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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 08:30

En pleine lumière...

Jean-Pierre FAVARD : L'Ombre Noire.

Un esclandre dans la cour de récréation du lycée qu'il fréquente à cause d'une fille qui l'a plaqué et ne le fréquente plus, et Yoann est viré de l'école. Exclusion définitive. Faut croire que le proviseur n'a jamais eu de chagrin d'amour.

Les parents de Yoann n'ont pas trouvé mieux que de le conduire chez sa grand-mère, une vieille dame qui vit seule avec son chien dans un village perdu de Bourgogne. Châteauneuf en Auxois. Quatre-vingts âmes environ. Et son château. Et une pancarte à l'entrée du village annonçant aux touristes qu'ils arrivent dans un village classé parmi les plus beaux de France. Et à par ça ? Rien ou pas grand chose.

Yoann reste la plupart du temps enfermé dans sa chambre. Aussi Mamie lui confie des petits travaux, comme des missions délicates et indispensables pour la bonne tenue de la maison. Ainsi il doit aller chercher du bois pour alimenter le poêle, et des légumes dans le jardin pour les alimenter tous deux.

Mais pour se rendre au jardin, il faut traverser le bois. Et en chemin, Yoann remarque une masure, puis entend un bruit. Il s'agit d'une jeune fille qui sort une boite puis se roule une cigarette. Ils font connaissance et échangent quelques confidences. Garance va au lycée, vit avec sa mère et de temps à autre travaille comme serveuse dans une crêperie mais également au château comme guide ou libraire. D'ailleurs elle lui promet de faire visiter l'édifice qui date du Moyen-âge, sachant où se trouve les clefs pour accéder à la cour intérieure du château.

Ils se retrouvent souvent, pour se promener et converser en toute liberté. Il la trouve très belle Garance, avec ses longs cheveux rouges, surtout lorsqu'ils sont dénoués et flottent sur ses épaules. La mère de Garance est une jeune femme un peu baba-cool, qui a beaucoup voyagé et a ramené du Népal, d'Inde ou du Maroc, de nombreux objets disposés au hasard dans sa maison. Le seul problème qui empêche Yoann de rester à manger, c'est le côté végétarien des repas. Hélène, la mère, lui apprend qu'au château ils ont besoin de monde. Ce serait pas mal pour l'occuper durant les journées puisqu'il ne va plus à l'école.

Et c'est ainsi que Yoann débroussaille les buissons, désherbe, nettoie les lieux et il peut même visiter ce fameux château qui fut la propriété de Philippe Pot, Grand Sénéchal de Bourgogne au XVe siècle. Et dans la crypte repose justement le gisant de ce personnage célèbre pour avoir déclaré que la légitimité des rois était une invention, énonçant les premières théories démocratiques de l'histoire. Théories reprises quelques siècles plus tard.

Ce gisant est entouré de huit statues, des pleurants, et Yoann aime les contempler, avant de se mettre au travail, ou après. Or un jour, il n'a pas bu et d'ailleurs il ne boit jamais, il croit entrapercevoir un mouvement. Une statue a bougé les tête et ses yeux sont devenus jaunes, brillants. Il n'en faut pas plus pour impressionner Yoann qui en parle à Garance, et à sa mère, ainsi qu'à sa grand-mère. Il rencontre également d'autres personnes, dont un auteur local et une dame qui ne sort quasiment jamais de chez elle, qui vont radicalement changer sa vie pour des raisons diverses.

 

Débute alors une histoire semi-fantastique entrecoupée par la relation historique de la vie de Catherine de Châteauneuf, condamnée à la question pour avoir empoisonné son mari. En ce temps-là, on condamnait et on torturait les gens pour leur faire avouer une faute qu'ils n'avaient pas forcément commise. Et bien entendu, ces aveux arrachés sous la torture conduisaient tout droit au bûcher.

Ce court roman est suivi d'un article extrait très intéressant et très instructif des Annales de Bourgogne, signé Hélène Bouchard, qui explique un épisode de la vie de Philippe Pot et remet ses déclarations dans leur contexte.

Cette collection mérite largement le détour par son approche romanesque empruntant à des histoires locales, d'où son titre, méconnues et qui mettent en valeur une petite ville et ses personnalités. Et je verrais bien ce roman très visuel adapté en bande dessinée ligne claire façon années 50/60.

Jean-Pierre FAVARD : L'Ombre Noire. Collection LoKhaLe N°4. Editions La Clef d'Argent. Parution le 26 août 2016. 136 pages. 6,00€.

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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 06:33

Nick Carter est immortel !

Nick CARTER, le grand détective américain contre Dazaar, l'Immortel Maléfique

Je vous tiens pour un des très rares contemporains qui ont incontestablement des droits à mon estime. Mais il me plait de vous prendre, vous et vos talents, pour vous prouver à vous-même combien vaine et méprisable est l'intelligence humaine, et combien les plus habiles d'entre les hommes sont livrés à ma merci. En conséquence, à partir de ce moment, je vous poursuivrai sans pitié; mais cela ne veut pas dire que je désire, provisoirement du moins, déterminer votre mort. Que vous deviez, tôt ou tard, périr de ma main, cela va de soi, car j'ai décidé de vous choisir pour le jouet de mes caprices, et j'ai définitivement réglé votre sort.

Signé Dazaar.

 

La guerre est déclarée entre l'expéditeur du pli qu'est en train de lire Nick Carter et le détective. Mais qui est ce mystérieux correspondant, qui promet des joyeusetés incommensurables en matière de torture et de jouer avec lui comme le chat avec la souris, et dans quelles conditions cette missive est-elle parvenue à Nick Carter, c'est ce que nous allons tenter d'expliquer.

 

Alors qu'il est en train d'étudier un dossier dans la pièce qui lui sert de bureau, dans son pavillon new-yorkais, Nick Carter est dérangé par sa vieille gouvernante. Un homme du nom de Thompson désire s'entretenir avec lui. Cet homme lui apprend que sa vie est menacée, tout comme celle du détective d'ailleurs. Craintif il regarde autour de lui et débite son laïus :

Il y a actuellement à New-York un homme qui n'inspire tout d'abord que respect et admiration. Il est doué d'une intelligence vraiment surprenante; il possède les qualités de l'homme d'Etat et du diplomate; il s'est assimilé les connaissances qui font l'érudit et le savant, et maintes il m'a fait l'effet d'avoir emprunté à Protée le don des métamorphoses.

Et il continue sa description en affirmant que sous cette noble et séduisante apparence se cache un monstre qui se fait appeler Dazaar et parfois le cheik Adi. A ce moment un poignard se fiche dans la table, ayant traversé et cassé l'un des vitraux de la porte de communication entre les deux salons. Une arme particulière dont la lame est affutée des deux côtés et qui avec la garde représente une croix.

Aussitôt Nick Carter demande à ses deux fidèles amis et hommes de main, Patsy et Ten Itchi, de courir dans la rue à la poursuite du lanceur de dague. D'autres dagues ont été lancées dans l'huisserie de la porte d'entrée et dans la serrure, retardant la sortie des deux hommes. Lorsque Carter revient dans la pièce où il a laissé Thompson, celui-ci est décédé d'une arme similaire plantée en plein cœur.

