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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 07:43

Les scènes de Q dans un roman policier, c'est comme le piment d'Espelette dans une préparation culinaire. Ce n'est pas indispensable, mais ça relève le goût !

Trois autres romans érotiques de La Brigandine.

Trois romans composent ce recueil qui annonce la donne, puisqu'il s'agit de rééditions d'ouvrages publiés au début des années 1980 dans la sulfureuse collection La Brigandine. Brigandine qui avait été précédée par Bébé Noir, lequel Bébé n'eut l'heur de vivre que le temps de vingt-huit publications, la censure passant par là. La Brigandine connut plus de chance puisque cent-vingt-quatre titres sont inscrits à son catalogue qui circule sous le manteau.

Pourtant de nombreuses petites perles sont ainsi éditées, dues à des auteurs cachés sous pseudonymes (parfois un seul auteur pur trois ou quatre alias). Et c'est Gallimard qui sous-traitait ces deux collections puisque qu'elle naquirent chez Henry Veyrier, éditeur qui appartenait au groupe SODIS. Ne cherchez pas l'erreur, il n'y en a pas.

Avec des titres réjouissants, en forme de clin d'œil, des titres potaches selon Olivier Bailly, le préfacier de la précédente livraison chez La Musardine, Trois romans érotiques de La Brigandine, une idée dont s'est peut-être inspiré Jean-Bernard Pouy pour les romans dédiés au Poulpe.

Trois romans composent donc ce recueil avec un petit bonus. Les véritables auteurs ont rédigé une sorte de préface à leur roman, préface qu'ils signent de leur véritable patronyme, que je ne vous dévoilerai pas ici, l'un des petits plaisirs de cette réédition résidant justement dans ces levées de secrets. Secrets qui ne l'étaient pas ou plus pour les amateurs de littérature populaire érotique. Disons que l'un d'eux a écrit un Série Noire.

Trois autres romans érotiques de La Brigandine.

Francis Lotka : Des hommes sans cible. 1980.

Journaliste pigiste, Nicolas Vincent passe plus de temps à draguer les jolies filles et à écluser quelques bonnes bouteilles qu'à chercher des sujets d'articles. Ce jour-là, quand il se pointe au bureau du magazine, cela fait trois semaines qu'il n'a pas mis les pieds dans son bureau et, évidemment, son rédacteur en chef n'est guère satisfait, c'est le moins qu'on puisse dire, de ses prestations manquées. Et pas le moindre chèque à se mettre sur un compte en banque en berne.

Son collègue et ami, Roland Minois, lui suggère un projet d'article. C'est par hasard que lui est venue l'idée de cet article en rencontrant une ancienne du lycée Chaptal. Que sont devenus les anciens de sa classe quinze ans après ? Minois en a déjà repéré un. Il s'est fait buter dans son bateau alors qu'il batifolait en compagnie d'une jeune fille, à l'insu de sa femme.

Et c'est comme ça que tout débute, ou presque. Nicolas Vincent va aller de surprises en surprises, compter les morts et les disparus. Car dans l'ombre, quelqu'un secoue l'encensoir.

Heureusement, Nicolas Vincent, et les autres protagonistes, dont on fait la connaissance avant et après l'apparition du journaliste, profite de quelques pages et plages de détente charnelle, description à l'appui.

Joyeux, enlevé, ce conte, pas vraiment moralisateur, quoique, nous propose de gentilles parties fines, mais anticipe le système de recherche d'anciens élèves, genre Les copains d'avant, qui lui ne fut créé qu'en 2001. Alors en avance sur son temps Francis Lotka ? On pourrait le penser, et même imaginer que les créateurs de ce réseau social pourraient en avoir eu l'idée en lisant ce roman.

 

Trois autres romans érotiques de La Brigandine.

Hurl Barbe : Pompe le mousse. 1982.

Pensionnaires dans un institut privé catholique de province, Juliette et Alice sont deux sœurs, de dix-neuf et dix-huit ans, qui aiment se faire du plaisir. Elles ont été à bonne école grâce à la mère supérieure et dispensent leur savoir et leur expérience à leurs condisciples. Elles sont jeunes, belles, issues du même géniteur mais pas du même moule utérin, naïves et dévergondées.

Malheureusement leur père s'est suicidé, ce qui ne les chagrine guère, à la suite d'une banqueroute, et elles sont chassées de l'internat, puisqu'elles ne pourront plus payer leur séjour et l'enseignement prodigué, officiellement et officieusement.

Les voilà sur la route et les rencontres sont nombreuses, et charnelles. Le covoiturage n'est pas gratuit. Arrivées à Paris le 10 mai 1968, elle se trouvent prises en sandwich entre les étudiants en colère et le policiers déguisés. Elles ne savent pas que ce sont des hommes chargés de réprimer les manifestations, et comme elles ne connaissent pas, elles préfèrent accorder leurs faveurs aux étudiants, qui sont nettement plus membrés que les forces de l'ordre malgré les bâtons dont ceux-ci disposent.

Puis c'est un nouveau départ vers le sud de la France et en cours de route elles sont prises en stop par un Italien libidineux qui les emmènent dans son château. Le castel n'est pas celui de la Belle au Bois-Dormant mais plutôt celui du seigneur au membre vivant. De jeunes personnes y vivent, cloitrées afin d'assouvir les pulsions de leur maître lubrique et scatologique, qui a conçu de drôles de machines. Puis nous suivons les deux adolescentes en compagnie de l'Italien à bord d'un sous-marin pour des péripéties mouillées.

Dans ce roman, nous entrons directement dans le vif du sujet. Pas de préliminaires superflus. et nous passons allègrement d'une univers sadien à celui de Jules Verne, avec des sévices compris, et bien d'autres références. D'ailleurs, les prénoms invitent à des relectures puisque les premières jeunes et jolies filles qui se présentent au lecteur ont pour prénom Alice, la narratrice, Juliette et Sophie.

Trois autres romans érotiques de La Brigandine.

Eric Guez : Le massacre du printemps.

Un flic poli et courtois, ça lui semblait louche... pense la concierge face au jeune inspecteur Philippe Auger, lequel enquête sur le meurtre de Roger Baudet, garçon-boucher. Le défunt avait été libéré depuis un mois, ayant purgé une peine de prison pour des bricoles illégales à répétition.

Peu après, c'est au tour d'un collègue d'Auger d'être la victime du tueur, signalé comme un blond barbu à chapeau et lunettes noires. Normalement il n'hérite pas de l'affaire, mais il tient à mettre son grain de sel, car les deux policiers se connaissaient, ayant fréquenté le même commissariat. On a les fréquentations qu'on peut.

Dans la vie civile, Auger a des problèmes de ménage avec sa compagne. Celle-ci se refuse à lui pour des raisons qui lui sont propres. Ou alors elle se comporte en statue de marbre.

