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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 13:30

Comme c'est l'anniversaire de Thierry SERFATY au jourd'hui, j'en profite pour lui rendre un petit hommage en présentant son premier roman.

Thierry Serfaty, un nouvel auteur, emprunte au fantastique pour menerserfaty1.jpg une enquête dans les milieux de la recherche immunologique et le piratage informatique. Le docteur Jan Helleberg, célèbre pour ses travaux en immunologie, particulièrement sur ses récentes découvertes sur le virus HIV du Sida, est retrouvé mort carbonisé au volant de sa voiture. Une mort accidentelle non mise en doute lors des premières constatations. L’esprit, ou l’âme, d’Helleberg n’est pas satisfait des conclusions et il franchit la barrière de la mort pour revenir parmi les vivants, quelques mois en arrière afin d’entreprendre sa propre quête. Il ne peut détourner le cours du destin, simplement essayer de comprendre ce qui est arrivé, pourquoi, comment, et tenter de démasquer le trublion. Uniquement pour sa satisfaction personnelle.

serfaty2.jpgUne enquête jubilatoire contée dans deux récits croisés d’une part par le défunt, d’autre part par sa petite amie Lara qui se confie peu à peu à une journaliste.

Médecin généraliste dans un hôpital marseillais, connaissant parfaitement les services d’infectiologie et de virologie, Thierry Serfaty joue avec les conventions du genre pour mieux l’appréhender et retourner les situations. Le héros enquête sur sa propre mort mais le propos n’est pas la vengeance. Simplement, tout comme chacun de nous s’est dit un jour si j’avais su, j’aurais agi autrement, le héros s’attache à trouver la vérité. Ce roman est également un réquisitoire envers les laboratoires pharmaceutiques, leur façon de procéder afin de tirer profit des avancées technologiques, mettant au rancart leur mission première, la santé au service de tous.

Le sang des sirènes de Thierry Serfaty. Le Livre de Poche N° 17231. Réédition de Albin Michel (2000).

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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 15:06

A quarante-deux ans, célibataire, ayant publié un essai sur Chateaubriand qui a reçu un bon accueil et projetant de récidiver en écrivant un ouvrage sur Surcouf, Sylvain, onze ans après sa mère vient de perdre son père Rémy. Instituteur en retraite, âgé de LoupAbbeville_couv.jpgsoixante-neuf ans et aîné d’une fratrie de cinq enfants, Rémy a été retrouvé mort contre un chalutier échoué sur la plage de Saint Valéry sur Somme, petit port de la côte picarde où il habitait. Un accident regrettable selon le journal local. Sauf que l’autopsie révèle que Rémy est décédé deux fois. La première fois, noyé dans de l’eau non salée. La seconde occasionnée par la rencontre inopinée de son crâne avec un objet contondant. Sylvain se demande qui pouvait en vouloir à son père et il n’a pas bien loin à chercher. Francis le frère cadet, agent immobilier, ne portait pas Rémy dans son cœur et les relations entre les deux hommes étaient plus que distendues. Un artiste peintre local a découvert le corps et il explique à Sylvain dans quelles conditions, précisant que souvent il prend en photos le paysage afin de continuer sa toile chez lui. Dans la vieille sacoche usée de son ex instituteur de père Sylvain trouve une somme significative en billets ainsi qu’un dossier concernant un bout de terrain hérité de son propre père et dont ses frères et sœurs ignoraient théoriquement l’existence. Une filature exercée par un inconnu, un détective privé qui s’avère être un familier de la famille et un généalogiste s’insèrent dans le paysage tandis qu’une tentative d’envoyer dans les décors la voiture de Rémy conduite par Sylvain, et la découverte de cahiers manuscrits des mémoires rédigés par son père et cachés sous le véhicule exacerbent le désir de celui-ci d’enquêter pour son propre compte sur la mort de son géniteur. Parallèlement le capitaine Hervé Leray, surnommé par ses subordonnés Capitaine Wolf, ou le Loup, s’attèle à la tâche car outre le meurtre de Rémy, s’ajoutent au compteur celui du peintre local puis quelques autres. Wolf, appelons-le ainsi, traîne derrière lui quelques casseroles, des erreurs, des bévues dont il n’est pas totalement innocent et qui ont brisé sa carrière, l’obligeant à démontrer ses talents dans ce qu’il considère comme un commissariat de province indigne de lui, lui qui rêvait de gloire parisienne. Et ses hommes en subissent moralement les conséquences, car Wolf ne se prive pas de déverser sur eux sa hargne, sa bile, ainsi que sur les témoins, les suspects et autres quidams qui se trouvent à sa portée. Il n’hésite pas à employer des moyens peu appropriés à sa fonction, piétinant allègrement les plates-bandes de la maréchaussée qui aurait pourtant son mot à dire dans l’enquête.