Après une nuit agitée, Carter reçoit donc la fameuse missive dont il est question au début de cet article.

 

Et c'est ainsi que Nick Carter va connaître une aventure en neuf épisodes contre Dazaar, neuf épisodes mouvementés durant lesquels sa vie sera en danger mais sortant vainqueur des affrontement à chaque fois. Ce qui est normal puisque Dazaar a promis de le faire souffrir et de jouer avec lui le plus longtemps possible.

Le plus étonnant pour Nick Carter est de constater que cet ennemi possède non seulement de multiples identités, de multiples visages, mais qu'il possède le don d'ubiquité. Et que telle l'hydre de Lerne, Dazaar vaincu, emprisonné, voire suicidé, vit toujours, matérialisé en sept individus.

Encore plus étonnant et surprenant, l'apparition d'abord éthérée d'Irma Plavatsky, avec laquelle il devait se marier cinq ans auparavant et est décédée à Paris, enterrée au Père-Lachaise. Plus incompréhensible est de la revoir physiquement possédant une double personnalité. Elle ne se souvient pas de lui puis elle recouvre sa lucidité durant quelques minutes et retourne dans son rêve éveillé, mélangeant la fiction et la réalité. Mais bien vivante est son ancienne gouvernante, qui l'accompagna jusqu'à ses derniers moments, madame Aïra, qui vit dans une maison abritant Irma ou son double.

Les affrontements, les confrontations entre le détective et Dazaar seront donc nombreux et mortifères, surtout pour des connaissances du détective, pour des policiers dépêchés par son ami l'inspecteur McClusky, pour ses amis, dont Patsy qui se trouve souvent en mauvaise position, et les moyens employés sont divers et variés.

Ainsi il assiste, impuissant, à la combustion d'une dizaine de policiers transformés en torches vivantes sous l'impulsion d'un produit qui plus tard se révélera être du radium.

Mais sa faculté de pouvoir se grimer et changer totalement d'allure, d'apparence, quelque soit le lieu où il se trouve, lui permet souvent d'échapper à ceux qui sont lancés à ses basques ou de les suivre dans leurs déplacements. Et heureusement, il peut compter également et surtout sur Ten Itchi, qui ne se contente pas de veiller sur l'intégrité physique de son maître, mais doit résoudre une mission à lui confiée.

Mais qui est Dazaar qui fait trembler tant de personnes ? Selon certains, il serait d'origine tibétaine et posséderait d'étranges pouvoirs mis au service de ses pièges, se montrant un tortionnaire intraitable, cruel, impitoyable. Et ce n'est pas pour rien qu'il est surnommé l'Immortel Maléfique. Et lorsque Nick Carter et son ami McClusky pensent pouvoir lui mettre le grappin dessus, ils déchantent rapidement. Le dangereux malfaiteur n'est plus dans la maison où il a élu domicile mais dans une autre propriété, de l'autre côté de l'Hudson, deux endroits reliés par un tunnel sous le fleuve. Il est entouré de nombreux séides nommés les Adorateur du Diable.

Nick CARTER, le grand détective américain contre Dazaar, l'Immortel Maléfique

Réunis dans ce fort volume neuf histoires qui se suivent et se complètent et qui à l'origine étaient publiées sous forme de fascicules de 32 pages, démontrant l'imagination fébrile, sans faille et inépuisable de l'auteur (ou selon les histoires, des auteurs), imagination qui offre moult péripéties sans traîner en longueur. Les événements s'enchaînent inexorablement, pour la plus grande joie du lecteur, qui peut souffler entre deux épisodes avant de repartir à l'assaut des aventures épiques de Carter et consorts. Ces fascicules étaient hebdomadaires et si le lecteur attendait avec impatience la suite, il pouvait se changer l'esprit en lisant, à la même époque, les aventures de Buffalo Bill alias William Cody, et autres héros de papier ou non. Je me permettrai même d'ajouter que les auteurs actuels, qui aiment à délayer leur prose, n'ont rien inventé en ce qui concerne les aventures rocambolesques dont ils aiment faire profiter leur héros, mais qu'ils devraient prendre modèle sur la concision des textes tout en les truffant de péripéties improbables et palpitantes afin d'entretenir l'intérêt du lecteur.

 

Ces neuf épisodes sont précédés d'une excellente préface signée Francis Saint-Martin, qui développe en une quarantaine de pages la naissance de Nick Carter, puis ses différents avatars jusque dans les années 1980, avec pour les éditions françaises Noël Ward comme scripteur ou côté américain Michael Avallone. Dans sa postface Marc Madouraud, chercheur impénitent et passionné, décrit le parcours des aventures de Nick Carter, à l'écran, avec notamment Eddie Constantine, sur les ondes et sur papier, là aussi en une quarantaine de pages. Ces deux préface et postface sont largement pourvues, tout comme les épisodes, de reproductions photographiques des couvertures des aventures de Nick Carter en fascicules ou en livres. Ne serait-ce que pour ces deux textes fort documentés, l'achat de cet ouvrage, indispensable dans une bibliothèque qui se veut complète, éclectique, représentative d'une culture littéraire populaire, serait amplement justifié.

 

Au sommaire donc:

Préface de Francis Saint-Martin.

La maison des Sept démons. Première publication dans New Nick Carter Weekly N°372. 13 février 1904.

La Reine des Sept. N°373. 20 février 1904

Une empreinte énigmatique. N°374. 27 février 1904.

Les adorateurs du Diable. N°375. 5 mars 1904.

Descente de Dazaar aux enfers. N°376. 12 mars 1904.

Le dernier des mystérieux Sept. N°377. 19 mars 1904

Revenu de la tombe. N°394. 16 juillet 1904.

Un pacte avec Dazaar. N°395. 23 juillet 1904.

Mort de Dazaar. N°396. 30 juillet 1904.

Postface de Marc Madouraud

Nick CARTER, le grand détective américain contre Dazaar, l'Immortel Maléfique (traduction de Jean Petithuguenin). Préface de Francis Saint-Martin. Postface de Marc Madouraud. Collection Baskerville. Editions Rivière Blanche. Parution septembre 2016. 554 pages. 42,00€.

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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 13:58

Bon anniversaire à Colette Piat, alias Patricia Lumb, née un 6 septembre.

Patricia LUMB : Lady Blood à Tokyo.

Il ne faut pas croire que dans les romans policiers, seuls les policiers sont les héros. Les méchants savent aussi se mettre en valeur.

Rappelez-vous Arsène Lupin le facétieux créé par Maurice Leblanc, Fantômas le malfaisant de Souvestre et Allain, Chéri-Bibi de Gaston Leroux, Parker de Richard Stark alias Donald Westlake, ou encore Bernie Rhodenbarr de Lawrence Block.

Patricia Lumb, avec Lady Blood, met en scène un Fantômas en jupon qui heureusement fait moins couler le sang que le mystérieux criminel mais possède des appétits sexuels difficilement rassasiables.

