisse s'introduire dans les milieux du cinéma, prétextant qu'il a besoin de s'instruire pour planter les décors de son nouveau roman. La pêche est fructueuse puisqu'il fait la connaissance de Lena, actrice jouant dans des seconds rôles. Elle lui apprend que sa sœur est mariée avec un garagiste, dans un petit village du comté de Gloucester où lui même vit. Ce ne sont pas les quelques dizaines de kilomètres qui le séparent de ce village qui font obstacle.

Ses relations avec Lena deviennent assez intimes. Il s'installe dans une auberge du village puis il s'arrange pour être invité chez George Rafferty, le garagiste. L'homme est violent, contrairement à son associé Harrisson Carfax, tandis que sa femme, Violet, la sœur de Lena, est une femme effacée. Sa mère est directive et son fils Phil subit les remontrances du père et de la grand-mère, toute incartade, minime qu'il soit, étant sujette à rebuffade, voire plus. Felix est attiré par la fragilité de Phil et propose même de lui donner des cours de rattrapage.

Felix Lane étudie le comportement de Rafferty afin de parvenir à la conviction que celui-ci est bien le chauffard ayant pris la vie de son fils Marty. Puis il envisage de se débarrasser du bonhomme lors d'une partie de pêche en canot sur la rivière. Seulement il ne peut mener à bien son projet. Le soir même, Rafferty décède d'un empoisonnement. Et Felix jure qu'il n'est pas coupable, possédant même un alibi.

 

Ce roman divisé en trois partie, avant, pendant et après, c'est à dire la recherche du chauffard, la perpétration du meurtre ou plutôt l'essai manqué, puis l'enquête sur le décès par empoisonnement de Rafferty. Et l'entrée en scène Nigel Strangeways, détective amateur renommé et sa femme Georgia qui a déjà participé à quelques-unes de ses enquêtes ainsi que de l'inspecteur Blount de Scotland Yard.

La première partie, écrite à la première personne puisqu'il s'agit d'un journal allant du 20 juin au 21 août, narre l'enquête de Felix Lane concernant le meurtrier de son fils. Une histoire de vengeance décrite en direct par le principal intéressé, principalement psychologique et déductive. La deuxième partie étant l'essai de perpétration du meurtre envers le garagiste, la troisième étant du domaine du roman policier classique cherchant à découvrir le coupable dans l'empoisonnement du garagiste, à moins qu'il s'agisse tout simplement d'un suicide maquillé. Le tout sur fond de manipulation et de machiavélisme.

Première édition : Collection de l'Empreinte N°152. Editions de la Nouvelle Revue Critique. Parution 1938. 256 pages.

Première édition : Collection de l'Empreinte N°152. Editions de la Nouvelle Revue Critique. Parution 1938. 256 pages.

Publié en 1938 dans la collection de l'Empreinte, ouvrage de référence pour la rédaction de cet article, ce roman a été adapté en 1969 au cinéma par Claude Chabrol avec dans les rôles principaux, Michel Duchaussoy, Caroline Cellier, Anouk Ferjac et Jean Yanne.

 

La Collection de l'Empreinte proposait en outre en fin de volume une chronique d'échecs signée François Le Lionnais, ingénieur chimiste, mathématicien épris de littérature, doublé d’un écrivain passionné de sciences, fondateur en 1960 de l'Oulipo, Ouvroir de Littérature Potentielle, qui donnera naissance plus tard à l'Oulipopo, Ouvroir de Littérature Potentielle Policière.

Suivaient ensuite un concours de problèmes policiers et bien entendu la solution au problème précédent. Ce concours était doté de cinquante prix, le premier étant un magnifique lampadaire (c'est du moins ce qui est annoncé), le deuxième étant de 300 francs de livres à choisir dans le catalogue des éditions de la Nouvelle Revue Critique et ainsi de suite. Sachant que ce roman valait 7,50 francs, cela équivalait à 40 ouvrages pour le gagnant en deuxième position et 8 ouvrages pour ceux arrivés entre la vingt-sixième et cinquantième position. A noter que les participants à ces concours envoyaient leur réponse de toute la France mais également de Belgique, de Suisse, du Portugal, du Maroc, de Tunisie, d'Indochine...

 

Une canne à pêche est une baguette munie d'un hameçon à un bout et d'un imbécile à l'autre.

Réédition collection Un Mystère 3e série. N°34. 1969.

Réédition collection Un Mystère 3e série. N°34. 1969.

Voir également les avis enthousiastes de Claude dans Action-Suspense et de Pierre dans BlackNovel1.

