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19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 07:22

Il était une foi !

 

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Depuis le temps cela devait lui arriver : Gabriel Lecouvreur, alias Le Poulpe est atteint d’une crise de foi. Un moment de déprime, un coup de fatigue, une averse qui le trempe et notre héros se réfugie dans une église. L’organiste lui conseille, afin de comprendre le sens de la vie, un besoin que ressent comme une obsession depuis quelque temps Gabriel, lui préconise donc d’effectuer une retraite dans un monastère. Aussitôt conseillé, aussitôt fait.

Il faut vraiment que Gabriel soit mal en point moralement car dans le train qui l’emmène dans son lieu de résidence, il se fait dévaliser par une petite vieille. L’accueil au monastère n’est pas des plus chaleureux, les moines n’ont pas mis les petits plats dans les grands, mais au moins la pitance frugale qui lui est proposée est mangeable, et sa chambre, petite et d’aspect austère, est propre et dénuée de colocataires indésirables tels que cafards, punaises et autres petites bêtes pas forcément inoffensives. Pas comme l’homme qui balance d’une fenêtre un corps avec une croix de fer fichée dans le ventre.

Un événement qui dégrise complètement Gabriel lequel venait de courser un individu dans le parc du monastère. Et tout ça parce qu’il est allé boire quelques bières à la crêperie du village afin de compenser les calories omises de son dîner. Le lendemain, le cadavre a disparu et aucun des abbés en fait écho. Ni Bernard et Antoine, deux résidents dont il a fait la connaissance la veille, et qui n’en sont pas à leur premier séjour. Il remarque que quelqu’un l’espionne à travers la fenêtre de la salle de bain. Dans une de ses poches il découvre un morceau de papier avec un N° de téléphone, celui de Natacha, la tenancière de la crêperie.

Fouinant dans le cimetière du couvent, Gabriel découvre un emplacement fraîchement remué surmonté d’une croix. Le nom de frère Dominique y est inscrit ainsi que deux dates : 1943-2008. Le lendemain un autre abbé est assassiné, poignardé selon le docteur, et les moines ne peuvent cacher l’absence de leur frère, même si les causes de sa disparition sont soigneusement éludées.

 

Cette histoire qui dure sept jours, comme la création, nous montre un Gabriel Lecouvreur mystique, ce qui pour cet anar libertaire est pour le moins insolite. Mais comme on le connaît curieux, on mettra cet état d’esprit sur le compte de l’envie de la découverte d’autre chose, d’une expérience nouvelle. D’une invitation au recueillement, à l’introspection, au renouveau de soi en participant au renouveau monachique. C’est chic.

Ce qui ne l’empêche pas, entre deux prières et une confession, encore une fois acte inhabituel chez lui, de se laisser tenter par le Diable en la personne d’une créature de sexe féminin. L’abstinence, il ne connaît pas, aussi bien en alcool qu’en relation sexuelles. Les voies du Seigneur sont paraît-il impénétrables, mais les voix il ne les entend pas ou les ignore sciemment. Un livre sain, ou saint, comme vous voulez, c’est vous qui voyez.


 Voir mon article consacré au Poulpe


Laurent MARTIN : Certains l’aiment clos. Le Poulpe N° 257. Editions Baleine. 176 pages. 8€.

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 14:26

Par l'auteur d'une Bible appelée DILIPO

 


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A force de critiquer, de chroniquer, de décortiquer les romans noirs et autres œuvres policières, fallait bien qu'un jour il passe la barrière. Il, Claude Mesplède, l'historien de la Série Noire. Et comme l'on ne raconte jamais mieux que ce que l'on connaît, Claude Mesplède entraîne le Poulpe, alias Gabriel Lecouvreur, dans un imbroglio syndicalo-aéronautique. Pour autant Le Poulpe reste les pieds sur terre, même s'il lui arrive de s'envoyer en l'air. Un plaisir qui ne se refuse pas, surtout lorsque c'est gentiment proposé. Et comme dit la sagesse populaire changement d'herbage réjoui les veaux (ou les dévots. Je n'ai jamais su si la phrase prononcée par De Gaulle devait s'orthographier "Les français sont des veaux" ou "Les Français sont dévots") Mais revenons à nos moutons qui ne le sont pas tous d'ailleurs.