D'ailleurs elle a tout pour plaire. Belle, intelligente, sans scrupule, elle n'est pas dénuée d'humanisme. Entreprenante, cultivée, elle sait jour les naïves, les ingénues, les blondes évaporées.

Cependant elle peut également se montrer sous un jour plus noir. Téméraire, audacieuse, volontaire, hardie, autoritaire, déterminée, et amorale lorsque les circonstances l'exigent.

 

Chez Sotheby's à New-York, la grande attraction est un tableau de Van Gogh, Les Dahlias, adjugé à cinquante sept millions de dollars. Faut dire que la mode est aux Van Gogh et que ceux-ci s'arrachent comme des petits pains un jour de disette.

Ah, s'il pouvait entendre les enchères ce rapin qui ne prêtait qu'une oreille aux contingences matérielles !

Mais se porter acquéreur ne veut pas dire être propriétaire, car entre temps de petits futés subtilisent la toile au grand détriment de l'heureux enchérisseur.

Les transports Glass sont ce qu'il y a de mieux au point de vue convoyage, et pourtant... Le fourgon est retrouvé délesté du tableau convoité, le chauffeur amoché, et son coéquipier incinéré. Quoique...

Dans le même temps, de mystérieux détrousseurs de cercueils réalisent une opération rafle dans un cimetière, lors d'un enterrement. Lady Blood en finesse est maintenant en possession de cette peinture hors de prix.

Il ne lui reste plus qu'à négocier quelques petites transactions bassement matérielles, qui la mèneront jusqu'à Tokyo, en plein repaire de yakusas.

Mais Lippia Citriodora, ne pas confondre avec la Cicciolina, surnommée Lady Blood, aura maille à partir avec des escrocs aux dents longues, des complices taraudés par la jalousie, des membres rapportés de la famille guère complaisants.

Et tout comme Fantômas, elle traîne derrière elle son Juve en la personne de Mac Kenzie, agent du FBI, qui n'en peut mais.

Cette institution américaine n'est plus ce qu'elle était, et ses dignes représentants ont la fâcheuse tendance à se faire marcher sur les pieds.

 

Moins sanguinolent et pervers que je m'y attendais, les critiques des précédents romans mettant en scène cette jeune femme dédaignant le port du slip, à vos souhaits, et révélant une nudité pubienne aussi rose et lisse que le crâne de Yul Brynner (c'est devenu une mode paraît-il), n'ayant guère été élogieuses, j'ai donc entamé ce roman avec une certaine appréhension et une circonspection certaine.

En réalité je me suis franchement amusé à la lecture de ce livre qui est un véritable pastiche, alliant les énormités et les retournements de situations propres aux feuilletons du XIXe siècle, aux aspirations les plus secrètes des dames patronnesses frustrées de cette fin de siècle. Le droit aux fantasmes mais également à leur accomplissement.

Sérieux s'abstenir, amateurs de canulars soyez les bienvenus dans l'univers de Lady Blood.

 

Patricia LUMB : Lady Blood à Tokyo. Collection Sueurs Froides. Editions Denoël. Parution 17 septembre 1991. 192 pages. 13,00€.

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5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 14:23

Ne s'use que si l'on s'en sert ?

Paul-Jacques BONZON : Les six compagnons et la pile atomique.

Tout comme le monde en général change, grâce ou à cause des nouvelles technologies par exemple, les romans jeunesse d'aujourd'hui ne possèdent plus la même tonalité que ceux que nous pouvions lire il y a cinquante ans.

Le style et la façon de raconter, le sujet et le contenu diffèrent parfois profondément. Pour s'en rendre compte il suffit de lire deux ouvrages parus ou réédités récemment : Tu ne sais rien de l'amour de Mikaël Ollivier ou Luz de Marin Ledun, dont vous trouverez les liens en fin d'article, et qui s'adressent plus à des adultes qu'à des préadolescents et celui dont je vous propose la lecture aujourd'hui.

Il eut été impensable dans les années cinquante ou soixante de mettre en scène des adolescents, des deux sexes, de quatorze ans coucher dans la même chambre, le même lit et s'adonner au simulacre de la reproduction, ou s'adonner aux boissons alcoolisées.

Les héros de notre enfance étaient plus sages tout en vivant des aventures exaltantes. Mais surtout ils proposaient ce goût de l'aventure et de l'identification au(x) héros, sentiments que l'on ne ressent plus forcément avec les romans pour adolescents qui nous sont présentés de nos jours.

 

Ainsi dans Les six compagnons et la pile atomique, roman écrit par Paul-Jacques Bonzon, un instituteur né en 1908 dans la Manche, plus exactement à Sainte-Marie-du-Mont, village où s'est installé depuis quelques décennies Gilles Perrault. Après ses études à l'Ecole Normale de Saint-Lô et enseigné dans son département natal, Bonzon est muté dans la Drôme, ayant épousé une native de ce département, elle-même enseignante. Il termine sa carrière en 1961 se consacrant alors à son métier d'écrivain pour enfants.

Et c'est tout naturellement que Paul-Jacques Bonzon va prendre pour héros des gamins de douze et treize ans issus du quartier de La Croix-Rousse, ou comme Tidou, le personnage principal et narrateur, de la Drôme et plus exactement de Reillanette ou Reilhanette. Son père ayant trouvé un emploi dans la capitale des Gaules, Tidou a débarqué à Lyon et son premier contact avec cette ville est plutôt décevant. Mais il se fera des copains en la personne de Corget, chef incontesté de la bande, et de Mady, une jeune handicapée. Suivront un peu plus tard Gnafron, la Guille, Bistèque, le Tondu, des surnoms en référence à leur physique ou à la profession du père. Sans oublier Kafi, le chien de Tidou.

Au moment où débute cette histoire, le maître (on ne parlait pas encore de professeur des écoles, un barbarisme) donne le clap de fin. Les vacances vont pouvoir commencer et Tidou se réjouit d'aller à Reillanette, son village, et retrouver Mady, sa copine d'enfance. Mais pour Corget et les autres compagnons de la Croix-Rousse, comme ils ont été surnommés, commence une période d'ennui. Que faire durant ces semaines estivales de vacances scolaires ?

L'idée est simple. Et si tout le monde partait ensemble, sans oublier Kafi le chien, à Reillanette ? Aussitôt envisagée, l'idée est aussitôt approuvée. Les parents ayant accordé leur aval, il ne reste plus qu'à se préparer pour ce voyage long de deux-cent-cinquante kilomètres environ. La bande descendra le Rhône à bicyclette en trois étapes, et afin de ne pas fatiguer Kafi, il voyagera dans une carriole attachée à l'un des vélo. Seulement un imprévu se dresse devant eux. Trouver des vélos ne pose aucun problème, ceux des parents ou grands-parents seront réquisitionnés. Le problème, c'est La Guille. Il ne sait pas faire de vélo. Quelques exercices pourvoiront à son apprentissage et enfin le grand jour est arrivé.