D'autres meurtres sont perpétrés, et Auger reçoit des missives qui dressent la liste des victimes. Et si lui aussi figurait prochainement sur ce recensement ?

En fil rouge, le lecteur peut suivre les malheurs de Liz, qui ayant quitté une cérémonie de mariage à la fin du repas, pensant à sa fille en garde, est braquée par deux loubards. Ceux-ci ne se contentent pas de s'emparer de son portefeuille mais attentent également à sa vertu dans une cabane de chantier. Elle est obligée de subir les travaux pratiqués à l'arrière par l'un de ses ravisseurs. L'autre n'est pas en reste profitant qu'elle ouvre la bouche pour reprendre sa respiration.

Ce roman est nettement plus sage, que les deux précédents et les scènes de sexe se révèlent presque sobres, banales, telles qu'elles pourraient être écrites de nos jours, car la littérature noire ou blanche s'est émancipée de bien des carcans imposés par la censure éditoriale. Au contraire, les éditeurs en redemandent, obéissant au goût des lecteurs.

Donc ce roman est très sage et les scènes de libertinage forcé, non souhaité, permettent de se projeter dans les affres d'une femme violée. Contrairement à certains auteurs dans ce type de romans, Eric Guez ne joue pas sur le consentement féminin, la libido ne se réveillant pas sous les coups de boutoir comme cela est souvent décrit dans d'autres romans. Il reste pudique et réaliste.

Trois autres romans érotiques de La Brigandine. Collection Lectures amoureuses N°197. Editions de La Musardine. Parution le 20 octobre 2016. 464 pages. 10,95€.

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29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 13:07

Bon anniversaire à Jean-Jacques Reboux né le 29 octobre 1958.

Jean-Jacques REBOUX : Le voyage de Monsieur Victor.

Monsieur Victor est bien malheureux. Depuis qu’il a perdu sa femme Yvette, il y a quatre ans de cela, il végète seul dans sa grande maison paimpolaise.

Et comme les falaises c’est jamais qu’une invention pour justifier les rimes, Monsieur Victor n’a qu’une solution pour rejoindre son Yvette : se pendre.

C’est sans compter sur l’intrusion de madame Armande, sa voisine, qui a le don de se pointer toujours au mauvais moment. Ce n’est que partie remise, et quelques verres de gnôle arrangeront ça.

Ne voilà-t-il pas que Chloé, sa petite-fille Chloé, qu’il n’a pas vue depuis des années, l’appelle à la rescousse. Ni une, ni deux, il se rend à Paname, et s’installe chez la jeune fille qui partage son appartement avec Yanos, un artiste polonais et Lakdar, réfugié politique algérien.

Au cours de ses pérégrinations monsieur Victor aura maille à partir avec les policiers et retrouvera un amour de jeunesse perdu à cause d’une incompréhension auditive.

 

Jean-Jacques Reboux nous a habitué depuis quelques années à s’évader du roman policier ou noir en l’enrobant d’une trame populaire ou feuilletonesque.

Avec Le voyage de Monsieur Victor il récidive, s’insérant dans le créneau de l’humour satirique enchâssé dans un contexte d’humanisme et de sensibilité.

Peut-être catalogué roman à l’eau de rose pour certain, Monsieur Victor possède son crêpe noir qui fait mieux ressortir le charme qui s’en dégage.

 

Quelques exemplaires de ce roman sont encore disponibles chez Baleine :

Autres ouvrages de Jean-Jacques Reboux dont la lecture est fortement conseillée :

Jean-Jacques REBOUX : Le voyage de Monsieur Victor. Collection Velours N°14, éditions Baleine. Parution 224 pages. 8,00€

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27 octobre 2016 4 27 /10 /octobre /2016 13:34

Ou contrariées ?

Olivia CATTAN : Identités contraires.

Quadragénaire, mariée, trois enfants, Sarah Keller est journaliste dans un journal dirigé par son ami Georges. Tout pourrait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes, sans les petits incidents inhérents à la vie familiale.

Par exemple sa grande, Laura, dix-sept ans, qui rechigne comme ce jour-là à garder les jumeaux de neuf ans, car Sarah a rendez-vous avec Georges, son patron. Ou David, son mari, avec lequel les relations ne sont plus aussi amoureuses qu'au début de leur mariage. Tout ça par la faute d'un ami (un ami ? Est-ce vraiment le rôle d'un ami ?) qui a signalé avoir vu Sarah embrasser un ancien petit ami qu'elle avait perdu de vue après l'avoir quitté d'un commun accord.

Donc ce jour-là, Sarah doit effectuer un entretien avec Adrian Shek, un architecte de renommée internationale, malgré son âge et sa maladie. Enfin, pas vraiment une maladie, mais un syndrome. Il est autiste Asperger.

Tout en se rendant sur les lieux où ils doivent déjeuner, Sarah compulse son ordinateur afin de mieux connaître l'homme et son parcours chaotique. Adrian Shek est né en Tchécoslovaquie, a perdu sa sœur jumelle dans un accident de voiture, a suivi brillamment des études et son syndrome autistique a été décelé tard. Plus quelques autres petites informations.

Munie de ce maigre bagage, Sarah parvient en retard au rendez-vous mais ce n'est pas grave. Il est absorbé à écrire sur son cahier rouge, une occupation qui requiert toute son attention. Ils conversent, Adrian s'étend volontiers sur son syndrome, la soirée s'éternise, Sarah est presque subjuguée, même si elle est déboussolée par certaines impulsions ou refus de la part de son interlocuteur. A un certain moment Shek reçoit un appel téléphonique auquel Sarah ne comprend rien, l'échange oral étant en langue étrangère, et l'homme s'en va, contrarié apparemment. Il oublie sur la banquette son carnet rouge.

Sarah, curieuse comme une journaliste, hésite puis elle ouvre le carnet. Le lit. Elle est stupéfiée. Les trente premières pages lui sont consacrées. Des articles de presse qu'elle a écrit, des photos d'elle récupérées sur Internet. Et plus loin une série de lettres et de chiffres, des dates.

Le lendemain elle en parle à son mari, mais celui-ci, comme à son habitude, détourne la conversation, ne la prend pas au sérieux. C'est vrai qu'il a un métier autrement plus enrichissant : il est le directeur d'une société de comptabilité et commissaire aux comptes. Il est débordé et elle doit conduire les jumeaux à l'école.

Alors que Samuel, l'un des deux garçons, s'apprête à traverser la rue, une voiture s'élance, elle retient le gamin et le rétroviseur du véhicule la percute. Rien de grave, heureusement, mais Sarah est légèrement traumatisée. D'autant que plus tard elle comprend la signification des lettres, des chiffres et des dates inscrites dans le carnet.