Roland Sadaune nous propose un voyage insolite en Picardie, de Saint-Valéry à Amiens et Beauvais en passant par Abbeville et de petits villages comme Songeons dans un itinéraire plutôt chaotique, surtout pour les divers protagonistes, et lorsque le lecteur pense être en possession de tous les éléments et connaître le dénouement, l’auteur effectue un retournement de situation apportant de nouvelles pistes et un épilogue efficace même s’il a gardé pour lui quelques indices. Wolf, malgré ses défauts, sa hargne, sa propension à humilier, se montre humain sous la carapace qu’il s’est forgée et l’on se prend à ressentir une certaine sympathie envers cet homme balloté par son destin, parce qu’il croit en son métier, trop peut-être. Et contrairement à d’autres qui plongeraient dans la facilité, il ne se retranche pas derrière les boissons alcoolisées. Artiste peintre lui-même, Roland Sadaune joue avec les couleurs du ciel, des paysages, des habitations, des vêtements, tranchant entre couleurs vives et sombres. D’ailleurs souvent il place un peintre parmi les personnages qu’il utilise pour planter le décor et faire avancer l’enquête. Artiste qui aura une légère influence mais n’influera pas sur le bon déroulement de l’histoire et de l’enquête proposée. Et plus sa bibliographie s’épaissit, plus Roland Sadaune étoffe ses trames et à mon avis Le loup d’Abbeville est l’ouvrage le plus épais et le plus abouti qu’il ait écrit.

Roland SADAUNE : Le loup d’Abbeville. Collection Polars en nord n°68. Editions Ravet-Anceau. 256 pages. 10€.

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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 15:03

Dans ce roman, nous retrouvons avec plaisir les Pieds Nickelés dont on avait fait la connaissance dans Nuit de chine, c’est-à dire Fernand, Gérard et Emile. Leur précédente aventure s’étant terminée à leur désavantage, ils languissent devant leurs verres, se AttaqueCasino_couv.jpgdemandant comment se renflouer. Le dimanche ils rendent visite à Prosper, leur vieil ami qui végète dans un hospice. Lequel Prosper leur avait enseigné le petit braquage qu’ils ont lamentablement raté. Ils cogitent mais rien n’éclot dans leur esprit. C’est une fois de plus Prosper qui leur soufflera l’idée lorsqu’il déclare désirer aller voir la mer à Malo. Malo où est situé un casino guère fréquenté, qui doit être fermé dans quelques mois afin d’en reconstruire un neuf, mais cela importe peu. Ils n’ont pas de gros besoins, mais pouvoir renflouer leurs finances ne leur ferait pas de mal.

Il ne leur reste plus qu’à peaufiner le concept. Les résidents du mouroir ont entendu l’envie exprimée par Prosper, ce besoin de se rendre à la mer, et immédiatement tous se veulent du voyage dont Marcel et son fauteuil roulant. Grâce à Christiane, la concubine de Fernand qui travaille dans l’établissement, ils obtiennent du docteur Simon, un médicastre atypique et simiesque, qui s’est fait la main en fabricant des médicaments originaux et en travaillant sur des cobayes humains pas forcément volontaires bien des années auparavant, ils obtiennent les bons de sortie nécessaires pour réaliser leur virée. Un car est récupéré dans une casse et restauré par leur ami Dujardin, un bricoleur qui se retrouve toujours avec plus de pièces après les réparations effectuées qu’au départ. L’expédition est programmée pour le nouvel an, époque favorable pour qu’un maximum de joueurs optimistes viennent dépenser leur argent avec l’espoir insensé de repartir plus riches qu’à leur arrivée. Et ce ne sont pas la pluie, le gel, le verglas, la neige, qui sont susceptibles de refroidir leurs ardeurs. Nos trois branquignols accompagnés de leurs compagnes respectives, de Simon, de Marcel et de près d’une vingtaine de gérontes, touristes émoustillés compétiteurs occasionnels à la roulette et dégustateurs de produits alimentaires périmés, entament leurs pérégrinations balnéaires et hivernales.

Plus proche de l’humour anglo-saxon avec pour références Mark Twain et Jérôme K. Jérôme que d’un San-Antonio même si, à ses débuts, il maniait la langue française sans tomber dans des délires verbaux quelquefois empesés et forcés, Bernard Thilie nous offre un roman agréable et rafraichissant. Il place son intrigue au tout début des années soixante, ce qui lui permet avec le recul de pointer du doigt quelques anomalies sociologiques. Et en utilisant l’humour, ce qu’il dénonce passe beaucoup mieux que des lamentations pseudo-politiques, d’autant que tous les lecteurs n’ont pas forcément connus cette période. Ainsi il remémore les tribulations des Polonais exploités dans les mines, les Flamandes qui étaient transbahutées dans des cars, franchissant la frontière quotidiennement pour travailler dans des usines de filatures ou lainières, et autres travailleurs de nationalité espagnole ou italienne, et qui aujourd’hui ont changé de couleur de peau et d’origine, mais auxquels on reproche toujours de s’accaparer le travail qui n’est pas forcément celui revendiqué par des classes sociales défavorisées, une situation dénoncée régulièrement par un handicapé oculaire et ses affidés démagogues.