Les deux premières journées se passent sans incident où presque. La Guille se retrouve parfois à terre, mais ce n'est pas grave. Et puis il faut compter avec les crevaisons également. La petite troupe repart, et les voici arrivés près de Marcoule, la nouvelle structure nucléaire. Ils couchent à la belle étoile mais au petit matin, Kafi a disparu. Ils attendent la levée du jour pour le rechercher. Ils battent les bois et ne le découvrent que quelques longues minutes plus tard. Il est blessé, mais ils ne parviennent pas à déterminer ce qui a pu provoquer cette blessure. Ils repartent et arrivent enfin à Reillanette où Mady les attend allongée dans sa chaise longue. Sa maladie l'oblige à rester le plus souvent couchée, mais elle profite du soleil, ce qui ne peut que lui faire du bien.

Tidou retrouve avec plaisir un copain d'enfance, Frigoulet. Ils vont dormir dans un vieux moulin délabré sur des meules de foin. Ils ne possèdent pas beaucoup d'argent et cela n'obèrera pas leur pécule. Et comme un vétérinaire coûte cher, Frigoulet leur enseigne l'adresse d'un rebouteux, un vieil homme amoureux des animaux qui découvre dans la plaie de Kafi une balle provenant d'un revolver.

Des campeurs, deux hommes et un enfant, se sont installés non loin du moulin, mais leurs déplacements intriguent Tidou et ses amis. D'autant que s'ils se déplacent souvent en voiture, c'est de nuit.

Les six compagnons vont faire un lien entre ces hommes, qui cachent des armes dans leur tente et un coffre énigmatique d'où s'échappe un tic-tac pouvant être celui d'une petite bombe à retardement, et la blessure de Kafi. Ils en parlent aux gendarmes qui ne croient pas à leurs assertions, et visiblement se moquent d'eux.

 

Première édition 1963.

Première édition 1963.

Un roman bien dans l'esprit de l'époque. Les préadolescents pouvaient en toute confiance de leurs parents, partir en vacances, sans que planent sur leurs têtes des menaces actuelles, disparitions, enlèvements, accidents de la circulation. D'ailleurs la circulation automobile était moindre. Les six compagnons prennent de petites routes pour atteindre leur but. Et cela fournit des indications sur l'état d'esprit, la mentalité, les mœurs d'une époque qui n'est pas si éloignée de nous.

Les gendarmes ! s'écrie Gnafron, ils ne nous écouteraient pas. Parce que nous portons des culottes courtes, personne ne nous croirait.

Il n'existe pas de leur part une peur du gendarme, mais une méfiance, et ils ont raison car effectivement les gendarmes dont ils sollicitent l'aide les prennent pour des affabulateurs.

 

Mais il est bon de savoir qu'à l'époque où est paru ce roman, 1963, la menace nucléaire n'était pas aussi prégnante qu'aujourd'hui. De nos jours il existe les pro-nucléaires pour des raisons principalement économiques et financières, et les antinucléaires qui songent aux conséquences désastreuses éventuelles.

Tout en cassant la croûte, nous parlons de Marcoule. Le mot "atomique" nous impressionne terriblement. Mais nous sommes trop fatigués, bientôt nous ne pensons plus qu'à dormir.

Cette mystérieuse usine est un peu au cœur de l'intrigue, et des agrandissements, des aménagements sont réalisés. Mais le danger qu'elle représente est vaguement évoqué, tandis que de nos jours elle en serait presque le personnage principal.

 

Alors même si certains peuvent qualifier cette histoire de simplette, elle offre ce plaisir lié à l'enfance, où le plaisir de la lecture primait sur la télévision, les jeux vidéos. Evidemment il paraît que la lecture est un plaisir solitaire mais il est amusant de constater que dans la plupart de ces romans, les enfants connaissent des aventures épiques en bande. Bien sûr une certaine moralité se dégageait de ces romans prônant l'amitié et la solidarité, des valeurs qui devraient toujours exister.

De nos jours ce sont des faits de société qui nous sont imposés la plupart du temps, chômage, drogue, agressions sexuelles. Didier Daeninckx avait ouvert la brèche dans les années 1980 dans ses romans publiés chez Syros, entraînant de la part de certains chroniqueurs une réflexion de démagogie et de rejet, et depuis la plupart des romanciers pour juvéniles se sont emparés de ces thèmes. Il est bon d'en parler et de dénoncer certaines pratiques, mais il est bon également de laisser une part de rêve dans les romans pour enfants.

 

Réédition de 1990.

Réédition de 1990.

Paul-Jacques BONZON : Les six compagnons et la pile atomique. Collection Bibliothèque Verte. Editions Hachette. 190 pages. Réédition mars 1979.

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28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 07:53

Bon anniversaire à Barbara Hambly née le 28 août 1951.

Barbara HAMBLY : Les Murs des ténèbres.

Murs des ténèbres, est écrit par un auteur qui n’est pas inconnu des amateurs de Star Trek ou Star Wars.

En effet Barbara Hambly a participé à ces deux phénomènes cinématographiques, télévisés et littéraires, sans compter les jeux de rôle. Toutefois c’est sa première œuvre qui est ici publiée, datant déjà de 1983 et qui s’apparente à une Fantasy située entre le roman de Genefort et la série du Lancedragon publiée au Fleuve Noir.

Dans ce second volet du Cycle de Darwarth, le premier étant Les Forces de la Nuit (Abysses n°2), Gil et Rudy entraînés dans un monde parallèle médiéval, combattent aux côtés du peuple de Dare obligé de fuir les Ténébreux. Ils parcourent le pays sous la neige, le vent, la tempête et se réfugient dans un Donjon dont nul ne connaît véritablement les arcanes.

Le sorcier Ingold et Rudy partent à la recherche du mage Lohiro qui pourrait leur donner la clé de la victoire, et Faucon-de-Glace décide lui aussi d’aller à l’aventure.

Dans le Donjon, les forces magiques et religieuses s’affrontent pour obtenir le pouvoir et être écoutées de La reine Minalde, régente d’un royaume en déliquescence. Elle trouve heureusement auprès d’elle Gil, qui se révèle être une guerrière née tandis que Rudy, en compagnie de Ingold, se découvre le don de sorcellerie.

Au dehors les Ténébreux rôdent, mais ce ne sont pas les seuls. Les Pillards Blancs, les Dooiques (hommes néanderthaliens) s’avèrent de redoutables ennemis tandis que les Pénambriens, eux aussi en exode, souhaiteraient trouver refuge dans le Donjon. Ce que refusent certains responsables malgré l’avis de Minalde car selon eux les vivres ne sont pas inépuisables. Le Donjon recèle ses mystères qu’aimerait découvrir Gil.

 

Gil qui est d’ailleurs une transposition de Barbary Hambly, puisque celle-ci possède un diplôme d’histoire médiévale (elle a également passé une année à étudier à la Faculté de Bordeaux) et est ceinture noire de Karaté.

Mais l’on retrouve également dans ces romans une influence directe de Lovecraft et dans une moindre partie de Tolkien. Un ouvrage dense, qui démarre doucement, l’action n’étant pas la priorité de l’auteur, mais dont l’atmosphère finit par envoûter le lecteur.