Elle est invitée à manger chez Shek et une scène violente se produit, alors que sa servante sert le café. Elle appelle Georges afin de lui rendre compte de sa mission, mais il écourte la conversation, un nouveau pigiste se présentant à lui. Un beau gosse d'après Georges qui préfère les hommes. Peu après Georges est découvert assassiné. L'inspecteur Eric Mose est chargé de l'enquête. Une enquête que va prendre également à son compte Sarah car elle se rend compte qu'elle est au cœur de la cible, mais ne sait pas qui se trouve en face d'elle.

 

Un roman qui démarre tout doucement, banalement presque, mais qui s'emballe rapidement. Car l'auteur joue sur la mystification, les faux-semblants, la manipulation, les chausse-trappes envers les divers protagonistes et bien entendu envers le lecteur. Un exercice difficile dont se sort admirablement Olivia Cattan.

De même elle ne s'étend pas trop, elle ne s'appesantit pas sur le syndrome dont est affligé Adrian Shek. Elle décrit cette maladie, si tant et autant on peu appeler ceci une maladie, un dérèglement nerveux peut-être, un trouble du développement. Et cet autisme dont fait preuve Shek l'a servi dans sa vie professionnelle.

De France en Albanie jusqu'en Israël avec des incursions en Argentine, le lecteur part à la suite de Sarah, remonte le fil du temps, découvre des faces cachées d'une histoire dont Sarah n'est pas le seul personnage principal. Si elle partage la tête d'affiche avec des personnages parfois inattendus, elle reste un pion isolé malgré son entourage. L'auteur sait manier les fils de ce qui pourrait être une marionnette, mais une marionnette qui comme Pinocchio prend peu à peu sa liberté de mouvement et découvre une vie insoupçonnée.

Identités contraires est un grand roman humain qui ne laissera pas indifférent, et le syndrome d'Asperger n'est qu'une des composantes du drame qui se joue tout le long des pages de ce roman.

Olivia CATTAN : Identités contraires. HC éditions. Parution le 13 octobre 2016. 272 pages. 19,00€.

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25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 09:05

Je n'ai jamais connu un homme de cette intelligence qui fut aussi incapable de s'intégrer à une civilisation faite pour la machine.

Citation extraite de l'Avant-propos de l'auteur.

Robert E. HOWARD : Almuric.

Avant de nous intéresser à Esau Cairn, le héros-narrateur de cette aventure, une petite précision me parait indispensable d'être signalée.

Le 27 octobre paraitra Bifrost N°84, un numéro spécial consacré à Robert E. Howard. Il contiendra des nouvelles de Christian Léourier, Romain Lucazeau et Howard himself en plus d'un exhaustif dossier mené de main de maître par le spécialiste mondial de l'auteur, Patrice Louinet. Ce dossier s'emploie à dissiper les idées reçues sur le père de Conan, et ce n'est pas du luxe. Un numéro indispensable pour les amateurs de Fantasy, mais pas que !

Voir le sommaire ici :

Maintenant revenons à Esau Cairn.

Esau Cairn était bâti pour combattre les forces naturelles et c'est pour cela qu'un jour il se retrouve sur Almuric, une planète étrange, sauvage, à sa dimension, et sur laquelle il peut exprimer ses possibilités musculaires.

Comment Esau Cairn parvient sur Almuric ? Quels sont ses antécédents ? Howard reste dans le flou le plus absolu. Ce n'est pas son propos.

Ce qui importe, ce sont les aventures d'Esau Cairn sur Almuric et l'on peut dire qu'il est servi.

Dès son arrivée il est agressé par un être mi-homme mi-singe dont il ne se défait autant pas sa force que par son intelligence. Puis il est confronté à une bande de hyènes sauvages. Et ainsi de suite.

Il affronte les pires dangers tout comme l'homme préhistorique était en butte aux animaux de son époque et aux éléments déchainés. Ce qui lui permet de surveiller la croissance de ses petits muscles sans recourir aux artifices de la gonflette.

Ecologiste avant la mode, précurseur de Sylvester Stallone et de Arnold Schwarzenegger, Esau Cairn s'intègre en solitaire dans ce monde hostile, devenant une force de la nature.

Après quelques mois vécus en ermite, Cairn quitte la montagne et entreprend une visite non guidée de la plaine. Là aussi les dangers pullulent mais il saura se sortir indemne de tous les pièges, de tous les combats, de toutes les guerres, grâce à une force de caractère peu commune.

 

 

 

Tous ceux qui ne connaissent pas Howard et vont le découvrir en lisant ce roman, seront frappés par la similitude, par le souffle épique entre ce roman et certains textes dont le Cycle de Mars d'Edgar Rice Burroughs avec le personnage de John Carter, dont il semble qu'Almuric soit une sorte d'hommage ou la série des Dragons de Pern d'Ann McCaffrey entamée en 1968.

Mais Howard est véritablement le précurseur de la Fantasy intégrant le merveilleux et l'interplanétaire, genre que d'autres romanciers affinèrent, Michael Moorcock par exemple.

Robert E. Howard s'est suicidé le 11 juin 1936, à l'âge de trente ans.

 

 

Ce recueil propose des nouvelles et des compléments, qui ne figuraient pas dans les éditions précédentes) dus à Patrice Louinet, le traducteur.

En voici le sommaire.

Patrice LOUINET, Introduction, pages 7 à 8, Introduction

(Almuric), pages 9 à 144, Roman.Almuric2 -

3 - Le Jardin de la Peur (The Garden of Fear), pages 145 à 162.

4 - La Voix d'El-Lil (The Voice of El-Lil), pages 163 à 192.

5 - La Hyène (The Hyena), pages 193 à 208.

6 - Une sonnerie de trompettes (A Thunder of Trumpets), pages 209 à 232.

7 - Le Cobra du rêve (The Cobra in the Dream), pages 233 à 240.

8 - Le Fantôme sur le seuil (The Ghost in the Doorway), pages 241 à 245.

9 - Delenda Est (Delenda Est), pages 247 à 256.

10 - Le Fléau de Dermod (Dermod's Bane), pages 257 à 263.

11 - La Vallée Perdue (The Valley of the Lost), pages 265 à 290.

12 - Le Roi du Peuple Oublié (King of the Forgotten People), pages 291 à 295.

13 - James Allison - Fragments, pages 319 à 353.

14 - Le Cavalier-Tonnerre (The Thunder-Rider), pages 355 à 381, trad. Patrice LOUINET

 

15 - Nekht Semerkeht (Nekht Semerkeht), pages 383 à 401.

16 - Le Tentateur (The Tempter), pages 402 à 405, Poésie.

17 - Patrice LOUINET, « To live is to die », pages 407 à 422, Postface.

18 - Patrice LOUINET, Note sur les textes, pages 423 à 424, Bibliographie.

 

 

 

Collection Robert E. Howard N°8. Editions Fleuve Noir. Parution décembre 1991. 224 pages.