Un roman à l’humour ironique, jamais méchant, jamais vulgaire, mais toujours empreint de ce bon sens attribué avec justesse aux représentants de la classe ouvrière ayant connu ce qu’ils décrivent, sans s’appesantir dans une nostalgie regrettable et insidieuse.

Bernard THILIE : L’attaque du casino de Malo. Collection Polars en nord, n°88. Editions Ravet-Anceau. 192 pages. 9€.

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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 15:01

Le thème du personnage d’écrivain narrateur dans un roman, policier ou non, a été traité à moult reprises, avec plus ou moins de force, d’imprégnation, de véracité, de présence dans le récit. C’est pour l’auteur le moyen de se mettre en scène sans pour autant Irlandaisse montrer impudique. De développer également sa façon de travailler, de rechercher les idées, de créer l’ambiance propice pour écrire, de confronter l’auteur face à une page blanche ou à son ordinateur, de composer avec les éléments extérieurs, que ce soit le voisinage, les lecteurs, la famille ; de se montrer un être humain comme les autres avec ses joies, ses peines, ses soucis, ses petits bonheurs tout en mettant en exergue sa recherche de la solitude. Car un romancier n’est pas tout à fait comme un autre travailleur : il n’a pas d’horaires imposés, son cerveau est continuellement en ébullition même lorsqu’il sacrifie aux tâches les plus simples comme se préparer à manger. Et lorsqu’une idée fuse, qu’une phrase se construit inconsciemment, il lui faut les coucher immédiatement sur le papier sous peine d’évaporation fatale, de les perdre dans les limbes de la création.

Franck Marquez est un écrivain reconnu, ayant à son actif une dizaine de livres qui obtiennent un vif succès. Il a abandonné son travail d’informaticien au profit de l’écriture dix ans auparavant, et il ne s’en plaint pas. Il possède sa fierté « L’éditeur m’avait fait une confiance quasi aveugle, me qualifiant dès les débuts de digne successeur de Grangé mais je me méfiais comme la peste de ses appellations à la mords-moi-le-nœud… Je voulais être Franck Marquez, j’écrivais du Franck Marquez, je ne voulais pas être un à la manière de… ». Afin de pouvoir travailler sereinement il a acheté une maison à Brighton-les-pins, petit village près de Cayeux sur mer sur la côte picarde, a aménagé ses pièces de travail en privilégiant le confort, et ainsi isolé il rédige son prochain roman. Il imagine un personnage d’Irlandais et il est content de ses premières pages jusqu’au jour où, cherchant l’inspiration pour la suite, il rencontre un Irlandais qui pourrait ressembler à celui qu’il a imaginé. Jimmy O’Shea le reconnait et chambre quelque peu l’écrivain sorti avec une bouteille de bière. Or Jimmy possède le don, du moins c’est ce que s’imagine Marquez, de lire dans ses pensées et de le devancer dans leurs conversations. Autre personnage qui s’immisce dans ce coin tranquille, un automobiliste qui manque l’écraser. Marquez s’emporte et bouscule l’homme. Jimmy fournit à Marquez une coupure de journal le représentant au pied de sa maison en train de siroter une bière comportant une légende plutôt ironique. Ce qui ne peut prêter à conséquence mais chiffonne l’écrivain et le met hors de lui. Le journaliste indélicat ne peut qu’être le chauffard qui a failli l’écraser. Sa femme et sa fille doivent passer le week-end avec lui, ce qui ne l’enchante guère, malgré que le manque ressenti de l’absence de Rosa sa fille et peut-être aussi le sentiment de culpabilité de la délaisser. Quant aux relations avec sa femme Anne, elles se sont distendues. Travaille-t-il de trop, cela se pourrait car il est sujet de plus en plus souvent à des migraines, à s’imaginer être entouré de fantômes et même à des pertes de conscience, de courtes phases le rendant comateux. Mais la fin du séjour d’Anne et de Rosa se solde par un drame. L’Irlandais est un homme discret même s’il empiète sur la vie de Franck, se rendant souvent utile dans les moments délicats, mais sous des dehors bourrus il cache un profond secret que l’écrivain découvrira dans des circonstances au cours desquels lui-même est en proie à un abattement doublé de colère.