Et Barbara Hambly pose une question primordiale par le biais de son héroïne qui combat et tue des renégats pour sauver sa peau. L’homme, l’être humain qui tue sans réfléchir en état de légitime défense est-il plus coupable que le juré qui le condamne à mort dans un esprit de justice ? Mais Barbara Hambly écrit aussi des romans historiques et l’on peut lire toujours au Masque, en Grand Format, L’innocence de Janvier, dont l’action se passe en Louisiane au XIXe siècle.

 

Première édition Collection Club du livre d'Anticipation N°122. Editions Opta. Parution 1986. 416 pages.

Première édition Collection Club du livre d'Anticipation N°122. Editions Opta. Parution 1986. 416 pages.

Réédition Folio SF. Parution 21 juin 2007.448 pages.

Réédition Folio SF. Parution 21 juin 2007.448 pages.

L'intégrale de Darwath. Editions Terre de Brume. 2005.

L'intégrale de Darwath. Editions Terre de Brume. 2005.

Barbara HAMBLY : Les Murs des ténèbres. Le cycle de Darwath, volume 2. (The walls of air- 1983. Traduction de Françoise Maillet). Collection Abysses n° 9. Librairie des Champs Elysées. Parution septembre 1998. 448 pages.

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27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 12:53

N'est pas une poupée de cire et de son...

Gaston LEROUX : La poupée sanglante.

Dans un coin retiré de l'île Saint-Louis, près du Pont Marie et de la rue Le Regrattier anciennement rue de la Femme-sans-Tête, à l'ombre des hôtels où vécurent Madame Du Châtelet, Georges Sand, Baudelaire, Gérard de Nerval ou encore Daumier, se dresse l'échoppe de Bénédict Masson relieur d'art.

Face à sa boutique, ou presque, celle du vieux Norbert, horloger mais travaillant à des mécaniques, des chimères, des régulateurs, à la recherche d'un mouvement perpétuel. Avec le vieux Norbert habitent sa fille, la jeune et belle Christine, et son neveu, le prosecteur. Ne chercher pas dans un dictionnaire ce qu'est un prosecteur, en voici la définition, ce qui vous évitera de perdre du temps inutilement et avancer dans la lecture de cet article : Un prosecteur est une personne chargée de la préparation d'une dissection en vue d'une démonstration, d'ordinaire dans une école de médecine ou un hôpital.

En réalité Norbert, sa fille et son neveu, n'habitent pas sur la rue, mais dans un pavillon séparé de la boutique par un jardinet. Bénédict Masson n'a jamais vu ce pavillon jusqu'au jour où il se rend compte que depuis la lucarne du grenier de son habitation, il lui faut emprunter une échelle, il perçoit les mouvements, non perpétuels, de Christine qui couche dans l'atelier, c'est-à-dire au deuxième étage du pavillon, le premier étage étant réservé à Norbert et son neveu, le prosecteur.

Or Jacques, le neveu, est plus ou moins fiancé avec Christine. Et Masson, est amoureux de la belle jeune fille au port d'archiduchesse. Mais comment se déclarer alors qu'on sait pertinemment qu'on est laid, pour ne pas dire un monstre. Je n'invente rien, c'est Bénédict Masson lui-même qui l'affirme :

Je suis un monstre !... je suis d'une laideur terrible. Pourquoi terrible ? Parce que toutes les femmes me fuient !

Il est vrai qu'ayant passé, après l'obtention d'un premier Prix lors d'une exposition des maîtres de la reliure, une annonce pour recruter des élèves femmes, celles qui se sont présentées ne sont pas restées longtemps près de Bénédict, parfois qu'une journée. Depuis plus personne ne les a revues ou n'a eu de leurs nouvelles.

Donc Bénédict Masson se conduit comme un voyeur et il aperçoit Christine qui à l'aide d'une clé ouvre un énorme bahut. Un homme en sort qu'elle embrasse. Frustré Masson ne peut voir la suite car Christine a fermé la porte-fenêtre et tiré les rideaux.

Masson continue ses observations à travers la lucarne et il découvre que chez son voisin il se passe des choses étranges avec cet homme qui sort du bahut. Mais ne précipitons pas les événements et précisons que la bâtisse qui abrite l'horloger et sa famille, est dépendante de l'hôtel de Coulteray mais n'offre aucun point de passage pour les relier. Le marquis de Coulteray, Georges-Marie-Vincent, est le dernier représentant d'une longue lignée de nobles et il s'est marié avec la fille cadette du gouverneur de Delhi, miss Bessie Clavendish, qu'il a connue lors d'un voyage aux Indes anglaises, et bien entendu galantes.

Donc, un jour, il surprend Christine avec celui qu'elle appelle Gabriel, le tenant par la main. La jeune fille lui rend visite, lui demandant de relier cinq ouvrages auxquels elle tient particulièrement, cinq Verlaine. Puis la nuit même alors qu'il est à son poste d'observation, il assiste à l'intrusion de Norbert dans la pièce où Christine se repose, l'horloger brandissant une arme formidable, une sorte de chenet de bronze, et frappe Gabriel à la tête tandis que Christine implore : ne le tue pas ! A Jacques, le prosecteur qui vient se mêler à la scène, Norbert déclare tout simplement qu'il ne lui obéissait plus !

Tandis que Bénédict se demande ce que Norbert et son neveu ont fait du cadavre, il se hâte chez l'horloger afin de rencontrer Christine et celle-ci lui avoue que les ouvrages ne sont pas sa propriété mais appartiennent au marquis qui recherche un relieur d'art pouvant se consacrer à sa bibliothèque. C'est ainsi que l'artisan artiste peut pénétrer chez le marquis où il fait la connaissance de sa femme. Une femme pâle, engoncée dans des vêtements, et qui a froid perpétuellement. Mais il est étonné de voir dans la galerie, alors qu'il attend la jeune femme, des tableaux représentant le même personnage, dans des tenues différentes datant des siècles derniers. Les ancêtres du marquis qui lui ressemblent étrangement comme deux gouttes d'eau, comme si c'était le même individu qui avait posé pour ces reproductions. Elle est gardée, ou accompagnée, par deux personnages, Sing-sing un petit valet de pied indou et Sangor, le valet de chambre du marquis, sans oublier le docteur Saïd Kan.

Un opuscule lui est prêté, Les plus célèbres Broucolaques. Une forme de vampires ou de faux ressuscités. Et Gabriel, que Bénédict pensait mort, fait sa réapparition !

 

Le récit de Bénédict Masson est enchâssé entre les deux parties de présentation, et ce qui compose la suite du récit, entre l'île Saint-Louis, et les environs de Corbillères-les-Eaux, près de la Loire, en région Touraine. Le côté urbain et pourtant secret, renfermé, presque sauvage de la pointe de l'île, s'oppose aux espaces bucoliques de la forêt dans laquelle est blottie la maisonnette de Bénédict, maisonnette dans laquelle il se réfugie parfois, près de l'étang aux eaux de plomb. Non loin du château de Coulteray. Certains personnages gravitent dans les deux endroits, dont la marquise qui a de plus en plus froid, est de plus en plus pâle et possède un bobo dans le cou.