Une jeune femme assassinée lors d'une représentation du Fidelio de Beethoven dans l'ancienne Halle aux grains de Toulouse aménagée en salle de concert, ce ne pourrait être qu'un banal fait divers. Cela intrigue toutefois assez le Poulpe pour qu'il décide d'aller traîner ses tentacules dans la ville rose. D'autant qu'un second meurtre y a été commis sur la personne de Blanchon, patron d'une boite de nuit et ancien responsable d'un syndicat autonome de l'Aérojet. Magouilles et Cie renifle le Poulpe, et les mauvaises odeurs, il n’aime pas. Paco Escobar, le petit ami de Marie, la mélomane, est évanoui dans la nature mais il trouvera en Pascal, le colocataire, un Cicérone brun et affable prêt à lui faire découvrir la cité des violettes ainsi que des personnages hauts en couleurs. Le courant passe en continu entre les deux hommes.

Le cantique des cantines est un roman dans lequel Claude Mesplède adresse quelques clins d'yeux et met en scène un certain commissaire Lebrun, un Papou bouquiniste, une Caroline Lebedel, un Pascal Destains ou une Sainte Ida. Les initiés reconnaîtront. Agréable à lire, enlevé, avec des phrases courtes, hachées même parfois, ce roman s'inscrit dans la tendance édictée par le promoteur de cette collection - Jean-Bernard Pouy - et ne la dépareille pas. Un ouvrage à mettre entre toutes les mains, qui ne se veut pas un message mais un constat. Même si Claude Mesplède égratigne ici et là.

Le poil à gratter peut parfois être considéré comme une médication non préjudiciable à la survie de la sécurité sociale.


Claude MESPLEDE : Le cantique des cantines. Coll. Le Poulpe N°13, Editions Baleine. Nouvelle édition revue et corrigée dans

1982 – 2012 ; 30 ans d’écrits aux éditions Krakoen.

 

 

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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 06:48

Un Poulpe en béton recouvert de sirop d'érable

 

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S’il y a une chose que l’on ne peut reprocher à notre ami Gabriel Lecouvreur, alias Le Poulpe, c’est bien sa fidélité en amitié. Qu’une femme l’appelle au téléphone du Canada pour lui annoncer le décès de son vieux copain Quentin Cointreau, et ce sont tous ses souvenirs de jeunesse qui affluent comme un mascaret sur le rivage de son esprit et s’écrase sur les rochers de ses neurones.

Quentin Cointreau était parti s’exiler au Québec après de petits soucis avec la justice française, y avait fait sa vie et ce depuis plus de vingt-sept ans. Son corps a été retrouvé près des berges du lac Memphrémagog et son meurtrier n’a pas joué dans la dentelle. Après lui avoir fait ingérer un produit genre soude caustique, il lui a donné un coup à l’aide d’un objet contondant sur le haut du crâne, tiré une balle dans le genou puis noyé dans le lac. Dans l’avion qui l’emmène vers le Québec, Gabriel se remémore tous les bons et mauvais moments passés en compagnie de Quentin, né le même jour que lui, et qu’il considérait comme son grand-frère. La nostalgie l’accompagne tout au long du voyage en avion, ce qui lui permet d’oublier les conditions pénibles dans lesquelles il est installé, ses longues jambes ne trouvant guère de place pour se positionner. Sur place il retrouve Maria, qu’il a connu lors de son précédent séjour chez nos cousins. Il avait accompagné Quentin, ils avaient connu tous deux la belle Maria, mais Gabriel avait préféré rentré en France, pour oublier. Mais il n’a pas oublié Quentin, dont il recevait parfois des nouvelles, ni Maria. Sur place, il n’a pas d’opinions préconçues, peut-être le bout d’un commencement de début d’embryon de petit peu de pas grand-chose de morceau de piste. D’abord Quentin vivait bien, très bien même, ses affaires étaient florissantes. Mais en quoi consistaient donc ses affaires ? Pas vraiment avouables ? Cela n’étonnerait guère Gabriel qui savait que Quentin marchait en dehors des passages balisés lorsqu’il était en France. Participe officiellement à l’enquête Réal Larouche, un policier dont les pieds sont toujours chaussés de souliers provenant de chez les plus grands manufacturiers. Quentin avait un ami qui vit près du domaine où il résidait avec Maria. Un Canadien de nouvelle souche, d’origine bretonne et qui a écumé pas mal d’endroits plus ou moins louches avant de poser son havresac près du lac. Cad, pour Cadoudal, est lui aussi peiné par l’assassinat de son ami. Et en compagnie de Maria, les trois hommes se lancent à l’assaut de celui, ou ceux, qui ont perpétré ce forfait.