Ce roman est construit à la façon d’une mille-feuille, plusieurs strates empilées l’une sur l’autre, de plus en plus fines à mesure qu’avance le récit, et que l’on dévore une à une. La description de l’univers d’un écrivain, puis ses mésaventures, ses relations familiales puis le drame, puis la découverte du secret de l’Irlandais, puis… et ainsi de suite. Le lecteur est plongé dans différents univers qui se dévoilent peu à peu, l’aspect psychologique s’effaçant devant le suspense, l’émotionnel, l’angoisse s’insinuant ensuite puis une légère approche de fantastique. Passant de la première personne du singulier à la troisième personne, le texte invite le lecteur à devenir partie prenante, à s’investir dans le personnage principal de cette histoire puis à en être le spectateur. La fin de l’ouvrage est une mise en abîme tandis que l’épilogue est à classer dans le genre du serpent qui se mord la queue. Un vrai bonheur de lecture et un tour de force que ne renieraient pas des romanciers chevronnés.

Johann MOULIN : L’Irlandais de Brighton. Collection Polars en nord n°60, éditions Ravet-Anceau. 320 pages. 12€.

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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 14:55

Après avoir bourlingué de longues années à la brigade des stups, Paco Rivera est muté à la brigade des mineurs. Et il est aussitôt plongé dans le bain avec sur les bras une gamine qui a subi des violences sexuelles de la part de son beau-père. Et Paco, pourtant jour-fleau.gifhabitué aux dérives quotidiennes d’une certaine frange de la société, n’accepte pas le sort réservé à ces adolescentes maltraitées par de pseudos parents.

Paco vit avec un fantôme qu’il croit retrouver un peu partout lors de ses déplacements. Katia, qui fut son informatrice lorsqu’il travaillait aux Stups, est morte, violentée et torturée. Il possède même une cassette de ses derniers moments. Il forme équipe avec Gina, une fille des îles qui n’a pas sa langue dans sa poche. Surtout lorsqu’elle s’aperçoit que son interlocuteur, quel qu’il soit, la regarde au dessous de sa ligne de flottaison. Faut dire que sa volumineuse poitrine attire inconsciemment les regards. Entre Paco et Gina se tisse une relation basée sur la sympathie, une onde qui flotte peut-être parce qu’ils ressentent le même écœurement vis-à-vis des violeurs et autres kidnappeurs d’ados.

Une affaire chasse l’autre. Des parents séparés s’inquiètent de la disparition de leur fille Pauline. C’est surtout la mère, vétérinaire, qui est inquiète. Le père, dentiste, lui est absent. Pauline, seize ans, fréquentait une copine de classe, ce que désapprouvait sa mère, en vain. Pauline avait commencé par fumer des cigarettes, puis à boire de la bière, des alcools forts. L’engrenage était lancé et le cannabis s’était invité. Trois jours que Pauline a disparu, et la mère signale seulement ce qui peut être une fugue, voire un enlèvement. Tout est possible. Alors direction quartier d’HLM blêmes à la rencontre de Sabrina, la copine qui elle-même renvoie les deux policiers vers une autre gamine, Julie. Une tireuse. Une gamine qui soustrait avec habileté le portefeuille de touristes peu méfiants. Paco et Gina parviennent à tirer les vers du nez de Julie. Les deux gamines étaient encore ensemble la veille, puis dans un bar un homme les avait abordées. Julie avait refusé mais Pauline l’a suivi. Il s’était présenté comme photographe.

Gina propose à Paco de participer à une petite fête qu’elle organise chez elle. Il est prévenu, il n’y aura rien entre eux, elle est lesbienne et vit avec sa copine. C’est alors qu’ils sont dérangés par un appel téléphonique leur apprenant que Julie a été retrouvée le visage, le cou et une grande partie du corps parsemé de brûlures de cigarette. Mutique depuis, elle a toutefois déliré et l’infirmière a recueilli des mots, des bribes de phrases, un nom. Le Photographe. Le Photographe du Vatican. Ce nom dit quelque chose à Paco qui s’empresse d’interroger un camé de sa connaissance. Peu à peu le chemin est balisé, presque, mais faut le remonter, et bien des obstacles se présentent devant Paco et Gina. Et des flics, hargneux, de la Brigade criminelle s’imposent pour accompagner Paco et Gina dans leurs tribulations.

Paco, ancien alcoolique qui n’a pas vraiment décroché, engloutit des bouteilles de sirop à la codéine contre la toux, breuvage parfois agrémenté de bourbon. Il suit, par obligation, des séances de thérapie auprès d’une psychiatre. Mais il est obnubilé par la mort de Katia dans des conditions atroces. Et il essaie de chasser cette image obsédante, à moins qu’au contraire cela le plonge encore plus dans la déprime, en écoutant en boucle des CD de Béla Bartok.