Collection Robert E. Howard N°8. Editions Fleuve Noir. Parution décembre 1991. 224 pages.

Première parution : Nouvelles Éditions Oswald (Néo). Collection Fantastique/SF/Aventure n° 174. Parution Juin 1986. 160 pages.

Première parution : Nouvelles Éditions Oswald (Néo). Collection Fantastique/SF/Aventure n° 174. Parution Juin 1986. 160 pages.

Robert E. HOWARD : Almuric. Collection Les Intégrales N°52 éditions Bragelonne. Parution 16 septembre 2015. 432 pages. 25,00€.

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 11:05

Le bon temps du Fleuve Noir Populaire ! Mais ça, c'était avant...

Daniel RICHE présente : Futurs Antérieurs, 15 récits de littérature steampunk.

Au sommaire de cet ouvrage, une préface signée Daniel Riche, quinze textes soigneusement sélectionnés par le même Daniel Riche (lequel dirigea notamment les collections Gore et Aventures sans Frontière, fut le rédac’ chef de Fiction, d’Orbites et signa des scénarii de cinéma et de télévision), un dictionnaire des auteurs, des illustrations de Fred Blanchard et Fabrice Le Minier.

Parmi les signataires, Daniel Walther, Roland C. Wagner, Michel Pagel, Laurent Genefort, René Réouven, Jean-Marc Ligny, Jean-Claude Dunyach, Christian Vilà, Francis Valéry et de petits nouveaux prometteurs (pour l'époque) tels que Sylvie Denis, Thomas Day, David Calvo, David Prasson, Yves Letort et enfin quelqu’un qui se fait trop rare Michel Demuth. Mais penchons nous un peu plus sur ce beau bébé.

D’abord, que veut dire Steampunk ?

C’est pour l’auteur un exercice dans lequel il doit imaginer jusqu’à quel point le passé aurait pu être différent si le futur était arrivé plus tôt. Il ne s’agit donc pas d’uchronie, qui réécrit le passé dans un monde différent, mais d’allier le futur au passé avec les armes littéraires et scientifiques dont nous disposons à l’heure actuelle.

Tous les auteurs rassemblés dans ce recueil n’ont pas toujours réussi à interpréter cette définition, mais ne boudons pas notre plaisir.

Avec Celui qui bave et qui glougloute, Roland C. Wagner nous entraîne dans un western parodique et farfelu dans lequel évoluent Kit Carson, les Frères Dalton, et quelques autres personnages bien connus, confrontés au mythe de Chtulhu de Lovecraft. Un pur joyau tout comme Âme qui vive de René Réouven qui redonne vie une fois de plus à quelques romanciers du XIXème siècle avec l’érudition et le talent que nous lui connaissons.

Muchamor de Christian Vilà nous emmène dans la Russie alors que le régime tsariste est sur son déclin et que Raspoutine mène la danse. Michel Pagel renoue dans L’étranger, avec une forme littéraire peu souvent usitée, la narration épistolaire dont le contexte spirite permet à l’auteur de confronter dreyfusards et anti dreyfusards.

Le véritable voyage de Barbicane de Laurent Genefort s’inscrit dans les voyages extraordinaires de Jules Verne, le fabuleux De la Terre à la Lune, et Les premiers hommes dans la Lune de Wells. Jean-Claude Dunyach propose une aventure inédite du professeur Challenger, héros créé par Conan Doyle et le fait évoluer à Toulouse alors que Clément Ader s’obstine à démontrer que le plus lourd que l’air peut voler.

Les textes de Sylvie Denis, David Calvo, Thomas Day ou encore David Prasson sont un ton en dessous mais laissons leur le temps de s’affirmer, quand à celui de Daniel Walther, qui reprend le mythe de Mayerling, il m’a quelque peu déçu. Peut-être parce que j’attendais plus d’un auteur confirmé.

Yves Letort nous invite à découvrir Théophile Grandin, un texte servi par les illustrations de Francis Le Minier.

Quant à la préface de Daniel Riche, elle est justement très riche, érudite, et évite l’écueil du pontifiant. En vérité je vous le dis, ce recueil est une véritable bible que doivent se procurer tous les amateurs d’aventures et de lecture populaire.

 

Daniel RICHE présente : Futurs Antérieurs, 15 récits de littérature steampunk. Collection Grands Formats. Editions Fleuve Noir. Parution 21 avril 1999. 624 pages.

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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 08:30

En pleine lumière...

Jean-Pierre FAVARD : L'Ombre Noire.

Un esclandre dans la cour de récréation du lycée qu'il fréquente à cause d'une fille qui l'a plaqué et ne le fréquente plus, et Yoann est viré de l'école. Exclusion définitive. Faut croire que le proviseur n'a jamais eu de chagrin d'amour.

Les parents de Yoann n'ont pas trouvé mieux que de le conduire chez sa grand-mère, une vieille dame qui vit seule avec son chien dans un village perdu de Bourgogne. Châteauneuf en Auxois. Quatre-vingts âmes environ. Et son château. Et une pancarte à l'entrée du village annonçant aux touristes qu'ils arrivent dans un village classé parmi les plus beaux de France. Et à par ça ? Rien ou pas grand chose.

Yoann reste la plupart du temps enfermé dans sa chambre. Aussi Mamie lui confie des petits travaux, comme des missions délicates et indispensables pour la bonne tenue de la maison. Ainsi il doit aller chercher du bois pour alimenter le poêle, et des légumes dans le jardin pour les alimenter tous deux.

Mais pour se rendre au jardin, il faut traverser le bois. Et en chemin, Yoann remarque une masure, puis entend un bruit. Il s'agit d'une jeune fille qui sort une boite puis se roule une cigarette. Ils font connaissance et échangent quelques confidences. Garance va au lycée, vit avec sa mère et de temps à autre travaille comme serveuse dans une crêperie mais également au château comme guide ou libraire. D'ailleurs elle lui promet de faire visiter l'édifice qui date du Moyen-âge, sachant où se trouve les clefs pour accéder à la cour intérieure du château.

Ils se retrouvent souvent, pour se promener et converser en toute liberté. Il la trouve très belle Garance, avec ses longs cheveux rouges, surtout lorsqu'ils sont dénoués et flottent sur ses épaules. La mère de Garance est une jeune femme un peu baba-cool, qui a beaucoup voyagé et a ramené du Népal, d'Inde ou du Maroc, de nombreux objets disposés au hasard dans sa maison. Le seul problème qui empêche Yoann de rester à manger, c'est le côté végétarien des repas. Hélène, la mère, lui apprend qu'au château ils ont besoin de monde. Ce serait pas mal pour l'occuper durant les journées puisqu'il ne va plus à l'école.