Plus que l’intrigue, intéressante, c’est l’écriture, le style de Luc Baranger qui prime, un mélange de français, d’argot et de québécois, le tout agrémenté de nombreuses métaphores humoristiques. Au hasard, j’en ai relevé quelques-unes : « L’hôtesse, un mètre quarante-cinq de hamburger boudiné dans un uniforme trop juste, tortillait du croupion comme un loufiat de chez Michou » (page 43). Cela vous donne tout de suite l’ambiance. Une autre ? « Comme une burqua sur une strip-teaseuse kabouli, une profonde tristesse l’avait enveloppé » (page 65). Une dernière pour la route, et parce que je suis en veine ? « Le café finissait de suinter du perco dans un chuintement de semi-remorque en train de purger ses freins » (page 97). La poésie à l’état brut, et encore je ne vous dévoile pas tout, car le mieux est tout de même de découvrir ces perles dans leur contexte. Quant au titre calembour, il eut été impensable que Luc Baranger ne se l’offre pas.

 

A lire du même auteur : Backstage.


Luc BARANGER : Maria chape de haine. Le Poulpe 270, éditions Baleine. 8€.

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 15:26

Hommage à Pierre Bourgeade, né le 7 novembre 1927.

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Mais que dit Di ?

Gabriel Lecouvreur, alias Le Poulpe, est par définition un homme curieux, aussi c’est avec plaisir qu’il se rend, à l’invitation de son ami Papa Bombo, faux prêtre haïtien vaudou mais véritable charmeur, au sacrifice d’un coq dans l’enceinte du Père Lachaise. Une cérémonie au cours de laquelle le volatile est égorgé.

Deux soirées plus tard, nouvelle mise en scène et miracle, le gallinacé ressuscite comme si de rien n’était. Ce qui donne une idée à Gabriel, premièrement pour faire plaisir à Chéryl, deuxièmement pour faire la nique à la couronne d’Angleterre, troisièmement parce que ce thème n’avait pas encore été évoqué dans ses aventures. Bref, ressusciter Lady Di dont le véhicule a bêtement embrassé un pilier du souterrain de l’Alma.

Pour Papa Bombo, pas de difficultés majeures mais les deux hommes doivent d’abord se rendre clandestinement dans la propriété du comte Althorp, sur la petit île où réside le corps de la princesse. Opération réussie, pour la plus grande joie des admirateurs et fans de la ressuscitée, des journalistes, de Chéryl bien évidemment, mais tout ceci au grand dam de la maison royale qui n’avait pas besoin de ce genre de publicité.

 

Atmosphère de magie, de fantastique, images d’apocalypse également pour ce roman qui nous dévoile une nouvelle facette du Poulpe. Mais la Princesse des cœurs n’était pas de sang noble à cent pour sang, alors pourquoi ne pas défier la monarchie régnante. Après tout, il s’agit bien d’une œuvre de fiction et l’auteur a le droit de débrouiller son intrigue comme il en a envie. Et ce ne sont quand même que des personnages publics, non mais. Un petit livre charmant qui nous change du sérieux avec lequel certains s’enveloppe pour faire passer des messages.Pierre_Bourgeade.jpg


Pierre Bourgeade : Gab save the Di. Le Poulpe N° 214, éditions Baleine. 8€.