Arkestra. Ville imaginaire qui pourrait être Paris et ses nombreux quartiers pauvres, qui ressemblent à un vaste marécage dans lequel s’ébattent des prédateurs et des personnages englués dans un quotidien peuplé de démons. Des quartiers riches mais encore plus de quartiers pauvres, délabrés. Qui répondent aux noms comme Trope Terminal, Calliope, des stations de métro dénommées Christ Eternel, Templiers.

Si l’on peut penser à l’apport d’Ed McBain dans la mise en place du décor d’une ville imaginaire, je crois qu’il faut plutôt se référer à Iceberg Slim (auteur évoqué par Karim Madani), Clarence Cooper et à Donald Goines pour l’atmosphère qui règne dans ce roman et à David Goodis pour la descente aux enfers entreprise par ses héros et le désespoir qui s’en dégage. A rapprocher aussi de Marc Villard pour son regard sur la ville, sur ses paumés, ses drogués. Un roman glauque mais fascinant.


Vous pouvez retrouver des entretiens avec l'auteur sur le blog Potaj 

 

Karim MADANI : Le jour du fléau. Série Noire, Gallimard. 304 pages. 13,90€

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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 13:53

Afin d’appâter le lecteur, de mieux lui faire croire à la véracité du texte proposé, l’auteur d’un roman n’hésite pas de se plonger, de s’investir dans le rôle de narrateur. Ainsi lambert.jpgAlexandre Dumas, dans Gabriel Lambert, et en guise d’introduction, narre sa rencontre fortuite avec un bagnard dont la tête ne lui est pas inconnue. Et tout au long du roman, construit comme un texte gigogne, il ne s’effacera pas, au contraire, sans véritablement se mettre en avant, en se préservant de jouer le rôle de héros. Simplement, à l’aide d’artifices, comme une soit disant première lettre qu’il aurait reçue à son propre nom, puis une autre dont la suscription ainsi rédigée “ Monsieur Alexandre Dumas, hoteur drammatique an Europe, woire an passan à l’hôtel de Paris syl n’y serait pas ” confère une authenticité aléatoire mais alléchante. De plus il intègre dans ce récit des noms connus, tel cet ami du nom de Alfred de Nerval dont la référence littéraire n’est en aucunement négligeable puisque Gérard de Nerval fut un de ses collaborateurs. L’histoire de Gabriel Lambert, rencontré alors que Dumas séjournait à Toulon en 1835 et dont il a fait la connaissance en demandant à l’une de ses connaissances de lui procurer un bateau et un équipage, pourrait n’être qu’une aventure banale. Gabriel Lambert, qu’il avait croisé quelques mois auparavant pendant l’entracte d’une représentation dans les foyers de l’Opéra en compagnie de son ami le baron Olivier d’Hornoy; sous le nom de vicomte Henri de Faverne. Or cette rencontre s’était soldée par un duel entre Faverne et d’Hornoy, sous le prétexte, apparemment futile mais mettant en jeu l’honneur des deux adversaires, l’un assurant qu’il était natif fortuné de la Guadeloupe, l’autre réfutant non sans pertinence la véracité de ces affirmations. S’ensuit une sombre histoire de contrefaçons de billets, de signatures, le tout dévoilé par un médecin, ami de Dumas, qui avait pris des notes et dans lesquelles s’interfère le récit d’une jeune fille native du même village que Gabriel Lambert.

Un petit roman méconnu d’Alexandre Dumas, écrit la même année que Les Trois Mousquetaires, qui méritait d’être réédité pour de multiples raisons. La première est que ce roman a été écrit par Dumas seul. Mais ce n’est pas suffisant penserez-vous. Effectivement ! Autre raison de rééditer ce roman, ce sont les problèmes de sociétés abordés et toujours d’actualité, sinon en France, quoi que, du moins dans le monde dit civilisé. Le bagne d’abord, et les conditions de détention. Mais surtout la peine de mort, prononcée parfois pour des vétilles, et toujours sujette à caution. Toutefois Dumas s’il n’hésite pas à condamner cette sanction se demande, par personnage interposé, si le régime pénitentiaire n’est pas plus humiliant, plus dégradant, plus mortifiant que la pendaison, ou plutôt la guillotine qui avait remplacé ce système de mise à mort, car certains condamnés espéraient trouver une certaine jouissance en perpétrant cet acte masochiste.