Nicholas BLAKE : Que la bête meure... (The Beast Must Die - 1938. Traduction de Simone Lechevrel). Collection Bibliomnibus Polar. Editions Omnibus. Parution 12 mai 2016. 224 pages. 13,00€.

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27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 15:15

Lorsque l'assassin défie le temps...

Michel BUSSI : Le temps est assassin.

Le 23 août 1989, alors que Clotilde, alias Clo, consigne dans un carnet ses petits secrets et rêvasse, elle est happée par la main par son père qui est pressé. Tout le monde en voiture. Paul, le père, est nerveux, Palma, la mère, à côté de lui est non moins nerveuse, et derrière les deux gamins, Nicolas statique et Clo qui déplore avoir oublié son précieux carnet sur le tronc d'arbre sur lequel elle était assise. Papa conduit vite, trop vite et l'accident est inévitable. La voiture défonce une barrière et plonge dans la mer en dessous du ravin. Lorsque Clo sort de son étourdissement, elle est hospitalisée et la seule survivante. Elle n'a que quinze ans.

Vingt sept ans plus tard, Clo revient sur le théâtre de cet accident, au camping des Euproctes, celui où elle passait ses vacances avec ses parents, situé sur la presqu'île de la Revelatta, non loin de Calvi. Elle est mariée avec Franck, qui connait ses antécédents familiaux, et ils ont une gamine, Valentine, dite Valou, du même âge que Clo lors de cet été funeste.

Ce n'est pas vraiment un pèlerinage qu'effectue Clo, mais presque. Car à quelques kilomètres de là, à la bergerie d'Arcanu, vivent encore ses grands-parents. L'accident dont ont été victimes ses parents et son frère lui taraude toujours l'esprit. Son père n'avait pas braqué le volant, il avait foncé tout droit dans les barrières de protection de la corniche de Petra Coda. Et la moindre des choses, c'est bien de déposer un bouquet de fleurs à l'endroit où la voiture a dévalé le ravin. Quelques minutes de recueillement, c'est peu, et pourtant c'est déjà beaucoup pour Valou et Franck.

Le camping des Euproctes est dirigé par Cervone Spinello, le fils de l'ancien directeur. Cervone, qu'elle n'aimait guère à l'époque faisait partie de la petite bande qu'elle formait avec quelques autres adolescents. Elle va retrouver d'autres compagnons, filles et garçons, qu'elle fréquentait plus ou moins à l'époque. Ils ont vieilli, comme elle, ils ont changé, comme elle, certains ont disparu de la circulation, d'autres se sont fait un nom et sont devenus plus ou moins célèbres. Les souvenirs affluent.

Dès les premiers jours, quelque chose ne tourne pas rond. D'abord une lettre l'attend à l'emplacement de la caravane que ses parents louaient. Une lettre non signée mais c'est l'écriture de sa mère, Clo en est sure. Et le contenu est une forme de prière. Elle doit se tenir le lendemain sous le chêne vert de la bergerie d'Arcanu, lors de sa visite chez Cassanu et Lisabetta, ses grands-parents. Et Valou, sa fille, devra être présente également. Une mauvaise blague, sans aucun doute, pourtant comme le ver dans le fruit, cette missive la perturbe. Et alors qu'elle désire prendre ses papiers dans le coffre où elle les a déposé, elle s'aperçoit qu'ils ont disparu. Un coffre fermé par une combinaison.

Peu à peu, le drame s'installe, d'abord diffus. Selon un ancien gendarme en retraite, qui aurait participé à l'enquête, l'accident ne serait pas dû à un défaut de maîtrise de la part du conducteur mais à un acte de sabotage. A la bergerie, Orsu, qui travaille au camping, a appelé son chien Pacha. Comme celui qu'elle possédait lorsqu'elle jeunette. Un vieil Allemand, habitué du camping, aujourd'hui veuf, mais dont le fils fréquentait la petite bande, est un passionné de photographie. Et depuis des décennies il entasse les clichés dans des cartons. Lorsque Clo lui demande si elle peut regarder celles de l'année 89, il accède à se demande sans rechigner. Hélas, le carton est vide, les photos se sont envolées, volées.

Valou manque se casser les os lors d'une sortie organisée, alors qu'elle devait plonger dans la mer, attachée par une corde, afin de ne pas se fracasser sur les rochers et laisser emporter par les eaux. Le mousqueton lâche, probablement saboté D'autres événements se précipitent, et le drame qui couvait se transforme en tragédie, ou du moins ça y ressemble. Clo reçoit d'autres messages de sa mère, ou d'une personne qui s'est substituée à elle.