Et c'est ainsi que Yoann débroussaille les buissons, désherbe, nettoie les lieux et il peut même visiter ce fameux château qui fut la propriété de Philippe Pot, Grand Sénéchal de Bourgogne au XVe siècle. Et dans la crypte repose justement le gisant de ce personnage célèbre pour avoir déclaré que la légitimité des rois était une invention, énonçant les premières théories démocratiques de l'histoire. Théories reprises quelques siècles plus tard.

Ce gisant est entouré de huit statues, des pleurants, et Yoann aime les contempler, avant de se mettre au travail, ou après. Or un jour, il n'a pas bu et d'ailleurs il ne boit jamais, il croit entrapercevoir un mouvement. Une statue a bougé les tête et ses yeux sont devenus jaunes, brillants. Il n'en faut pas plus pour impressionner Yoann qui en parle à Garance, et à sa mère, ainsi qu'à sa grand-mère. Il rencontre également d'autres personnes, dont un auteur local et une dame qui ne sort quasiment jamais de chez elle, qui vont radicalement changer sa vie pour des raisons diverses.

 

Débute alors une histoire semi-fantastique entrecoupée par la relation historique de la vie de Catherine de Châteauneuf, condamnée à la question pour avoir empoisonné son mari. En ce temps-là, on condamnait et on torturait les gens pour leur faire avouer une faute qu'ils n'avaient pas forcément commise. Et bien entendu, ces aveux arrachés sous la torture conduisaient tout droit au bûcher.

Ce court roman est suivi d'un article extrait très intéressant et très instructif des Annales de Bourgogne, signé Hélène Bouchard, qui explique un épisode de la vie de Philippe Pot et remet ses déclarations dans leur contexte.

Cette collection mérite largement le détour par son approche romanesque empruntant à des histoires locales, d'où son titre, méconnues et qui mettent en valeur une petite ville et ses personnalités. Et je verrais bien ce roman très visuel adapté en bande dessinée ligne claire façon années 50/60.

Jean-Pierre FAVARD : L'Ombre Noire. Collection LoKhaLe N°4. Editions La Clef d'Argent. Parution le 26 août 2016. 136 pages. 6,00€.

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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 06:33

Nick Carter est immortel !

Nick CARTER, le grand détective américain contre Dazaar, l'Immortel Maléfique

Je vous tiens pour un des très rares contemporains qui ont incontestablement des droits à mon estime. Mais il me plait de vous prendre, vous et vos talents, pour vous prouver à vous-même combien vaine et méprisable est l'intelligence humaine, et combien les plus habiles d'entre les hommes sont livrés à ma merci. En conséquence, à partir de ce moment, je vous poursuivrai sans pitié; mais cela ne veut pas dire que je désire, provisoirement du moins, déterminer votre mort. Que vous deviez, tôt ou tard, périr de ma main, cela va de soi, car j'ai décidé de vous choisir pour le jouet de mes caprices, et j'ai définitivement réglé votre sort.

Signé Dazaar.

 

La guerre est déclarée entre l'expéditeur du pli qu'est en train de lire Nick Carter et le détective. Mais qui est ce mystérieux correspondant, qui promet des joyeusetés incommensurables en matière de torture et de jouer avec lui comme le chat avec la souris, et dans quelles conditions cette missive est-elle parvenue à Nick Carter, c'est ce que nous allons tenter d'expliquer.

 

Alors qu'il est en train d'étudier un dossier dans la pièce qui lui sert de bureau, dans son pavillon new-yorkais, Nick Carter est dérangé par sa vieille gouvernante. Un homme du nom de Thompson désire s'entretenir avec lui. Cet homme lui apprend que sa vie est menacée, tout comme celle du détective d'ailleurs. Craintif il regarde autour de lui et débite son laïus :

Il y a actuellement à New-York un homme qui n'inspire tout d'abord que respect et admiration. Il est doué d'une intelligence vraiment surprenante; il possède les qualités de l'homme d'Etat et du diplomate; il s'est assimilé les connaissances qui font l'érudit et le savant, et maintes il m'a fait l'effet d'avoir emprunté à Protée le don des métamorphoses.

Et il continue sa description en affirmant que sous cette noble et séduisante apparence se cache un monstre qui se fait appeler Dazaar et parfois le cheik Adi. A ce moment un poignard se fiche dans la table, ayant traversé et cassé l'un des vitraux de la porte de communication entre les deux salons. Une arme particulière dont la lame est affutée des deux côtés et qui avec la garde représente une croix.

Aussitôt Nick Carter demande à ses deux fidèles amis et hommes de main, Patsy et Ten Itchi, de courir dans la rue à la poursuite du lanceur de dague. D'autres dagues ont été lancées dans l'huisserie de la porte d'entrée et dans la serrure, retardant la sortie des deux hommes. Lorsque Carter revient dans la pièce où il a laissé Thompson, celui-ci est décédé d'une arme similaire plantée en plein cœur.

Après une nuit agitée, Carter reçoit donc la fameuse missive dont il est question au début de cet article.

 

Et c'est ainsi que Nick Carter va connaître une aventure en neuf épisodes contre Dazaar, neuf épisodes mouvementés durant lesquels sa vie sera en danger mais sortant vainqueur des affrontement à chaque fois. Ce qui est normal puisque Dazaar a promis de le faire souffrir et de jouer avec lui le plus longtemps possible.

Le plus étonnant pour Nick Carter est de constater que cet ennemi possède non seulement de multiples identités, de multiples visages, mais qu'il possède le don d'ubiquité. Et que telle l'hydre de Lerne, Dazaar vaincu, emprisonné, voire suicidé, vit toujours, matérialisé en sept individus.

Encore plus étonnant et surprenant, l'apparition d'abord éthérée d'Irma Plavatsky, avec laquelle il devait se marier cinq ans auparavant et est décédée à Paris, enterrée au Père-Lachaise. Plus incompréhensible est de la revoir physiquement possédant une double personnalité. Elle ne se souvient pas de lui puis elle recouvre sa lucidité durant quelques minutes et retourne dans son rêve éveillé, mélangeant la fiction et la réalité. Mais bien vivante est son ancienne gouvernante, qui l'accompagna jusqu'à ses derniers moments, madame Aïra, qui vit dans une maison abritant Irma ou son double.

Les affrontements, les confrontations entre le détective et Dazaar seront donc nombreux et mortifères, surtout pour des connaissances du détective, pour des policiers dépêchés par son ami l'inspecteur McClusky, pour ses amis, dont Patsy qui se trouve souvent en mauvaise position, et les moyens employés sont divers et variés.

Ainsi il assiste, impuissant, à la combustion d'une dizaine de policiers transformés en torches vivantes sous l'impulsion d'un produit qui plus tard se révélera être du radium.