Alexandre DUMAS : Gabriel Lambert ou le bagnard de l’Opéra. Edition de Claude Schopp. Collection Folio Classiques n° 5314. 304 pages. 4,60 €

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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 09:20

Plouffe, Plouffe, ce sera toi qui seras l’arrière-petit-fils de Théophile. Cela faitplouffe.jpg si longtemps qu’il attend un arrière-petit-fils, Théophile Plouffe, que pour fêter ses quatre-vingt-dix ans, Guillaume a décidé de lui faire un beau cadeau. Toute la famille Plouffe sera rassemblée, peut-être pour la dernière fois, mais pour les quatre-vingts ans du doyen la tante Cécile avait énoncé la même réflexion, alors il faut marquer le coup. C’est qu’il a de la ressource Guillaume à défaut d’être père. Il « emprunte » le fils de sa logeuse, Jonathan, âgé de dix-huit mois officiellement, neuf mois officieusement, Guillaume n’en est pas à un mensonge près. Le comble réside en ce que l’arrière-grand-père lui trouve des traits de ressemblance, faut dire qu’atteint de cataracte, Théophile n’y voit plus guère. Les explications fournies par Guillaume leurrent les autres membres de la tribu et tout se passerait bien s’il n’avait l’idée saugrenue de coucher le gamin dans un tiroir de la commode qui trône dans la chambre qui lui est allouée. Après une soirée bien arrosée, Guillaume entre dans sa chambre sans vérifier si le gamin repose toujours dans son caisson confortable puisque agrémenté de deux oreillers. Il a en tête de rejoindre sous sa tente sa cousine Marie-Laine, jeune fille au charme prometteur. Hélas il ne faut pas se fier aux apparences, et Guillaume tombera sur un bec, genre comédie de boulevard, et sera aussitôt catalogué comme dévoyé sexuel par sa parentèle. En pleine on peut se tromper n’est-ce pas ? Il subira un autre problème, outre l’affront nocturne, au petit matin. Jonathan a disparu, il n’y a plus de gamin dans le tiroir, parti, envolé, ce qui suscite une inquiétude légitime.

C’est un humour féroce qui prédomine dans ce petit roman ponctué de quelques expressions québécoises qui sentent bon le terroir. Mais ce roman aux personnages plus ou moins déjantés qui est un hommage au célèbre Fantasia chez les ploucs de Charles Williams, oscille entre deux mondes, celui de la ville et celui de la campagne, avec son lot de rebondissements propices à entretenir le suspense. Quand le hasard défie les plans les mieux préparés, ou presque, cela engendre inévitablement des quiproquos pleins de saveur. En réalité seule la couverture est sobre.

François BARCELO : Fantasia chez les Plouffe. Editions La Branche. Collection Suite Noire N° 36.

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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 15:21

Encore un dictionnaire allez-vous vous écrier ! Oui, mais non, comme le dit dans une pub pour des yaourts une femme gardant son couvre-chef sur la tête pour manger (peut-être afin d’y glisser les reliefs du repas).

Prononcer l’adjectif populaire est presque proférer un gros mot. Cela hérisse dictionnaire roman populairecertaines personnes qui vous entendant en parler, se moquent ouvertement ou non de vous, vous prenant pour des ignares en matière de littérature. Populaire ! Sous ce vocable se cache évidement qui plait au peuple, qui parle du peuple, destiné au peuple. Il est vrai qu’il peut exister des scories dans ce genre littéraire, comme il en existe dans la littérature supposée intellectuelle, le haut de gamme. Certains n’achètent que les romans ayant obtenu un prix, ceux qui font bien dans une bibliothèque, mais qu’ils n’ouvrent jamais, ne lisent jamais. Et pourtant que d’heures de plaisir à se plonger dans des aventures débridées, parfois invraisemblables mais palpitantes.

De A comme Edmond ABOUT à Z comme ZIGOMAR, en passant par Benoît BECKER, André COUVREUR, Constant GUEROULT, Stéphane JOURAT, Auguste MAQUET, Gilles-Maurice POULAIN, Jany SAINT-MARCOUX, autant de romanciers dont le nom ne vous dit peut-être rien, et pourtant ils vous ont probablement tenu en haleine durant des heures. Car sous ces noms se cachent bon nombre de littérateurs qui ont pour certains écrits plus de cents romans sous des pseudonymes divers. Sont donc recensés des auteurs qui ont marqué leur époque depuis le début de la littérature dite populaire approximativement après la révolution de 1789 et l’engouement pour les feuilletons dans les journaux. Les fameux Rez-de-chaussée comme ils étaient définis alors car ces feuilletons étaient placés en bas de pages. Des auteurs qui aujourd’hui sont oubliés pour la plupart et qui mériteraient d’être remis au goût du jour tant pour les histoires habilement contées que pour leur qualité littéraire. Parfois certaines tentatives de résurrection sont incitées par des éditeurs, des directeurs de collections, des amateurs éclairés, mais malheureusement le public ne suit pas toujours. Pourtant des noms comme Arthur BERNEDE, Fortuné du BOISGOBEY, Pierre MAËL, Jules MARY, Amédée ACHARD ressurgissent parfois au hasard des rééditions, mais sans réelle politique de réhabilitation. D’autres auteurs figurent dans ce panorama, plus connus mais souvent traités avec mépris par de pseudos intellectuels, des auteurs qui connurent un très grand succès populaire, que ce soit Paul BENOÎt, DELLY, Max du VEUZIT ou encore Guy des Cars et Maurice Dekobra par exemple.