 

Tel Pénélope qui le jour tissait sa tapisserie et la nuit la défaisait, la détissait afin de prolonger le temps, Michel Bussi construit son histoire en habillant la trame de son histoire avec des épisodes, des événement, des personnages, des sentiments, puis il détricote ce qu'il a patiemment assemblé pour reprendre et offrir de nouvelles images sur une toile tout en gardant l'esquisse originelle, les fils étant entremêlés de façon différente mais toujours dans un décor identique.

Un jeu de miroir habilement développé car l'histoire des jours qui ont précédé l'accident qui ont coûté la vie des parents de Clo ont été consignés dans le carnet qu'elle trimbalait partout avec elle. Un carnet qui était resté abandonné sur le tronc d'arbre à la bergerie alors que son père l'entraînait de force. Un carnet qui n'a pas été perdu pour tout le monde et qu'un lecteur inconnu lit, ou relit, avidement, laissant parfois transparaître ses sentiments mais pas son identité.

Comme dans une galerie des glaces où l'image se déforme quelque peu, à cause des souvenirs de Clo qui ne sont pas forcément le reflet de la réalité, le lecteur vit intensément les quelques jours entre l'arrivée de Clo et sa petite famille dans la presqu'île de la Revelatta, et les événements qui se sont déroulés vingt-sept ans auparavant. Tout s'imbrique et se détache en une succession inexorable d'épisodes qui vont crescendo.

La magie Bussi opère une fois de plus, plus intéressante dans la puissance d'évocation que dans son roman précédent, Maman a tort, dans une construction implacable, à l'égale de Nymphéas noirs, et qui marque le lecteur. Un suspense qui oblige le lecteur à ne reposer le livre qu'une fois le mot fin apparait et qui réconforte.

Cela nous change d'une production actuelle où tout est basé sur des histoires répétitives de banlieues, de marlous de banlieues, de drogue, de casses mal ficelés, de délinquants minables, le tout dans un style déplorable et une écriture bâclée qui se veulent être modernes mais qui ne sont que le mépris de la langue française.

 

Michel BUSSI : Le temps est assassin. Editions Presses de la Cité. Parution 4 mai 2016. 544 pages. 21,50€.

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26 mai 2016 4 26 /05 /mai /2016 13:01

Mais viande saignante...

Claude AMOZ : Bois-brûlé.

Comme bon nombre de romans qui paraissent actuellement Bois-Brûlé ne se démarque pas de cette forme d’obsession envers les périodes troubles, et joue en filigrane avec les cicatrices morales de la Grande Guerre et des évènements d’Algérie.

Ce ne sont que des images, avec une résonance matérielle, éclats d’obus, queues de grenades, ossements, mais qui expliquent le comportement des “ héros ”, du moins des protagonistes.

Victor Brouilley, standardiste dans une maison d’édition, plaque tout du jour au lendemain, sur un coup de tête. Il a cru reconnaître sur les photos d’un magazine la maison où il passait enfant ses vacances, avec comme occupante Mara, une chanteuse populaire.

Viviane vit à Bois-Brûlé, en lisière de la forêt d’Argonne, avec son fils Stephen, dont le père est parti soigner ses blessures et celles des autres et Martin Tissier, notaire. Stephen n’apprécie guère ce père de substitution, et Viviane n’attend que le retour du géniteur. Leila a été embauchée, le temps des vacances de Pâques comme baby-sitter de Stephen.

Le drame naît lors de l’arrivée de Victor, mais en est-il vraiment responsable ? Les images qui se bousculent dans la tête des protagonistes sont autant de photos choc qui s’inscrivent dans l’esprit.

 

Claude Amoz découpe son histoire d’une façon insidieuse, laissant le suspense monter, s’installer, tarauder l’esprit du lecteur qui croit détenir une vérité habilement déformée et dont l’ambiguïté ne sera levée qu’à la toute fin du dernier chapitre.

 

Claude AMOZ : Bois-brûlé. Rivages Noir N°423. Parution février 2002. 320 pages. 8,65€.

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21 mai 2016 6 21 /05 /mai /2016 13:10

Que ne ferait-on pas pour promotionner un film !

J.B. LIVINGSTONE : Crime au festival de Cannes.

En l'honneur de Carla Haverstock, le comte de Marie-mort, un producteur, et Kirk Formeroy, son agent artistique, ont invité l'actrice à assister à une projection privée.

Carla, qui est sur le terrain depuis une vingtaine d'années, a interprété quantité de premiers rôles dans des films de second ordre et de seconds rôles dans des films de premier ordre.

Alors que débute le festival de Cannes, la rumeur murmure que le Premier Prix d'interprétation ne peut lui échapper. Enfin la consécration !