De nouveaux protagonistes apparaissent, dont le père Violette, ancien garde-chasse du marquis et braconnier à ses heures. Le père Violette qui professe à l'encontre du relieur d'art une haine farouche alimentée par de la jalousie. D'abord Bénédict Masson ne chasse ni ne pêche jamais, se contentant de rester des heures dans les bosquets ou blotti parmi les roseaux. Et il rumine, en compagnie de la mère Muche, qu'il approvisionne en repas clandestins, la propriétaire cuisinière de l'auberge de l'Arbre vert, à l'affaire de la disparition des femmes qui ont côtoyé un jour ou l'autre le relieur d'art et qui ont disparu bel et bien.

Et c'est dans ce décor entre ville et campagne que se déroule cette intrigue qui se prolonge dans La machine à assassiner, une intrigue qui connait un début d'épilogue mais dans laquelle tout n'est pas expliqué.

La Poupée sanglante offre une habile synthèse entre roman policier, roman de suspens, roman fantastique et roman du surnaturel, par un maître de l'étrange et du mystère, dont les titres de gloire, la série des Rouletabille dont Le Mystère de la chambre Jaune et Le Parfum de la Dame en noir, la série des Chéri-Bibi, ou encore Le Fauteuil hanté, Le Fantôme de l'Opéra, pour ne citer que les plus connus, ont partiellement éclipsé une grande partie de son œuvre riche et abondante.

Gaston LEROUX : La poupée sanglante.

A noter que La poupée sanglante a paru en 1923 en feuilleton dans Le Matin sous le titre La Poupée sanglante, 1re partie : La Sublime Aventure de Bénédicte Masson, puis chez Jules Tallandier en 1924 et que La Machine à assassiner a paru en feuilleton dans Le Matin sous le titre La Poupée sanglante, 2e partie : Gabriel, et toujours chez Jules Tallandier en 1924.

 

Gaston LEROUX : La poupée sanglante. Collection L'Aube Poche Littérature. Editions de l'Aube. Parution 4 mai 2016. 304 pages. 14,00€.

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9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 13:58

Et l'amas est mon tout... comme dirait Serge.

P.-J. HERAULT : La fédération de l’amas.

Au bout de onze ans de guerre, Procyon et Altaïr ont signé un traité de paix. Les soldats n’ont plus la cote.

Ils sont poursuivis, asservis, tabassés dans la plupart des cas.

Ael Madec, ex capitaine des Brigades d’Assaut d’Altaïr et son compagnon et ami le Sarmaj Michelli en font la douloureuse expérience dans une cafet’ d’une obscure petite planète peuplée de pionniers. Les consommateurs s’en prennent à une jeune militaire de Procyon, Katel qui comme eux porte les costumes défraîchis de l’armée. Malgré la virulence de leurs agresseurs, ils parviennent à prendre la fuite à bord de leur barge, un surplus qu’ils ont acquis grâce à leur pécule, semant leurs poursuivants dans un amas de météorites. Ils atterrissent sur une planète inconnue, composée principalement de sable et de mers.

Lors de leur exploration, Ael trouve des sortes de roses des sables, rouges et vertes, translucides, puis d’autres, plus rares de couleur blanche. Bientôt les trois compagnons s’aperçoivent que ces pierres en forme d’étoile leur confèrent d’étranges pouvoirs.

D’abord c’est la télépathie qui se manifeste, puis la télékinésie, enfin le téléportage. Mais ce n’est pas tout. Ils se mettent en relation avec les auras, les âmes des morts. Ils quittent la planète et se posent sur une autre qui elle est plus habitable et qu’ils nomment Amas II.

Ael pense pouvoir trouver un débouché financier en se servant de leurs trouvailles et les trois compagnons repartent vers des satellites d’Altaïr. Là ils se rendent compte que la traque des anciens soldats est de plus en plus virulente.

Ael décide alors de déclarer sa découverte auprès de l’Organisation des Fédérations Galactiques et d’en demander la protection. Ainsi ils possèderont un statut particulier qui devrait les mettre à l’abri de toutes représailles et de réunir leurs anciens compagnons d’arme, de Procyon ou d’Altaïr afin de constituer une communauté paisible sur Amas II.

 

La Fédération de l’Amas est le genre de livre, qui malgré ses 400 pages, se dévore d’une traite et l’on aimerait qu’il ne se termine jamais.

Beaucoup d’action, de suspense, mais aussi d’humanisme. Ael est parfois, à son grand regret, contraint de déroger à ses engagements moraux. Lui qui se veut pacifiste est obligé d’utiliser la manière forte. Comme quoi tout ne se règle pas toujours par des grandes paroles et des envies.

Il faut se montrer convaincant et belliqueux, malgré soi, d’une façon expéditive quitte à gérer seul ses états d’âme. Et lorsque l’un des protagonistes déclare que l’Etat, afin de se concilier les bonnes grâces de son électorat, de mettre à l’index les combattants qui furent un temps les héros, malgré eux, les sauveurs recrutés, on ne peut s’empêcher de penser à ce que sont devenus les ressortissants Africains et les Harkis lorsque la paix a été signée entre les nations belligérantes.

Mais ceci n’est qu’un aspect du roman qui comporte un message d’espoir.

P.-J. HERAULT : La fédération de l’amas. Collection Blanche. Rivière Blanche N°2005. 392 pages. 20,00€.

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8 août 2016 1 08 /08 /août /2016 12:38

Le jeu des 7 terreurs ou Vous reprendrez bien une bonne dose de Haig...

Thierry PONCET : Les guerriers perdus.

1982. Île de Mindanao, Philippines.

Un sale tour que vient de jouer Vanda à ses compagnons et aux ouvriers qui travaillaient dans la mine d'or. Elle a tout fait sauter et s'est emparée du trésor amassé et de l'argent glané durement. Tout le monde connaissait la combinaison du coffre-fort, elle n'a eu aucune difficulté pour l'ouvrir. Seize mineurs philippins sont restés enfouis dans les décombres de la montagne. Quelques-uns en ont réchappés, et parmi eux les sept aventuriers, les sept mercenaires de la chasse aux butins conquis légalement ou non.

Les sept compagnons ne peuvent que constater les dégâts et se promettre de se venger de Vanda, la belle et fougueuse aventurière qui vient de les spolier et mettre dans la panade avec des morts sur les bras.

Cette petite bande est composée de Carlo, l'ancien légionnaire, chef non désigné officiellement mais dont le charisme subjugue ses compagnons qui lui obéissent sans rechigner.

Félix, son bras droit et son copain, plus petit et tout aussi trapu. Blond de cheveux tandis que Carlo est noir de poils.

Baltimore, le gros Juif américain et Kazan, le Kurde, Loum, le Thaï ancien champion de boxe, Boogie, le Français de Bordeaux, mécano à l'éternelle salopette maculée de gras, et enfin Haig, le gamin d'à peine dix-neuf ans, parti à l'aventure en compagnie de ces vieux briscards.

Ils se quittent en se promettant bien de mettre tôt ou tard la main sur Vanda, et de lui faire payer largement son forfait.