Mais sa faculté de pouvoir se grimer et changer totalement d'allure, d'apparence, quelque soit le lieu où il se trouve, lui permet souvent d'échapper à ceux qui sont lancés à ses basques ou de les suivre dans leurs déplacements. Et heureusement, il peut compter également et surtout sur Ten Itchi, qui ne se contente pas de veiller sur l'intégrité physique de son maître, mais doit résoudre une mission à lui confiée.

Mais qui est Dazaar qui fait trembler tant de personnes ? Selon certains, il serait d'origine tibétaine et posséderait d'étranges pouvoirs mis au service de ses pièges, se montrant un tortionnaire intraitable, cruel, impitoyable. Et ce n'est pas pour rien qu'il est surnommé l'Immortel Maléfique. Et lorsque Nick Carter et son ami McClusky pensent pouvoir lui mettre le grappin dessus, ils déchantent rapidement. Le dangereux malfaiteur n'est plus dans la maison où il a élu domicile mais dans une autre propriété, de l'autre côté de l'Hudson, deux endroits reliés par un tunnel sous le fleuve. Il est entouré de nombreux séides nommés les Adorateur du Diable.

Nick CARTER, le grand détective américain contre Dazaar, l'Immortel Maléfique

Réunis dans ce fort volume neuf histoires qui se suivent et se complètent et qui à l'origine étaient publiées sous forme de fascicules de 32 pages, démontrant l'imagination fébrile, sans faille et inépuisable de l'auteur (ou selon les histoires, des auteurs), imagination qui offre moult péripéties sans traîner en longueur. Les événements s'enchaînent inexorablement, pour la plus grande joie du lecteur, qui peut souffler entre deux épisodes avant de repartir à l'assaut des aventures épiques de Carter et consorts. Ces fascicules étaient hebdomadaires et si le lecteur attendait avec impatience la suite, il pouvait se changer l'esprit en lisant, à la même époque, les aventures de Buffalo Bill alias William Cody, et autres héros de papier ou non. Je me permettrai même d'ajouter que les auteurs actuels, qui aiment à délayer leur prose, n'ont rien inventé en ce qui concerne les aventures rocambolesques dont ils aiment faire profiter leur héros, mais qu'ils devraient prendre modèle sur la concision des textes tout en les truffant de péripéties improbables et palpitantes afin d'entretenir l'intérêt du lecteur.

 

Ces neuf épisodes sont précédés d'une excellente préface signée Francis Saint-Martin, qui développe en une quarantaine de pages la naissance de Nick Carter, puis ses différents avatars jusque dans les années 1980, avec pour les éditions françaises Noël Ward comme scripteur ou côté américain Michael Avallone. Dans sa postface Marc Madouraud, chercheur impénitent et passionné, décrit le parcours des aventures de Nick Carter, à l'écran, avec notamment Eddie Constantine, sur les ondes et sur papier, là aussi en une quarantaine de pages. Ces deux préface et postface sont largement pourvues, tout comme les épisodes, de reproductions photographiques des couvertures des aventures de Nick Carter en fascicules ou en livres. Ne serait-ce que pour ces deux textes fort documentés, l'achat de cet ouvrage, indispensable dans une bibliothèque qui se veut complète, éclectique, représentative d'une culture littéraire populaire, serait amplement justifié.

 

Au sommaire donc:

Préface de Francis Saint-Martin.

La maison des Sept démons. Première publication dans New Nick Carter Weekly N°372. 13 février 1904.

La Reine des Sept. N°373. 20 février 1904

Une empreinte énigmatique. N°374. 27 février 1904.

Les adorateurs du Diable. N°375. 5 mars 1904.

Descente de Dazaar aux enfers. N°376. 12 mars 1904.

Le dernier des mystérieux Sept. N°377. 19 mars 1904

Revenu de la tombe. N°394. 16 juillet 1904.

Un pacte avec Dazaar. N°395. 23 juillet 1904.

Mort de Dazaar. N°396. 30 juillet 1904.

Postface de Marc Madouraud

Nick CARTER, le grand détective américain contre Dazaar, l'Immortel Maléfique (traduction de Jean Petithuguenin). Préface de Francis Saint-Martin. Postface de Marc Madouraud. Collection Baskerville. Editions Rivière Blanche. Parution septembre 2016. 554 pages. 42,00€.

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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 13:58

Bon anniversaire à Colette Piat, alias Patricia Lumb, née un 6 septembre.

Patricia LUMB : Lady Blood à Tokyo.

Il ne faut pas croire que dans les romans policiers, seuls les policiers sont les héros. Les méchants savent aussi se mettre en valeur.

Rappelez-vous Arsène Lupin le facétieux créé par Maurice Leblanc, Fantômas le malfaisant de Souvestre et Allain, Chéri-Bibi de Gaston Leroux, Parker de Richard Stark alias Donald Westlake, ou encore Bernie Rhodenbarr de Lawrence Block.

Patricia Lumb, avec Lady Blood, met en scène un Fantômas en jupon qui heureusement fait moins couler le sang que le mystérieux criminel mais possède des appétits sexuels difficilement rassasiables.

D'ailleurs elle a tout pour plaire. Belle, intelligente, sans scrupule, elle n'est pas dénuée d'humanisme. Entreprenante, cultivée, elle sait jour les naïves, les ingénues, les blondes évaporées.

Cependant elle peut également se montrer sous un jour plus noir. Téméraire, audacieuse, volontaire, hardie, autoritaire, déterminée, et amorale lorsque les circonstances l'exigent.

 

Chez Sotheby's à New-York, la grande attraction est un tableau de Van Gogh, Les Dahlias, adjugé à cinquante sept millions de dollars. Faut dire que la mode est aux Van Gogh et que ceux-ci s'arrachent comme des petits pains un jour de disette.

Ah, s'il pouvait entendre les enchères ce rapin qui ne prêtait qu'une oreille aux contingences matérielles !

Mais se porter acquéreur ne veut pas dire être propriétaire, car entre temps de petits futés subtilisent la toile au grand détriment de l'heureux enchérisseur.

Les transports Glass sont ce qu'il y a de mieux au point de vue convoyage, et pourtant... Le fourgon est retrouvé délesté du tableau convoité, le chauffeur amoché, et son coéquipier incinéré. Quoique...

Dans le même temps, de mystérieux détrousseurs de cercueils réalisent une opération rafle dans un cimetière, lors d'un enterrement. Lady Blood en finesse est maintenant en possession de cette peinture hors de prix.

Il ne lui reste plus qu'à négocier quelques petites transactions bassement matérielles, qui la mèneront jusqu'à Tokyo, en plein repaire de yakusas.

Mais Lippia Citriodora, ne pas confondre avec la Cicciolina, surnommée Lady Blood, aura maille à partir avec des escrocs aux dents longues, des complices taraudés par la jalousie, des membres rapportés de la famille guère complaisants.