La séance privée débute sous de mauvais auspices. La bobine est à l'envers, le films casse, pourtant c'est Monsieur Marcel, considéré comme le meilleur projectionniste, qui est aux commandes.

Le film n'est qu'un montage de petits films, souvent dus à des amateurs, et dont la vedette n'est autre qu'Anita Guzman, la mère de Carla et actrice elle-même, décédée alors que Carla était encore une enfant.

Soudain Carla blêmit, pâlit, s'enfuit sous le coup d'une vive émotion.

Elle a un accident de voiture, et le véhicule prend feu. Carla décède et Hitchcock, son petit chien, également.

Le superintendant Scott Marlow qui justement se trouve à Cannes dans le cadre d'un congrès est chargé de l'enquête. Carla venait d'être reçue par sa Gracieuse Majesté, la Reine Elizabeth, et il faut à tout prix effacer la mauvaise impression, ne pas laisser ébruiter n'importe quel racontar, dans le genre La Reine lui a porté le mauvais œil ou autre réflexion du même style.

Higgins refuse d'abord d'aider Marlowe puis, apprenant que parmi les victimes figure un chien, accepte de seconder son ami.

 

J. B. Livingstone, pseudonyme sous lequel se cachait Christian Jacq, l'égyptologue bien connu, J.B. Livingstone n'est pas tendre avec les personnages qu'il nous présente, véritables caricatures du cinéma.

Mais il faut avouer que l'envers du décor n'est pas toujours aussi idyllique qu'on pourrait le croire. Après Michel Lebrun avec Les rendez-vous de Cannes (chronique à venir), Alain Bellet avec Aller simple pour Cannes, Brigitte Aubert avec La mort au festival de Cannes, et quelques autres, J.B. Livingstone nous fait découvrir les à-côtés du festival de Cannes, au travers d'un petit noyau de personnages.

Mais plus que le festival, c'est Cannes que J.B.Livingstone nous dévoile, et par petites touches nous raconte la naissance et l'histoire de cette ville.

Un petit reportage documentaire au sein d'un roman policier qui sait être divertissant et instructif.

J.B. LIVINGSTONE : Crime au festival de Cannes. Collection Dossiers de Scotland Yard. Editions du Rocher. Parution 22 avril 1992. 198 pages.

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12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 12:56

Hommage à Louis C. Thomas, décédé le 12 mai 2003.

Louis C. THOMAS : Des briques en vrac.

Entre Perrine, comédienne souvent à la recherche d'un cacheton, et Jo, boxeur sur la touche suite à un combat au cours duquel il a failli perdre la vue, c'est le grand amour.

Mais il faut bien faire bouillir la marmite, et il n'est pas dans la mentalité de Jo de vivre aux crochets de Perrine.

Aussi la proposition de Vezzano, ex-condisciple de Jo, qui traficote dans les milieux pugilistiques, cette proposition, pour douteuse qu'elle soit, arrange bien les affaires du boxeur au chômage et en panne de liquidités.

Mais Jo, un peu cupide et pas assez méfiant, va se mordre les doigts de cette association.

A la clé une mallette bourrée de billets de 500 francs tout neufs, une histoire de gnons, et un cadavre.

 

Une histoire typiquement américaine traitée par un grand monsieur Français de la littérature policière, et ce roman paru initialement en 1983 dans la collection Engrenage n'a pas perdu de son charme et de sa force, les années passant.

Bien des années après, Des briques en vrac est le genre de roman que l'on relit avec plaisir, tant Louis C. Thomas sait (savait) raconter des histoires avec maîtrise, d'une manière simple mais efficace.

De plus, le décor et l'endroit y sont pour quelque chose de particulier, ayant travaillé et habité moi-même non loin des lieux dans lesquels se déroulent l'action de ce roman, La Fourche et l'avenue de Clichy, quartier que Louis C. Thomas connaissait fort bien puisqu'il y habitait également.

A noter que dans ce roman un clin d'œil est adressé à Michel Lebrun, romancier et scénariste qui lui aussi résidait tout près.

Des briques en vrac, parmi toute la production de Louis C. Thomas, reste un grand souvenir de lecture avec Les Mauvaises fréquentations, Les écrits restent, Jour des morts et un certain nombre d'autre, car il n'y a pas de déchets dans la production de cet auteur atteint de cécité tout jeune, ce qui ne l'a pas empêché d'être un romancier prolifique et un scénariste pour des séries télévisées comme Les cinq dernières minutes et des films comme Voulez-vous danser avec moi ? de Michel Boisrond.

 

Première parution : Collection Engrenage N°57. Editions Fleuve Noir. Parution 1982. 222 pages.