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 16:12

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La crise ne touche pas uniquement les équipementiers automobiles, la métallurgie ou le textile. Même La Sarkophage, usine spécialisée dans la fabrication de composants pour armes lourdes va devoir délocaliser, mettant à la rue trois cents ouvriers. C’est la colère et depuis deux mois les bleus de chauffe sont en grève. Pas les cols blancs car ceux-ci ne se sentent pas concernés. Ce qui attise l’animosité entre ces deux charnières ouvrières d’une fabrique dont l’avenir semblait toutefois assuré, tant de pays dans le monde ayant besoin d’armes pour se défendre ou attaquer leur voisin, se référant à des idéologies parfois vaseuses ou à des invectives religieuses. Dans ce contexte de rancœur un syndicaliste est accusé d’avoir pillé le coffre-fort de l’entreprise et d’avoir égorgé un vigile chargé de la protection rapprochée des patrons et cadres de la fabrique et d’empêcher les dégradations bien compréhensibles suite à des mouvements de colère justifiés. Gabriel Lecouvreur, alias Le Poulpe découvre cette histoire dans un entrefilet dans le Monde Libertaire, fournit sous le manteau par Vlad, le serveur du restaurant Au pied de porc de la Sainte-Scolasse. Le Poulpe ne peut que s’émouvoir à la lecture de l’article, d’autant qu’un ancien camarade, Bartolomeo Vanzetti est inculpé d’homicide sur vigile dans l’exercice de ses fonctions. Grâce à Pedro, vieil anarchiste imprimeur, il obtient des papiers d’identité sous le nom de Georges Marché, journaliste à Liberté Hebdo et prend illico la direction d’Isbergues, haut-lieu du drame qui est en train de se jouer. Si Vanzetti est emprisonné à Béthune, c’est à cause du témoignage de Félix Lache, le directeur de l’usine. Lui seul l’aurait vaguement vu et Vanzetti ne peut et surtout ne veut pas donner d’alibi car au moment ou il était sensé trucider le vigile, il galopait sur le dos d’une jeune pouliche sans que sa femme soit au courant. Il suffit de peu de choses, l’honneur, pour qu’un présumé coupable soit innocenté. Mais devant les grille de Sarko, ça chauffe, les ouvriers promis au chômage réclament une prime de départ de 30 000 €, indemnité fortement contestée par le patronat, et Félix Lache qui est également le porte-parole du PMU, Parti des Minables Unifiés. Gabriel Lecouvreur va être aidé dans sa recherche de la vérité par un Kabyle laïc, Redouane, au comportement parfois à double sens, et la jolie serveuse qui a batifolé avec Vanzetti, non sans goûter également aux joies de la bastonnade octroyée par des sbires à la solde de Lache.

Dans un contexte de crise sociale, et Serguei Dounovetz n’a pas besoin de puiser beaucoup dans son imagination pour décrire ce genre d’événement, nous retrouvons avec plaisir Le Poulpe en redresseur de torts, en Robin des Bois, en défenseur du pauvre face aux nantis. Sans pour autant perdre sa gouaille provocatrice. N’affirme-t-il pas devant les grévistes médusés que la délocalisation en Chine communiste est peut-être moins pire que vers la Tunisie. Mais fait également la morale à Redouane qui se justifie des petits braquages dont ils rendent coupables lui et ses copains d’HLM par un mal être inhérent à la société actuelle. « Tu es né ici, dans l’hexagone, dans une jolie maternité, tout comme moi, avec les mêmes droits, la Sécu, les avantages sociaux gagnés par nos aînés. Des avantages obtenus pour certains au prix de leur vie, et qu’un petit homme armé de sa seule suffisance, talonnettes comprises sinon nous tomberions encore plus bas, est en train de nous torpiller le temps de son misérable quinquennat. Parce que bien sûr, il ne repassera pas deux fois, c’est impossible, ce serait tragique ». Pétri de bon sens, le Poulpe !