Mais ce dictionnaire ne se contente pas de recenser des auteurs et leurs personnages, souvent plus connus que ceux qui les ont créés, d’autres entrées permettent de mieux appréhender les supports dans lesquels ils furent publiés, les diverses collections, les genres qu’ils abordèrent, les origines de la diffusion. Ainsi des entrées sont consacrées aux journaux, aux fascicules, aux éditions et aux collections spécialisées, mais également à la censure, liste non exhaustive.

Cet ouvrage devrait permettre aux frileux, à ceux qui n’osent pas avouer qu’ils lisent des romans populaires, non pas de se justifier mais de démontrer à leurs interlocuteurs que ce sont eux qui se retranchent derrière un snobisme sectaire. Comme ceux qui affirment ne lire que des romans noirs et ne jamais lire de thrillers. Mais il s’agit d’un autre problème. La littérature populaire a de tout temps existé, encouragée par des prix d’achats modiques, et c’est peut-être cela que ses détracteurs lui reprochent. D’être à la portée de tous, non pas spirituellement mais financièrement. D’ailleurs certains textes qui relèvent du genre populaire sont achetés aujourd’hui en grand nombre car édités en grand format dans des collections qui n’affichent pas forcément leur catégorie spécifique. Ce qui relève à mon sens de l’hypocrisie.

Ce Dictionnaire du roman populaire francophone n’est pas un doublon du Dictionnaire des littératures policières de Claude Mesplède, mais son complément indispensable. Car il aborde tous les genres, policiers, fantastiques, science-fiction, espionnage, juvénile, cape et d’épée… Et comme pour tout dictionnaire qui se respecte, lorsque le lecteur curieux se plonge dedans, il est difficile de le refermer. D’autant qu’un encart de 32 pages est inséré, composé d’une iconographie en couleurs de reproductions de couvertures et de documents, rares pour certains.

Dictionnaire du roman populaire francophone. Sous la direction de Daniel COMPERE. Editions Nouveau Monde.

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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 15:08

En ce mois de juin de l’année 1902, les vues animées, qui aujourd’hui sont appelées tout simplement films, prenant le nom du support sur lesquelles elles étaient imprimées, détrônent peu à peu les dioramas et les musées anatomiques. Les badauds qui se pressentMelies.gif à la foire de Neuilly sur Seine, fête qui fait suite à la foire du Trône, forment une longue file d’attente devant les cinématographes sous chapiteaux. Le brigadier Berflaut de la sûreté parisienne, afin de faire plaisir à sa femme Marguerite et sa fille Madeleine, une jeunette de quinze ans issue d’un précédent mariage et dont la mère est décédée alors qu’elle était encore enfant, déambulent dans la foule et sont irrésistiblement attirés par la programmation du Cinéma Mondain de Jérôme Dulaar. Marguerite est costumière chez Méliès et ce sera une occasion pour elle de voir les films auxquels elle a participé. L’homme à la tête en caoutchouc, Barbe-Bleue et l’Eruption de la montagne Pelée sont des œuvres de Méliès, qui a su donner une autre dimension par rapport aux premiers films signés des frères Lumières. Les trucages apportent ce petit plus qui fait frémir les spectateurs. D’ailleurs pendant la projection de l’Eruption de la montagne Pelée, une odeur de brûlé et de la fumée envahissent le chapiteau. Mais il ne s’agit pas d’un nouvel effet spécial dû au génie de Monsieur Méliès comme l’appellent les inconditionnels de ces représentations. Rapidement tout ce petit monde est prié de gagner la sortie, sans bousculade. Toutefois, Berflaut et Robert Fresnot, journaliste et neveu de Marguerite, dont Madeleine est amoureuse malgré la grande différence d’âge, les deux hommes donc se rendent compte qu’il ne s’agit pas d’un incident mais d’un acte incendiaire volontairement perpétré.

Des prospectus sont retrouvés sur lesquels sont inscrits « Plus de cinéma ! Plus de catastrophe ! ». Ce qui renvoie à un autre incendie meurtrier cinq ans auparavant, celui du Bazar de la Charité, incendie déclaré lors d’une projection cinématographique. Une piste, mais d’autres se profilent : jalousie et rivalités entre forains et banquistes, anciens employés remerciés pour malversations, ou encore méfait orchestré par un parent des victimes de l’incendie du Bazar. Le commissaire de Neuilly signale à Berflaut avoir reçu les mois précédents des lettres d’habitants de Neuilly se plaignant des activités « des romanichels, sales et voleurs ».