Première parution : Collection Engrenage N°57. Editions Fleuve Noir. Parution 1982. 222 pages.

Louis C. THOMAS : Des briques en vrac. Collection Hermé Suspense. Editions Hermé. Parution août 1990. 226 pages.

Réédition format EPub parution 23 octobre 2015. 4,49€.

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11 mai 2016 3 11 /05 /mai /2016 08:04

Sur la plage abandonnée, coquillages et crustacés...

Olivia DUPUY : Sur parole. Sous titré : Fausses notes en Ré.

Et cadavre dénudé, étranglé, dont la poitrine est surmontée d'une petite pyramide de gros sel tassé et la lèvre supérieure agrémentée d'une ligne de farine, ou quelque chose d'approchant.

Pour le quinquagénaire commissaire Meyer, nouvellement muté à La Rochelle, la mise en scène de ce meurtre est particulièrement déroutante. Seule petite compensation, cela lui permet de découvrir l'île de Ré, qu'il ne connaissait que par la chanson de Charles Aznavour, Dans le petit bois de Trousse chemise.

En compagnie du lieutenant Privat, qui connait fort bien la région, Meyer entame son enquête en interrogeant les compagnons de la jolie rousse assassinée. Ce sont des étudiants toulousains venus passer quelques jours de détente, et rien dans leurs propos indique une quelconque faille dans leur emploi du temps. Laetitia, ainsi se prénomme la défunte, vingt-trois ans, seule au dernier recensement ayant plaqué son petit ami, ou le contraire, s'était éloignée du groupe de vacanciers afin de répondre au téléphone.

L'opérateur de son portable fournit une indication précieuse : le dernier appel qu'elle avait reçu provenait de La Rochelle, et plus particulièrement du commissariat. Probablement un coup d'épée dans l'eau. Bizarre quand même.

Une deuxième jeune fille est retrouvée morte, dans des conditions similaires. Le point commun principal entre ces deux mortes réside dans la couleur de leurs cheveux. Rousses toutes les deux. Un tueur en série roussophobe sévirait-il sur l'île de Ré ?

Afin de cerner le tueur, d'analyser son comportement, voire ses pulsion, il est fait appel au Département des sciences comportementales de la gendarmerie, c'est-à-dire à une profileuse, un gendarme cynophile et son animal, mais sont recensés également les individus ayant sur leur casier judiciaire des antécédents prohibés, viols notamment. Quatre personnes sont susceptibles d'avoir perpétré ces crimes, mais il ne faut pas s'arrêter sur quatre noms. Car la deuxième victime (il y en aura une autre !) avait également correspondu avec le commissariat de La Rochelle, du moins l'un de ses éléments.

Meyer s'empêtre dans les différentes démarches qu'il effectue, heureusement secondé par le lieutenant Privat. Veuf, il s'inquiète pour l'avenir de sa fille, d'autant qu'elle ne lui donne guère de nouvelles, et souvent oublie de lui téléphoner. Et puis une autre affaire requiert son attention. Des pommes de pin sont récoltées illégalement afin de récupérer les pignons destinés à des pays étrangers dont les habitants en font une consommation excessive.

 

Ce roman, de facture classique, possède un petit côté Agatha Christie avec les comptines qui permettaient la résolution des affaires. Bien construit, il offre au lecteur une énigme et un suspense habilement menés. Et les candidats-tueurs, s'ils sont en nombre réduits, cachent bien leur jeu. En incrustation, figure quelques pages d'un journal intime.

Le commissaire Meyer est attendrissant et possède ses secrets que l'on découvre peu à peu, mais pas tous. Quant à Privat, il cultive une particularité, qu'en général seuls les ensuqués utilisent afin de dissiper les brumes éthyliques et vidanger leur estomac : il jette des grains de sel, à la place de sucre, dans son café.

Toutefois, les nombreuses coquilles et approximations, surtout dans les premiers chapitres, perturbent la lecture, tout comme les comédons défigurent un angélique visage d'adolescent acnéique.

Par exemple, page 35, il est fait mention de 15 heures pour un appel téléphonique, et quelques lignes suivantes, on peut lire 11 heures, au lieu de 23 heures. Ceci n'est pas grave, mais choque mes yeux. De même page 21, On en sera plus dès qu'on connaîtra... au lieu de On en saura plus... Des bricoles, vous dis-je, mais qui empoisonnent la lecture.

Olivia DUPUY : Sur parole. Sous titré : Fausses notes en Ré. Collection Zones noires. Editions Wartberg. Parution 1er avril 2016. 204 pages. 12,90€.

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