Serguei Dounovetz nous réserve de bonnes surprises finales tout en respectant scrupuleusement la Bible du Poulpe. Outre ses démêlés avec Chéryl qui va goûter ailleurs si l’herbe est meilleure, Gabriel Lecouvreur s’adonne à sa passion en ingurgitant moult bières nordistes, en lisant dans le train des ouvrages comme Haine comme Normal d’Alain Dubrieu, trouve sur ses brisées le reptile Vergeat des RG, et s’inquiète de son Polikarpov, se posant la question cruciale s’il pourra décoller un jour. Un bon cru pour un Poulpe pas encore emberlificoté dans les tentacules de la dépression.

A lire du même auteur : Je me voyais déjà...

Serguei DOUNOVETZ : Sarko et Vanzetti. Le Poulpe N° 267, éditions Baleine. 2010. 176 pages. 7€.

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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 13:54

Pour tous ceux qui auraient une petite faim, je vous propose en hors d’œuvre de grignoter un Poulpe, accompagné d’un ti’ punch antillais et corsé, ce qui n’est marchande-dose.jpgpas incompatible. Le cadavre d’une jeune femme retrouvé sur une plage de la Guadeloupe alors que le bateau qu’elle barrait s’est perdu en pleine mer, voilà de quoi laisser songeur le Poulpe et surtout ses amis du restaurant Au pied de porc de la Sainte Scolasse. La version annoncée par un journaliste local qui ne possède aucun renseignement mais n’hésite pas à écrire un papier sur un probable trafic de drogue, ne convainc ni le Poulpe ni ses amis qui n’hésitent pas à le titiller pour qu’il se rende sur place. Gabriel n’a pas le temps de profiter du farniente et se laisser aller à bronzer sur les plages de sable blond ou noir. A cause du décalage horaire et des moustiques par trop affectueux qui ne songent qu’à lui embrasser la couenne, le Poulpe se réveille à trois heures du matin, un violent désir de bière lui chatouillant les papilles. Dans un bar il converse avec un ancien soudeur reconverti dans l’absorption de rhum blanc. Ce qui n’empêche pas le brave homme d’avoir une opinion bien personnelle de l’accident. Pour lui il s’agit tout simplement d’une façon toute bête de se faire de l’argent sur le dos de l’état. Et de lui démontrer ipso facto que grâce à la défiscalisation « y’a le pognon, mais pas la sueur ». C’est-à-dire le moyen « honnête », ou plutôt légal, d’arrondir son pécule en profitant des largesses de l’état. Le seul principe de base étant de posséder déjà un apport. Le Poulpe ne sait résister à un joli sourire, surtout s’il émane d’une Créole avenante. Celle qui le lui adresse travaille dans les assurances et était amie avec la défunte, il n’a aucune raison de la rembarrer. De plus elle connaît le pays, ses mœurs et coutumes et comme il sait se montrer affectueux lorsqu’elle est confrontée à des problèmes relationnels, rien ne s’oppose à une entente plus que cordiale. Jacques Vettier, qui a déjà écrit quelques bons romans mettant en scène Carole Memoni, une juge d’instruction dont la dernière enquête se déroule justement dans les Antilles, place l’intrigue dépaysant mais dont il connaît les arcanes. Il ne se contente pas de nous offrir une carte postale touristique dédiée au Poulpe, il démontre que sous le charme antillais parfois trop élogieux existe aussi une contrée subissant des problèmes. Il entraîne également le lecteur dans les méandres d’une juridiction fiscale complexe qui peut laisser rêveur ceux qui recherchent comment payer moins d’impôts. Un bon Poulpe qui sort de l’ordinaire et propose une enquête qui sort d’un classicisme devenu par trop commun.

Jacques Vettier : La petite marchande de doses. Le Poulpe N° 133, éditions Baleine. 8€.

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