Et tout comme Fantômas, elle traîne derrière elle son Juve en la personne de Mac Kenzie, agent du FBI, qui n'en peut mais.

Cette institution américaine n'est plus ce qu'elle était, et ses dignes représentants ont la fâcheuse tendance à se faire marcher sur les pieds.

 

Moins sanguinolent et pervers que je m'y attendais, les critiques des précédents romans mettant en scène cette jeune femme dédaignant le port du slip, à vos souhaits, et révélant une nudité pubienne aussi rose et lisse que le crâne de Yul Brynner (c'est devenu une mode paraît-il), n'ayant guère été élogieuses, j'ai donc entamé ce roman avec une certaine appréhension et une circonspection certaine.

En réalité je me suis franchement amusé à la lecture de ce livre qui est un véritable pastiche, alliant les énormités et les retournements de situations propres aux feuilletons du XIXe siècle, aux aspirations les plus secrètes des dames patronnesses frustrées de cette fin de siècle. Le droit aux fantasmes mais également à leur accomplissement.

Sérieux s'abstenir, amateurs de canulars soyez les bienvenus dans l'univers de Lady Blood.

 

Patricia LUMB : Lady Blood à Tokyo. Collection Sueurs Froides. Editions Denoël. Parution 17 septembre 1991. 192 pages. 13,00€.

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5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 14:23

Ne s'use que si l'on s'en sert ?

Paul-Jacques BONZON : Les six compagnons et la pile atomique.

Tout comme le monde en général change, grâce ou à cause des nouvelles technologies par exemple, les romans jeunesse d'aujourd'hui ne possèdent plus la même tonalité que ceux que nous pouvions lire il y a cinquante ans.

Le style et la façon de raconter, le sujet et le contenu diffèrent parfois profondément. Pour s'en rendre compte il suffit de lire deux ouvrages parus ou réédités récemment : Tu ne sais rien de l'amour de Mikaël Ollivier ou Luz de Marin Ledun, dont vous trouverez les liens en fin d'article, et qui s'adressent plus à des adultes qu'à des préadolescents et celui dont je vous propose la lecture aujourd'hui.

Il eut été impensable dans les années cinquante ou soixante de mettre en scène des adolescents, des deux sexes, de quatorze ans coucher dans la même chambre, le même lit et s'adonner au simulacre de la reproduction, ou s'adonner aux boissons alcoolisées.

Les héros de notre enfance étaient plus sages tout en vivant des aventures exaltantes. Mais surtout ils proposaient ce goût de l'aventure et de l'identification au(x) héros, sentiments que l'on ne ressent plus forcément avec les romans pour adolescents qui nous sont présentés de nos jours.

 

Ainsi dans Les six compagnons et la pile atomique, roman écrit par Paul-Jacques Bonzon, un instituteur né en 1908 dans la Manche, plus exactement à Sainte-Marie-du-Mont, village où s'est installé depuis quelques décennies Gilles Perrault. Après ses études à l'Ecole Normale de Saint-Lô et enseigné dans son département natal, Bonzon est muté dans la Drôme, ayant épousé une native de ce département, elle-même enseignante. Il termine sa carrière en 1961 se consacrant alors à son métier d'écrivain pour enfants.

Et c'est tout naturellement que Paul-Jacques Bonzon va prendre pour héros des gamins de douze et treize ans issus du quartier de La Croix-Rousse, ou comme Tidou, le personnage principal et narrateur, de la Drôme et plus exactement de Reillanette ou Reilhanette. Son père ayant trouvé un emploi dans la capitale des Gaules, Tidou a débarqué à Lyon et son premier contact avec cette ville est plutôt décevant. Mais il se fera des copains en la personne de Corget, chef incontesté de la bande, et de Mady, une jeune handicapée. Suivront un peu plus tard Gnafron, la Guille, Bistèque, le Tondu, des surnoms en référence à leur physique ou à la profession du père. Sans oublier Kafi, le chien de Tidou.

Au moment où débute cette histoire, le maître (on ne parlait pas encore de professeur des écoles, un barbarisme) donne le clap de fin. Les vacances vont pouvoir commencer et Tidou se réjouit d'aller à Reillanette, son village, et retrouver Mady, sa copine d'enfance. Mais pour Corget et les autres compagnons de la Croix-Rousse, comme ils ont été surnommés, commence une période d'ennui. Que faire durant ces semaines estivales de vacances scolaires ?

L'idée est simple. Et si tout le monde partait ensemble, sans oublier Kafi le chien, à Reillanette ? Aussitôt envisagée, l'idée est aussitôt approuvée. Les parents ayant accordé leur aval, il ne reste plus qu'à se préparer pour ce voyage long de deux-cent-cinquante kilomètres environ. La bande descendra le Rhône à bicyclette en trois étapes, et afin de ne pas fatiguer Kafi, il voyagera dans une carriole attachée à l'un des vélo. Seulement un imprévu se dresse devant eux. Trouver des vélos ne pose aucun problème, ceux des parents ou grands-parents seront réquisitionnés. Le problème, c'est La Guille. Il ne sait pas faire de vélo. Quelques exercices pourvoiront à son apprentissage et enfin le grand jour est arrivé.

Les deux premières journées se passent sans incident où presque. La Guille se retrouve parfois à terre, mais ce n'est pas grave. Et puis il faut compter avec les crevaisons également. La petite troupe repart, et les voici arrivés près de Marcoule, la nouvelle structure nucléaire. Ils couchent à la belle étoile mais au petit matin, Kafi a disparu. Ils attendent la levée du jour pour le rechercher. Ils battent les bois et ne le découvrent que quelques longues minutes plus tard. Il est blessé, mais ils ne parviennent pas à déterminer ce qui a pu provoquer cette blessure. Ils repartent et arrivent enfin à Reillanette où Mady les attend allongée dans sa chaise longue. Sa maladie l'oblige à rester le plus souvent couchée, mais elle profite du soleil, ce qui ne peut que lui faire du bien.

Tidou retrouve avec plaisir un copain d'enfance, Frigoulet. Ils vont dormir dans un vieux moulin délabré sur des meules de foin. Ils ne possèdent pas beaucoup d'argent et cela n'obèrera pas leur pécule. Et comme un vétérinaire coûte cher, Frigoulet leur enseigne l'adresse d'un rebouteux, un vieil homme amoureux des animaux qui découvre dans la plaie de Kafi une balle provenant d'un revolver.

Des campeurs, deux hommes et un enfant, se sont installés non loin du moulin, mais leurs déplacements intriguent Tidou et ses amis. D'autant que s'ils se déplacent souvent en voiture, c'est de nuit.

Les six compagnons vont faire un lien entre ces hommes, qui cachent des armes dans leur tente et un coffre énigmatique d'où s'échappe un tic-tac pouvant être celui d'une petite bombe à retardement, et la blessure de Kafi. Ils en parlent aux gendarmes qui ne croient pas à leurs assertions, et visiblement se moquent d'eux.