Quatre forains tiennent un chapiteau dédié aux films de Méliès mais seulement trois d’entre eux sont intéressés par les nouveautés dont le célèbre Voyage dans la Lune ainsi qu’une reconstitution sur l’Affaire Dreyfus. Et il semble que ce film ne plait guère à tous. Certains des présentateurs de films sont victimes de dégradations. L’un d’eux est même retrouvé mort, assassiné, des morceaux de pellicule dans la bouche et un piquet planté dans un œil. La corrélation avec l’affiche du Voyage dans la Lune est évidente. Ce qui l’est moins, c’est l’intrusion dans l’atelier de Méliès durant une de ses absences, et des vols dont le réalisateur est victime.

MelièsCe nouveau roman de Renée Bonneau continue à explorer l’univers abordé dans ces précédents romans, soit la vie artistique à la fin du XIXème siècle, début XXème. Casque d’or par exemple est évoquée, prostituée du nom d’Amélie Elie et les rivalités entre Leca, chef des Apaches de Belleville et Manda, ancien voyou reconverti comme charpentier. Mais si l’intrigue est sérieusement traitée, ce sont les à-côtés qui prévalent. Ainsi l’ambiance délétère qui subsiste, entretenue par les antidreyfusards et les antisémites, lesquels se trouvent dans toutes les couches de la société, jusque dans les rangs des policiers. La vindicte, souvent alimentée par des revues et magazines d’obédience cléricale, est non seulement dirigée envers les Juifs mais également envers ceux qui ont défendu l’honneur de Dreyfus notamment Emile Zola. Autre fait qui est mis en avant, c’est le piratage des films réalisés par Méliès, piratage organisé par des concurrents et des distributeurs, dont Pathé pour ne pas nommer cette société. A l’époque où des textes de loi, style Hadopi, veulent protéger les « majors » cinématographiques et musicales, contre des téléchargements illégaux, il est intéressant de noter que ceux qui se proclament spoliés n’hésitaient pas à utiliser de moyens illégaux pour s’approprier des œuvres.

Renée BONNEAU : Meurtre au cinéma forain. Sous titré Sur les pas de Méliès. Editions Nouveau Monde.

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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 15:07

Contempler une danseuse du Moulin Rouge les jambes écartées, c’est un représentation dont les spectateurs se lèchent les babines tout en s’en mettant plein les mirettes danse-macabre.jpgavec une joie non dissimulée. Mais en ce soir du mois de décembre 1895 la scène proposée à la foule attendant l’ouverture du célèbre cabaret n’est pas vraiment ce que les adeptes des tableaux dits vivants sont habitués à lorgner. Accrochée sur les ailes du moulin montmartrois, une jeune femme écartelée, revêtue de son habit de scène, joue la dernière séance. Une affaire dont les journalistes s’emparent avec une complaisance malsaine, mettant en avant un nouveau méfait du célèbre et insaisissable Jack L’Eventreur. Un manque flagrant d’imagination. Pour l’inspecteur Berflaud, qui connaît fort bien le quartier, tout cela n’est que poudre aux yeux, ce qui ne l’empêche pas de patauger. Nini la Sauterelle, le surnom de la défunte ancienne pensionnaire attitrée du Moulin, avait quitté son emploi quelques mois auparavant, alléchée par une offre qui selon les termes consacrés ne se refuse pas. Une autre artiste subi le même sort, pas de la même façon mais le résultat est équivalent. La pauvre semblait terrorisée mais jamais n’a daigné s’épancher auprès de Berflaud, lequel mène son enquête avec l’apport non négligeable d’un adjoint de luxe : Toulouse-Lautrec.

Entre personnages fictifs et réels, comme Toulouse-Lautrec, déjà cité, Jane Avril, La Goulue, Valentin le Désossé et quelques autres, entre le Gai Paris de la fin du XIXème siècle et la misère sordide qui elle ne s’est pas dissipée au fil du temps, entre folle ambiance et désespoir, Renée Bonneau nous dépeint une frange de vie qui caractérise la capitale : les paillettes qui cachent les haillons. Une habile reconstitution avec tout comme dans Sanguine sur la Butte, son précédent ouvrage édité chez Bargain, en filigrane le personnage de Toulouse-Lautrec qui oscille physiquement et moralement sans perdre une once de bonne humeur, du moins en apparence. Un roman qui curieusement paraissait en même temps que celui d’Alain Demouzon et Jean-Pierre Croquet, Fromental et l’Androgyne dont l’un des thèmes est l’art pictural et dont l’action se déroule trois ans auparavant. Une heureuse coïncidence.

Renée BONNEAU : Danse macabre au Moulin Rouge. Nouveau Monde éditions.

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