 

1990. Irlande.

Huit ans plus tard, Haig a roulé sa bosse un peu partout et même ailleurs. Traficoté de tout. Il a hérité d'une vieille baraque située sur la côte nord de l'Irlande. Il s'y repose entre deux aventures, rédigeant ses mémoires.

En 1988, un vieil habitant du port situé non loin fait intrusion dans son domicile. Ce n'est pas pour boire son whisky, quoique, qu'il investit ainsi la pièce où réside Haig, mais pour lui annoncer que deux hommes désirent le voir. Il s'agit de Carlo et Félix qui ont retrouvé la trace de Vanda en Floride, à Miami. La jeune femme dirige une boîte de nuit, le Wendy's, et le moment est venu de tenir leur promesse.

Ils partent à la recherche des autres compagnons, sauf Baltimore qui est déjà sur place et leur a signalé cet endroit. Seul Boogie qui s'est installé à Gao, au Mali, est propriétaire d'un garage prospère et il refuse de repartir à l'aventure. Les cinq hommes, Carlo, Félix, Loum, Kazan et Haig arrivent donc à Miami où ils rejoignent Baltimore, l'organisateur et le régisseur de ce qui va devenir un massacre.

Mais pas comme Carlo et ses compagnons l'avaient imaginé. Un fiasco enregistré, non pas à cause d'un manque de préparation, mais à la faute à pas de chance et aux impondérables qui surgissent toujours au moment où l'on s'y attend le moins. Alors, direction pour les survivants le Mexique, puis chacun pour soi.

Jusqu'au jour où Haig, continuant à parcourir le monde et trafiquant avec la même constance, apprend que Vanda est toujours vivante et s'est réfugiée en Albanie, au cœur des Balkans, dans une citadelle en haut d'un mont et jugée imprenable.

 

Successeur des aventuriers célèbres, Haig est une sorte de Bob Morane mâtiné de Corto Maltèse et de Doc Savage, pour la version papier, et pour la version historique et non fictionnesque, des hommes nommés Henry de Monfreid et de Joseph Kessel, ou encore Cizia Zyké qui fut le mentor de l'auteur, mais en plus violent, plus brigand, plus en marge de la légalité.

Roman d'aventures dans la plus pure acception du terme, Les guerriers perdus est une histoire d'amitiés, de vengeance, pleine de bruit et de fureur.

Mais c'est également l'occasion pour Thierry Poncet de décrire la situation géopolitique et sociale de l'Albanie après la chute d'Enver Hodja, dictateur d'obédience communiste de 1946 à 1985, date de sa mort. Le pays, à l'époque où se déroule cette histoire, se relève peu à peu de l'isolement dans lequel il était confiné, après la rupture avec toutes les puissances communistes soviétiques, en 1956, et chinoises en 1978, Hodja étant un fervent admirateur de Staline.

 

Thierry PONCET : Les guerriers perdus. Haig 2. Editions Taurnada. Parution 1er août 2016. 242 pages. 9,99€.

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7 août 2016 7 07 /08 /août /2016 13:25

Comme le précise l'édition Omnibus, Raffles, un

Arsène Lupin anglais... sauf que...

Ernest William HORNUNG : Raffles, un cambrioleur amateur

Tout le monde connait Arsène Lupin, le gentleman cambrioleur, qui apporta à la littérature policière une bouffée de fraîcheur, prenant le contre-pied des enquêtes policières sérieuses ou des romans dans lesquels la pègre avait le beau rôle. Arsène Lupin né en 1905 sous la plume féconde de Maurice Leblanc.

Mais peu de personnes savent qu'Arsène Lupin ne fut pas le premier gentleman-cambrioleur à obtenir les faveurs du public mais qu'il eut un précurseur en la personne de Raffles.

Ernest William Hornung créa en 1899 Raffles, une sorte de Robin des Bois moderne qui fut le chef de file d'une quantité impressionnante d'émules, à commencer par Arsène Lupin, mais aussi Le Saint de Leslie Charteris, Lord Lister dont les auteurs sont apparemment inconnus mais d'origine étrangère probablement batave ou flamande, des fascicules édités chez Eichler dans les années 1920, Le Baron d'Anthony Morton, et bien d'autres, moins célèbres et avouons-le, moins intéressants aussi.

Raffles donc, créé par E.W. Hornung, le beau-frère de Conan Doyle, est l'antihéros du héros, c'est à dire Sherlock Holmes.

Comme le célèbre détective, Raffles possède son confident, son historien, son faire-valoir en la personne de Bunny, un personnage un peu falot. Bunny prodigue maints conseils d'intégrité à son ami mais cela ne l'empêche point de suivre Raffles dans ses sorties nocturnes et délictueuses.

Tout comme Arsène Lupin plus tard, Raffles est un adepte du déguisement et possède des points de chute différents. Mais ce qui devient avec notre héros national une entreprise prospère, reste avec Raffles au stade artisanal. Un situation au coup par coup, lorsque le besoin s'en fait sentir. Pas d'homme de main.

Seul Bunny l'aide dans ses pérégrinations et même parfois risque de faire capoter l'affaire, n'étant pas toujours au courant des agissements de son ami.

 

Cet intéressant personnage qu'est Raffles, sportif accompli spécialiste du cricket, sport alors à la mode, fréquentant les réunions mondaines ce qui li permet de poser des jalons et de repérer les lieux de ses futurs appropriations, connaitra de nombreuses aventures sous la plume de E.W. Hornung, réunies dans trois volumes et un roman, Raffles, cambrioleur pour le bon motif, publié à La Renaissance du livre en 1909. Tout comme Sherlock Holmes, d'autres auteurs se pencheront sur son cas, dont Barrie Perowne, David Fletcher et Peter Tremayne.

Il a été interprété au cinéma, pour au moins huit films, par notamment John Barrymore et David Niven.

Les éditions Rivière blanche ont l'excellente idée d'éditer un recueil de nouvelles de E.W. Hornung, Docteur Crime, dans l'excellente collection Baskerville, dirigée par le non mois excellent Jean-Daniel Brèque, que j'aurai le plaisir de vous présenter bientôt. En attendant voir ci-dessous la bande-annonce de l'ouvrage.

 

Réédition Omnibus. Parution mai 2007.

Réédition Omnibus. Parution mai 2007.

Réédition Petite bibliothèque Ombre. Editions de l'Ombre. Parution novembre 1998.

Réédition Petite bibliothèque Ombre. Editions de l'Ombre. Parution novembre 1998.

Réédition La renaissance du livre. Collection Le Disque Rouge. 1932.

Réédition La renaissance du livre. Collection Le Disque Rouge. 1932.

Ernest William HORNUNG : Raffles, un cambrioleur amateur (The amateur craksman - 18999. Traduction de Henry Evie). Editions Sylvie Messinger. Parution 1988.

Première édition éditions Juven 1905.

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27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 14:38

Un roman policier mais pas que*...

Jules VERNE : Le pilote du Danube.

En cette année 1876, la tension entre l'empire Ottoman et les autres pays qui bordent le Danube est extrême.

Surtout vers la seconde moitié de son parcours, l'actuelle Hongrie, la Serbie, la Roumanie et la Bulgarie.