 

Première édition 1963.

Première édition 1963.

Un roman bien dans l'esprit de l'époque. Les préadolescents pouvaient en toute confiance de leurs parents, partir en vacances, sans que planent sur leurs têtes des menaces actuelles, disparitions, enlèvements, accidents de la circulation. D'ailleurs la circulation automobile était moindre. Les six compagnons prennent de petites routes pour atteindre leur but. Et cela fournit des indications sur l'état d'esprit, la mentalité, les mœurs d'une époque qui n'est pas si éloignée de nous.

Les gendarmes ! s'écrie Gnafron, ils ne nous écouteraient pas. Parce que nous portons des culottes courtes, personne ne nous croirait.

Il n'existe pas de leur part une peur du gendarme, mais une méfiance, et ils ont raison car effectivement les gendarmes dont ils sollicitent l'aide les prennent pour des affabulateurs.

 

Mais il est bon de savoir qu'à l'époque où est paru ce roman, 1963, la menace nucléaire n'était pas aussi prégnante qu'aujourd'hui. De nos jours il existe les pro-nucléaires pour des raisons principalement économiques et financières, et les antinucléaires qui songent aux conséquences désastreuses éventuelles.

Tout en cassant la croûte, nous parlons de Marcoule. Le mot "atomique" nous impressionne terriblement. Mais nous sommes trop fatigués, bientôt nous ne pensons plus qu'à dormir.

Cette mystérieuse usine est un peu au cœur de l'intrigue, et des agrandissements, des aménagements sont réalisés. Mais le danger qu'elle représente est vaguement évoqué, tandis que de nos jours elle en serait presque le personnage principal.

 

Alors même si certains peuvent qualifier cette histoire de simplette, elle offre ce plaisir lié à l'enfance, où le plaisir de la lecture primait sur la télévision, les jeux vidéos. Evidemment il paraît que la lecture est un plaisir solitaire mais il est amusant de constater que dans la plupart de ces romans, les enfants connaissent des aventures épiques en bande. Bien sûr une certaine moralité se dégageait de ces romans prônant l'amitié et la solidarité, des valeurs qui devraient toujours exister.

De nos jours ce sont des faits de société qui nous sont imposés la plupart du temps, chômage, drogue, agressions sexuelles. Didier Daeninckx avait ouvert la brèche dans les années 1980 dans ses romans publiés chez Syros, entraînant de la part de certains chroniqueurs une réflexion de démagogie et de rejet, et depuis la plupart des romanciers pour juvéniles se sont emparés de ces thèmes. Il est bon d'en parler et de dénoncer certaines pratiques, mais il est bon également de laisser une part de rêve dans les romans pour enfants.

 

Réédition de 1990.

Réédition de 1990.

Paul-Jacques BONZON : Les six compagnons et la pile atomique. Collection Bibliothèque Verte. Editions Hachette. 190 pages. Réédition mars 1979.

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28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 07:53

Bon anniversaire à Barbara Hambly née le 28 août 1951.

Barbara HAMBLY : Les Murs des ténèbres.

Murs des ténèbres, est écrit par un auteur qui n’est pas inconnu des amateurs de Star Trek ou Star Wars.

En effet Barbara Hambly a participé à ces deux phénomènes cinématographiques, télévisés et littéraires, sans compter les jeux de rôle. Toutefois c’est sa première œuvre qui est ici publiée, datant déjà de 1983 et qui s’apparente à une Fantasy située entre le roman de Genefort et la série du Lancedragon publiée au Fleuve Noir.

Dans ce second volet du Cycle de Darwarth, le premier étant Les Forces de la Nuit (Abysses n°2), Gil et Rudy entraînés dans un monde parallèle médiéval, combattent aux côtés du peuple de Dare obligé de fuir les Ténébreux. Ils parcourent le pays sous la neige, le vent, la tempête et se réfugient dans un Donjon dont nul ne connaît véritablement les arcanes.

Le sorcier Ingold et Rudy partent à la recherche du mage Lohiro qui pourrait leur donner la clé de la victoire, et Faucon-de-Glace décide lui aussi d’aller à l’aventure.

Dans le Donjon, les forces magiques et religieuses s’affrontent pour obtenir le pouvoir et être écoutées de La reine Minalde, régente d’un royaume en déliquescence. Elle trouve heureusement auprès d’elle Gil, qui se révèle être une guerrière née tandis que Rudy, en compagnie de Ingold, se découvre le don de sorcellerie.

Au dehors les Ténébreux rôdent, mais ce ne sont pas les seuls. Les Pillards Blancs, les Dooiques (hommes néanderthaliens) s’avèrent de redoutables ennemis tandis que les Pénambriens, eux aussi en exode, souhaiteraient trouver refuge dans le Donjon. Ce que refusent certains responsables malgré l’avis de Minalde car selon eux les vivres ne sont pas inépuisables. Le Donjon recèle ses mystères qu’aimerait découvrir Gil.

 

Gil qui est d’ailleurs une transposition de Barbary Hambly, puisque celle-ci possède un diplôme d’histoire médiévale (elle a également passé une année à étudier à la Faculté de Bordeaux) et est ceinture noire de Karaté.

Mais l’on retrouve également dans ces romans une influence directe de Lovecraft et dans une moindre partie de Tolkien. Un ouvrage dense, qui démarre doucement, l’action n’étant pas la priorité de l’auteur, mais dont l’atmosphère finit par envoûter le lecteur.

Et Barbara Hambly pose une question primordiale par le biais de son héroïne qui combat et tue des renégats pour sauver sa peau. L’homme, l’être humain qui tue sans réfléchir en état de légitime défense est-il plus coupable que le juré qui le condamne à mort dans un esprit de justice ? Mais Barbara Hambly écrit aussi des romans historiques et l’on peut lire toujours au Masque, en Grand Format, L’innocence de Janvier, dont l’action se passe en Louisiane au XIXe siècle.

 

Première édition Collection Club du livre d'Anticipation N°122. Editions Opta. Parution 1986. 416 pages.

Première édition Collection Club du livre d'Anticipation N°122. Editions Opta. Parution 1986. 416 pages.

Réédition Folio SF. Parution 21 juin 2007.448 pages.

Réédition Folio SF. Parution 21 juin 2007.448 pages.

L'intégrale de Darwath. Editions Terre de Brume. 2005.

L'intégrale de Darwath. Editions Terre de Brume. 2005.

Barbara HAMBLY : Les Murs des ténèbres. Le cycle de Darwath, volume 2. (The walls of air- 1983. Traduction de Françoise Maillet). Collection Abysses n° 9. Librairie des Champs Elysées. Parution septembre 1998. 448 pages.

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  • : Les Lectures de l'Oncle Paul
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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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