Mais à Sigmaringen, l'effervescence règne pour une toute autre raison. La Ligue Danubienne organise son traditionnel et fort prisé concours de pêche. Deux prix sont attribués, l'un à celui qui aura pris à la ligne le plus grand nombre de poissons, l'autre à celui qui sera l'heureux possesseur du poisson le plus gros. Quatre-vingt-dix-sept concurrents, de nationalités diverses comprenant aussi bien Badois, Wurtembergeois, Autrichiens, Hongrois, Serbes, Valaques, Moldaves, Bulgares, Bessarabiens, sont en lice et à la surprise générale, c'est un inconnu, fraîchement adhérent de la Ligue, le Hongrois Ilia Brusch.

Ilia Brusch, qui se déclare comme vivant à Szalka petite bourgade située à quelques lieues de Budapest, émet une proposition qui enthousiasme l'assistance. Il déclare qu'il va descendre le Danube jusqu'à son embouchure, soit trois mille kilomètres, ce qui devrait lui prendre deux mois environ, en ne vivant uniquement que de sa pêche.

Si cette décision est annoncée dans les journaux comme il se doit, une autre affaire tient la une des médias. Depuis plusieurs mois une bande de brigands sévit sur les bords du Danube, et le nombre de fermes dévalisées, de châteaux pillés, de meurtres même ne se comptent plus. Un policier hongrois, Karl Dragoch, est désigné comme chef d'une police internationale destinée à traquer ces voleurs. Certains émettent l'hypothèse que Karl Dragoch et Ilia Brusch ne feraient qu'un.

Et le 10 août, c'est le grand départ, fêté comme il se doit par une présence importante de membres de la Ligue Danubienne. Mais Ilias Brusch, lorsque les regards ne sont pas portés sur lui, se dépêche de descendre le Danube, pêchant certes comme il l'avait promis et vendant son poisson dans les petits ports lors de ses escales, mais la nuit il godille frénétiquement et avance à grande vitesse.

A Ulm, un individu s'invite dans son embarcation, lui offrant une forte somme afin de continuer sa route en sa compagnie. Au départ, Ilia Brusch refuse catégoriquement de prendre un passager à son bord, mais l'homme qui se présente comme un certain Jaeger possède un sésame. Lorsqu'un gendarme se pointe sur le quai et demande à Ilia Brusch ses papiers d'identité, Jaeger soumet une lettre au représentant de la loi et affirme qu'il répond de son hôte. Brusch est bien obligé d'accéder à la demande de Jaeger, et continue sa route fluviale en sa compagnie.

 

Mais intéressons de plus près de ces deux personnages, puisque Jules Verne lui-même les présente quasiment dès le début du roman, avec un autre protagoniste pour l'instant caché mais qui fera parler de lui.

Tout d'abord Ilia Brusch, qui bien évidemment ne se nomme pas ainsi mais Serge Ladko et est natif de Roustchouck, petit port sur la partie bulgare du Danube. Il exerce la profession de pilote de gabarre, et connait donc bien le fleuve. Mais c'est également un patriote, et il est chargé d'une mission afin de contrer les avancées et l'emprise de l'Empire Ottoman sur son pays. Il aime et est aimé de Natcha, seulement un second prétendant se met sur les rangs, Striga, le côté obscur de Roustchouk, un rival qui dirige la bande de brigands qui sévit sur les bords du Danube. Personne n'a vu son visage, sauf quelques fidèles et il signe ses crimes du nom de Ladko, guidé par la jalousie.

Sous le nom de Jaeger, le passager de Brusch/Ladko n'est autre que le policier Karl Dragoch. Il est chargé comme dit plus haut de traquer et surtout découvrir l'identité du chef des brigands semant la terreur le long du Danube.

Et bien sûr cette intrigue repose sur les machinations et les méprises des uns et des autres, sur fond historique belliqueux entre les pays austro-hongrois, balkans et slaves et la Turquie, guerre qui continuera par la suite et connaitra son apogée en 1912/1913.

Le cours du Danube

Le cours du Danube

Ebauché dès 1880, ce roman, qui à l'origine sera titré Le beau Danube jaune, sera publié à titre posthume en 1908. Si l'on retrouve une grande partie des thèmes chers à l'auteur, les déclinaisons géographiques notamment, les promenades en bateau, et accessoirement la pratique halieutique, Jules Verne intègre à son récit une dimension policière, dont l'enquête tient plus du roman noir que du roman problème tel qu'il fut en vogue à l'époque jusque dans les années cinquante.

Jules Verne, toujours précurseur, quel que soit le domaine littéraire populaire dans lequel il se produit, est donc en rupture complète ne proposant pas une intrigue sophistiquée mais juste une intrigue dans un contexte historique. Dragoch ne se montre pas particulièrement inspiré dans ses déductions, même lorsqu'il se prend pour un émule de Zadig, de Voltaire, en déduisant d'après une lecture du terrain que les bandits, lors du pillage d'un château, ont utilisé une charrette à quatre roues, attelée de deux cheveux dont l'un, celui de flèche, offre cette particularité qu'il manque un clou au fer de son pied extérieur droit.

De même il remarque qu'Ilia Brusch n'est pas véritablement noir de cheveux puisque, au bout de quelques jours, les racines deviennent d'un blond anachronique. De même il fouillera les coffres du pilote, lors d'une absence de celui-ci, absence qui correspond à un nouveau pillage, découvrant l'identité réelle de son compagnon.

L'aspect scientifique présent dans bon nombre des romans de Jules Verne y est gommé. Peut-on tout au plus mettre en avant le plaisir de la pêche, qui est nettement supérieur à celui de la chasse, selon le président de la Ligue Danubienne, et donc de l'auteur :

Quel mérite y a-t-il à tuer un perdreau ou un lièvre, lorsqu'on le voit à bonne portée, et qu'un chien - est-ce que nous avons des chiens, nous ? - l'a dépisté à votre profit ?... Ce gibier, vous l'apercevez de loin, vous le visez à loisir et vous le visez à loisir et vous l'accablez d'innombrables grains de plomb, dont la plupart sont tirés en pure perte !... Le poisson, au contraire, vous ne pouvez le suivre du regard... Il est caché sous les eaux... Ce qu'il faut de manœuvres adroites, de délicates invites, de dépenses intellectuelles et d'adresse, pour le décider à mordre à votre hameçon, pour le ferrer, pour le sortir de l'eau, tantôt pâmé à l'extrémité de la ligne, tantôt frétillant et pour ainsi dire, applaudissant lui-même à la victoire du pêcheur !

Un roman qui n'a pas vieilli, justement grâce au côté précurseur de Jules Verne, et qui par certains côtés nous ramène à des problèmes sociaux-ethniques actuels.

 

*Petit clin d'œil aux éditions Lajouanie !

Edition 10/18, N°1286, du 1er trimestre 1979. Préface de Francis Lacassin.

Edition 10/18, N°1286, du 1er trimestre 1979. Préface de Francis Lacassin.

Jules VERNE : Le pilote du Danube. Collection L'Aube Poche Littérature. Editions de l'Aube. Parution 2 juin 2016. 328 pages. 13,00€.

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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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